SMASHING PUMPKINS
La sélection va pas etre évidente...
1994. Je suis en Terminale C dans un Lycée catholique privé de Marseille. Plus privé que catholique d'ailleurs, le vrai Dieu entre ces 4 murs, c'est l'argent. Un vase clos rempli de fils de médecins et d'avocats. Malheur à ceux qui n'habitent pas le bon quartier, qui n'ont pas de scooter, ou dont les vêtements ne sont pas à la dernière mode, ils constituent, tels les intouchables en Inde, la caste des ringards, dont je fais évidemment partie. De manière très symbolique, la seule ouverture de ce lycée sur le vrai monde est l'aumônerie. C'est un espace de totale liberté, qui présente en plus l'avantage d'être mixte et au dessus de tout soupçon aux yeux de mes parents. Il ne me faut que quelques week end d'aventure totale, à peine encadré par des anciens tout juste sortis de l'école et un jésuite fou, pour me rendre compte que les ringards ne sont pas forcément ceux qu'on croit... Cela fait quelques années que je participe donc avec entrain à diverses activités ayant toutes pour but de rendre service en s'éclatant avec un groupe de potes à l'imagination débordante. A l'été 1992, c'est au fin fond de la Roumanie, au cours de mon deuxième convoi humanitaire, que j'ai écouté pour la première fois le Use Your Illusion II des Guns N Roses. Deux ans plus tard, je suis devenu un immense fan et piste avec opiniâtreté l'ensemble de leurs influences. Je participe alors régulièrement à des randonnées en tant que guide d'aveugles dans les superbes paysages entourant Marseille. A la fin d'une de ces marches, en attendant le bus du retour, je discute musique avec un gars venu filer un coup de main pour la première (et la dernière) fois. Il trouve, comme la quasi-totalité des gens avec qui je parle à cette époque, que les Guns, c'est de la merde. Et me dit écouter les Smashing Pumpkins, nom qui m'est absolument inconnu, même si j'ai surement du entendre une fois ou deux « Today » à la radio. D'ailleurs, il a un walkman et me le prête le temps d'un morceau pour que je me fasse une idée de ce qu'est la vraie musique. C'est ainsi que j'entre en contact avec la bande à Billy sur « Rhinoceros », et cela me plait tellement que je laisse le morceau s'enchainer avec « Bury me » avant de le rendre à mon providentiel bienfaiteur. Je suis fasciné par la musique autant que par le titre : quel est ce groupe assez fou pour appeler un de ses morceaux « Rhinoceros » ?
Journal N°4 (le dernier avant l'ouverture du blog): page 2, photo d'un Noel dans un orphelinat Roumain, citation de Dan Simmons et Pumpkinseries...
Le hasard fait que, quelques mois après, les Smahing Pumpkins sortent Mellon Collie and the Infinite Sadness. Outre l'a priori positif que j'ai sur le groupe, je tombe directement sous le charme de la mystérieuse pochette de l'album, mis en écoute au Virgin Megastore de la rue St Ferreol où je passe une bonne partie de mon temps libre. Je ne sais pourquoi ils ont disposé dans la borne le deuxième CD, et c'est donc l'enchainement « Where Boys Fear to Tread » / « Bodies » qui achèvera de me convaincre. Je n'aurai dès lors pas d'autre objectif que de réunir la somme nécessaire pour m'acheter l'album et enfin découvrir le premier CD. Ceci explique sans doute que j'ai pendant longtemps préféré Twilight to Starlight, alors qu'aujourd'hui je trouve le Dawn to Dusk meilleur. A partir de ce moment là, l'univers des Smashing Pumpkins m'envahit complètement, et j'écoute le Mellon Collie deux fois tout les soirs. Mon deuxième achat est un pirate de la tournée précédent la sortie de l'album (the World is a Vampire). J'y découvre quelques excellents morceaux de Siamese Dreams (quel est ce groupe assez fou pour appeler un de ses morceaux « Mayonaise » ?), que j'achète dans la foulée. Mes maigres économies passent toutes dans l'achat de la discographie officielle ou non des Pumpkins, jusqu'au magnifique coffret bourré d'inédits the Aeroplane Flies High, et rien ne me