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Blinking Lights (and other revelations)
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2 novembre 2022

# 172 / 221

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N’ayant jamais été un grand fan de Soundgarden, la présence du premier album solo de son mythique chanteur Chris Cornell en cette rubrique a de quoi surprendre. Mais à l’époque il était difficile, pour un fan de grunge comme moi, de ne pas tomber sur lui à longueur de compilation ou lors de featuring divers. Sans doute qu’un de ces titres avait attiré mon attention, quoi qu’il en soit j’empruntais Euphoria Morning à la médiathèque, pour n’en retenir qu’une moitié. Chris Cornell commençait à souffrir du complexe Mercury, syndrome du chanteur de rock à la technique vocale impressionnante dès lors tenté par des vocalises d’opéra, alors qu’en parallèle ses titres à base gentiment acoustique étaient ici alourdis par une production souvent pachydermique. Il en résulte une succession de power ballades dont l’émotion peine à émerger, arrivant dans ses meilleurs moments à la cheville des maitres du genre Alice in Chains (« Mission ») et sombrant dans ses pires dans une démonstration poussive rédhibitoire (« Steel Rain »). Chris Cornell aura le temps de sortir quatre autres albums solo et même de reformer Soundgarden avant de très mal finir et de venir régulièrement hanter mon fil facebook d’hommages posthumes de fans inconsolables. Albums que je n’ai, évidemment, jamais écouté.

 

 

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Nous sommes en 2002 et Frank Black jouit d’une carrière impressionnante, entre les Pixies, ses trois magnifiques premiers disques solos et trois autres avec les Catholics, certes un peu en dessous mais toujours de bonne facture. Pour succéder à Dog in the Sand, c’est deux albums coup sur coup qui vont sortir, de styles et surtout de qualités différentes. Si Black Letter Days tutoie les sommets (nous y reviendrons prochainement), Devil’s Workshop est la première bonne plantade de notre songwritter adoré. C’est qu’il commence à être colonisé par ce qui deviendra la vraie plaie des futures productions de Frank Black : la country music. Certes le rock n’ roll a encore son mot à dire, mais le classicisme des titres proposés, quand bien même la qualité d’écriture et d’interprétation de Black et ses sbires de luxe reste de bon niveau, sonne à l’époque comme un cruel manque d’inspiration. C’est sympa mais ça manque d’âme. Malgré tout, les pires disques de Francis cachent toujours une ou deux pépites, et si j’ai une affection pour « Heloise » qui évoque les premiers albums solo (le fait que ma fille ainée s’appelle Héloïse, avec un H tout pareil,  n’y est bien sûr pas étranger), c’est l’excellent « Whiskey in your Shoes », qu'on prendrait presque pour un traditionnel usé dans tous les bars de Boston depuis des décennies, qui remporte la palme du classico imparable. Trop maigre pour un tel artiste.

 

 

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Tiens, un revenant ! La dernière fois que nous avions croisé Marilyn Manson en cette rubrique, c’était à l’épisode #067 pour l’excellent Mechanical Animals, dont nous terminions la chronique en nous demandant en quoi pourrait bien muter cette carcasse décharnée. Nous voici donc en présence de son successeur et nous tenons la réponse : en rien. C’est-à-dire que de mutation il n’y a pas, Manson et son groupe se contentant, si j’ose dire, de revisiter les deux albums qui l’ont porté au sommet du rock Américain. On a donc les morceaux lents et glauques, où le chanteur croasse sur des nappes de claviers ou guitares saturées (l’introductif « Godeatgod »), les titres bourrins mais efficaces au son énorme (« the Fight Song »), et les ballades acoustiques dont les refrains explosent parfois en gros accords violents dans la plus pure tradition du rock alternatif des 90’s qui se meurent. Reprenant une nouvelle fois la rythmique de l’indépassable succès « the Beautiful People » sur « Disposable Teens », faisant des clins d’œil plus qu’appuyés au Mechanical Animals (« Coma Black »), Holy Wood est donc plutôt un bon album (j’en avais d’ailleurs retenu 12 titres sur 19, chiffre bien évidemment beaucoup trop important) mais qui annonce quand même un certain manque d’inspiration d’une rock star qui sera dès lors sur la pente déclinante. Restent quelques apports electros et des trouvailles comme le solo de guitare assez particulier de « President Dead » ou la batterie electronique ultra tendue de « Burning Flag » pour le singulariser dans une discographie jusqu’alors en constante maturation. Marilyn Manson n’ayant jamais été parmi mes priorités musicales, je laisserais progressivement tomber l’artiste non sans jeter une dernière oreille sur the Golden Age of Grotesque, album suivant dont j’ai tout oublié mais qui se rappellera à notre bon souvenir en épisode #201.

 

 

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