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Blinking Lights (and other revelations)
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6 août 2021

Adore, Opening to the Letting Go - the SMASHING PUMPKINS - Adore (Deluxe Edition)

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You remind me of that leak in my soul

 

Récemment, je ne suis pas passé loin du burn out. Enfin, je crois, à priori seuls ceux qui en ont fait un en connaissent les prémices avec certitude mais bon, à un moment quand tu dois chercher tes mots, même les plus communs, à chaque phrase, que tu es au bord des larmes à la moindre broutille et que tu as de fréquents maux de têtes alors que c’est très rare d’habitude, il me semble que les signaux sont assez clairs. Evidemment, il y avait ce changement de boulot en plein départ d’épidémie, et cette promotion aussi rapide qu’inattendue. Chef de service, moi, c’en est presque risible ! Il faut croire qu’être médiocre dans tout ce qui me passionne m’autorise à être doué dans ce qui m’indiffère (consolation : il est très dur de bien gagner sa vie avec ce qui me passionne). Et puis cette crise de la quarantaine aussi violente qu’inattendue, également (d’autant que j’ai 44 ans, mais j’ai toujours été en retard). En réaction, ne pouvant guère sacrifier mon boulot ou ma vie de famille, j’ai lâché sur certaines injonctions superflues, notamment en matière musicale. Cesser de suivre ceux qui écoutent 30 albums par jour, qui sont toujours à la page voire en avance d’un mois, ces flots ininterrompus des conseillers te faisant passer pour un ignare si tu n’as pas écouté tel ou tel album prétendument culte. Abandonner les débats stériles. Revenir à ses propres envies. Lâcher prise.

 

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Rapidement, un album s’est imposé à moi, sans que je comprenne d’abord pourquoi. Adore, c’est quand même un disque que j’ai usé jusqu’à la corde, je le connais par cœur et l’écoute encore de temps en temps. En revanche c’est la seule réédition Deluxe des Smashing Pumpkins que je ne possède pas : à sa sortie (2014) je la trouvais un peu trop chère (grave erreur, maintenant que je la trouve indispensable elle est devenue inabordable). Aussi me gardais-je ces 59 titres plus ou moins inédits en réserve, comme une toute dernière bouffée d’inconnu de ces Smashing Pumpkins originaux que j’ai tant aimé. Dans cette période critique, entamer un peu cette réserve m’a paru nécessaire. Je pensais n’écouter que le Live, mais bon, c’est comme quand t’as attaqué un paquet de chips, tu commences et tu peux plus t’arrêter, et je me suis enfilé la totale sur une semaine de trajets au boulot. Ecouter Adore, outrageusement étalé sur les 6 CDs de ce coffret, m’a fait un bien fou, m’a rappelé l’importance de la musique dans ma vie, et à quelle place elle devait être. Est-il surprenant qu’Adore m’est sauvé la mise ? En m’interrogeant, je me suis rendu compte que c’était l’album du lâcher prise. Je me suis persuadé que Billy Corgan devait avoir 40 ans quand il l’a composé, en fait il n’avait que 31 ans. Sans doute vieillit-on plus vite quand on est une rock star. Cependant Adore est né dans la douleur, deuil, divorce, et après que Corgan ait dû se séparer de la colonne vertébrale du groupe, Jimmy Chamberlin, accusé d’avoir indirectement causé la mort par overdose du claviériste embarqué pour la tournée du Mellon Collie & the Infinite Sadness ; Une tournée aussi pharaonique que le double album, des centaines de dates sur toute la planète, des avions, des interviews, des halls, des sessions photo, encore des avions, et une tempête d’interviews lors du renvoi de Chamberlin. Adore est l’album de l’épuisement et de la remise en question. Chacun de ses recoins m’a renvoyé à ma propre expérience. Avancer malgré les évènements, renaitre, lâcher prise. Ça m’a finalement frappé en écoutant « Blank Page », le dernier morceau.