déçoit. Mon plus gros investissement est le livre complet des tablatures du Mellon Collie and the Infinite Sadness (le prix de ce genre d'objet est tout simplement scandaleux), avec lequel je fais mes premières armes à la guitare. J'ai tout bonnement appris la guitare avec ce disque, et ma technique comme mes compositions sont irrémédiablement imprégnées du jeu de mon mentor Billy Corgan. Mon plus grand regret reste d'avoir loupé la tournée européenne des Pumpkins, le groupe passant à Lyon mais pas à Marseille, et n'ayant absolument pas les moyens du déplacement (je me rattraperai en 2000 lors de leur passage à Bercy, mais ce concert bien qu'excellent n'avais pas la même saveur...). En 1998, à la sortie d'Adore, je n'ai plus un centime. J'écoute de longs mois le disque au casque au Virgin, avant de le trouver d'occasion aux bouquinistes du cours Julien.
Dessin et collage période Mellon Collie...
En 1999, je déménage à Metz pour mon école d'ingénieur, et découvre avec ravissement internet. Je fais le plein de tablatures, photos, histoires, et visite les sites de fans au premier rang desquels La Souris dans la Citrouille, aujourd'hui vaisseau fantôme envahi de pubs, mais à l'époque site incroyablement complet tenue par une fan ultime, avec laquelle j'échange bootlegs gravés (avec pochettes fait maison) et dessins (certains des miens sont encore en ligne). Les Smashing Pumpkins sont en effet un des rares groupes à avoir généré des communautés de fans ne vivant que pour eux, décortiquant leur vie, les paroles, les artworks, suivant les tournées et se déguisant en mini Corgan ou d'Arcy. Je n'en suis pas là, d'autant qu'entre temps mon univers musical a explosé, une majorité de mes disques favoris datant de cette période 1995-1998. En 2000, l'album Machina est ma première (relative) déception et ne fait qu'accélérer un détachement initié par la découverte de centaines d'autres groupes, Radiohead en tête. Je ne me souviens pas avoir été particulièrement affecté par la séparation du groupe annoncé à la fin de cette même année. Les derniers titres des Smashing Pumpkins à m'accrocher sont « Home » et « If there is a God », puis le panneau the End sur la pochette du Best of Rotten Apples / Judas O marque la fin de ce chapitre de ma vie, coïncidant symboliquement avec mon entrée dans la vie adulte : diplôme + rencontre avec Mélaine + permis de conduire en Juin 2001.
Petit mot de Karin (la souris dans la citrouille), avec un CD bootleg maison et une photo qu'elle a prise de Corgan lors de leur rencontre...
C'est avec plaisir cependant que je croise de temps en temps un de ces traumatisés des Eclatantes Citrouilles, au détour d'une discussion musicale, les regards s'allumant instantanément et les souvenirs affluant. Mon premier contact avec Laisseriez vous votre fille coucher avec un Rock Adict ? fut le sablier ailé symbole du titre « Bullet with Butterfly Wings », que Guic, en bon fan du Mellon Collie, n'avait pas manqué de photographier lorsqu'il l'avait croisé par hasard sur un monument. C'est loin d'être la seule raison de mon attachement particulier pour ce blog, mais il est indéniable que notre ex-passion commune précipita une rencontre inéluctable : malgré finalement des gouts musicaux assez différent aujourd'hui, nous sommes de la même famille, de celle qui passa des heures à fureter dans des bacs (ou sur le net, suivant l'époque), à dénicher des inédits, ou simplement des versions live rares du groupe de Billy Corgan. C'est donc avec plaisir et fierté que je participe à l'épisode des fameux Top 5 de Guic the Old qui compte sans doute le plus pour lui. Je suppose que lui aussi aura fortement digressé avant d'attaquer le cœur de l'article, c'est-à-dire la difficile (voire impossible) sélection de nos 5 morceaux favoris dans l'abondante discographie des Smashing Pumpkins. Sélection que je vais longuement détailler, et qui ne captivera assurément que les quelques maniaques égarés sur ces pages.
