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Blinking Lights (and other revelations)
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5 juillet 2015

FUCKED UP - David Comes to Life

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David Comes to Life, c’est un album qui n’aurait jamais du atterrir dans ma discothèque. Songez que la première fois que j’en ai entendu parler, c’est lorsque dans un moment de désœuvrement extrême j’eu l’idée de regarder les Top 2011 de sites musicaux reconnus, Top qui sont quasiment tous absolument ridicules. Parmi les rares albums qui revenaient souvent, dont les chroniques étaient alléchantes et dont la présence n’était due ni à une dévotion imbécile ni à une posture intellectuelle risible, il en fut un que je trouvais par hasard le jour d’après en occasion chez Gibert. Lorsque Yosemite le passa dans son magasin, je fus rapidement séduit (de même qu’un de ses collègues qui passait par là et qui l’acheta immédiatement), et ma surprise fut grande lorsque mon sympathique dealer me confirma ses doutes : Fucked Up était bien le groupe abominable qui nous gava les portugaises en première partie d’Arcade Fire à la Halle Tony Garnier. Incapacité du groupe à reproduire correctement sur scène leurs complexes compositions, acoustique déplorable de la Halle ou jugement hâtif et inattention de la part d’individus venus écouter le gentil the Suburbs, je ne sais ce qui explique mon  grand écart de perception entre leur concert et l’écoute de l’album, qui contre toute attente est vraiment excellent.

 

Contre toute attente, car David Comes to Life cumule sur le papier bon nombre de défauts. Déjà, c’est un concept album, ce qui implique des textes chargés et une histoire imbittable dont je laisse les plus curieux d’entre vous découvrir la teneur ICI. Plus qu’un concept album, c’est même un opera-hardcore (1), ce qui se passe de commentaires. Chaque membre du groupe a pris un pseudonyme débile (Gulag, Mustard Gas….) et le chanteur est un gros barbu qui gueule en permanence. Musicalement, Fucked Up n’a peur de rien et mélange les genres et les influences dans un joyeux bordel sans reculer devant une bonne dose d’overdubs. Un chant hardcore donc, une rythmique punk et des guitares aux sonorités rock alternatif évoquant les Pains of being Pure at Heart  (et leurs ancêtres SP, sur  "Life in Paper" notamment), voilà qui laissait présager d’une boursouflure indigeste, et pourtant cela fonctionne. Au contraire chaque titre est un déluge inventif et un festival de mélodies planquées derrière une énergie incroyable : vraiment réjouissant (on pense même à « Won’t get Fooled Again » sur l’intro de « Remember my Name »). Fucked Up prend soin de réserver un peu de place à de la guitare acoustique au milieu de l’entrelacs électrique ("A Slanted Tone") ou à des chœurs féminins au milieu des beuglements ("Queen of Hearts"), bien que les titres se contentant de la formule classique du groupe soient suffisamment bien écrits et produits pour être intéressants. Alors on n’évite pas la grandiloquence intrinsèque à tout projet du genre, et qui ici se caractérise par la durée rédhibitoire du disque : 18 morceaux pour 72 mn. Quasi impossible de s’écouter David Comes to Life d’une traite, d’autant qu’il n’y a absolument aucune pause dans le rythme infernal du disque (mis à part une trompeuse introduction psychédélique, car même un opera hardcore se doit d’avoir son Overture…). On préférera découper l’écoute en plusieurs tronçons, l’album se révélant idéal pour les trajets quotidiens en bagnole. L’occasion de s’apercevoir que le disque forme une boucle, "Lights go up" se terminant sur l’intro de "Let her Rest". Une ultime preuve du travail impressionnant réalisé par Fucked Up sur ce troisième album décidément surprenant à tout niveau, et qui réhabilite enfin mon cher label Matador, peu enclin ces dernières années au repérage de pépites improbables.

 

(1) en fait, il n’y a que le chant qui soit vraiment hardcore. D’ailleurs les morceaux font tous plus de 3 minutes….

 

Le très bon clip de "Queen of Hearts" (les deux premières minutes sont silencieuses...):

 

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