 

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« Blank Page » n’a pourtant jamais été parmi mes favoris d’Adore. La voix de Corgan y est déjà limite sur l’album, et quasi systématiquement fausse en concert. Et il y a cette fin en queue de poisson qui pour le coup est magnifiquement complétée dans les versions live (1). J’ai pour l’essentiel des chansons d’Adore une nette préférence pour les versions live, mais j’y reviendrais. Les paroles d’Adore sont souvent assez obscures, elles laissent libre interprétation à l’auditeur. Certains y verront un album sur le deuil, d’autres sur la mélancolie amoureuse, mais pour moi ce sera crise existentielle, en vous remerciant. Jugez plutôt : « Blank Page, is all the rage, never meant to say anything ? » (= tout ça pour ça)  « In bed, i was half dead tired of dreaming of rest » (il est peut-être temps de lever le pied) et plus loin le «stop sign told me to stay at home », soit donc un avertissement assez clair. « Blank Page », en tant que conclusion, rappelle avec force un message distillé tout au long des 15 titres de l’album. Hé oui, c’est copieux (74 minutes), et cependant rien n’est de trop (il n’y a pour ma part que le titre « Crestfallen » que je trouve un peu en deca, même réinventé avec quelques oripeaux indus par Matt Walker).

 

(1)    Sauf justement le « Blank Page (Live With Manco / Chicago) » du CD6, assez curieuse, avec uniquement de la batterie et du piano, beaucoup moins marquante que les habituelles envolées de guitare électrique.

 

 

 

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the priceless peace of giving up control 

 

Tout débute par l’une des plus magnifiques chansons écrites par Corgan, l’une des plus magnifiques chansons tout court d’ailleurs, capable de convertir les plus farouches détracteurs ders Pumpkins possédant une once de bonne foi. « To Sheila », à la guitare, au banjo (Early Banjo Version), au piano (Live / Nashville / Ryman Auditorium) ou dans l’une de ses innombrables revisite live, reste une ballade hors du temps capable d’apaiser tous les maux. « To Sheila » est un morceau d’introduction parfait, et en plus il ne contient pas de batterie, ce qui est symboliquement très fort. Il acte l’absence  de Jimmy Chamberlin, avant son remplacement sur l’album par deux batteurs de studio (qui sauront cependant fort bien tenir la baraque sur scène lors des tournées à suivre). La plupart du temps en concert c’est d’Arcy qui assure les secondes voix sur ce titre. Ce n’est pas une immense chanteuse mais on ne peut que regretter que Corgan n’ait pas plus utilisé cette voix féminine sur les albums des Pumpkins. De toutes manières, hormis sur Gish et sporadiquement sur MCIS, d’Arcy sera grandement sous employée, guère mise en valeur à part pour faire joli sur les photos. Sur l’album, c’est Dennis et Jimmy Flemion qui font les secondes voix, et il est assez savoureux de constater que les deux frangins déjantés des Frogs, groupe allant très loin dans la provoc et le n’importe quoi, officient sur l’une des plus délicates chansons jamais écrites dans les 90’s. C’est probablement une chanson d’amour, mais on a l’impression que l’auteur fuit quelque chose. On y trouve en tout cas ce vers assez fort, « Discard my Friends to Change the Scenery » (Jeter mes amis pour changer de décor). « To Sheila » a bien sur toujours été mon titre favori d’Adore mais progressivement je me suis mis à préférer aussi les autres chansons calmes aux morceaux plus bourrins (alternance typique du groupe participant pour beaucoup à mon fanatisme).

 

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Ainsi « Perfect », chanson simplissime, ne s’imposa à moi que tardivement. C’est un titre trompeur, car plus il est dépouillé, mieux il fonctionne. C’est probablement le seul morceau qui souffre du passage en live avec groupe renforcé et batterie au taquet. En revanche dans ses interprétations acoustiques il est renversant (« Perfect (Acoustic Demo / Adore Outtake) », et encore il existe des versions live plus lentes, plus susurrées et plus touchantes). Le texte est assez limpide pour une fois, c’est le regret doux-amer d’une histoire qui se termine, une chanson sur l’amour mais surtout sur la perte (« We can’t help but feel that something has been lost »). Idem pour « Once upon a Time », chanson de l’abandon et du bilan (« Tuesdays come and gone, Restless i still drive, try to leave it all behind, fallin out of sleep »), « Annie-Dog » qui exprime littéralement le lâcher Prise (« is it wrong to be swallowed whole, to disappear in her, to give her the priceless peace of giving up control ») ou la trop méconnue « Appels + Oranjes », toute en questionnements joliment tournés sur le même sujet, perte de contrôle et envie de renouveau (« What if what is isn’t true, what are you going to do ? What if what is isn’t you, does that mean you’ve got to lose ? Digging for the Feel of something New »). On regrettera d’ailleurs que la version en guitare acoustique /voix qui transforme radicalement ce morceau ne soit pas proposé dans le coffret (« What If? (Streeterville Demo) » est une demo proche de l’originale).Pour terminer ce tour d’horizon, comment ne pas citer « Shame », critiquée à l’époque pour sa simplicité mais qui justement, par sa structure entêtante, s’impose à moi hier comme aujourd’hui. C’était avant pour ce sentiment qui semblait tellement me résumer que j’en avais fait le titre d’une de mes compos les plus personnelles, et aujourd’hui pour cette errance existentielle étirée sur 7 minutes répétitives et graves. « You’re gonna walk on home you’re gonna walk alone you’re gonna see this through don’t let them get to you – ne les laisse pas t’atteindre - »). En live, les versions acoustiques (« Shame (Live With Mancow / Chicago) ») restent sympathiques mais on leur préfère leurs pendants en groupe prolongés et dotés d’un surcroit de puissance enthousiasmant.

