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Blinking Lights (and other revelations)
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21 novembre 2024

# 218 / 221

 

 

Après toutes ces tentatives pour trouver mon album de R.E.M, il était normal que j’emprunte leur nouveauté en cette année 2004, Around the Sun. C’est un album à forte teneur acoustique, des ballades avec guitare folk, un peu de piano, une paire rythmique minimaliste et toujours l’inimitable voix de Michael Stipe. Et donc, comme je m’en suis progressivement rendu compte, plutôt le versant du groupe que j’apprécie. Il n’aurait d’ailleurs pas été si absurde que Around the Sun  devienne mon favori, là où un grand fan et connaisseur comme mon ami Julien considère qu’on y trouve les premiers signes d’une baisse de régime. En réalité, ce serait fort exagéré puisque je n’avais retenu qu’une moitié d’album et que j’y trouve encore quelques compos pas vraiment terribles (« Wanderlust »). Reste que des chansons comme « Leaving New York » ou le final « Around the Sun », portée par le très beau chant de Stipe, démontrent qu’après 20 ans d’activité et 13 albums R.E.M reste encore un groupe digne et pertinent.

 

R.E.M. - Final Straw

 

 

 

Je dis toujours que j’aime pas le jazz et que je préférerais être sourd plutôt qu’en écouter mais c’est pas vrai. En fait ce que j’aime pas c’est le jazz démonstratif, le jazz savant, le jazz constipé. Mais le festif type New Orleans, ça c’est cool. Ou le feutré, celui du Chat qui Pêche, rue de la Huchette (1), tout en clarinettes, piano, contrebasse et balais frottant la caisse claire. Celui de ‘Neither Here…’, première face du Cuckooland, enfumée et mystérieuse, dans laquelle flotte la voix aigüe de Robert Wyatt, chant erratique comme s’il s’agissait d’un instrument unique et libre. Dans les vapeurs d’alcool et de sueur une trompette larmoyante, un piano qui s’autorise quelques notes guillerettes, vite rappelé à l’ordre par un accordéon (forcément) triste. Il y a du Bowie période Berlinoise dans l’air, on s’y sent merveilleusement bien. Un silence et  ‘…Nor There’, deuxième face, qui ouvre grand les portes. Le port nous attend, on se bouge sur le groovy « Trickle Down » et sa contrebasse sautillante avant d’embarquer pour un tour du monde de la torpeur. C’est Bluesy et Ambient, avec des claviers lancinants et toujours cette voix qui s’échappe, ou qui raconte en litanie des histoires de bombe nucléaire et de prisonniers célèbres (magnifique « Foreign Accents »), avant d’échouer en Palestine pour un instrumental si loin et si proche du point de départ, cette « Old Europe ». Un album fascinant que j’ai finalement préféré au grand classique Rock Bottom.

 

(1) ces deux phrases du disque, et uniquement celles-ci, sont restées pour une raison inexpliquée gravées dans ma mémoire depuis 20 ans, je me les chantonne régulièrement.

 

Robert WYATT - Beware

 

