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Blinking Lights (and other revelations)
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22 août 2024

# 210 / 221

 

 

 

Bon il y avait déjà eu un peu de bordel précédemment, mais jamais au point que le menu affiché ne corresponde pas au contenu de la cassette. Bref, on retrouvera sans doute le premier album de Flotation Toy Warning à la cassette suivante, pour l’instant c’est direct la suite (et fin) de l’exploration de la discographie de Leonard Cohen avec son 3eme album, Songs of Love and Hate. Rappelons que si les deux premiers n’ont pas été chroniqués en cette rubrique, c’est que je les ai possédés assez tôt en CD, leur statut de chef d’œuvre étant indéniable. Et celui-ci ? Ben  je suis moins fan, d’ailleurs je n’avais retenu que 5 titres sur les 8, dans une alternance d’ambiance assez bizarre. D’un côté les chansons folks usant de la technique d’arpèges ultra rapides si caractéristique du songwritter canadien, dans la lignée des albums précédents : d’abord « Avalanche », dotée de très beaux arrangements de cordes instaurant une tension progressive qui semble lutter contre le chant grave et désabusé de Cohen, puis la triste « Love calls you by your name », toutes deux superbes. De l’autre les chansons de comptoir, avec cette espèce de reggae country aux chœurs de fin de repas arrosé (« Diamonds in the Mine ») et ce folk piano bar aux envolées la-la-lesques que je trouve toujours un peu ridicules (« Sing another song, boys »). On l’aura compris, si Songs of Love and Hate reste l’un des albums les plus respectés de Leonard Cohen, je le trouve de mon côté très inégal.

 

Leonard COHEN - Love Calls you by your Name

 

 

Je n’ai jamais su sur quel pied danser avec the Libertines. Leur premier album Up the Bracket doit être le seul de mon existence que j’ai acheté, revendu puis ré-acheté derrière. Je crois me souvenir que j’avais détesté le groupe (pas leur musique, hein, juste eux) d’emblée : anglais, arrogants (ok, c’est un pléonasme), au succès fulgurant qui me semblait exagéré : un revival de mon épouvantail favori, Oasis. Et pourtant, un charisme et un savoir-faire qui me poussa quand même à emprunter ce deuxième album sobrement appelé the Libertines - comme un aveu de manque d’inspiration - que j’avais enregistré à moitié. Du bon garage rock dont les chants gouailleurs et faussement approximatifs essayent de masquer le fait que les gars sont des putains de cadors. Ont-ils vraiment voulu faire semblant d’être des punks, des vrais des purs, j’en sais rien mais ils se trahissent trop souvent, les guitares qui balancent des mélodies pas si simples sur des tempo bien vachards, la basse de « the saga », la batterie qui fait mine d’être minimaliste mais qui claque des breaks sur des brûlots expéditifs ; c’est punk (« Arbeit Macht Frei »), c’est Clash (« Tomblands »), c’est country (« the Man who would be king »), c’est acoustique nonchalant (« Music when the lights go out ») et c’est partout garage rock, avec cette prod bien foutue et intemporelle qui donne l’impression d’être dans la salle de répète. Et en même temps c’est assez vite oublié. Peut-être que les Libertines ne doivent être écoutés que Live. En tout cas les deux potes Carl Barat et Pete Doherty ne mirent pas longtemps avant de se bouffer le pif et de partir en solo. Deux reformations sur disque, une en 2015 et l’autre qui vient tout juste de paraitre. 20 ans après the Libertines, qui avait fait la une de toute la planisphère rock, personne n’en a parlé. Mais peut être les fans ont-ils rempli les salles en souvenir du bon vieux temps.

 

the LIBERTINES - Narcissist

 

 

Après l'EP Pt.2 chroniqué épisode précédent, voici donc sans plus attendre le Love is Hell Pt.1. Sans surprise, c’est splendide, sans doute même meilleur que la 2eme partie. Hormis le tube rock n’ roll donnant son nom aux EPs, l’ensemble est une nouvelle fois plutôt calme, mais tellement gorgé de mélodies de guitares belles à en pleurer que c’en est scandaleux. Au détour de tranquilles ballades magnifiquement arrangées, Ryan Adams nous fait le coup des refrains poignants, avec sa voix polyvalente qu’il prend bien soin de ménager la plupart du temps pour mieux nous retourner par surprise quand il part dans les aigus. Love is Hell, la réunion des deux EPs, est un sommet du songwritter et un album indispensable.