 

 

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Digging for the Feel of something New 

 

Comme je l’ai écrit précédemment, je connaissais sur le bout des doigts ces titres, même s’ils ont pris une autre ampleur dans cette période de fatigue et de questionnements intenses. Pour le reste du coffret, c’était une découverte, toute relative cependant vu que très peu de chansons inédites y figurent (2), seulement des versions différentes. Passons sur le 2eme CD du coffret, qui présente Adore en version mono et que je n’ai pas pris le temps de réécouter. En fait, je connaissais déjà puisque j’avais acquis à l’époque le vinyle original qui, pour une raison que j’ignore, est en Mono là où le CD est en Stereo. Les autres différences étaient la pochette (en couleur pour le vinyle, avec cette fleur rouge éclatante, et en noir et blanc pour le CD) ainsi que l’absence du tout dernier titre sur le vinyle, un « 17 » de 17 secondes qui valut à Corgan quantité de questions sur l’influence des Cure, jusqu’à l’irriter (« on a fait 50 morceaux qui ressemblaient à du Led Zep avant et on ne m’a jamais emmerdé avec ça ! »). Le titre « Pug » a aussi souvent été cité dans ce cadre, bien que je n’ai pas l’impression qu’il ressemble tant que ça à the Cure mais bon, je connais assez mal le groupe de Robert Smith. En réalité « Pug » a une ambiance gothico indus (appuyée sur la revisite assez réussie de Matt Walker sur le CD4) qu’on retrouvait sur l’EP the End is the Beginning is the End  et sur le morceau « Eye » qui sera interprété en concert en duo avec Marilyn Manson, ce qui est très cohérent. Quasiment tous ces titres, enregistrés en 1997 juste avant Adore, sont présents sur ce coffret : « the Beginning is the End is the beginning », « the Guns of Love Disastrous » et ma préférée, l’instrumentale « the Ethers Tragic », quoique moins bonne dans le remix 2014 ici présenté, celui de « Eye » étant en revanche très proche du mix original.

Bref, pour en revenir à « 17 », titre absent du très beau vinyle (que j’avais évoqué ICI), il s’agit de quelques notes de la mélodie d’une chanson qui sera publiée par la suite sur l’EP Still Becoming Apart en 2000, « Blissed and Gone ». C’est justement sur une superbe version acoustique de ce titre qu’on attaque le 3eme CD du coffret, intitulé In A State Of Passage, constitué de Demos enregistrées en guitare/voix par Billy Corgan, avec parfois un peu de boite à rythme. Le CD est très agréable, quasiment tous les morceaux sont bons, notamment pour les titres phares la demo acoustique de « The Tale Of Dusty And Pistol Pete » (CRC Demo) et l’instrumental en piano / batterie de « For Martha » (Take 2 / Instrumental / CRC Demo), pour les B-Sides la merveilleuse « Once in a While » (piano / chant) et une version acoustique de « Christmastime » (Sadlands Demo) et pour deux inédits, « Valentine », ballade en arpèges dans la lignée des autres titres et surtout « Do You Close Your Eyes When You Kiss Me? », bon titre pop à l’ambiance assez décalée avec le reste mais dont on se demande comment il n’est pas sorti avant des tiroirs tant il surpasse la plupart des inédits publiés en bonus avec le best of de 2001.

