FESTIVAL LEVITATION (part 2) - Dimanche 28 Mai 2023 - ANGERS
La journée du dimanche se passe idéalement, démarrage tranquille avant de rejoindre les amis à une crêperie en centre-ville, nous suivons ensuite Maxime qui connait bien Angers pour une petite visite aux deux disquaires de la ville, qui n’ont pas manqué de rester spécialement ouvert pour accueillir les festivaliers et leurs deniers. Alors que les gars, plus motivés mais surtout plus jeunes, s’en retournent à leur logement en vue d’être au Festival à l’ouverture des portes, je m’attarde plus spécialement à Exit Music for a Drink pour prendre un café. C’est un lieu agréable qui fait bar et disquaire, avec une petite terrasse dans la rue piétonne et des bacs à vinyles (neufs) pour une sélection restreinte mais pointue, je le conseille vivement à tout ceux qui passeraient dans le coin. Comme la veille, je prends un bon moment de repos avant de partir à pieds vers 18h pour le parking du Chabada.
N'étant pas autorisé à rentrer avec une bouteille d’eau (une belle connerie, j’ai fini déshydraté la veille avec un bon mal de crâne pour les Psychotic Monks), j’attaque à la limonade et assiste à l’entrée en scène des Hollandais de TRAMHAUS. Le quintet, qui me semble extrêmement jeune, est mené par un chanteur dynamique et souriant, il interprète des compositions évoquant la partie mélodique de Sonic Youth, avec des interventions dissonantes de guitare saturé à la Pixies (« Make it Happen ») et une bonne couche de post punk moderne (« Marwan »). Autant dire que c’est pile dans mes gouts et que je passe un savoureux moment, à l’image des membres du groupe qui semblent ravis d’avoir été conviés au Levitation. Je fais un tour au merchandising mais rien à vendre, un petit tour sur discog m’apprend que Tramhaus n’a même pas sorti d’album, juste une poignée de chansons sur quelques EP (on guettera donc cette première parution avec impatience).
Dans tout festival, il y a un groupe qui passe un peu à la trappe pour cause de casse-croute, et cette fois ça sera ACID DAD, étant donné que je ne veux absolument rien manquer des concerts suivants. J’écoute quand même les premiers titres dans la fosse, un rock psyché nonchalant sympathique mais pas non plus bouleversant délivré par un trio masculin (deux guitares et une batterie). J’ai le temps d’aller me chercher un hot dog et une bière (parce que la limonade ça va bien 5 mn) et réussi à me trouver un endroit vers la sono où poser mon assiette et écouter de loin la fin du set, où apparaissent quelques titres plus énervés en mode King Gizzard. Cool, mais pas inoubliable, d’ailleurs j’écris cette chronique en me repassant le dernier album en streaming histoire de pas dire trop de conneries.
On s’attarde pas trop et on switche pour être bien placé pour CLAMM, dont j’avais bien apprécié l’album Care sorti l’année dernière. Les Australiens ne font pas dans la finesse, on est sur du punk agrémenté de quelques fulgurances hardcore et on s’attend à une bonne baffe. Je ne vais pas être déçu, et m’écarterais sagement du violent pogo déclenché dans la fosse. Ce qui est inattendu en revanche, c’est le look des membres du groupe : la bassiste est toute menue et sage derrière son micro, le batteur ressemble à un surfeur admirateur de Bodhi, quant au guitariste chanteur culturiste on le croirait sorti d’une quelconque téléréalité. Mais cet improbable trio joue fort, joue carré, et le charismatique leader ne ménage pas sa peine. Les chansons ne sont pas d’une extraordinaire originalité, mais suffisamment différentes et efficaces pour emporter le public : notre groupe est unanime, c’est à un des meilleurs concerts du festival qu’on vient d’assister. De quoi donner envie de les revoir quelques jours après au Sonic, même si je sais que ce serait un peu abusé pour la famille.
