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Dans la série des albums dont je n’avais plus aucun souvenir, voici Trouble at Jinx Hotel. Molasses m’évoquait vaguement du post-rock à moitié chiant, aussi ma surprise fut grande de constater qu’il s’agissait de très beau avant-folk (ces étiquettes, lol….) Bref la liste des musiciens participants a beau être longue - avec notamment des membres de Godspeed You Black Emperor ! et Come - Molasses est avant tout le projet d'un songwritter, un certain Scott Chernoff, et sa guitare en bois. Folk lancinant et dépouillé avec quelques touches de blues, agrémenté de cordes, claviers ou drone, les chansons de Trouble at Jinx Hotel (dont j’avais été incapable de trouver l’intitulé sur la pochette, les référençant par leur seul numéro de piste) restent dans un registre calme et sont souvent empruntes d’une forme de spiritualité, avec notamment des mantras répétés en boucle, qu’on peut retrouver par exemple sur les albums de GYBE ! Là se trouve le lien avec le post rock, puisque Molasses est un groupe Canadien qui compte notamment dans ses rangs Mike Moya et Thierry Amar. J’avais emprunté Trouble at Jinx Hotel au moment de sa sortie (2004) et il ne m’avait pas marqué plus que ça, d’autant qu’il n’aura pas de successeur et que Scott Chernoff à l’inverse de ses prolifiques camarades disparaitra complètement de la circulation à quelques featuring près. Sa réécoute m’aura en tout cas donné envie de me pencher plus sérieusement sur la discographie de Molasses qui compte quatre albums.
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Voici donc le Alice que je cherchais à emprunter il y a deux épisodes, uniquement parce qu’il s’agissait d’un concept album sur Alice au Pays des Merveilles. S’il est vrai que Tom Waits fait un bon Chapelier Fou, le rapport entre la musique et le bouquin de Lewis Carroll ne saute pas aux oreilles mais bon, il aurait fallu que je me penche sur les textes et que j’en écoute un peu plus que la moitié de disque ici retenue. Cela dit j’ai trouvé cette réécoute plaisante, entre douceur et folie, pas feutrés et danse endiablée, comme un petit moment en compagnie d’un chat. Si conte il y a j’ai d’ailleurs plus pensé aux Aristochats qu’à Alice, avec cette ambiance de piano bar enfumé, tantôt pour des ballades au romantisme saveur absinthe (« Flower’s Grave »), des blues qu’on n’imagine qu’en noir (« Table Top Joe ») et ce swing fou et théâtral en provenance des Balkans, le très drôle « Kommienezuspadt » qui donne l’occasion à Tom de cabotiner à loisir. Sur un petit instrumental délicat qu’on jurerait interprété à la scie musicale nous quittons un artiste unique qui, malgré l’écoute plus tard de quelques classiques, n’aura jamais emporté mon adhésion.
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Jagged Little Pill est l’exemple phare du succès qui a écrasé son autrice, la propulsant dans les plus grandes artistes internationales mais lui collant tellement à la peau qu’elle n’aura de cesse d’y revenir, de sessions acoustiques en live anniversaire… Une rançon du succès un peu injuste tant elle occultera les autres productions d’Alanis Morissette, bien moins indignes que ce qu’on pourrait craindre. La Canadienne reste une excellente chanteuse, et la plupart de ses compositions s’écoutent bien, même si des défauts handicapent ses disques des années 2000 dont ce So-Called Chaos sorti en 2004. Il y a d’abord la lourdeur de la prod qui plombe certaines chansons comme ce « Eight Easy Steps » introductif très rock. Et puis, il faut bien avouer que les chansons sont toutes construites de la même manière, se séparant finalement en deux catégories : la power pop entrainante et la power ballade aux reflets plus acoustiques. Notons dans les réussites de So-Called Chaos la douce-amère « Excuses » pour la première catégorie et « Not all Me » pour la deuxième. Difficile de savoir si la sortie l’année d’après d’une version acoustique de Jagged Little Pill est due à un hypothétique insuccès de So-Called Chaos ou juste une idée d’anniversaire lucratif, quoiqu’il en soit Alanis Morissette disparaitra progressivement des noms qui comptent au fil des années et des albums (4 sont sortis depuis celui-ci), et cela fait bien longtemps qu’on ne l’a plus vue sur une affiche de festival français…