 

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Les CDs 4 et 5, respectivement intitulés Chalices, Palaces, And Deep Pools et Malice, Callous, And Fools (comprenne qui pourra), présentent des versions de travail, des brouillons, des remixes et des demos acoustiques qui auraient dû figurer sur le CD précédent si la logique avait été respectée. La qualité et l’intérêt de ces pistes sont donc très variables, on trouve même quelques extraits assez affreux, au premier rang desquels celui intitulé « Ava Adore » (Puffy Combs Remix 1998). Nul besoin de décrire la qualité du single d’origine, assez puissant et malsain pour se placer d’emblée à la hauteur des tubes précédents des Pumpkins, « Bullet with Butterfly Wings » en tête. On voit avec ce remix boursouflé de violonades à quel point une prod peut détruire une chanson, aussi bonne soit elle. Cela m’évoque avec tristesse le dernier album pondu par les SP dernière mouture, l’innommable choucrouterie electro pop Cyr. Peut-être bien que, tout derrière cette uniforme masse fluorescente se cache quelque bon riff ou une honnête ballade si elle était interprétée à la guitare folk ? Le plus étonnant est qu’avec ce plan marketing rodé, artwork, clips, personnages de Bds, sites webs et collectors pour fans argentés ayant pris autant sinon plus d’importance que la musique, le groupe semble avoir réussi à conquérir une nouvelle génération de fans dont on se demande réellement ce qu’elle pourra penser des albums 90’s des Pumpkins. On notera aussi la présence de « Cash Car Star », sans doute la pire chanson jamais écrite par Corgan avant le split de 2001, plutôt associée à la période Machina, dans une version remixée qui réussit à la rendre encore plus moche. Si les purs inédits de ces disques sont plus ou moins dispensables, on appréciera, outre les versions dépouillées des titres phares tels « To Sheila » ou « Perfect » déjà cités précédemment, de jolies ballades comme « Waiting », « Saturnine » (une version piano / chant et une autre en groupe remixée, fort différentes mais également bonnes) ou la version instrumentale de « Summer », unique concession laissée à James Iha lors des sessions d’Adore. Cause ou plus probablement conséquence, le discret guitariste sortait alors la même année son premier album solo, le mésestimé Let it Come Down, bourré de délicates ballades du même acabit. Mais le plus bel Outtake de la période reste « Let me give the World to You », superbe pop rock nostalgique dans la veine du plus grand succès des Smashing Pumpkins, « 1979 ». 

 

(2)    « Christmastime » est paru sur la compilation A Very Special Christmas 3 (chroniquée ICI). « the Beginning is the End is the beginning », « the Ethers Tragic » et « the Guns of Love Disastrous » sont sur l’EP the End is the Beginning is the End (BO du film  Batman et Robin). « Eye » est paru sur la BO du film Lost Highway puis sur l’EP Still Becoming Apart (contenant aussi « Blissed and Gone »). « Czarina » et « Once in a While » sont des B-Sides du single « Ava Adore ». « Summer » est une B-Side du single « Perfect ». « Because you are », « My Mistake », « Sparrow », « Waiting », « Saturnine » et   « Blissed and Gone » sont sortis sur le disque bonus du Greatest Hits paru en 2001.  « Cash Car Star » et « Let me give the World to you » figurent sur la compilation d’inédits posthume Machina II diffusée directement et gratuitement sur le net en 2000.

 

 

 

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You you’re gonna walk so far, you’re gonna wonder who you are

 

Le coffret est complété par un 6eme CD (Kissed Alive Too) et un DVD présentant un versant qui est toujours passionnant chez les Smashing Pumpkins, à savoir la réinterprétation de leur répertoire en Live. Cela fait des lustres que je n’ai pas regardé de DVD musical, et je ne compte pas m’y remettre pour celui-ci, gardant bien en mémoire les live de cette tournée, que ce soit le fameux concert de Hambourg avec piano et percussionnistes diffusé en direct à la télévision en 1998 ou le bootleg Secret Gig écouté en boucle et chroniqué ICI dans un article recoupant à maints endroits celui-ci. Je partirais donc du principe que ce concert du 4 Aout 1998 à Atlanta est dans la lignée des autres de la tournée, et userais de ma mémoire pour comparer avec les versions proposées sur le CD. Celles-ci sont en effet assez exceptionnelles, dans la mesure où pour la plupart ce sont des interprétations que je n’avais jamais entendu. Revers de la médaille, ce ne sont pas forcément les meilleures versions mais elles demeurent très intéressantes. Les morceaux mélangent quasiment tous le format acoustique (les guitares) avec une paire rythmique classique et le piano de Mike Garson en bonus. Des quatre premiers extraits, tirés des Sao Paulo Sessions, on préfère ceux où ce dernier est plus discret, notamment un « Daphne Descends » d’ordinaire bien saturé, ici délicieusement calme et mélodique. « Tear », très dépouillé dans sa version originale, se renforce de manière intéressante, avec notamment les guitares sur la toujours trippante accélération du milieu, mais n’atteint pas la puissance des versions live électriques. Les trois derniers titres montrent eux le groupe dans ce qu’il a de plus rock, sans être directement issus d’Adore, comme s’il y avait une certaine incompatibilité (ce qui n’est évidemment pas le cas, le DVD devant largement suffire à le prouver). Comme mise en bouche une très curieuse (car très classique) reprise d’un standard rock n’ roll popularisé par les Beatles, « Money (that’s what i want) », suivie d’une interprétation complètement déjantée de « X.Y.U », très groovy, avec paroles réécrites et medley bien agencé où l’on reconnait un autre extrait du MCIS, l’excellent « Where Boys Fear to Tread ». Pour terminer avec ce savoir-faire exceptionnel du groupe, quoi de mieux qu’une méconnaissable version du « Transmission » de Joy Division (3), portée par un riff de guitare dantesque et un développement  fascinant où tout passe, pause basse / batterie et revirements saturés, accélérations épiques et beuglements rageurs, le tout mettant particulièrement à l’honneur le remplaçant de Jimmy Chamberlin, Joey Waronker. Une conclusion qui à elle seule vaut l’écoute d’un coffret dans l’ensemble très réussi, et faisant bien plus honneur à l’album réédité que celle du MCIS par exemple.

 

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Au moment de conclure cet interminable article et de sortir de cette bulle nostalgique, je m’interroge à nouveau. Est-ce vraiment un hasard si l’album de mes 20 ans est aussi celui de ma daronescence (4) ? Les doutes et les questions, les désirs et les peurs se rejoignent, comme le retour d’un tueur de série Z qu’on croyait définitivement enterré. Alors, lâcher prise, et attendre ? Billy Corgan, interviewé lors de la parution de ce coffret, balança le sens caché du titre qu’il avait lui-même donné à cet album si personnel et qu’à sa connaissance personne n’avait saisi. Adore. A Door. Une porte à franchir ou à ignorer.

 

(3)    Fun fact, le bassiste des Pumpkins sur scène est aujourd’hui Jack Bates, qui n’est autre que le fils de Peter Hook. 

(4)    pour reprendre le terme d’un sketche très drôle de Topito vu récemment et qui, coïncidence, exploitait justement ce sujet.

 

 

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Commentaires
A
J'ai un peu du mal avec ces éditions qui donnent tout en vrac et puor lesquelles c'est à l'auditeur de faire le tri. Écouter de la musique prend du temps. Pour ma part, je suis assez peu disposée à me consacrer à ce genre d'expérience quand j'ai tant de choses à écouter (et pour lesquelles il conviendrait aussi de faire le tri parce que rares sont les albums intégralement bons).<br /> <br /> Adore serait le son que j'aimerais assez facilement. Même si cela l'agace, il sonne assez Cure dans l'ensemble. Donc je l'apprécie avec une certaine indulgence. Si certains titres sont très réussis, je ne trouve pas qu'il soit<br /> <br /> Si je m'y replonge, c'est plus pour l'atmosphère global que pour les titres. Ce qui fait que j'en garde certains pour prolonger cette ambiance. Globalement, je préfère la seconde moitié.
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G
J'ai au final un rapport particulier à cet album:<br /> <br /> - Evidement c'est celui que je clame être mon préféré (c'est le cas pour la plupart des fans je pense)<br /> <br /> - Pourtant ce n'est pas celui que j'écoute le plus souvent (je pense que celui que je mets le plus fréquement - j'en suis moi même surpris - c'est Siames Dream)<br /> <br /> - Mais quand je le ressors il tourne de façon quasi obsessionnelle.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Donc oui je comprend qu'on puisse le ressortier et se plonger dans cette méga édition top bonus supermax. Je n'en ai pas encore fait le tour pour être honnête (de la réédition), entre autres parce que j'ai une sorte de rejet . Comme un syndrome de "véallée dérangeante" ou je trouve que les morceaux sont juste un peu "pas dnas l'album" qui fait qu'ils ressemblent soit trop, soit pas assez pour que je les accepte. C'est très bizarre.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Après c'est un plaisir de lire cet article, émaillé qu'il est de ta connaissance encyclopédique du groupe (que je n'ai pas, je l'avoue). Et puis j'aime bien quand tu creuses comme ça, tout en te livrant. Tres bel article, vraiment
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L
Et ben... Record battu pour cet article tout personnel, merci !<br /> <br /> N'étant pas vraiment fan des SP, cet album est bien le seul qui m'a accroché du début à la fin à sa sortie ;)
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