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Blinking Lights (and other revelations)
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5 décembre 2016

Les Propositions d'HELLO DARKNESS #33 (Novembre 2016)

La formule des propositions d'Hello Darkness commence par s'émousser un peu, pour plusieurs raisons. Tout d'abord, Damien est en ce moment complètement déconnecté de la musique, donc le jeu deviens plus un duo entre Julien et moi. Mais ces derniers temps, ma liste à écouter s'est considérablement allongée: j'avais au moins 10 disques à présenter, et n'ai pu en chroniquer que trois, je n'ai donc pas pu écouter une seule fois les disques que Julien m'avais conseillé... Au fil des années, nous avons tendance aussi à avoir de plus en plus d'artistes en communs (Ryley Walker par exemple), donc le "présenté par" ne rime souvent plus à grand chose. Bref, je finis l'année avec cet épisode (en plus j'aime bien le chiffre #33), et je reviendrais sans doute à une présentation plus classique des disques que j'ai pu écouter attentivement. Sans pour autant exclure le retour de cette rubrique de temps en temps...

 

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Ryley WALKER - Golden Sings that have been Sung

 

 

En écoute: DEEZER

Proposé par Xavier/Julien.

Mon avis:

Dans la foulée du superbe Primrose Green de l’année dernière, Ryley Walker nous revient avec Golden Sings that have been Sung, album fleurant tout autant les 70’s. Touchant une nouvelle fois au  folk rock avec parfois des accents jazz ou blues, notre songwritter et sa bande s’entendent à merveille pour ciseler des arrangements classieux, claviers, guitares et batterie n’étant ni trop discrets ni trop envahissants. Longs morceaux oniriques ou lumineuses chansons folk (« I will ask you twice »), tout est réussi, voire splendide (« the Roundabout », avec une savoureuse touche groovy).

Dans l’édition limitée de l’album, Ryley Walker montre une autre facette de son talent sur l’un des meilleurs titres, « Sullen Mind », qu’il présente dans une version semi improvisée et expérimentale de  40 minutes. Du grand art !

 

 

 

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Emma Ruth RUNDLE - Marked for Death

 

 

En écoute: DEEZER

Proposé par Xavier. 

Mon avis:

La prestation d’Emma Ruth Rundle en première partie de Wovenhand n’avait pas vraiment rendu hommage à son album. J’avais senti un potentiel, mais pas l’affinité immédiate que j’eu en écoutant Marked for Death. Sans doutes les choses eussent été différentes si elle avait joué avec un groupe, comme il y a bien longtemps Gemma Hayes, autre jeune fille inconnue ouvrant aussi pour un  concert attendu et finalement décevant, et dont le premier disque Night on my Side s’est progressivement imposé comme l’une de mes friandises douces amères fétiches.

Comme Gemma, Emma joue un rock acoustique empreint d’une tristesse sourde qui se mute parfois en accès de colère lors de refrains plus appuyés, quelque part entre le désespoir glaçant de Beth Gibbons (« Protection ») et les états d’âmes plus accessibles d’Alanis Morissette ( refrain de « Heaven »). Elle navigue entre deux eaux, celles troubles et inquiétantes de la folk rêche torturée et  celles aseptisées de la pop guillerette pour midinette. Dans un territoire où l’on croise des accents de grunge fatigué, où la lumière n’est ni absente ni accessible, le territoire que je prends le plus de plaisir à arpenter depuis des décennies. Je les connais ces disques découverts par hasard, ces éclairs sombres anonymes, j’y reviens inlassablement. Quand les tops auront succédé aux tops, que les meilleurs artistes des 10’s seront soit oubliés soit dilués, je prédis que Marked for Death, lui, sera toujours à mes côtés.

 

 

 

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Nick CAVE & the BAD SEEDS - Skeleton Tree

 

 

En écoute: DEEZER

Proposé par Julien/Xavier.  

Mon avis:

Difficile de se faire un avis sur Skeleton Tree, tant le contexte dans lequel il est sorti se heurte à mon ressenti. Le contexte, chacun le connait : décès accidentel du fils de Nick Cave (adolescent) pendant l’écriture du disque. Evènement tragique dont on ne peut qu’imaginer l’impact sur l’artiste, et qui imprègne chaque recoin de l’album, transformé en veillée funèbre à laquelle l’auditeur est convié. J’aimerai être présent, en empathie avec Nick Cave, mais il me faut bien reconnaitre que cette grosse demi-heure lugubre m’ennuie plus qu’elle ne me touche (d’autant que Skeleton Tree succède au génial Push the Sky Away, l’un de mes favoris de sa discographie).

Sur ces longs titres ornés de quelques notes de piano et d’une batterie minimaliste sur fond de drones crépusculaires, Nick Cave déclame sa peine plus qu’il ne la chante, sans que l’ensemble ne me captive suffisamment pour que j’ai envie de creuser un peu plus les mots du deuil.

Je ne condamne cependant pas l’album définitivement. D’abord parce qu’il y a quelques passages qui parviennent à me toucher, sans que je sache précisément pourquoi ceux-ci plus que d’autres : « Girl in Amber » ou « I Need you » me semblent spécialement déchirantes, avec un Nick Cave chevrotant sur des chœurs désolés ou lançant des appels désespérés à on ne sait quel ciel. Ensuite parce que Skeleton Tree a une cohérence qui pourrait se révéler prenante, pour peu qu’on l’écoute dans l’ambiance et dans l’état d’esprit adéquat. Mais ces conditions existent-elles vraiment ? Je n’ai pas très envie de le savoir, à vrai dire…. 

 

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Commentaires
C
Le Ryley Walker m'attend sur ma "pile virtuelle " des choses à écouter. .. Je connaissais un ancien album d'Emma Ruth Rundle mais pas celui ci, et comme j'avais bien aimé, je note. ..;)<br /> <br /> Quant au Nick Cave je ne l'ai écouté qu'un fois pour le moment, j'avais un peu peur mais il est bien passé. ..
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E
Belle découverte que le Emma Ruth Rundle, un petit côté Alanis, c'est vrai, mais aussi Emily Jane White, je trouve. <br /> <br /> Le Nick Cave, même si je l'ai bien aimé, je partage ton avis. Parfois un poil trop plombé pour tenir tête à l'excellent Push The Sky Away. Mais quelques grands moments quand même (I Need You).
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T
Hello<br /> <br /> <br /> <br /> Je ne parlerai pas de Ryley Walker ni de Emma Ruth Rundle, pas encore écoutés, mais de l'album de Nick Cave qui lui a beaucoup tourné sur ma platine et dans mes écouteurs.<br /> <br /> <br /> <br /> Je te rejoins sur l'enchainement difficile avec Push the sky away - un des sommets de sa discographie - mais je rentre plus facilement que toi dans l'ambiance de ce disque. Question de vécu peut-être...<br /> <br /> <br /> <br /> La première écoute m'avait craindre le pire, c'est-à-dire de l'ennui et je déteste qu'un disque de NC m'ennuie ou trop d'empathie, et ça ce n'est pas la place de l'auditeur.<br /> <br /> Mais j'y suis revenu très vite pour y découvrir un disque d'une grande beauté - certes morbide - et finalement d'une pudeur saine. Tout le talent de Cave c'est de transcender la douleur pour accoucher d'une œuvre cathartique. <br /> <br /> <br /> <br /> Je baigne dans sa musique depuis plus de 30 ans, ça doit aider à rentrer plus facilement dans ce genre de disque.
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