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Pas vraiment fan de cette période de Nick Cave & the Bad Seeds, comme on l’a vu il y a quelques épisodes pour les chroniques de Tender Prey et Henry’s Dream. The Good Son, sorti entre les deux, ne déroge pas à la règle, bien au contraire. Je n’en avais même pas enregistré la moitié, et la réécoute des titres retenus ne m’a pas emballé. C’est un peu les prémices de la période crooner du Cave, mais sans le côté sombre qui en fait tout l’intérêt. Violonades et chœurs en font quelque de trop lyrique à mon gout, à l’exception de « the Witness Song », dont le rythme et les tonalités gospel sont autrement plus convaincant. Paradoxalement, j’avais enregistré les trois titres bonus accompagnant la version française du CD de The Good Son, c’est-à-dire les trois meilleurs titres de Tender Prey en version acoustique. Dépouillées à l’extrême, avec des chœurs fabuleux des Bad Seeds et un peu de piano ou de guitare, ces revisites sont superbes, à l’image d’un « Deanna » tellement gospellisé qu’il est mélangé avec le célèbre « Oh Happy Day». Comme quoi avec une prod un peu plus sobre the Good Son aurait pu être nettement plus marquant.
Dernière pièce manquante à ma découverte progressive de la discographie de Sonic Youth, Bad Moon Rising est l’album qui succède à l’abrasif Confusion is Sex vu en épisode 147, ici emprunté dans sa réédition agrémentée de 4 titres bonus fièrement annoncés sur la pochette. Un bon album que j’avais très largement enregistré et qui compile le savoir-faire du Sonic Youth première mouture avant l’arrivée derrière les futs de Steve Shelley l’année suivante sur Evol. L’influence de Can rode encore de manière flagrante sur quelques pistes, spécialement « I’m insane » qui dans son texte, chant, et sa construction répétitive évoque furieusement le groupe allemand. La tension et la noise particulièrement présents sur Confusion is Sex sont aussi de la partie, que ce soit sur des chansons comme l’intense « Death Valley ‘69 » ou en fulgurants éclairs découpant des titres aux développements savants. C’est d’ailleurs dans ses longs titres en face A que le disque préfigure le plus le futur son de Sonic Youth, avec cette faculté d’être à la fois mélodique et dissonant au sein du même morceau. Lee Ranaldo et Thurston Moore ont accordés leurs guitares, ne restera à la paire rythmique qu’à les suivre pour que la légende débute.
Slash est considéré comme l’un des meilleurs guitaristes rock de la planète, et draine encore aujourd’hui une immense foule de fans. Si son jeu incroyable et le son caractéristique qu’il peaufina lui assurèrent une légitime admiration du temps des Guns N’ Roses, il ne brilla pas particulièrement dans la composition, Izzy Stradlin’ et Axl Rose, voire aussi le bassiste Duff Mc Kagan, étant largement meilleurs dans cet exercice. Pourtant, après le split des Guns, Slash s’associa à des musiciens du groupe, Matt Sorum, Gilby Clarke et Dizzy Reed, ainsi qu’au bassiste d’Alice in Chains Mike Inez et au chanteur Eric Dover, et sorti un album étonnamment bon sous le nom de Slash’s Snakepit. It’s Five O’Clock Somewhere, du moins dans mon souvenir puisque ça fait bien longtemps que je ne l’ai plus écouté, était majoritairement composé de chansons inspirées, assez diverses et mettant bien en avant la science du riff de notre chevelu chapeauté. 5 ans plus tard, l’ensemble de la fosse à serpents a été renouvelée et l’enthousiasme n’est plus le même. Etais je complètement passé à autre chose, ou les compos sont-elles vraiment plus faible, sans doute un peu des deux, toujours est-il que non seulement je n’achetais pas les yeux fermés Ain’t Life Grand comme son prédécesseur, mais encore en boudais je une bonne moitié au moment de l’enregistrer. Le premier extrait, « Mean Bone » est d’ailleurs assez lisse, évoquant du hard antédiluvien style Van Halen, grande référence de Slash (et de tant d’autres). Pour la suite on trouve deux ballades qui sont surtout l’occasion de solos brillants et à la signature toujours bien reconnaissable, deux titres basés sur des riffs imparables du genre de ceux que des générations de guitaristes ont usé dans leur apprentissage (« the Alien » au tempo ultra relevé fait même penser à du Guns N Roses), et deux chansons plus lourdes et sombres. Si « Life’s Sweet Drug » est un condensé de tout le talent de guitariste de Slash, notre préférence va au très groovy « the Truth » qui évoque les débuts d’Alice in Chains, lorsque le Metal muait en grunge. Pas désagréable à écouter, Ain’t Life Grand n’en sonnait pas moins comme la fin d’une ère. D’ailleurs Slash’s Snakepit n’a plus donné signe de vie depuis, Slash se consacrant à d’autres projets que je n’ai pas pris le temps d’écouter. Au changement de millénaire, je laissais tomber l’une de mes premières idoles : Ain’t Life Grand est le dernier soubresaut des Guns N’Roses en cette rubrique.