Ne me demandez pas pourquoi, je m’étais mis en tête que L.A. WITCH était un vieux groupe de Rrriot Girls, alors que pas du tout : c’est un trio féminin de rock californien assez récent qui a sorti deux albums depuis 2017. Alors autant la tenue style heavy metal 80’s fait toujours son petit effet, autant leur rock mollasson au possible me laisse complètement froid. Pire, la batteuse est très mauvaise, accentuant la nullité du concert (constat assez partagé sur le whatsapp commun des festivaliers Lyonnais). Dommage si j’avais su j’aurais fait ma pause repas à ce moment-là. Je passe le temps en regardant l’inévitable Robert Gil, dont nous avions aperçu le pompon rouge dès les premiers concerts la veille, faire des acrobaties avec son gros zoom pour enrichir son blog photo.
C’est donc avec une certaine impatience que j’attends l’entrée en scène de PORRIDGE RADIO. J’avais beaucoup apprécié Waterslide, Diving Board, Ladder to the Sky, 4eme album sorti l’année dernière (et unique que j’aie écouté) mais avait loupé leur concert au Sonic, certainement pour cause de semaines trop chargées, je suis donc très heureux de pouvoir me rattraper en ce dimanche soir. Comme beaucoup de groupes programmés, Porridge Radio est mixte, avec un bassiste posé à droite, un batteur en marcel au fond, une claviériste sur la gauche et la chanteuse guitariste, casquette sur cheveux courts, au centre. Même si les autres sont loin d’être statiques ou amorphes, jouant avec un allant et un plaisir visible, c’est elle qui portera une grosse part du concert en amenant de l’intensité dans son chant (marquante « Birthday Party ») et en apportant un jeu de scène dynamique lors des passages instrumentaux. Musicalement, les chansons sont d’un style low fi léché qui n’aurait pas dépareillé dans mes compilations Matador 90’s chéries. Assez variées et mélodiquement riches, elles auraient pu rester dans un registre gentillet mais bénéficient de coups de pression réguliers et de développements déchirants (« Long ») qui évitent tout ennui Autre atout, les secondes voix remarquables de la claviériste. Régulièrement émouvant (notamment le superbe final « Back to the Radio »), le concert de Porridge Radio aura répondu à nos attentes et rejoint la liste de ceux justifiant largement le déplacement à Angers.
Les DANDY WARHOLS, c’est la tête d’affiche du festival, mais c’est plutôt un bonus pour moi. Je les ai déjà vu 2 fois en live et je sais à quoi m’en tenir : le groupe capitalise depuis 20 ans sur ses quelques albums culte, n’a plus rien sorti d’intéressant depuis et ne fait pas vraiment d’effort sur scène, déroulant son set de manière professionnelle et neutre. Pour résumer, je m’attends à un concert sympa oscillant entre l’enthousiasmant au moment des tubes et le vaguement chiant sur les nouveaux morceaux, et c’est exactement ce qu’il sera. La configuration est toujours la même, les quatre membres du groupe sont en ligne sur le devant de la scène, au centre le chanteur guitariste Courtney Taylor-Taylor et son look de vieux sioux nonchalant et le batteur Brent de Boer au jeu toujours aussi minimaliste mais qui assure (bien) les nombreuses secondes voix, à droite le discret Peter Holmstrom à la guitare et aux effets, et à gauche Zia McCabe qui ne joue plus de basse mais des claviers et des machines, et du tambourin qu’elle frappe en rythme et en permanence sur son cuissot. Malgré les années qui passent elle n’a pas perdu de son sex appeal dans sa tenue en cuir (1) et assure à elle seule tout le spectacle (les 3 gars sont redoutablement statiques), bien aidée par le vin blanc qu’elle siffle sur scène et dont on comprend qu’elle n’en est pas à sa première bouteille.