 

Ryan ADAMS - Love is Hell

 

 

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Commentaires
T
Oups, je n'avais pas vu que tu avais aussi parlé du bassiste (à ma décharge, je n'étais pas réveillé depuis longtemps, comme en atteste l'énorme coquille sur le titre de l'album de Cohen ^^)<br /> Juste pour compléter rapidement ce que j'ai oublié hier faute d'avoir fini mon café => sur l'assimilation au punk, la question se pose aussi fortement quand on écoute leurs premières démos (qui sont très facilement accessibles sur le Net). Ils évoluent dans un registre beaucoup plus pop et psyché que sur les albums (beaucoup plus proche en fait de ce que produira Doherty en solo par la suite). Aurions-nous tort d'y voir la patte du label, je l'ignore, mais je sais que le batteur est recruté sur "aimable suggestion" quelques mois avant l'enregistrement du premier album et que cela coïncidence comme par hasard avec le moment où leur musique prend une direction nettement plus "musclée".<br /> <br /> Je t'avoue que même moi, j'ai plus de sympathie pour Doherty maintenant qu'à l'époque. L'obsession de certains médias avec lui était vraiment gonflante et, passé le premier album de Babyshambles qui est l'archétype de l'album à moitié raté que j'adore quand même, je trouvais le personnage aussi attachant qu'auto-complaisant dans son délire pseudo-romantique un brin gnan-gnan (mais là encore, sans doute que son entourage ne faisait rien pour le pousser vers autre chose). Le Doherty de 2024, qui ressemble plus à ton vieux tonton bedonnant et vaguement éméché qu'à une rockstar, a quasiment le même âge que moi mais en paraît 10 de plus, ne monte pas sur scène sans son chien et donne le coup d'envoi des match du HAC, est nettement plus sympathique, tu te vois aisément aller boire un coup avec lui (après le match), alors qu'à la grande époque, tu avais plutôt envie de te barrer tellement il avait l'air pété du casque.<br /> <br /> Je n'ai toujours pas compris ton blocage avec Cohen (peut-être qu'au bout de 10 articles ça finira par rentrer). Que les deuxième et troisième parties de sa carrière aient tout pour te déplaire, je n'en doute (elles n'ont pas grand-chose pour plaire tout court), mais les quatre premiers albums, ce sont les pierres d'angles de ce qui deviendra la dark-folk, je ne vois rien qu'on puisse leur reprocher si ce n'est une production un peu trop minimaliste (mais la suite démontrera qu'il valait effectivement mieux que Cohen se limite à ça ;-)
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ce n'est pas un blocage pour Cohen, c'est juste que je préfère globalement ses mots à sa musique. c'est un cas unique dans ma discothèque, et c'est ce qui permet d'expliquer pourquoi j'adore la période I'm Your Man là où j'aurais du m'enfuir en me bouchant les oreilles, comme à chaque fois que j'écoute un disque de cette période / avec cette prod. Ça peut aussi expliquer pourquoi je passe à coté de certains grands classiques, n'étant pas non plus un cador en anglais et étant inculte en poésie.
T
Je ne sais pas si je peux encore parler à quelqu'un qui ose dire que Songs & Love Hate est un album inégal. Je vais essayer mais je ne peux rien promettre, il faut quand même que quelques petites choses demeurent sacrées en ce monde :-(<br /> Bon, plus sérieusement je vois ce que tu veux dire, mais c'est assez ironique de s'attarder sur les deux chansons de comptoir alors qu'étonnamment, la cassette fait l'impasse sur deux des plus belles chansons de Cohen, "Last Year's Man" et bien évidemment "Famous Blue Raincoat" qui est l'un de ses plus grands classiques. Faut croire qu'à une époque, ça ne te déplaisait pas tant que ça, les chansons de comptoir ;-)<br /> (si je ne m'abuse, les deux chansons sont supposées se répondre, chaque chanson de la Face B. étant supposée être une espèce de doublon hyperbolique d'une des chansons de la A.)