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Blinking Lights (and other revelations)
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14 octobre 2021

# 153 / 221

153 

 

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La découverte de Cat Power avec What would the Community Think avait été un immense choc. Découvrir qu’avec une telle simplicité de moyen on pouvait autant émouvoir avait remis en perspective toute mon admiration pour certains artistes appréciés souvent pour leur impressionnante technique. J’avais dès lors suivi très attentivement la carrière de l’américaine, et m’était jeté sur the Cover Records dès qu’il avait été disponible à la médiathèque. Et d’emblée, la reprise du célébrissime « (I Can’t Get No) Satisfaction » des Rolling Stones en avait rajouté une couche sur ma manière d’appréhender la musique. Ainsi donc on pouvait réduire à l’os un titre, n’en garder que quelques notes ou accords et, pour peu que celui-ci fût bon, le rendre d’autant plus marquant. the Cover Records a irrémédiablement influencé mon jeu de guitare (1), dès lors je tenterais, souvent avec succès, d’imiter le style de Chan Marshall  lorsque je reprendrais des chansons de mes groupes favoris. Au-delà de cette révélation, c’est bien sur la voix extraordinaire de la chanteuse qui rend ce disque de reprises, l’un des meilleurs du genre, extraordinaire. Transformant des vieux classiques en ballades bouleversantes (la redécouverte scotchante « Troubled Waters » ou le « Naked if i want to » qu’elle conservera toute sa carrière), Cat Power déroule une setlist mélancolique, voire hypnotisante quand le tempo se ralenti encore et que quelques notes de piano égrainées servent d’écrin à sa voix pure (« Wild is the Wind »). Rendant hommage à ses idoles, Bob Dylan bien sûr mais aussi Bill Callahan (bien que ce « Red Apples » soit moins poignant que le « Bathysphere » de What would the Community Think), Chan Marshall prend un malin plaisir à s’inclure dans la liste avec un splendide « In this Hole » revisité au piano. Péché d’orgueil ou non, on ne saurait lui en vouloir tant dès lors elle figura dans mon panthéon, bien au-dessus des artistes qu’elle honora sur ce Cover Records.

 

(1)    Avec le bootleg the Dream is Over où Frank Black revisite le répertoire des Pixies en solo 

 

PS : par une de ces nombreuses coïncidences qui accompagnent ce challenge Tape Story, Cat Power vient d’annoncer la sortie imminente d’un nouveau disque de reprises…

 

 

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Sur le papier, Blood, troisième et dernier album de This Mortal Coil sorti en 1991, aurait dû m’emballer plus que It’ll End in Tears chroniqué en épisode 145, étant donné que je l’avais enregistré quasiment intégralement malgré une longueur peu commune (21 morceaux tout de même !). Effectivement dans l’ensemble je ne me suis pas ennuyé, mais l’impression mi-figue mi-raisin ressentie à la redécouverte du collectif monté par Ivo Watts-Russel autour des artistes de son label 4AD reste inchangée, mis à part que Blood me semble beaucoup plus homogène que ses prédécesseurs. Ceci est sans doute dû au fait que les participants au projet sont cette fois plus confidentiels (exit par exemple mes chers Dead Can Dance), à l’exception d’un très joli duo vocal de Kim Deal et Tanya Donelly sur un folk acoustique (« You and your Sister ») justement un peu décalé de l’ambiance générale de l’album. Les morceaux étant pour la plupart très minimalistes, c’est les voix (quasiment toutes féminines) qui portent les chansons, pour le meilleur et pour le pire. A ce jeu, la dénommée Caroline Crawley emporte mon adhésion sur chacune de ses interventions, ce dès les deux premiers extraits, l’onirique « the Lacemaker » et ses cordes en simili musique de chambre, et un « Mr Somewhere » où elle fait merveille accompagnée d’un simple violoncelle. Elle récidivera sur une belle version du « Late Night » de Syd Barrett et une autre jolie reprise toute aussi épurée, « Help Me Lift You Up ». Autre réussite, le chant de Deirdre Rutkowski accompagnant la belle mélodie de « Several Times » ou le répétitif « Ruddy And Wretched » tirant vers le rock progressif, dont la guitare électrique vient réveiller un album parfois trop vaporeux, à l’image d’un « Andialu » insaisissable. S’égarant dans des travers un peu mièvres, un lyrisme limite pompeux (« Nature’s Way »), ou carrément aux frontières de l’ennui (le trop long « Bitter »), Blood n’est pas la réussite incontestable promise mais reste une belle rêverie témoin de son époque et de son label. Ce qui est certain, c’est que je n’aurais dans le futur ni le temps ni la patience de me consacrer pleinement à l’écoute religieuse d’un tel album.

 

 

 

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