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Blinking Lights (and other revelations)
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5 septembre 2024

# 212 / 221

 

 

En épisode # 177, je découvrais Pulp avec son premier album, It, que j’adorais : j’avais donc hâte d’écouter son successeur, Freaks. Las, 4 ans ont passé et le groupe autour de Jarvis Cocker n’est plus le même. L’ambiance non plus : sous-titré Ten Stories About Power, Claustrophobia, Suffocation And Holding Hands, le disque se veut une bande sonore angoissante qui rappelle un peu les Damned période gothique. Chant grave, arpèges inquiétants, rires fous, « Fairground » nous plonge dans un cirque oppressant tandis que le bien nommé « Being Followed Home » nous engage à presser le pas dans une interminable poursuite nocturne. Tout ceci est bien fait mais pas vraiment marquant, et flirte avec le ridicule par endroits. Heureusement le Holding Hands du sous-titre est bien présent par intermittences, et si le pop romantique de « I Want you » est un peu trop précieuse à mon gout, il reste « Anorexic Beauty » et surtout « Don’t you Know » pour me rappeler la tranquille beauté de It et l’impressionnant talent vocal de Jarvis Cocker. Trop maigre cependant pour que Freaks rejoigne son prédécesseur dans ma discothèque.

 

PULP - Master of the Universe

 

 

 

En chroniquant le 2eme album de Lilium à l’épisode # 209, j’ai un peu vite décrit le groupe comme le projet de Pascal Humbert et Jean-Yves Tola, respectivement bassiste et batteur de Sixteen Horsepower. Heureusement je compte dans mes rares lecteurs Julien qui en (ex) professionnel averti m’aura indiqué que Tola n’apparait que sur le Short Stories. Lilium est donc bien à l’origine le projet du seul Humbert, qui fait d’ailleurs quasiment tout sur ce premier opus sorti en 2001. La grosse différence entre Transmission of all the Good-Byes et son successeur est qu’il est exclusivement instrumental, et donc encore plus dépouillé. Pour le reste on retrouve ces arpèges de guitare, ces mélodies entêtantes et délicates, cette grosse basse ou contrebasse qui couve parfois derrière pour un country blues americana dépaysant à souhait, tout en gardant un certain relief par la variation des tempos et des instruments (notamment le soutien occasionnel d’un pote à la batterie). On pourra donc ressortir les sempiternels adjectifs (« éthéré », « mélancolique ») et clichés (« grands espaces », « crépuscule ») ou se contenter de lire les titres qui en disent tout autant (« Sleeping Inside », « Fugue », « Loveless Road », « Far »….). C’est un très beau disque dont on se demande pourquoi il n’est pas allé rejoindre ses deux petits frères dans mes étagères à CDs : ce sera chose faite dès que j’en aurais l’occasion.

 

LILIUM - Fugue

 

 

Nous sommes en 2004 et comme tous les deux ou trois ans depuis des lustres les amis Sonic Youth sortent un album que je m’empresse d’emprunter immédiatement à la médiathèque. Sans surprise, on y retrouve les entrelacements d’arpèges, les harmoniques, les roulements de Steve Shelley, les longs développements instrumentaux, le chant tantôt fatigué tantôt énervé de Kim Gordon, en alternance avec les gars du groupe. A quelques passages près (dont le punkoide « Kim Gordon And The Arthur Doyle Hand Cream ») Sonic Nurse est assez tranquille, sorte de pop rock alternative plus contemplative que tendue. L’album est tout autant cousu de fil blanc pour les connaisseurs de Sonic Youth que vraiment bon (enregistré d’ailleurs quasi intégralement), avec quelques sommets du genre tels le premier (« Pattern Recognition ») ou le dernier titre (« Peace Attack »). C’est sur celui-ci que nous quittons un groupe qui aura alimenté la rubrique de ses débuts (première occurrence en épisode # 009) à sa fin, et qu’on imaginait immortel. Le divorce (surprise, en ce qui me concerne) de Kim et Thurston aura interrompu une aventure musicale exemplaire de plus de 30 ans, et même si chaque membre continue d’alimenter régulièrement le rock indé d’œuvres plus ou moins intéressantes (1),  Sonic Youth reste irremplaçable.

 

(1) pour ma part seuls les disques de Thurston Moore me parlent…

 

SONIC YOUTH - Peace Attack

 

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Commentaires
P
J'étais d'accord avec toi sur le rapport musical entre Kim Gordon et Thurston Moore, mais il me semble que les albums de cette année inversent un peu la tendance.
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c'est vrai que le Thurston Moore de l'année m'a l'air un peu en déça. Quant à Kim Gordon, je trouve ce qu'elle fait plus ambitieux mais ca ne me parle pas du tout, trop arty.... cela dit je ne crois pas avoir écouté celui de cette année, il faudrait que je trouve le temps d'y jeter une oreille
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