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Blinking Lights (and other revelations)
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2 juin 2022

# 166 / 221

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Entre le moment où j’ai été diplômé (voir épisode 152 - Uncommonmenfrommars) et le moment où j’ai commencé ma première mission en tant que consultant (voir épisode 156 – Modest Mouse), j’ai vraiment vécu une sale période. Notamment les mois qui ont suivi l’effondrement des Twin Towers et, à leur suite, des investissements des sociétés du monde occidental. Ayant été recruté sur profil à Paris, je devais y faire acte de présence pour faire le tour de managers hautins qui ne savaient que faire de moi et m’envoyaient au casse-pipe pour des entretiens clients à mille lieues de ma formation ou de mon expérience. Rien de plus ravageur pour l’estime de soi que de commencer sa carrière de manière si humiliante, pour couronner le tout je ne pouvais pas prendre de logement afin de rester mobile si par miracle on me dénichait une mission quelque part en France. J’avais quand même un peu de chance dans mon malheur, puisque je pu être logé assez régulièrement chez des cousins qui avaient une chambre de bonne inutilisée. Je descendais souvent à leur appart pour garder leur bébé en buvant un café, c’était mon petit bonheur en cette période déprimante (Alixe est l’ainée de cette génération qui compte aujourd’hui  36 membres, et elle va bientôt se marier). Bref, en ce 15 octobre 2001, j’avais pu me rendre au concert de Sparklehorse à la Cigale et découvrir, en première partie, une jeune femme (elle est née la même année que moi) qui allait bientôt sortir son premier album : Gemma Hayes. 

J’avais été très séduit par un concert accessible mais finalement assez rock, avec ce mariage de mélancolie et de tension qui, derrière les sourires et la voix d’ange de Gemma Hayes, semblait cacher quelques fêlures (il y a eu depuis quelques cas similaires, le plus récent étant Adrianne Lenker de Big Thief). Je mis quelques temps à emprunter Night on my Side, et ne l’enregistrais que partiellement. Puis encore plus de temps à l’acheter, avant qu’il ne devienne, progressivement, un disque à moi et rien qu’à moi, de ceux qui me touchent toujours 20 ans après. Au-delà du chant pur qui s’envole parfois de manière éclatante, il y a une tristesse folk omniprésente laissant place à des accès rageurs, des paroles répétés comme des mantra rassurants sur des parties finales intenses comme je les aime, mais aussi quelques mélodies d’à peine 2 minutes lorsque tout est dit simplement. Un condensé d’émotions évoquant une sortie d’adolescence difficile, des arrangements clairs et un groupe solide qui soutiennent cette dizaine de compositions poignantes, le sentiment que cette musique était si vitale à son autrice au moment où elle l’a enregistré qu’elle le devient pour l’auditeur aussi. « Today, i ran for miles just to see what i was made of ». Night on my Side c’est l’album de la renaissance, du lâcher prise quand enfin l’espérance remplace tout le reste. C’est le sens de « Let a Good thing go », merveille de rock alternatif gravé dans ma mémoire depuis cette soirée à la Cigale. Levant un coin du mystère, l’émouvante note écrite sur le livret du CD (1) se conclue ainsi : « I hope who ever is reading this enjoys this album for what it is, or what it becomes for you. Just make it your own, i guess. ». C’est peu dire que, pour moi, c’est chose faite. 

Suite à Night on my Side, Gemma Hayes n’aura finalement de succès que dans son pays d’origine, l’Irlande, gagnant des prix au fil de la sortie d’albums parfaitement introuvables en médiathèque. J’achèterais les deux suivants, contenant encore leurs lots de superbes chansons folk, mais sans la touche intime conférant à Night on My Side son caractère si attachant. Les deux suivants sont tristement banals, et depuis 2014 Gemma Hayes n’a sorti que quelques chansons et fait un peu de concerts au Royaume Uni (elle est devenue maman cette année-là). Mais apparemment un album est prévu pour cette année, je n’en attends pas grand-chose mais qui sait… Quoiqu’il arrive, Gemma restera un rayon de soleil dans mon cœur grâce à ce Night on my Side essentiel. 