un cahier de textes et de traductions des chansons des Smashing Pumpkins
Pour sélectionner les 5 titres, j'ai retenu trois critères. Tout d'abord évidemment, que le titre fasse partie de mes préférés. Ceux ci ayant pas mal fluctués au cours du temps, je me suis arrêté à mes préférences présentes, en passant les morceaux qui m'ont beaucoup accroché à l'époque mais qui ne font plus partie de mes favoris : après tout la durée de vie d'un titre est un signe fort de sa qualité. Une fois cette première sélection opérée, deuxième critère : le potentiel live du titre. Une des qualités les plus importantes à mes yeux des Smashing Pumpkins est leur incroyable capacité à se renouveler sur scène (exemple que je souhaite si possible suivre du mieux possible avec mon groupe). L'un de mes plus grand plaisir était d'être surpris par une version complètement inattendue d'un titre trouvé sur un enregistrement pirate, ce qui explique mon acharnement à les collectionner. Enfin, troisième critère, le plaisir que j'ai pu prendre à interpréter le morceau à la guitare, à improviser dessus, à créer des medleys improbables, à le jouer en concert, là encore la durée de vie de ces interprétations étant déterminante.
A l'aune de ces critères, il est un morceau qui est sans aucun doute pour moi au dessus des autres : « Tonight Tonight ». Véritable lancement de l'album Mellon Collie and the Infinite Sadness après l'introduction instrumentale au piano du même nom, c'est un titre qui, alliant mélodie et énergie, beaux arrangements de cordes et jeu de batterie somptueux en plus de paroles poétiques à souhait, m'a d'emblée accroché et dont je ne me suis jamais lassé. On ne compte pas les différentes versions existantes du titre, de la plus calme à la plus pêchue, de la plus arrangée à la plus dépouillée. L'une d'entre elle, rebaptisée « Tonite Reprise », figure même au menu de l'édition vinyle du Mellon Collie and the Infinite Sadness (ou plus traditionnellement en face B du single). C'est enfin le premier morceau que j'ai travaillé à la guitare, un titre complet alliant arpèges et accords de puissance, permettant d'exprimer toute une palette d'émotions. Encore aujourd'hui, je n'empoigne pas une gratte sans commencer par ces trois accords (C9 G/B Dsus2), et parfois, je ne joue que ce titre, le développant en de longues improvisations... « Tonight Tonight » est donc en quelque sorte mon maitre étalon SP, décrochant la note maximale sur les trois critères précédemment décrits.
Si la première place m'a parue évidente, j'ai souffert pour faire ressortir les 4 autres morceaux de mon top. Voici le fruit de mes réflexions par album, pour ceux (ou plus vraisemblablement celui) que ca intéresse.
ALBUMS
Gish
J'aime la plupart des titres de cet album, mes favoris :
« I am One » : des versions live acoustiques ou rallongées plutôt plaisantes, en revanche la base étant plutôt le riff de basse, je ne l'ai jamais joué.
« Siva » : un des must du début de carrière des Smashing Pumpkins, qui sera interprété sur de nombreuses tournées. Les différentes parties sont propices à des improvisations, le riff principal est une vraie tuerie, un régal à jouer.
« Rhinoceros » : c'est un titre d'introduction aux Pumpkins, que ce soit à l'écoute ou à jouer. Il m'a beaucoup plu au début, mais on s'en lasse progressivement, d'autant qu'il n'y a pas de version live vraiment marquante.
