ROMA - 09 / 14 Juin 2013 - Partie 1
Cela semble bien loin, mais il y a à peine un mois, Mélaine et moi sommes partis à la découverte de Rome, que beaucoup m’avaient décrit comme la plus belle ville d’Europe. Comme tout Français, je savais que les Italiens étaient de vrais enfoirés, mais je ne savais pas vraiment pourquoi. J’imaginais que c’était du à leur capacité à laisser croire jusqu’au bout aux supporter de foot que notre équipe allait gagner, avant de remporter le match à l’arrache dans les dernières minutes. Sur place, j’ai compris : dans tout les domaines où la France est universellement connue comme étant la meilleure (histoire, monuments, cuisine, jolies filles…), les Italiens se démerdent pour être encore meilleurs que nous. Les enfoirés.
Notre quartier, notre glacier, notre place animée...
Nous avions loué un petit studio dans le centre ville, pratique plus courante et moins onéreuse que les Hôtels à Rome. Premier contact avec l’Italie, notre hôte Francesco, un sympathique Romain gitan qui passera un long moment à crayonner une carte de la ville pour nous expliquer les endroits à voir, ceux à éviter, les moyens de transports et autre logistique, tout en digressant longuement sur l’histoire, la religion, et la manière d’aborder la capitale très chère à son cœur. Nous avons eu le nez creux pour l’emplacement de notre logement, situé à 5 mn à pieds du Colisée mais coté gare, un quartier assez peu touristique aux ruelles agréables et animées, fréquentées le soir par la jeunesse Italienne qui vient en masse discuter et picoler autour de la fontaine de la place Madonna dei Monti.
Le marché Trajan - la base de la colonne du meme nom
Après nous être installés, on descend direct au glacier juste en bas pour savourer notre première glace Italienne, instaurant une tradition quotidienne pour notre séjour, puis nous partons explorer le quartier. C’est la fin d’après midi, pas question d’entamer une grosse visite mais le Marché de Trajan tout proche fera très bien l’affaire. Assez bien conservé, cet ensemble de bâtiments en briques adossé en demi-cercle contre la colline du Quirinal est l’ancêtre du centre commercial, dont on parcourt les allées bordées de petites pièces qui étaient autrefois des boutiques. Certaines abritent des sculptures ou objets trouvés sur le forum en contrebas, qu’on peut observer de la terrasse des Marchés. C’est le principal intérêt de la visite, nous savourons sous le soleil de fin d’après midi d’avoir un aperçu général du quartier central de Rome, le forum Trajan et sa fascinante colonne entièrement sculptée, et de l’autre coté de l’immense Via dei Fori Imperiali, le Forum Romain, le Capitole et l’horrible Vittoriano.
Place St Pierre et Basilique (avec, comme partout à Rome, une obélisque) - une des colonnades entourant la place,surmontée de multiples statues de Saints
Premier jour de visite, et nous décidons de changer de pays ! Direction le Vatican, l’unique trajet du séjour où nous prendrons le bus : le cœur touristique de Rome est assez restreint, et quasiment tout est à moins d’une heure de marche. Nous voici sur la fameuse place St Pierre, rendue moins impressionnante par les nombreux sièges et barrières qui en couvrent une bonne partie. Nous apercevons le minuscule balcon sur la façade de la basilique, où le pape fait ses interventions publiques. Evitant les guides qui nous vantent un accès direct à St Pierre, nous faisons une demi-heure de queue sous l’un des portiques à colonnades entourant la place conçus par le Bernin, artiste majeur que nous croiserons à de multiples reprises à Rome. Après cette attente (très minime pour ce monument), nous pénétrons dans la plus grande basilique du monde.
Jeu de lumière dans une des nombreuses coupoles - Coupole principale, dans laquelle on peut éventuellement monter
L’immensité de l’endroit, les multiples chapelles et œuvres d’art, les différents recoins (dont la crypte où les différents papes sont enterrés) en font une visite longue et intéressante. Surcharge d’ors et de sculptures (période baroque bien lourde) et multiples groupes de touristes suivant à la queue leu leu des guides aux chiffons de couleurs levés bien haut empêchent cependant la moindre sensation spirituelle : difficile de rencontrer le fils du charpentier dans la riche demeure de son représentant sur terre…. Au final j’ai surtout aimé les coupoles (dont la principale, conçue et réalisée par Michel Ange et quelques collègues), et la jolie manière dont elles captent la lumière.
Musée Chiaramonti
Pour accéder au Musée du Vatican, il faut faire le tour de la Basilique. Nous avons calculé notre coup pour faire la queue à l’heure du déjeuner tout en mangeant rapidement des sandwichs. Nous parvenons donc à pénétrer dans le Musée après seulement une demi-heure d’attente, et attaquons la visite par une terrasse surplombant les jardins du Vatican (il faut réserver pour les parcourir). Difficile de se repérer dans les lieux, nous suivons le flot, traversons une grande cour intérieure et accédons à une surprenante galerie de statues (Musée Chiaramonti). Il faudrait déjà des heures pour observer cette accumulation de sculptures en pied, bustes ou effigies représentant aussi bien des figures mythologiques que des citoyens importants de la Roma Antique. Vieillards, Guerriers, Femmes toilettées et enfants éternellement figés dans des expressions variées très réalistes forment un témoignage assez émouvant du passé.
