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Décidément, Beck est surprenant ! Nous l’avions quitté il y a pas si longtemps sur un Mutations assez chiant, qui me semblait une transition tâtonnante entre l’inventif et explosif Odelay et le splendide folk dépressif Sea Change. Sauf qu’entre les deux se niche ce Midnite Vultures, et là il n’y a plus rien de logique : l’esprit est festif baveux (à l’image de cette pochette atroce), plein de funk, d’énergie, de bidouillages électroniques, de grands écarts entre dance et folk, entre rock et hip hop. On retrouve le Beck foutraque, mais avec cette impression indéfinissable de foutraque de synthèse, comme si une armée de producteurs avaient savamment disséqué le début de carrière du trublion Californien pour en reproduire l’esprit originel aujourd’hui disparu chez celui-ci. Finalement, comme très souvent, une seule chose pouvait ramener l’artiste dans le droit chemin : un bon vieux chagrin d’amour. Après Sea Change, je picorerais de plus en plus écœuré dans la discographie de Beck, en suivant une chute progressive dans l’enfer de la ripolinisation jusqu’à le croiser dans un festival pour l’un des pires concerts que mes oreilles durent subir dans leur demi-siècle d’existence.
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Nous avions rencontrés Lali Puna en épisode # 208 pour leur troisième album, et j’avais de manière un peu rapide évoqué le lien qu’ils avaient avec Radiohead, lorsque Thom Yorke les avait cités comme groupe qu’il écoutait dans une interview, les mettant d’un coup dans la lumière. Sauf que le lien n’est peut-être pas si léger : quelle n’a pas été ma surprise en redécouvrant le morceau « Everywhere and Allover » de constater que la rythmique electro était extrêmement proche de celle d’ « Idiotheque », or ce Tridecoder est sorti en 1999, soit un an avant Kid A. Lali Puna aurait donc eu une influence plus importante que j’imaginais sur le virage electro de Radiohead, en compagnie de groupe autrement plus connus et identifiés comme Kraftwerk. Au-delà de cette hypothèse, on retrouve sur le premier album des Allemands la voix fragile de Valerie Trebeljahr sur une sorte de shoegaze electro avec claviers et boite à rythme omniprésents. Une teneur electro beaucoup plus marquée que sur Faking the Books, d’ambiance plus contemplative. A l’exception de quelques passages comme le titre « Rapariga da banheira » doté de batterie et basse, Tridecoder, sans être désagréable, m’a donc moins plu. On verra dans pas longtemps de quel côté se situe le deuxième album du groupe, Scary World Theory.
LALI PUNA - Everywhere and Allover
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Après avoir flashé sur le In Our Gun de Gomez, je ne pouvais que me réjouir de la sortie en cette année 2004 de son successeur Split the Difference que j’empruntais illico à la médiathèque et enregistrais aux trois quart. Si on retrouve surtout ce rock alternatif évoquant Pearl Jam, notamment par le chant, Gomez fait encore preuve d’éclectisme en proposant des titres directs style Who (« Silence ») ou des compos plus alambiquées - « Sweet Virginia », ballade de 6mn avec des cordes fait penser à du Silverchair - des touches de country (« These 3 Sins ») ou du joyeux indie façon Pavement (« Chicken Out »). Bref, du bon son, de solides musiciens et pas une once d’ennui. Je n’ai pas suivi depuis les aventures du quintet British : quatre albums jusqu’en 2011, date de sortie de Whatever’s on your Mind et ensuite plus de nouvelles. Ce qui me laisse le temps de rattraper mon retard.