« Snail » : très bon titre doté d'une accélération et d'un final à couper le souffle. Sympa à jouer en acoustique (surtout la fin), même si sans la batterie ca le fait moins. Pas d'interprétation live notable non plus.
Siamese Dreams
Chef d'œuvre du rock alternatif, dont quasiment tous les morceaux m'ont accroché, même si j'en reviens aujourd'hui finalement aux plus connus (singles). A noter quand même l'un des rares morceaux des SP que j'ai toujours détesté, « Quiet ». Quasiment tous les titres ont fait l'objet de versions acoustiques plus ou moins inspirées.
« Cherub Rock » : quelle ouverture puissante ! Ce morceau assez complexe est l'un des premiers que j'ai réussi à jouer, énergique, c'est encore aujourd'hui un de mes favoris à la guitare. En live, les SP le jouaient sur différents rythmes, le mieux étant les versions à 100 à l'heure.
« Silverfuck » : inévitable, avec ses 9 mn au compteur et sa violence magnifique. Il existe dans une quantité astronomique de versions, de la plus lente (baptisée parfois « Why am i so Tired ») à la plus expéditive, en passant par différents medleys facilités par le fait que l'unique accord la composant ( !) est en position de doigts dite « SP », base de très nombreuses compositions du groupe. Pour ma part je l'ai jouée à une fête de la musique en medley avec « Cherub Rock ».
« Today » : le tube imparable, donc forcément trop entendu. Les paroles et le riff d'intro en sont les atouts majeurs, mais le statut de « Today » en interdit des versions originales. Plaisante à jouer (notamment en acoustique), mais les deux guitares sont nécessaires au morceau.
« Rocket » : souvent cité comme le morceau favori des fans des Smashing Pumpkins, il en devenait du coup suspect à mes yeux au début. C'est en fait un tube parfait, doté probablement de mes paroles préférées signées Corgan. Une multitude de versions existent en concert, des calmes comme des rageuses. Constitué d'accords simples, elle est facile à mélanger avec d'autres titres, ce que ni les SP ni moi ne se sont privés de faire régulièrement. Le riff principal est un pur plaisir à jouer à la guitare électrique, et j'ai interprété la version acoustique un nombre incalculable de fois, y compris sur scène.
« Mayonaise » et « Soma » : j'ai toujours adoré ces deux chansons très chargées en émotion, avec des moments calmes, des accès de fureur et des solos incroyables. Malheureusement ce sont des titres très chiants à jouer tout seul. Si les entendre en live est toujours un pur bonheur, il y a peu d'écart avec les originales (sauf les traditionnelles versions acoustiques).
Mellon Collie and the Infinite Sadness
Mon album favori de tout les temps du monde entier, doté de 30 titres, constitue évidemment le gros du travail de cette sélection, d'autant plus que mes gouts ont pas mal varié au cours du temps. Mon attrait pour les passages les plus agressifs du disque, comme « Jellybelly », « X.Y.U » ou « Fuck You (an ode to no one) » a progressivement décliné, et je me suis rangé sur le tard à l'avis général considérant la fin de Twilight to Starlight comme un peu superflue.
« Zero » : tube court et efficace, peu réinterprété en concert. Bien jouissif à jouer, et à mélanger à d'autre morceaux (toujours le fameux accord SP), comme le prochain décrit.
« Where boys Fear to Tread » : marquant car premier titre de l'album que j'ai entendu, il n'a pas d'autre qualités que celle, évidente, de son efficacité.
« Bodies » : un de mes favoris du deuxième disque, j'ai longtemps cherché une version live avant d'en découvrir le massacre brouillon qu'en faisaient les SP sur scène. Pour ma part, j'ai enregistré une version acoustique décalée que j'aime assez, même si elle est dure à chanter.
« Here is no Why » : ce morceau au titre mystérieux a toujours fait partie de mes favoris. Il en existe des versions acoustiques, et il a été pendant longtemps ma marotte à la guitare, très fier de surmonter sa difficulté technique.