(1) déjà reproduite lors de ma première chronique de cet album

 

 

 

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Ah le saloupiaud, qu’est ce qu’il m’a pas fait ! ne retenir que la moitié du Low de David Bowie, mais c’est criminel ! Sans doute rétif à l’époque aux expérimentations electro développées sur les instrumentaux  de la Face B, je m’étais contenté d’enregistrer la Face A ce qui rend la chronique de cette réécoute un peu foireuse. Si lors du David Bowie Blog Tour j’avais insisté sur le côté précurseur et ultra inventif de Low, j’ai cette fois plutôt entendu du groove, voire de la pop bien 70’s, et des parties de guitares fabuleuses (« Always crashing in the same car »). C’est finalement le propre de ces albums cultes de pouvoir, à chaque âge, et même à chaque écoute, révéler une de leur multiple facette. Reste le sentiment de n’avoir passé qu’un trop bref moment sur ce premier opus de la trilogie Berlinoise. Il fallait bien être aussi fou que Bowie pour décider qu’un morceau aussi excellent que « Breaking Glass » n’atteindrait pas les deux minutes…

 

 

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Mega bond dans le temps pour un retour sur le 3eme album de David Bowie, the Man who Sold the World. 7 ans et autant d’albums le séparent du Low écouté précédemment c’est peu mais en même temps énorme pour un artiste de la trempe de Bowie et on a l’impression qu’il a vécu 1000 vies entre les deux. En 1970, c’est les prémices des Spiders from Mars, d’ailleurs des versions préliminaires de « Moonage Daydream » et « Hang on to Yourself » figurent au menu des bonus du CD emprunté que j’avais consciencieusement enregistré. Mick Ronson fait son apparition et c’est un autre style que Carlos Alomar, flamboyant comme les guitar heroes de l’époque, il en tartine dans tous les sens  avec beaucoup de talent et un peu de lourdeur. C’est le reproche qu’on pourrait faire à the Man who Sold the World, un coté too much dans la longueur des morceaux, dans l’étalage technique, voire dans le chant (« Running Gun Blues »). Un mélange de rock, blues et folk qui accouche de célèbres riffs et chansons, mais qu’on ne peut s’empêcher de voir comme un brouillon des disques majeurs qui vont suivre.

 

 

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Dans les années 90, Mary Timony fit partie d’un nombre incalculable de groupes de rock indé dont le moins inconnu, Hélium, fut signé chez Matador et figurait donc au menu de mes fameuses séminales compilations. Nous avions chroniqué l’album the Magic City (épisode 125) après lequel la leader entama une carrière solo dans la lignée lo fi féérique de son groupe, s’éloignant année après année du rock foutraque au parfum Pavementesque pour se concentrer sur de sages comptines à mi-chemin entre le folklorique médiéval et la princesse se languissant de son beau chevalier en haut d’un donjon. Certes Mary Timony est une multi instrumentiste ultra douée dont on sent qu’elle pourrait être aussi à l’aise dans un groupe punk que dans un orchestre de musique baroque, mais l’univers de the Golden Dove aux antipodes de mes chères Rrriot Girls (1) ne me touche plus guère aujourd’hui, hormis quelques jolies mélodies occasionnelles et un « Ant’s Dance » un peu plus dynamique, alors que j’avais à l’époque enregistré ce deuxième album solo (2) quasi intégralement. Le suivant, et dernier pour l’instant, fut introuvable à la médiathèque, aussi ne retrouvera-t-on plus Mary Timony en ces cassettes. Elle n’en continue pas moins ses multiples collaborations, au moins deux encore en activité selon discogs, dont je n’ai évidemment jamais entendu parler : le groupe féminin Ex Hex et un projet hardcore ( !) nommé Hammered Hulls que je vais m’empresser d’écouter tellement ca m’intrigue. 

(1) notez qu’elle collabora au sein d’éphémères projets avec Carrie Brownstein de Sleater-Kinney 

(2) Le premier, Mountains, est dans mon souvenir moins plan plan que celui-ci

 

 

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Commentaires
H
tiens, cet article pourrais t'intéresser:<br /> <br /> http://blinkinglights.canalblog.com/archives/2006/07/01/31915451.html
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B
Tu as prévu de tester « 1. Outside »?
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