Une longue intro psychédélique lance « Be-In », premier titre du très bon the Dandy Warhols Come Down, deuxième album du groupe qui sera le plus représenté ce soir avec 5 extraits. Si on ajoute les 4 titres de l’insurpassable Thirteen Tales from Urban Bohemia, l’extrait du premier album et le classique « We Used to be Friend », on aura eu dans la setlist une grosse majorité de morceaux savoureux et un concert vraiment cool, avec en plus quelques prolongations psychédéliques toujours bien maitrisées par la bande (« I Love You »). En fait il n’y aura eu principalement qu’un ventre mou de trois titres, qui se termine par « Holding me Up », interminable extrait d’Odditorium or Warlords of Mars, l’album qui attaquait l’usure jusqu’à la corde de la formule des 4 accords en boucle faisant une chanson. Heureusement les Dandy Warhols ont réservé le meilleur pour la fin, avec les 4 tubes de Thirteen Tales from Urban Bohemia joués d’affilée déchainant un public déjà très motivé dans la fosse. C’est chaud, Zia McCabe en enlève son short en cuir et ira par la suite se jeter brièvement dans le public pour un court slam : je suis ravi car c’est pas tous les jours qu’un de vos fantasmes adolescent vous passe dessus… Le groupe enfonce le clou avec un autre irrésistible single, « Boys Better », avant de saluer le public à l’exception de Zia qui prolonge par une Outro technoïde. On sent qu’elle ne veut pas quitter la scène et aurait aimé enchainer avec un de ses DJ set solo dont elle a l’habitude.
On traine un peu histoire de chopper la setlist voire éventuellement récupérer une baguette du batteur ou autre souvenir (c’est raté) avant de faire la queue au bar en écoutant de loin le groupe de clôture à forte teneur electro appelé MADMADMAD. D’abord décidé à rester tranquille assis en périphérie, je suis vite gagné par l’énergie du trio et retrouve Maxime et Alban aux avants postes pour user la dernière bribe d’énergie qu’il me reste. S’appuyant sur un batteur assez exceptionnel et un bassiste ultra précis (qui utilise aussi des machines pour lancer du chant trafiqué), le chevelu leader structure les morceaux principalement avec des machines et des percussions marrantes (belle collection de cloches), usant de temps en temps de sa Gibson en bandoulière. Des compositions technos mais avec une bonne dose de disco voire de rock synthétisant le meilleur de ces genres, avec le coté hypnotisant et dansant tout en gardant un fort intérêt live (par rapport aux mecs statiques derrière leur platine de la pure electro). Qualifié de « Crazy Frog de l’Enfer » par Julien, avec autant de pertinence que de mauvaise foi, les Madmadmad auront en tout cas emporté le public restant, de quoi terminer ce bon week end sur une touche réjouissante pour ma part.
Cette journée m’aura plus emballé que la précédente, et je peine à quitter les lieux, regrettant que le week end festif soit déjà terminé. Notre petit groupe, assez sage, se retrouvera dans la matinée le lendemain, s’étonnant de ne pas avoir croisé une seule fois Amandine dans cet espace relativement restreint là où la seule bande de relous du coin se sera systématiquement retrouvée à nos côtés dans la fosse. Comme à l’aller, l’alternance de chauffeurs nous permet de rentrer à bon port sans encombre avec plein de bons souvenirs musicaux dans la tête.
(1) Je me rends compte à ce moment-là que c’est elle qui est venu se trémousser avec son tambourin sur le dernier titre de L.A Witch, je ne l’avais pas reconnue de loin.
Setlist Porridge Radio : Give/Take – Splintered - Good for You - 7 Seconds - Birthday Party - U Can Be Happy If U Want To – Lilac – Long - The Rip - Back to the Radio
Setlist Dandy Warhols : Be-In – Ride - Crack Cocaine Rager - Not If You Were the Last Junkie on Earth -We Used to Be Friends – STYGGO - Arpeggio Adaggio - I Love You - And Then I Dreamt of Yes - You Were the Last High - Holding Me Up - Bohemian Like You - Horse Pills - Get Off – Godless - Pete International Airport / Boys Better
Pour des meilleures photos que les miennes, celles de Robert GIL sont ICI
TRAMHAUS:
ACID DAD:
CLAMM:
L.A. WITCH:
PORRIDGE RADIO:
DANDY WARHOLS:
MADMADMAD:








