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Blinking Lights (and other revelations)
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8 juin 2015

the John Venture - the And - BlowBack - War Stories - Actor

Suite de mes écoutes estivales, avec une sélection plus electro / trip hop.

 

tjv

 

Angil & B R OAD WAY – the John Venture – 2006

Jerri avait un père, John Venture (avant de collaborer avec Deschannels pour l’album Jerri, Angil avait sorti the John Venture avec le groupe B R OAD WAY). La filiation est d’ailleurs évidente, d’autant qu’Angil s’est amusé à jeter de nombreux ponts entre les deux albums, que ce soient des paroles identiques (sur « Coin-operated », devenu ensuite « Cum-operated »), des personnages communs (le mystérieux Jerry Myard) ou la participation occasionnelle de Jah’Zz (ici un peu moins pertinente que sur Jerri toutefois). On retrouve avant tout la grande force de Mickael Mottet, une diction et un accent impeccable, un flow prodigieux assez unique en France (mais comment fait il pour chanter « Stein Waltz » sans bafouiller ?). Les rythmes électroniques très étudiés sont comme sur Jerri  la base de nombreux morceaux, les tentatives audacieuses du groupe étant même ici sur ce point assez déstabilisantes aux premières écoutes. Il faut s’habituer au double tempo de « Stein Waltz » avant de pouvoir monter dans le train. Il y a heureusement aussi des différences notables entre les deux joint venture musicales. Les morceaux de the John Venture aiment à prendre leur temps, à développer leur univers sur de longues minutes. Amateurs de rock direct et efficace, passez votre chemin, aucun titre ici ne dure moins de 5 mn. Mais les boucles de piano et de batterie, loin de tourner à vide, jouent parfaitement leur rôle hypnotique, et entrainent l’auditeur dans un monde le plus souvent sombre (« Night Shift, Day Shift ») ou triste (« Coin-operated »). Les cuivres, malsains ou doux, toujours en sourdine, participent admirablement à l’ambiance des morceaux sans s’imposer. Quelques arpèges de guitare (« Old Europe ») ou parties de violon (« Approximate Turnover Company ») achèvent cette fresque somptueuse, devant laquelle je n’ai pas finie de rêver. Un projet qui, avec des condensés de  mélancolie magnifique comme « What Extra Mile ? » ou « Egg Music », n’a pas fini de me faire regretter son statut éphémère voulu dès le départ par les deux parties. Un disque à part d’ores et déjà inscrit en bonne place au coté de son fiston dans mon panthéon de la décennie…

 

 

an

 

Angil and the Hiddentracks – the And – 2010

Après avoir flashé sur les deux collaborations de Mickael Mottet, alias Angil, il était normal que je m’intéresse à son groupe principal. Après quelques disques auto produits, Angil s’est associé aux Hiddentracks, et ils sortent cette année leur deuxième disque, the And. Amputées de l’urgence electro des titres de Jerri ou de la torpeur poignante de ceux de the John Venture, les compositions d’Angil et de son orchestre classieux sont bizarrement dénuées de la richesse mélodique et mélancolique qui plaçait ces deux projets collaboratifs parmi mes disques favoris de ces dernières années. The And enfile les morceaux au ton  jazzy, avec une contrebasse très en avant, des cuivres et une batterie en sourdine, sans que je n’y aie trouvé grand-chose d’accrocheur.  Les voix invitées, souvent féminines,  défilent,  mais aucune ne parvient vraiment à donner de relief à ce disque trop lisse. Même « Lipograms », bénéficiant pourtant d’un chant hip hop plus agressif et de la présence de l’excellente Raymonde Howard, reste assez plat. Laetitia Sadier s’en sort mieux avec un « Kira #2 » plus rythmé et barré, mais finalement ce sont bien les deux seuls morceaux sans invités qui restent mes préférés, de manière d’ailleurs assez symptomatique. D’abord « Jackson Jr. Redding », au swing sympa, et surtout « Finland & Platform ». Le morceau « Finland », déjà travaillé sur l’album Jerri, est présenté dans une belle nouvelle version incluant du violon, et est enchainé avec un « Platform » dans l’esprit hip hop electro qui m’avait ravi sur ce même album. L’ensemble est bien plus intense que tout le reste de the And, comme pour en souligner en creux la fadeur. Une déception qui ne m’empêchera pas d’écouter avec attention les nombreuses productions d’Angil, puisque la variété des styles qu’il explore, si elle peut aboutir à quelques mésaventures de ce genre, est un gage de découvertes passionnantes.