Galerie des Cartes: du temps où la Corse était Italienne (oui oui, elle est bien représentée dans ce sens) - La Délivrance de Saint Pierre
L'Ecole d'Athènes, de Raphael - Il s'est représenté tout à droite, avec un chapeau noir (c'est le seul qui regarde l'objectif, a constaté Mélaine) - J'ai remarqué avec stupéfaction deux personnages appuyés au mur de droite (un écrit assis) que j'ai dessinés des dizaines de fois car ils ont été choisis pour illustrer la pochette de mon premier disque fétiche!
A partir de cette salle, la Chapelle Sixtine est indiquée proche à grand renfort de panneaux, mais c’est comme chez Ikea : il y a un parcours obligeant à déambuler dans tout le musée avant d’atteindre le clou du spectacle. Je n’ai pas trop compris l’intérêt de ce truc, car on est du coup sans cesse dépassé par des groupes qui filent en trombe vers la célèbre Chapelle sans accorder beaucoup plus d’attention au reste que s’ils y avaient accédé directement. De notre coté, nous prenons le temps d’observer chaque exposition, ce qui nous permet de découvrir quantité de merveilles mais nous portera tort sur la fin. Musées Sumérien et Egyptien présentant notamment des plaques recouvertes d’écriture finement sculptée, Galeries des candélabres, des cartes géographiques peintes aux murs (sur laquelle je m’attarde spécialement, adorant les cartes anciennes depuis toujours), des tapisseries (pas terrible), nous emmènent jusqu’aux quatre chambres de Raphael, dont murs et plafonds s’ornent de fresques du plus grand peintre de la Renaissance et de ses élèves. On y voit notamment « L’Ecole d’Athènes » qui représente les plus grands philosophes de l’antiquité (et qui illustrait mon bouquin de Philo de terminale), et on recherchera avec l’aide du guide les endroits où Raphael s’est malicieusement représenté dans certaines fresques (ma préférée sera « la Délivrance de St Pierre », à l’éclairage fascinant).
Le jugement dernier (image Wiki, car photos interdites)
Il y a ensuite les appartements Borgia, composés de 6 pièces très richement décorées présentant aussi des œuvres d’art moderne, puis une collection d’art moderne religieux très intéressante, présentant notamment des œuvres de 250 artistes (Chagall, Matisse, Dali…) données à différents papes depuis les années 60 ; Et nous voici enfin dans la Chapelle Sixtine ! La salle est vaste et nue, à l’exception d’un hôtel et de bancs contre les murs que l’on lorgne bien vite en attendant qu’un touriste lassé se lève pour s’y jeter avec avidité. Ainsi posés, nous observons longuement les célèbres fresques qui ornent les murs (dont Le Jugement Dernier riche en multiples détails, notamment ce contemporain de Michelangelo qui avait osé critiquer sa peinture et s’est retrouvé représenté avec des oreilles d’ânes, dans la file des âmes destinées aux Enfers) et nous nous abimons la nuque à tenter de regarder le plafond orné de superbes trompe l’œil encadrant 9 scènes de la Bible (tout le monde connait la scène centrale, La Création d’Adam). Il faut aussi dire que la visite est en partie gâchée par le nombre de touristes entassés dans la Chapelle, et surtout par les gardes qui demandent constamment le silence, engendrant ainsi beaucoup plus de bruit que s’ils n’étaient pas là (pas très malin de beugler « Silencio ! » toutes les deux minutes).
Le plafond de la Chapelle Sixtine, tel que nous l'avons vu (c'est à dire d'assez loin...) (image Wiki itou)
Lorsque nous sortons, il est déjà 17h passées : un gardien nous interdit l’accès à la Pinacothèque. Assez frustrant de louper ce bâtiment abritant quantité d’œuvres des plus illustres peintres Italiens du Moyen Age au XIXème siècle, mais nous aurions dû de toutes manière faire la visite au pas de course. Tant pis, la journée a été bien chargée tout de même.
Sur les conseils de Francesco, nous la terminons par une balade nocturne dans le très sympathique quartier du Trastevere avec retour à la maison via la minuscule Ile Tiberina, puis ascension du Capitole, avec la place conçue par Michel Ange encadrée des Musées Capitolins et du palais du Sénat, et la basilique médiévale Santa Maria in Aracoeli, le tout écrasé par le pharaonique monument à Victor Emmanuel II, entièrement en marbre blanc. Nous profitons de la vue nocturne sur le Forum Romain et rentrons tranquillement nous coucher.