« Thru the Eyes of Ruby » : synthèse parfaite de tout le savoir faire des Smashing Pumpkins, ce morceau fut l'un des rares rescapé de l'album sur la tournée Adore, dans une version joliment rallongée. C'est aussi le tout premier morceau que j'ai joué sur scène avec mon premier groupe, à Metz (la prestation, filmée, n'est heureusement disponible qu'en VHS).
« Galapogos » : merveilleux à écouter et à jouer, ce titre tout en arpèges a très rarement été joué sur scène (il ne s'y prête guère).
« Muzzle » : le titre qui aurait du être un single, à la place de « Thirty Three », tant il est l'un des meilleurs des SP, paroles comprises. Interprétés de manière similaire sur scène, avec des variations de rythmes selon les versions (acoustique ou électrique), il est rapidement maitrisable à la guitare, ce qui est génial au début et lassant par la suite.
« Bullet with Butterfly Wings » : la chanson des Pumpkins que tout le monde aime, et donc que tout fan ultime se fait un devoir de ne pas mettre en tête de liste. Avec le recul, c'est évidemment un de leurs meilleurs morceaux. Doté de quelques interprétations épiques en live, c'est un titre excellent à jouer, sur gratte électrique comme acoustique.
« Stumbleine » : merveille d'arpèges, j'ai toujours adoré l'interpréter, en la modifiant à ma sauce, dans des versions post rock grandiloquentes pas toujours du meilleur gout. Très déçu de ne pas la voir au menu de mes bootlegs des tournées Mellon Collie, je fus agréablement surpris de la voir ressortir à la tournée suivante, qui plus est dans une autre version absolument sublime.
Adore
Si j'ai accroché immédiatement à certains titres d'Adore, les interprétations Live me furent indispensables pour être conquis par l'album dans son intégralité. Certaines m'ont même fit radicalement changer d'avis, comme par exemple la version acoustique d' « Appels + Oranjes ». Mis à part le début d'album, les morceaux d'Adore, moins basés sur la guitare, sont inintéressants à jouer tout seul.
« Ava Adore » : single porteur, la moyenne sur tous les critères...
« Tear » et « Shame » : deux bons titres, avec une préférence pour la version live du premier et studio du second.... Pas d'intérêt à la guitare...
« To Sheila » : morceau d'ouverture proche de la perfection, les Pumpkins en on fait une version plus rythmée pour les concerts. Facile à jouer, il me suffit de me souvenir que l'unique fois où je séduisis une demoiselle grâce à ma guitare, c'était avec ce morceau, pour lui refiler la note maxi sur ce critère....
« For Martha » et « Blank Page » : titres émouvants (ah, l'accélération géniale de « For Martha » !), ils ont souffert sur la tournée de la voix de Corgan, qui commençait à l'époque à devenir sacrément défaillante...
Machina/the Machines of God
Avec ce titre alambiqué, ce concept incompréhensible et son artwork symbolique surchargé (qui ne m'avait pas déplu à l'époque), Machina voyait les Smashing Pumpkins s'aventurer vers des territoires plus éloignés de mes gouts personnels. Trop long, plombé par des morceaux indignes (dont la pire compo de Corgan, « the Crying Tree of Mercury »), je n'ai jamais vraiment accroché à ce disque, malgré de bons moments (« Glass and the Ghost Children », « I of the Mourning », « this Time ») et une tournée encore pleine d'imagination concernant certains titres (« Blue Skies Bring Tears », « Raindrops + Sunshowers », « Heavy Metal Machine »). Plutôt que de faire le tri habituel, je vais directement à l'essentiel, c'est-à-dire à l'unique morceau ayant quelques chances de figurer au Top 5 :
« Age of Innocence »: in extremis, Machina propose cette belle plage mélancolique, plus sympathique dans sa douceur originale que dans la saturation de sa version live. Plaisante à chanter, elle lasse à la longue du fait de sa simplicité.
Albums suivants
On peut choisir de prolonger la discographie des Smashing Pumpkins avec les disques que Billy Corgan a sorti après Machina. Pour moi, Zeitgest n'a pas plus légitimité à en faire partie que l'album de Zwan ou the Future Embrace, je considère à l'instar de ce dernier qu'ils constituent la carrière solo du leader chauve. De toutes manières, même si Zeitgest contient quelques bons morceaux, tout ceux composés après 2001 que j'ai écouté - il y en a beaucoup, sorti uniquement sur le net ou lors des dernières tournées que je ne connais pas - n'ont aucune chance de figurer dans ce Top 5, pas plus que dans mon Top 50 d'ailleurs....
HORS ALBUMS
Durant sa période faste (notamment l'enregistrement du Mellon Collie), Billy Corgan a composé tant de bons morceaux qu'il aurait pu sortir régulièrement des albums pendant un long moment sans s'inquiéter d'éventuelles baisses d'inspiration. Les Smashing Pumpkins ont préféré honorer leurs fans de B-Sides valant single chez d'autres groupes, d'inédits en concerts, de participations à divers projets associatifs, pour composer l'une des plus fascinante collection de morceaux hors discographie de l'histoire du rock.
En grande majorité, ces titres ont rarement été interprétés sur scène, ceux qui l'ont été ont parfois donné lieu à des versions étonnantes. De même, les tablatures de ces morceaux moins connus étant assez difficiles à dénicher, je n'en ai donc joué que quelques uns à la guitare. Ceci pour expliquer qu'à qualités comparables, seule une infime minorité de ces « inédits » puisse avoir une chance de se mesurer aux morceaux officiels dans ma sélection.
Pisces Iscariot
Malgré quelques extraits mineurs, combien d'albums cette compilation de B-Sides des singles Gish / Siamese Dreams enfonce-t-elle ? Disque essentiel.
« La Dolly Vita » : un des plus vieux titre des SP, avec un final terrible (Jimmy Chamberlin y fait des merveilles).
« Pissant » : pure grunge bien puissant.
« Landslide » : l'une des rares reprises des Pumpkins vraiment réussie, elle est agréable à jouer.
« Soothe » : très fragile morceau d'ouverture, beau à pleurer...
« Starla » : incroyable épopée dont je ne me lasserai jamais malgré sa longueur, version studio comme live.
The Aeroplane Flies High
Ce coffret regroupant les cinq CDs Maxi Single du Mellon Collie (organisés de telle manière que chaque EP ait un ton particulier) est une vraie mine d'or doublé d'un superbe objet.
Bullet with Butterfly Wings : une jolie ballade de James Iha interprétée en duo avec une copine (« ...Said Sadly ») et un tas de reprises à oublier.
1979 : même si je n'ai jamais trop apprécié le titre principal, j'ai un énorme attachement pour cet EP (et pas seulement pour le souvenir d'une personne chère à mon cœur). « Cherry » et « Set the Ray to Jerry » font partie de mes titres préférés de cette période.
Zero : l'EP couillu du coffret, doté d'une très belle pochette. Que du bon, dont je retiendrais « Marquis in Spades ».
Tonight Tonight : L'EP mélancolique, avec une ribambelle de superbes ballades pour tenir compagnie au titre principal. La meilleure, « Rotten Apples », a fait l'objet d'une belle réinterprétation acoustique par Billy Corgan en solo.
Thirty Three : plus dispersé et moins marquant que les précédents, cet EP contient un autre long développement alternatif comme je les aime, « the Aeroplane Flies High (Turns Left, Looks Right) », qui a été joué sur scène pendant la tournée du Mellon Collie.
