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Blinking Lights (and other revelations)
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24 février 2017

the Rolling Stones - Binge Stoning Part III

Suite et fin de ce Challenge Rolling Stones, avec toujours la petite lettre en notation:

A – Excellent

B – Bien

C – Pas Mal

D – Passable

E - Nul

 

18

 

Dirty Work – je pense que ma mère a, dans sa jeunesse, bien aimé les Rolling Stones. Je n’étais pas là pour le voir (puisqu’à la maison elle n’écoutait jamais de musique), mais il y a eu un indice indéniable : lorsque la médiathèque marseillaise où nous allions s’est débarrassé de son stock de cassettes, elle est revenue avec quelques achats, dont le Dirty Work (elle avait dû passer tardivement, après que tous les classiques fussent partis). Une cassette qui n’a pas beaucoup tourné, et qui surtout fut planquée du mieux possible, eut égard à une pochette dont l’intérieur présentait une Bd gribouillée aux accents SM qui aurait pu susciter des questions gênantes de ma part. Cela ne m’empêcha pas d’emprunter discrètement ladite cassette que ma mère fini par me filer de guerre lasse, voyant que je ne comprenais rien à la Bd et que je m’intéressais surtout à la musique. Toute cette intro pour dire que Dirty Work fut un des premiers albums que j’écoutais, ce qui ne manquera pas forcément d’influencer ma critique.

Ceci dit, je trouve le hard rock constituant l’essentiel du disque bien plus écoutable que la soupe ayant précédé, malgré des sonorités très 80’s évidemment. La haine que se portaient Jagger et Richards à l’époque se traduit par une agressivité bienvenue, tant dans le chant que dans les guitares évoquant parfois AC DC. La tension est palpable sur un début d’album tonitruant (et clairement évoquée, les titres s’appellent « One Hit (to the Body) » et « Fight »), et le retour des riffs inspirés fait un bien fou (« Hold Back », « Dirty Work »). L’aspect Rock de Stade (style Who de l’époque, ou Van Halen) des titres tels que « Winning Ugly » est plus discutable, cela ne me dérangeant pas forcément (après tout je suis un enfant des Guns). Même la ballade finale,  débarrassée du saxo et remplaçant enfin les claviers hideux par du piano, passe sans problème. Ne reste qu’un reggae, un « Back to Zero » dans la grande tradition du funk de merde et une pochette ahurissante pour justifier le titre d’un disque que je réécouterai bien plus volontiers que ceux des dix années précédentes. C

 

19

 

Steel Wheels – « Papa, c’est quoi du Rock FM ? » « tu es trop jeune, mon fils. Le temps venu, tu écouteras Steel Wheels. Pour te souvenir de ce que le musicien a été capable de faire, et que plus jamais ça ne se reproduise. »  . D/E

 

20

 

Voodoo Lounge – les 80’s sont finies ! (et bien finies, les Stones ont mis 5 ans pour publier leur disque). Soupir de soulagement, on retrouve une prod acceptable, excepté quelques fioritures pas très heureuses (violon, clavecin, accordéon…). Mais 15 titres, les salauds ! l’aurait fallu virer toutes les ballades. Ok, ça fait 75 % du disque, mais on a qu’à conserver « Out of Tears ».  Oui, j’ai honte mais j’aime bien « Out of Tears ». D

 

21

 

Bridges to Babylon – les Stones proposent un disque inhabituellement hétérogène, où leur personnalité est assez diluée. C’est un peu perturbant, certaines chansons, hors contexte, pouvant difficilement être associées au groupe, mais c’est finalement plutôt bénéfique sur un album assez long et après une carrière sans trop d’écarts stylistiques, d’autant que l’ensemble des compositions passe relativement bien. Reggae orné de trompettes (« You don’t have to mean it »), hard rock énergiques (« Low Down») ou fatigués (« Gunface »), ballades (« Always Suffering»), blues, gospel, nombreux pop rock rappelant U2 et même un bon morceau d’ouverture typiquement Stonien, rien d’exceptionnel mais rien de vraiment raté, à l’exception notable d’une tentative douloureuse de RnB (« Anybody Seen my Baby ? »). C’est un des rares albums qui nécessiterait plusieurs écoutes pour en avoir le cœur net, mais en comparaison des productions précédentes, il convient d’être tolérant… C/D

 

22

 

A Bigger Bang – constat inverse de l’album précédent : A Bigger Bang est un disque extrêmement homogène  sur lequel les Rolling Stones viennent dérouler leur savoir-faire, sans génie mais avec une belle énergie quand même pour des papis. Au niveau inspiration en revanche, on peine à détecter les 40 ans de carrière, ou au contraire on ne les détecte que trop, bref, un « Sweet Neo Con », tant au niveau des paroles que de la musique, ça ne vole pas bien haut. Une poignée de morceaux moins fades (« She saw me Coming », « Infamy ») justifient un album bien trop long pour donner envie d’une quelconque réécoute… C/D

 

23

 

Blue & Lonesome – « hé Keith, j’ai bouffé toute ma thune du Bigger Bang Tour, on referait pas un album ? » « bah, j’suis pas contre Mick, mais t’as des chansons toi ? » « non, mais c’est pas grave, on a encore des fans…. » . Ainsi la boucle est bouclée, comme la grande vieillesse est étrangement similaire à la petite enfance, Blue & Lonesome, constitué uniquement de reprises de vieux standards de blues, rappelle le premier album des Rolling Stones, sorti 50 ans auparavant. Y a comme une odeur de sapin dans l’air… D

 

On en termine ainsi avec ce marathon discographique, qui n’aura pas fondamentalement fait évoluer mes a priori, mais les aura tout de même bien nuancés. Et puis j’aurai au moins les idées plus claires pour évoquer Stones, et répondre notamment à la fameuse question « êtes-vous plutôt Beatles ou Rolling Stones ? ».  Habituellement je réponds « plutôt Who », mais en guise de conclusion je essayer de jouer le jeu, pour le fun.

