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Blinking Lights (and other revelations)
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12 février 2017

# 043 / 221

 

043

 

 

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Comme les plus belles rencontres, celle avec Kristin Hersh se fit par hasard. Une compilation nommée Anakin (dont j’ai déjà parlé), que j’achetais parce que c’était celle du label des Pixies (4AD) et parce qu’elle était quasiment donnée par l’un de mes habituels bouquinistes Marseillais. Dessus (entre autres), le magnifique titre « Gazebo Tree » pour présenter le second disque de Kristin Hersh, Strange Angels, sur le point de sortir (on est donc en 1998). Puis l’emprunt à la médiathèque, pour voir, de ce premier album, Hips and Makers : coup de foudre immédiat, enregistrement intégral sur une face de cassette et écoute en boucle. 

Hips and Makers est sans doute l’un de mes dix disques favoris. Encore aujourd’hui, à la réécoute, je ne lui trouve aucun défaut. Un album lunatique, comme le dit cette chanson (« A Loon ») qui fait succéder à la violence d’accords martelés l’apaisement d’arpèges, la voix à l’avenant. Il y a des tripes et des larmes, il y a l’attente insupportable et la rage soudaine, il y a l’alcool et la poésie, un peu de blues et un peu de folie, en un mot : de la passion. Il y a une guitare folk magique, des accords simples en boucle et des arpèges impossibles, parfois un peu de violoncelle en guise de caresse. Il y a le chant inimitable et captivant de Kristin Hersh qui ne sait raconter que ce qu’elle est. Il y a ce single, « Your Ghost », le premier et le plus connu de la songwritter, par la présence en seconde voix de Michael Stipe, juste sur les refrains, dans l’ombre et pourtant lumineux, l’un des plus beaux et judicieux featuring que j’aie entendu. Par la suite Kristin Hersh sortira de nombreux disques, plus ou moins produits, plus ou moins dépouillés, quasiment tous superbes (1), mais n’égalant jamais cet éclatant chef d’œuvre. 

(1)    Comme le plus souvent avec mes artistes fétiches, on ne les retrouvera pas sur ces cassettes, puisque je les achèterai en CD au fur et à mesure de leurs sorties

  

 

 

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Je suppose que je me suis intéressé aux Jesus and Mary Chain à la suite des Pixies qui reprenaient « Head on » sur Trompe le Monde et les citaient comme leur principale référence. Lorsque je regarde mon fichier,  je m’aperçois que j’ai emprunté très vite l’ensemble de la discographie du groupe, la plupart du temps avec une bonne part de l’album retenu. Et pourtant, bizarrement, je ne suis jamais devenu un fan du groupe, je n’ai acheté les CD que très récemment (à la faveur d’une intégrale rééditée à bas prix), et je les sors très rarement. Cela fait partie des groupes que j’ai écoutés plus pour ma culture que par gout. En cause un univers un peu obscur, ou tout du moins qui n’accrochait pas l’ado que j’étais (manque de féérie…), et puis sans doute n’avais-je pas le recul nécessaire pour apprécier à la fois l’apport du groupe écossais à la musique des 90’s et la synthèse remarquable de différents courants du rock passé dans leurs compositions. Inspirés clairement par le Velvet Underground, les Jesus and Mary Chain couplaient du rock bien lourd, voir un petit côté indus par moments, avec une pop entrainante et un chant plein de morgue pour un cocktail appelé dorénavant Noisy Pop. Ajoutons à cela le cliché des frères ennemis se bouffant le pif quand ils n’étaient pas occupés à mépriser de toutes leur force un public conquis, et la légende était lancée.

Celle-ci est déjà écrite, voire déclinante, quand sort en 1992 leur 4eme album Honey’s Dead (clin d’œil à leur premier single ?), dont j’avais retenu une grosse moitié. Commençant avec le très appuyé et inspiré « Teenage Lust », tout en rythmique lourde et saturée, la cassette se poursuit sur des morceaux se teintant progressivement de pop, « Tumbledown » ou « I can’t get enough » nous rappelant furieusement la myriade de groupes qui les ont plagiés sans vergogne ces dernières années, the Pains of Being Pure at Heart en tête. Preuve que leur influence, bien que diluée par les années, est loin d’avoir disparu. 

 

 

On repère aussi dans ce « I can’t get enough » une touche de Mercury Rev première période, ce qui fait une transition toute trouvée avec  « Pink Floyd Poster », ultime titre du Hot Saki & Bed Time Stories chroniqué cassette précédente. Catherine a beau être un groupe mineur (de noisy pop, donc), il produit ici un très beau morceau mélodique à mi-chemin entre les rêveries du groupe de Jonathan Donahue et le rock alternatif des Pumpkins.

  

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Je n’ai jamais eu une grande culture cinématographique, et je m’en remettais à l’époque de cette cassette aux gouts de mes ainés qui fréquentaient les cinémas bien plus que moi (ce n’était pas difficile).  J’ai parlé de Gadjo Dilo, découvert lors de mes convois humanitaires en Roumanie, et c’est ce même groupe d’amis qui me fit m’intéresser à Apocalypse Now.  Lionel, l’un des ainés de l’association, qui était pour moi une sorte de grand frère idéal, était un passionné d’histoire, surtout des guerres modernes (2eme guerre mondiale, Viet nam, Guerre froide). Il avait une grande fascination pour les militaires (d’ailleurs il avait adoré son service), et ne manquait pas de projeter cet imaginaire dans nos longs trajets en convoi au travers de l’Europe, rejouant ou citant en permanence des  scènes ou dialogues de ses films favoris, notamment Apocalypse Now.

Un film que j’avais apprécié autant que je m’en souvienne, c’est-à-dire assez peu mis à part quelques scènes cultes (Apocalypse Now n’est pas devenu un de mes films fétiches, je crois d’ailleurs que je n’en avais pas compris toute la portée symbolique). Du cours extrait de la BO ici présent, figurent quelques instrumentaux  tout en tension assez évocateurs, la fameuse « Ride of the Valkyries » qu’on a du mal aujourd’hui à ne pas associer à une armada d’hélicoptères, et « Suzie Q » mais à priori dans sa version originale, pas celle de Creedence (maintenant que j’y pense j’attendais plutôt « Green River », mais en fait c’est dans Forrest Gump que cette chanson de Creedence est associée à une scène d’hélicoptère pendant la guerre du Viet Nam). Et puis bien sur l’inévitable « the End » des Doors (mon titre favori d’un groupe dont je suis peu friand), ici recouvert par moments par des bruits de pales ou de jungle, avec un effet assez saisissant. Ces quelques minutes de Bande Originale auront suffi à faire remonter à ma mémoire pas mal d’images du film, ainsi que sa moite et glauque ambiance générale : une réussite incontestable donc. 

 

 

Pour finir sur une note plus douce, une B-Side des Smashing Pumpkins période Adore, du temps révolu où quasiment tout ce que faisait Corgan était bon. « Czarina » est donc une jolie ballade, quoique moins indispensable que « Once in a While » qu’on retrouvera en début de cassette suivante.

 

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Commentaires
L
c'est vrai que Your Ghost fait toujours son petit effet ;)
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C
Ah ben voilà l'album en question. ..quand je disais soft c'est parce qu'il est plutôt acoustique non ? Dans mon souvenir tout du moins. ..il faudrait que je réécoute. ..<br /> <br /> Je ne connais pas bien non plus Jesus and Mary Chain...et pourtant c'est une référence. ..
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