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Blinking Lights (and other revelations)
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22 février 2017

the Rolling Stones - Binge Stoning Part II

La suite des aventures discographiques des Rolling Stones, avec un barème utilisé de A à E. Pour rappel:

A – Excellent

B – Bien

C – Pas Mal

D – Passable

E - Nul

 

09

 

Sticky Fingers – Rien ne semble pouvoir arrêter les Stones qui alignent avec une déconcertante facilité les tueries en un incroyable résumé de leur déjà longue carrière. Keith Richards (et Mick Taylor ?) y est particulièrement flamboyant, entre riffs démoniaques (« Brown Sugar », « Bitch »), solos bluffant de maitrise et délicatesse quand il le faut (harmoniques de « Wild Horses »). Une cohorte d’apprentis guitaristes s’affutent les doigts, qui iront par la suite former le gros des troupes du hard rock et autre glam metal des 80’s. Orchestrations, rocks efficaces, blues à l’ancienne, ballades, passages instrumentaux (quel titre que ce « Can’t you Hear me Knocking » !), absolument tout est réussi. Aussi pardonnera t on facilement les quelques solos de saxophone et les moments où le groupe, sur sa lancée, en fait un peu trop. A 

 

10

 

Exile on Main St. – quand on s’attaque à un groupe à la discographie aussi fournie que celle des Stones, il y a toujours un moment où l’on doit se faner un double album. Et il y a deux sortes de doubles albums : ceux qui sont très variés et qui auraient gagné à être amputés de leurs titres les moins  efficaces, et ceux qui sont très homogènes et qui auraient gagné à être amputés de leurs titres redondants. Exile on Main St. fait plutôt partie de la seconde catégorie, même s’il faut évidemment relativiser : le disque ne dure qu’une heure, et il n’y a quasiment que du très bon dessus, mis à part « Rocks off » un peu limite et « Shine a Light » et « Soul Survivor » un peu poussifs (dommage d’ailleurs de débuter et clôturer un tel album sur les morceaux les moins bons). Pour le reste, c’est une Bible du Rock N Roll que propose un groupe en état de grâce, le blues diabolique de Robert Johnson en Ancien Testament, modernisé par le couple Jagger/Richards en prophètes qui clament des paraboles enfiévrés se référant au nouveau commandement : Sex, Drugs and Rock N Roll. Le piano, en sus des toujours excellents guitares/basse/batterie, est bien sûr de la partie, mais j’ai apprécié grandement l’invitation aux chœurs gospel et surtout les cuivres qui subliment à de multiples reprises des titres aux bases fort classiques et évitent, sur la longueur, une trop grande monotonie. La Face C de l’album est particulièrement brillante, enchainant rock N roll, passages hypnotiques, gospel et une superbe ballade peu connue, « Let it Loose ». Dès lors la suite ressemble un peu au quart de trop, mais toute Bible comporte son lot de répétitions. A celle-ci de très nombreux groupes, toutes époques confondues, tenteront en vain de se mesurer.   A/B

 

11

 

Goats Head Soup – l’espace d’un titre, « Dancing with Mr.D », les Stones entretiennent l’illusion. Mais ils ont visiblement tout donné sur le disque précédent, et remettre le couvert un an après un disque aussi conséquent qu’Exile on Main St. était apparemment un peu trop ambitieux. Ils enchainent en roue libre des titres sans saveur (une soupe bien fade, donc), sauvant le disque du naufrage complet grâce au sympathique tube « Doo Doo Doo Doo Doo (Heartbreaker) ». Toujours en avance, ils préfigurent les 80’s en faisant d’un slow bien pourri (l’insupportable « Angie ») l’un de leurs plus grands succès, et, pas avares, accompagnent cette première véritable horreur de leur discographie par deux autres bouses, « Winter » et « Can you Hear the Music ? ». D/E

 

12

 

It’s Only Rock N Roll – La carrière des Stones résumée en un titre. Et toute la cohorte de leurs admirateurs d’être soudain à la hauteur sur le plus quelconques de leurs disques (encore que la plupart n’auraient pas osé des guimauveries aussi nazes que « Till the Next Goodbye » ou « If you Really want to be my Friend »). It’s Only Rock N Roll prouve aussi qu’un groupe de Rock techniquement irréprochable qui s’emmerde finit toujours par faire du funk (« Fingerprint File ») : ca fait au moins un os à ronger pour Bill Wyman. Mais les grands groupes, même dans leurs pires errances, sont capables de pondre un tube, c’est à ça qu’on les reconnait. « Dance Little Sister » ? N’enterrons pas trop vite le fabuleux quintet. D

 

13

 

Black and Blue – après le double album, voici un autre passage obligé des longues carrières, le terrible virage des années 80 (qui commence donc pour les Rolling Stones en 1976). Ils ont écrit la bible du Rock N roll avec Exile on Main St. ? Ils pondent le parfait manuel de la decennium horribilis. Tout y est : funk dégueulasse, ballades foireuses (domaine dans lequel ils commencent à avoir une sacrée expérience), et même du reggae ! Chaque chanson semble durer un quart d’heure : une vraie purge. E

 

14

 

Some Girls – un disque honnête qui, s’il ne brille pas par son originalité, ne contient pas de titres immondes, à l’exception bien sûr de la caution boule à facettes « Miss You ». Il faudra bien trois rocks relevés (« When the Whip Comes Down », « Lies » et « Respectable ») pour laver l’affront. D

 

15

 

Emotional Rescue – un peu de tout dans cet album : un titre à chier (« Emotional Rescue », première chanson des Stones où la voix de Jagger est horrible), des funkouilles à oublier, un blues larmoyant (le tout arrosé d’un saxo bien moche), mais aussi quelque rocks sympas et un bon morceau, « Let me Go ». Les Stones semblent avoir définitivement perdu leur modjo pour les ballades... D/E

 

16

 

Tattoo You – phénomène étrange qui voit ce groupe en perdition depuis pas mal d’albums redresser la barre de manière inexplicable. Tout d’abord avec « Start Me Up », premier vrai bon tube depuis un lustre au moins, puis avec une première face rock n roll débarrassée des tares handicapant les prédécesseurs de Tattoo You, et donc plutôt agréable. Dommage que les morceaux de la deuxième face, ralentissant le tempo, soient assez kitsch. En comparaison avec les productions des grands artistes de l’époque,  cet album est cependant assez honorable. D

  

17

  

Undercover – les Stones retombent dans les pires errements de leur carrière, s’escrimant à faire durer des chansons sans inspiration et à la production cataclysmique pour atteindre les 45 mn réglementaires. C’est au mieux d’un ennui mortel.  E

 

 

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Commentaires
F
Sacré billet, et félicitation pour ce gros travail d'analyse et d'écriture.<br /> <br /> "Sticky Fingers" et "Exile on Main St." font clairement parti de leurs meilleurs, et sont d'immenses disques rock en général. <br /> <br /> Les autres albums sélectionnés, même si je les connais mal, pas top adepte. Je ne suis pas convaincu par la période 80's du groupe....comme pas mal d'autres artistes d'ailleurs.<br /> <br /> A +
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D
T'es finalement plus dur que moi avec les Stones, marrant !
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