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Il ne faut pas trop chercher à comprendre la logique de Ryan Adams, notamment en cette année 2003 où il sorti deux EP (ou plutôt deux mini albums vu le nombre de morceaux) qu’il réunira très vite en un unique disque, Love is Hell. Quoiqu’il en soit j’empruntais les EPs séparément (ce qui n’est pas plus mal puisque chacun possède dans sa version européenne deux titres bonus non intégré à l’album final), en commençant (hasard de la disponibilité à la médiathèque) par le Love is Hell Pt. 2. Je n’en avais pas tout retenu mais les titres enregistrés sont magnifiques, toujours dans le registre classique du songwritter mais avec sa patte unique, et sa voix si captivante. L’ensemble est plutôt calme, deux splendides chansons folk (« I See Monsters » et « Thank you Louise ») aux arpèges enchanteurs, un blues au piano («My Blue Manhattan ») et un autre plus rock, classique instantané de son auteur au titre savoureux (« English Girls Approximately »). Le titre bonus retenu, « Fuck the Universe », dénote avec ses sons saturés, son chant intense et son final expérimental où une poésie est lue en Français sur des sons noisy. Qu’importe, le EP jumeau qu’on retrouvera très prochainement en cette rubrique devrait sans aucun doute être de la même teneur et confirmer que nous sommes une fois de plus en présence d’un disque de haute volée.
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Mutations. Ce 6eme album de Beck porte bien son nom : le foutraque génie touche à tout s’est assagit, de manière assez radicale et plus tôt dans sa discographie que je ne l’attendais. Des deux tiers de titres enregistrés sur cette cassette, seul « Bottle of Blues » garde trace du blues rock bancal et joyeux émaillé d’harmonica qui était auparavant la marque de fabrique du Californien. Hormis le sympathique piano blues « O Maria » et son solo de trompette bien cool, le reste est constitué de ballades folk assez chiantes, à l’exception de « Nobody’s Fault but my Own », avec Sitar et Tambura, qui se révèle émouvante et préfigure le chef d’œuvre Sea Change. Entre les deux figure l’album Midnite Vultures dont j’attends d’écouter avec curiosité s’il est une transition logique ou s’il présente une facette complètement différente de Beck. Nous verrons cela dans quelques épisodes.
BECK - Nobody's Fault but my own
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En 2002 sort Folklore, dernier album de 16 Horsepower, et il sent un peu le sapin, avec ses reprises et ses compos timides à mille lieux de l’exceptionnel Secret South paru deux ans auparavant. Peut-être qu’officieusement le groupe est déjà mort, les chemins ayant bifurqué, David Eugene Edwards et son Wovenhand (premier album éponyme en 2002) d’un côté, la paire rythmique Pascal Humbert et Jean-Yves Tola et leur Lilium de l’autre, avec un premier album sorti en 2001. En 2003, j'emprunte le successeur Short Stories à la médiathèque faute de nouveau disque de 16HP. C’est un très bel album à l’ambiance crépusculaire, Americana dépouillé tout en arpèges, claviers, cordes et percussions, la bande son d’un soleil se couchant sur un endroit désertique. Je ne sais pas exactement ce qu’englobe le style musical ''Ethereal'', mais ça semble parfaitement convenir à ce Short Stories. Globalement Humbert tient basse et guitare, Tola s’occupe du piano et de la batterie, et des invités viennent à tour de rôle chanter les paroles qu’ils ont écrit pour accompagner la musique du duo, ce qui apporte une diversité de nuances bienvenue tout le long du disque. Hormis David Eugene qui pose sa voix de prophète sévère sur le lent et désolé « Whitewashed », les interprètes ne sont pas très connus mais leurs chants (souvent doublés) sont très beaux, à l’image de celui de Kal Cahoone, seule touche féminine qui introduit superbement l’album sur « If they Cheered » ou de Daniel Mc Mahon sur la ballade déchirante « Sense & Grief ». Restant dans cette tradition des grands espaces, Lilium s’autorise quelques virages vers le folk blues (« Lover », sans doute le titre le plus mémorable), le blues jazzy (« Sorry ») voire un petit instru jazz plus ensoleillé, avec du saxophone (« Cavalcade »). Tout ceci passe fort bien jusqu’au final « the Trap », morceau feutrés aux arpèges subtilement réverbérés qui s’intensifie progressivement, tout en restant bien sûr dans la mesure qui caractérise l’ensemble. Sans atteindre la beauté parfaite de Felt, 3eme (et hélas dernier) album du groupe, Short Stories est tout de même une merveille dont il faut réserver l’écoute à des moments choisis et égoïstes.