<br /> <br /> Pour avoir suivi de près leur éclosion puisque j'étais à l'époque un jeune animateur radio diffusant leur tout premier single, les Libertines ont bénéficié d'une hype monstrueuse après celui-ci mais je n'ai pas le souvenir qu'ils aient été si arrogants que cela dans leurs premières interviews, ni qu'ils se soient revendiqués du punk, d'ailleurs (l'étiquette leur a été accolée lorsqu'on les flanqués de Mick Jones à la production). La presse a ensuite beaucoup dramatisé les frasques de Doherty, entre l'auto-virage de son propre groupe, la fois où il est allé cambriolé Barât, ses affaires de dopes, l'inévitable relation avec Kate Moss, la taule, le split et la manière que Doherty et Barât ont eu de s'entre-déchirer par chansons interposées... c'était une espèce de revival du pire de la rock'n'roll way of life, en version franchement pathétique tant il était évident qu'à la différence de certains de ses ancêtres, Doherty était un individu malade et en souffrance. La presse, particulièrement anglaise, avait besoin de donner un visage au revival rock du début des années 2000, mais comme il faut bien avouer que la plupart des groupes manquaient cruellement de personnalité, c'est tombé sur lui. Je trouve assez miraculeux qu'il soit encore en vie après tout ça (Amy Winehouse a eu droit au même traitement mais n'a pas eu la même chance...)<br /> Cette digression pour dire qu'en définitive, si je comprends la perception que tu en avais à l'époque, je ne suis pas certain que tout cela ne se soit pas fait au corps défendant du groupe lui-même. Ce qui fait que beaucoup de gens ont un attachement "spécial" aux Libertines, c'est cette histoire d'amour triste entre deux leaders dont l'authentique amitié a été complètement fracassée par la hype, le succès, les drogues, etc. La backstory est très différente de celle d'Oasis, dont l'unique projet était de devenir des stars. Les Libertines avaient cette ambition bien plus humble et naïve de faire de la musique ensemble, un disque et puis un autre (je crois même qu'à la base, Doherty voulait juste être écrire, sans idée préconçue de quoi ou comment). Ils étaient d'ailleurs super potes avec The Coral (qu'ils ont largement entraîné dans leur succès) qui ne sont pas franchement connus pour être des caricatures de rockstars anglaises dégénérées ^^ Comme tu le notes, ils étaient particulièrement solides chacun dans son registre (tu ne cites pas le bassiste mais il est également très bon et l'unique album de son groupe post-Libertines, Yeti, était vraiment chouette), et leur succès a surtout énormément éclipsé leurs qualités.
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ah mais tu sais bien que blinkinglights a l'esprit punk et est là pour bousculer les institutions, fussent elles aussi respectables que Songs of Love & Hate ! Bon, au delà du fait que ma sélection de titres de l'époque est régulièrement ... surprenante on va dire, Leonard Cohen est comme je l'ai dit une sacrée exception dans ma discothèque. Il y avait tout pour que je n'accroche pas, et du coup je dois probablement pas l'aimer de la meilleure manière....<br /> <br /> merci pour cette remise en perspective des Libertines très intéressante. effectivement, comme pour beaucoup d'autres groupes je n'ai pas creusé plus loin que les clichés qu'on (la presse) m'en a présenté (sachant qu'à l'époque je ne supportais pas qu'on fasse la même chose avec mes groupes fétiches ca ne manque pas de sel). Aujourd'hui je me suis débarrassé de la plupart de ces clichés, et quand j'en conserve c'est beaucoup plus assumé ou conscient... Pete Doherty m'est d'ailleurs beaucoup plus sympathique... <br /> je m'en était tellement arrêté aux apparences que je n'avais pas capté leurs qualités techniques, qui m'a sauté aux oreilles à la réécoute de la cassette ! (le bassiste, oui, j'y fais allusion pour le titre "the saga" mais il est excellent sur tout l'album au même titre que les autres).
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