 

Rolling Stones vs Beatles

AlbumsC’est sans doute là que réside pour moi le plus grand écart entre les deux groupes. Si le début de carrière est plutôt en faveur des Stones, ceux-ci ne cesseront par la suite de courir après les Fab Four, autrement plus visionnaires. Résultat, je pense que je préfère encore le Sgt Pepper (4eme rang Beatles pour moi) à Let it Bleed, mon Rolling Stones favori. 

ChansonsLes Beatles ont bien plus de chansons marquantes que les Stones, mais aussi bien plus de trucs nazes. Si je me fixe sur une sélection très restreinte de mes titres favoris, les Beatles l’emportent. Par exemple, je suis plus touché par « A Day in the Life » que « Ruby Tuesday », « I’ve just seen a Face » que « Mother’s Litte Helper » ou « Tomorrow never Knows » que « Midnight Rambler ». Cependant si on élargit la sélection, en comparant par exemple les Best of, ce n’est plus la même chose. Le Hot Rocks me semble meilleur que le Number 1, et il faut procéder à un tri dans le double rouge/bleu pour arriver à sa hauteur. A mon avis, si on demande aux simples amateurs de sélectionner ses 20 chansons préférées des Beatles on aurait des Best Of personnels assez différents, là où pour les Rolling Stones se dessinerait une forte base commune, relativement proche du Hot Rocks. Ce best of représente quasiment le nécessaire et le suffisant des Rolling Stones, c’est d’ailleurs une de mes frustrations lors de ce challenge discographique : vu leur immense discographie, le nombre d’excellents morceaux confidentiels que j’ai découvert est famélique…. 

LiveBon là j’y connais rien, et de toutes manières c’est les Who les meilleurs. Mais je pense qu’on peut déclarer les Stones vainqueurs par abandon….

Batterie : Ringo Starr avait à gérer des compositions de plus en plus complexes, avec multiples changements de rythme, sur lesquelles je ne suis pas sûr que Charlie Watts ait pu être aussi carré. Bon Ringo Starr n’aurait peut-être pas été au top sur certaines chansons des Stones, mais il avait au moins un jeu personnel, qui a pu me faire réagir de temps en temps, ce qui n’est pas le cas de son confrère. Je vote Ringo.

Basse : choix extrêmement difficile, tant les deux bassistes sont brillants. Bill Wyman me semble cependant avoir un groove plus naturel, éclairant même les périodes les plus foireuses des Stones, là où Mc Cartney est plus réfléchi, plus bosseur. Va pour Bill.

Guitare : non pas que je considère John Lennon et George Harrison comme médiocres, mais bon, Keith Richards quoi….

Chant : impossible de départager, tant les registres sont radicalement différents. D’abord les Beatles ont trois chanteurs, ou n’en ont pas, suivant le point de vue. Ils sont tous trois très bons, et se distinguent par des harmonies magnifiques et très travaillées. Les Rolling Stones ont à leur disposition le modèle ultime du chanteur rock (star) charismatique et sexy. Dans les deux genres, on n’a jamais fait mieux depuis. 

Il va sans dire que l’attirance pour un groupe de rock va au-delà de toutes ces réflexions, il y est question de charisme, d’attitude, d’histoire, de convergences ou divergences personnelles, de rencontres, de souvenirs… Je peux tout à fait comprendre que les personnes ayant vécu la grande époque de la rivalité entre les deux groupes aient pu considérer les Beatles comme une bande de têtes à claques ou de rigolos et les Rolling Stones comme la personnification du Rock sur terre. J’ai un peu plus de mal à l’admettre venant de personnes qui, comme moi, ont découvert tardivement les deux discographies. Bref, restons en-là et finissons sur un dernier jeu futile et subjectif : le classement des albums des Rolling Stones par ordre de préférence.

 

01 - Let it Bleed

02 - Sticky Fingers

03 - Beggars Banquet

04 - Exile on Main St.

05 - Between the Buttons (americain)

06 - Their Satanic Majesties Request

07 - Aftermath (english)

08 - Out of our Heads (american)

09 - N°2

10 - Dirty Work

11 - Bridges to Babylon

12 - A Bigger Bang

13 - Tattoo You

14 - Some Girls

15 - Blue & Lonesome

16 - The Rolling Stones

17 - It’s Only Rock N Roll

18 - Voodoo Lounge

19 - Goats Head Soup

20 - Emotional Rescue

21 - Steel Wheels

22 - Black and Blue

23 - Undercover

 

A bientôt pour l’exploration d’une nouvelle discographie, à la suite de la chronique mensuelle de Denis. 

 

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Commentaires
L
well done (et bravo pour tant d'abnégation !)<br /> <br /> vu que tu votes Keith, si tu ne l'as pas lu, son autobio est vraiment chouette (il y parle bcp musique justement)<br /> <br /> un dernier riff pour la route: https://www.youtube.com/watch?v=rPFGWVKXxm0
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