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Commentaires
T
Euh, je ne sais pas trop quel est mon objectif. Avoir une playlist de tous les morceaux que j'aime depuis l'aube des temps ? C'est le genre de truc un peu compulsif, "ah puis il y a ça que j'ai pas écouté depuis longtemps", "et puis ça", "et puis sur cet album j'ai liké 10 chansons sur 12 mais je me rappelle plus des 2 dernières, je dois prévoir de le réécouter". Ça commence gentil et ça finit par une playlist de +18 000 titres qui met 10 minutes à se charger quand je veux la lancer et dont je ne suis pas capable de reconnaître un titre sur deux sans regarder (d'ailleurs tu en as entendu un extrait quand on avait été voir les Pumpkins, Guic' nous avait trouvé un impressionnant Skid Row qu'on n'aurait jamais été chercher ^^)<br /> <br /> Le truc est que je n'aime pas la répétition, je suis incapable de bouffer la même chose à deux repas de suite et en musique c'est pareil. J'ai toujours été comme ça mais ça s'est accentué en vieillissant vu que c'est devenu très rare que je "bloque" sur un album pendant plus de quelques semaines. Donc j'aime avoir une bibliothèque tellement énorme que quand je la lance en shuffle c'est tout simplement IMPOSSIBLE que ce soit deux fois pareil. Je ne retrouverais pas ça en faisant des playlists thématiques ou plus courtes, j'ai une trop bonne mémoire, d'une manière ou d'une autre je les retiendrais. Ça soule totalement ma femme, parce qu'avec moi tu peux sans souci faire 600 bornes sans entendre plus de trois titres que tu connais.<br /> <br /> Bref, y a pas d'objectif, on est au niveau pathologique :)<br /> <br /> Je ne suis pas un grand technicien de la batterie mais c'est évident que Bill Berry s'il est très sympathique n'avait rien d'extraordinaire (preuve en est que les trois autres se sont parfaitement passés de lui - au moins pour un temps - lorsque sa santé l'a obligé à prendre sa retraite). Le groove de R.E.M., d'une manière générale, n'est pas extraordinaire (Mike Mills doit avoisiner les 200 featurings et quasiment jamais en tant que bassiste, c'est tout dire...)<br /> <br /> Le batteur de Springsteen... c'est un titre prestigieux mais disons que quand tu restes membre d'un cover-band/requin de studio pendant 50 ans, c'est probablement qu'il y a une raison ;)<br /> Savais-tu que le fils du batteur de Springsteen était le batteur de... Slipknot ? Deux salles, deux ambiances :-D
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X
pathologique, mais cool ! Je me demande comment tu aurais fait sans l’existence des sites de streaming :) En fait je te comprends, même si je suis pour ma part encore bien attaché au support physique. En revanche beaucoup moins à "écoute d'album complet" qu'avant.... il faut dire que comme toi mes coups de coeur sont de plus en plus rares...<br /> <br /> Je ne savais pas pour le batteur de Slipknot ! Moi ce qui m'a mis sur le cul c'est quand un collègue m'a appris que l'excellent acteur qui jour Silvio dans les Soprano (l'un de mes personnages favoris) n'est autre que le guitariste de Springsteen. Putain la réussite du mec !
T
C'est vrai que R.E.M. a cette particularité d'avoir enregistré non pas un, mais deux Unplugged cultes, à dix ans d'intervalle, et que les fans se déchirent depuis pour savoir quel est le meilleur. C'était un groupe de scène assez extraordinaire, du moins paraît-il car je ne ne les ai vus qu'à la TV. Tiens, c'est une discussion qu'on a souvent eues, mais ça, c'est un groupe pour lequel je serais prêt à payer très cher s'il se reformait (ce qui n'arrivera clairement jamais et tant mieux pour leur légende).<br /> <br /> Le problème avec R.E.M. (j'ai mis longtemps à le conceptualiser) c'est qu'en terme de songwriting, c'est très très classique, ils n'écrivent que des scies (ce qui est normal pour des fans de surf music). C'est formidable pour faire des tubes, mais dès que les morceaux traînent un peu (ou deviennent des hits qui tournent et retournent en radio), ça les rends gonflants ("Losing My Religion" est la caricature de cela, t'es ravi de l'entendre les 2 premières minutes, sauf qu'elle en dure presque 5).<br /> <br /> La coïncidence est d'autant plus folle que depuis un an environ, je suis en train de reconstruire toute ma discothèque sur Spotify, ce qui tu t'en doutes fait beaucoup, beaucoup d'albums à réécouter. Le pourcentage de chances qu'on retombe sur le même à peu près la même période était probablement proche de 0 ^^
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oui ben je pense que tu viens de résumer une bonne partie de mon "problème" avec R.E.M. Un autre que j'ai identifié c'est que je n'aime pas le jeu du batteur. Je ne saurais trop dire pourquoi, mais je me suis rendu compte que ca avait pas mal d'importance pour moi (autre exemple: celui de Bruce Springsteen)<br /> <br /> quand tu dis reconstruire, c'est de mettre tout les disques que tu as (que tu as eu ?) sur une playlist spotify ? c'est quoi ton objectif ?
T
C'est marrant, j'ai réécouté Cuckooland (quel titre naze...) pour la première fois depuis longtemps (probablement sa sortie en fait) il y a quelques mois, je n'en avais gardé que de vagues souvenirs mais j'ai trouvé ça extrêmement beau et bon. J'ai un peu un problème avec Robert Wyatt, qui est que j'ai tendance à préférer des choses qui portent son influence à ses propres œuvres, mais après cette réécoute tardive j'ai décidé que j'allais me replonger dedans.<br /> <br /> Ta persévérance avec R.E.M. force le respect, tu as même été jusqu'à écouter les mauvais albums :)<br /> Enfin, Around n'est "mauvais" qu'à l'échelle d'une discographie exemplaire, "Leaving New York" est même une de mes chansons préférées du groupe, mais il confirmait le déclin amorcé par le précédent. <br /> Je trouve la fin de carrière de R.E.M. un peu tristounette, ils ont maintenu un haut niveau de qualité et de prise de risque quasiment jusqu'au bout, même leurs détracteur le leur reconnaissent, tout ça pour rater leurs adieux qui pour moi auraient dû avoir lieu autour de cet album. Que je trouve très triste, déjà de par ses thématiques et son atmosphère, mais aussi parce qu'on y sent une espèce de lassitude, une pesanteur, ça pue vraiment la fin et c'est étonnant avec le recul que le groupe ait encore deux albums (insignifiants) après.
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ah oui c'est marrant comme coïncidence. j'en ai remarqué énormément pendant ces chroniques de cassettes, mais je pense qu'une bonne partie est due au fait que 20 ans tout pile séparent l'enregistrement des cassettes et ces chroniques. Il est possible qu'on voit passer sur facebook ou autre des petits articles anniversaire, que ca reste inconsciemment dans un coin de la tête et ressorte au moment où on veut choisir un disque....juste avant la publication d'une chronique blinkinglights...<br /> Bref. (oui Cuckooland c'est pas terrible, Neither Here nor there eut été mieux). Je connais trop mal Robert Wyatt pour déceler son influence quelque part, moi mon problème c'est qu'on a absolument voulu me le vendre avec le Rock Bottom, alors qu'il y a certainement d'autres albums qui m'auraient plus accroché (dont celui ci donc). Réécouter sa discographie (ainsi que celle de Soft Machine, que je ne connais pour ainsi dire pas) serait intéressant. Mais bon, il est probable que je finisse juste par acheter Cuckooland, ce qui ferait une incongruité supplémentaire dans ma discothèque....<br /> <br /> Oui R.E.M. j'ai vraiment persévéré, je suis toujours navré de ne pas plus aimer que ca. Ta description de leur fin est en phase avec ce que j'ai entendu d'autres fan. mais au moins ont ils arrété avant de faire vraiment de la merde. enfin, je le suppose, je n'ai pas poussé jusqu'aux deux suivants. eux je vais me refaire la discographie complète c'est sur (j'ai jamais écouté Out of Time et Monster je pense). après leur coté tristoune me déplait pas. Il faudrait vraiment que je me penche sur leur "Complete Sessions Live acoustiques" quand j'aurais le temps.
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