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Blinking Lights (and other revelations)
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15 août 2016

Hors Série #01 - the TOADS

the Toads

 

Petit interlude dans mes chroniques de cassettes pour évoquer the Toads, groupe Guest Star du dernier épisode grâce auquel j’ai indirectement découvert Can. Et comme j’ai retrouvé la cassette de demos que m’avait refilé mon pote Julien (1), voici un petit clin d’œil à cet obscur combo Marseillais. Obscur mais pas complètement anonyme, car si les Toads n’ont à priori rien sorti de professionnel, ils ont laissé quelques traces sur le net, à commencer par une biographie qui me permet de situer la cassette qui m’intéresse dans le contexte. Les Toads ont été fondé en 1995, et le concert que j’ai vu était en 1996. Cette année est aussi la seule ou Julien  (Prana Toad) a officié dans le groupe, dont il n’était en fait qu’un occasionnel second guitariste pour les concerts (je ne m’en souvenais plus). La cassette de demos ici présentée (6 titres pour une demi-heure environ) a été réalisée en 1998.

 

Les Toads ont crânement enregistré leurs titres en prise directe, avec un son pas trop mal équilibré. Ça reste de l’amateur enregistré sur cassette, donc pas exceptionnel, mais bien suffisant pour apprécier les chansons à leur juste valeur, et ça convient bien au style. Si j’avais cité de mémoire Marilyn Manson sur le dernier article, ce n’était pas très approprié, mis à part peut-être pour le sens de la mise en scène du chanteur. Les références musicales saisies sur ce court EP sont plus à chercher chez des allumés plus anciens comme the Birthday Party, le Captain Beefheart du Trout Mask Replica ou la période Zappa du Alice Cooper Band (album Pretties for You). Ce dernier notamment dans le chant déclamatoire et les cris de « the Sinister Road » et la guitare dissonante de « Mother Mayhem ». On y retrouve aussi le coté jazzy et expérimental de Can (l’erratique « Black Man on the Loose » et sa basse omniprésente) ou le chant perché de Damo Suzuki (« the Scaring Creeping Possessor », bien rythmé). Pas mal d’originalité dans ce court aperçu du groupe, comme ce « Man from Germany » alternant passages reggaes et punkoïdes, mais surtout beaucoup de personnalité et un univers bien affirmé, ce qui manque le plus souvent aux groupes de ce calibre. Cela est sans doute dû au charisme et au sens artistique (particulier, il est vrai) du chanteur, dont on peut juger sur les quelques videos qu’il a posté assez récemment sur Youtube (et plus encore en visitant le profil Jonn Toad sur Facebook…)

 

En résumé, parmi les multiples enregistrements auto produits qu’on m’a refilé, cette cassette des Toads est sans doute l’une des plus intéressante, les morceaux sont bons et auraient pu prédire un avenir moins confidentiel au groupe (2). Encore eut-il fallu qu’il ne soit pas établi à Marseille, qui à l’époque était le degré zéro de la culture. Côté musique, seul le rap avait une bonne fanbase marseillaise, avec un peu de rock festif style ska ou de punk au Cours Julien. Donc proposer une musique si difficile d’accès avec un univers si glauque au pays du soleil, du pastis et du MIA était l’assurance de ne pas attirer les foules. Les Toads ont cependant été à l’affiche de pas mal de concerts dans les lieux underground de la ville, dont la célèbre Machine à Coudre (un peu l’équivalent de la Triperie Lyonnaise), et on trouve des comptes rendus de concert sur le site ConcertandCo, plutôt dans les dernières années du groupe, qui a quand même existé jusqu’en 2002. On trouve même un live enregistré en 2001 sur soundcloud, l’occasion de voir l’évolution du groupe en 5 ans. Pas pour le meilleur selon moi, le groupe s’étant adjoint les services d’un percussionniste et d’un claviériste trop envahissant. Certes dans les meilleurs moments à moitiés improvisés cela rajoute d’autant plus un effet Can, mais le style a évolué vers des rythmes plus latinos ou ska et le son du clavier a quelque chose de forain, je préférais leur son plus rock et cru de la cassette demo. Quoiqu’il en soit, le groupe n’existe plus que sur ces enregistrements, et je garderai bien précieusement celui-ci. Et si Julien a raccroché la 6 cordes depuis bien longtemps, m’est avis que Jonn Toad sévit encore sous une forme ou une autre…

 

(1)   Je n’ai en revanche malheureusement pas retrouvé les photos que j’avais prises à ce concert, ce qui est très dommage. Du coup l’article manque un peu d’illustrations….

 

(2)   Dommage qu’ils ne soient devenus stars, cette cassette vaudrait de l’or aujourd’hui…

 

« Cherry Black », ce qui ressemble le plus à un tube chez les Toads :

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