Machina II/the Friends & Enemies of Modern Music
Refusé par Virgin, ce disque fut en réaction offert en téléchargement sur le net par les Smashing Pumpkins, sans doute les pionniers en la matière. C'est un assemblage hétéroclite de démos, d'inédits ou de chutes de studios du Machina. Rien d'inoubliable sur un Machina II symbolisant tristement la fin du groupe, excepté le calme « If there is a God » ou la pop revigorante de « Home ».
Miscellanous
Une foule de titres planqués sur des singles, des compilations, des bootlegs, des BO ou sur le net. Je ne les connais sans doute pas tous (mais quasiment, pour la période qui nous intéresse), et je retiendrais ceux-ci :
« Drown » : longue conclusion psychégrunge de la bande originale du film Singles, c'est un magnifique titre qui devait être réenregistrée en version courte pour faire office de Single. Las, c'est une chanson de Pearl Jam qui fut choisie, générant la colère de Corgan. Interprétée de très nombreuses fois sur scène (elle était encore au programme de la tournée Machina) dans des versions et medleys surprenants, elle est sympa à jouer en acoustique.
« Dancing in the Moonlight »: un concurrent de taille dans la catégorie "reprise meilleure que l'originale".
« Once in a while » : face B d' «Ava Adore » qui oppose son extrême délicatesse à la violence du titre single.
« One Less Moment » : une très belle ballade toute en arpèges dont je ne possède qu'une version, interprétée en live acoustique par Corgan en solo.
« Pale Scales » : entre les différentes BO, démos ou impros en concert, le fan des Pumpkins a le choix entre un grand nombre d'instrumentaux d'intérêts divers. Mon préféré est cet obscur inédit période Machina.
Journal N°4: une de mes très nombreuses listes. Celle ci pour la sélection des morceaux de mon Best of Smashing Pumpkins, qui me prendra une année...
TOP 5
and our lives are forever changed - We will never be the same - The more you change the less you feel
autres versions à écouter: version lente, comme le Live acoustique du 13 mars 1996 à Sydney - la version du très bon concert de charité Adore Live.
I shall be free free - Free of those voices inside me
autres versions à écouter: MTV unplugged 1993 - Live du 30 Janvier 1996 at the Soma, San Diego.
The night has come to hold us young
autres versions à écouter: la version longue de la tournée Adore.
You make me real
autres versions à écouter: la version tournée Machina, comme celle du 16 Avril 2000 at the Aragon Ballroom, Chicago.
And nobody nowhere understands anything - About me and all my dreams - Lost at sea
autres versions à écouter: la version de la tournée Adore, comme celle du 19 juin 1998 à Circular Quay, Sidney.
PAS LOIN DU TOP
Age of Innocence
Desolation yes hesitation no
Bullet with Butterfly Wings
Despite all my rage I am still just a rat in a cage
autres versions à écouter: tout plein, notamment celles de la tournée Adore.
Cherub Rock
autres versions à écouter: MTV Unplugged 1993 par exemple.
Drown
autres versions à écouter: celles des dernières tournées, et notamment le Last to one Show.
Galapogos
Ain't it funny how we pretend we're still a child
Here is no Why
autres versions à écouter: une demo acoustique, pour le fun...
Muzzle
I fear that I'm ordinary, just like everyone - To lie here and die among the sorrows
Porcelina of the Vast Oceans
autres versions à écouter: Le medley avec "Rocket" entendue à Paris Bercy en 2000.
Silverfuck
autres versions à écouter: version lente, comme celle jouée à Amsterdam le 12 Décembre 1995 - version folle, comme celle d'Astoria le 25 février 1994 - et plein d'autres encore...
Siva
autres versions à écouter: par exemple celle du 8 Janvier 1997 at the GM Place, Vancouver.
Starla
autres versions à écouter: Astoria, 25 février 1994 (si on n'a pas peur des solos qui tuent)
Today
Can't wait for tomorrow - I might not have that long





