 

 

tr

 

Tricky – BlowBack – 2001

Alléché par les bonnes critiques sur l’album de Martina Topley Bird, je le cherchais à la bibliothèque sans le trouver. L’occasion de se rabattre sur un disque de son mentor, Tricky, dont je ne connais pas la discographie. J’ai choisi BlowBack pour sa superbe pochette. M’attendant à du Trip Hop, j’ai été assez désemparé par le patchwork de styles présentés sur cet album. A coté d’un trip hop classique agréable (« Evolution Revolution Love » ou « Five Days »), on trouve du ragamuffin pas terrible (« Over Me », « Give it to’em »), une ballade insipide (« Your Name »), du RNB tendance Fun Radio (« Diss Never ») enchainé avec du neo metal (« Bury the Evidence »), j’en passe et des pires…

Si les deux copulations avec Kiedis, Frusciante ou Flea sont des hybrides funk/trip rock plutôt réussies (même si je n’apprécie pas le coté bondissant des Red Hot Chili Peppers), BlowBack présente aussi un sample lourdaud du trop entendu « Sweet Dreams » (sur « You don’t Wanna ») et un véritable massacre du « Something in the Way »de Nirvana (une reprise extrêmement risquée que Tricky a la mauvaise idée d’essayer de rythmer). Bref un album complètement dispersé, dont la sobre pochette est quasiment de la publicité mensongère. Seul le premier titre « Excess », avec l’étonnante participation d’Alanis Morissette, sorte de rock electro avec du piano évoquant Nine Inch Nails, aura trouvé grâce à mes yeux. Vraiment maigre pour ma rencontre avec cette légende qu’est Tricky, sans doute ai-je misé sur le mauvais album….

 

 

un

 

 Unkle – War Stories – 2007

Après la redécouverte du terrible Psyence Fiction, je me suis logiquement lancé dans l’écoute des autres  disques d’Unkle. J’ai d’abord cru que le 3eme, War Stories, atteignait l’excellence, avant de me rendre compte que j’avais était trompé par un début d’album enthousiasmant. Il faut dire qu’enchainer en entame « Chemistry » et « Hold my Hand », deux tueries electro rock frisant avec le metal et accueillant rien moins que Mr Josh Homme à la guitare, est à même de marquer l’auditeur d’un irrémédiable a priori positif. War Stories continue sur sa lancée, avec  un accent plus electro, jusqu’à son premier faux pas,  un « Price you Pay » de plus de 6mn beaucoup moins punchy, évoquant les moins bonnes plages atmosphériques d’Archive. Un coup de mou malvenu mais pas catastrophique, puisque l’album repart de plus belle ensuite, avec notamment un titre rock des plus efficaces à la voix féminine agréable (« Mayday »), un morceau plus léger mais tout aussi rythmé (« Persons & Machinery ») et un très bon titre trip hop aérien et prenant, avec le maitre du genre aux commandes (Robert del Naja de Massive Attack ). « Morning Rage » n’usurpe pas son nom et voit les guitares agressives et la batterie bourrine débouler à nouveau dans un parfum de Jesus & Mary Chains énervés. La  formule ne fonctionne malheureusement pas sur le « Lawless » suivant, et War Stories se termine sur un disco rock assez commercial qui fait tache (« Broken ») et une ballade ennuyeuse (« When things Explode »). Une fin d’album pas géniale, et c’est d’autant plus dommage que le principal défaut de l’album est d’être trop long. Malgré tout, Unkle prouve son bon gout par le choix de ses invités et de ses samples (Air, Irmin Schmidt, David Bowie) et War Stories reste très recommandable. Ne reste plus qu’à dénicher une édition limitée qui promet d’être magnifique si le packaging est aussi réussi que pour celle de Psyence Fiction…

 

 

sv

 

 St Vincent – Actor – 2009

On tombe parfois sur des disques dont on a du mal à trouver les défauts, mais qui ne nous plaisent pas pour autant : c’est l’erreur de casting. Beaucoup de qualités chez St Vincent, un album varié qui garde néanmoins une grande cohérence musicale, des arrangements soignés, et des morceaux qui au-delà de leur apparente gentillesse réservent bien des surprises. On pense bien sur à la Bjork des débuts, sur « Save me from what i want » ou « Marrow », mais Annie Clark développe un univers bien à elle. « Black Rainbow », sans doute le meilleur titre, débute tout en couleurs, avec des arrangements de bois  d’inspiration classique, puis vire au noir avec une montée de violons dramatique sur fond d’electro saturée. St Vincent enchaine comme si de rien n’était, avec une pop beaucoup plus légère sur « Laughing with a mouth of blood ». Oui mais voilà, un coté un peu trop féérique et sucré à mon gout (« the Strangers », « the Neighbors »), une tendance parfois à la grandiloquence symphonique (« the party »), une fin d’album un peu mollassonne, un disque un peu trop propre en fait : je n’accroche pas. Tant pis pour moi et tant mieux pour le collectif de blogueurs qui fait figurer Actor dans les dix meilleures sorties de l’année dernière… 

 

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