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Blinking Lights (and other revelations)
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1 octobre 2020

# 125 / 221

125

 

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J’ai probablement vu L’Etrange Noel de Monsieur Jack à sa sortie au cinéma, mais je ne me rappelle plus du contexte. Peut-être avec Kitty Kat, ça nous allait bien cette thématique gentiment gothique et ces personnages décalés amoureux et mélancoliques. Qu’importe, ce que je sais c’est que j’ai immédiatement adoré l’histoire, dont l’imaginaire et l’esthétique m’ont longtemps accompagné, à tel point que c’est l’unique film pour lequel j’ai dépensé quelques sous pour des objets de merchandising vendus au Disney Store. Le personnage de Jack, éternel insatisfait créant le désordre par désir de faire plaisir, me touchait particulièrement, malgré sa mégalomanie et son égoïsme. Il y avait aussi une certaine jouissance à voir le monde merveilleux et parfait de Noël se faire pourrir de manière complètement punk par un grand squelette et sa bande de potes affreux, comme un bras d’honneur décharné à la pesante normalité qui m’accablait à l’époque. Jack est un incompris, tant dans le monde d’Halloween que dans celui de Noël, et tel je me sentais.

 

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Aussi, quelques années après, je ne boudais pas mon plaisir en empruntant la BO de Danny Elfman et en l’enregistrant entièrement sur cette cassette. Le film étant une tragicomédie musicale, la BO retrace évidemment à la perfection le scénario au travers de diverses chansons dont le fameux « Que Vois-je ? », morceau aussi doux que fou où Jack découvre Noël avec émerveillement, réutilisé par la suite sur la cassette d’amoureux (voir Hors Série #05) que je donnais à Mélaine (c’est dire le degré d’identification). La musique nous emporte d’un claquement d’os dans le monde d’Halloween avec force orgues, bassons et chœurs tourmentés et fantomatiques. Comme le veut la tradition, chaque personnage a son thème reconnaissable entre mille, la douceur de Sally côtoyant la grandiloquence de Jack ou la monstruosité du Docteur Finklestein. Nous suivons donc l’histoire de Jack qui, ne parvenant pas à saisir l’essence de la fête, va vouloir remplacer le Père Noël pour une distribution de cadeaux forcément spéciaux. Tout ceci émaillé de chansons aussi drôles et marquantes que « Kidnapper le Perce Oreille », où Am Stram et Gram, les sales gamins, imaginent le rapt du Père Noel accompagné d’une série de tortures où l’imagination dispute au sadisme, ou « Le Boogie Blues » voyant le seul méchant de l’histoire, un croque mitaine nommé Oogie Boogie, se lancer dans un jeu mortel pour son otage sur un chant remuant des plus savoureux. Notons que je trouve le passage au français particulièrement bon, les paroles parviennent à garder le sens, le rythme, les rimes et l’humour ce qui doit être une gageure vu le nombre de films qui échouent à cet exercice. Le rythme justement, voilà ce qui entraine l’auditeur du début à la fin d’une BO décidément réussie, privilégiant suspense et action aux habituelles plages contemplatives. Poétique et affreux, sympathique et subversif, triste et chaleureux, L’Etrange Noel de Monsieur Jack bénéficie évidemment d’un happy end cauchemardesque. Quant à la morale du film, libre à chacun d’en trouver une qui lui convient… 

 

 

 

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Helium est un groupe confidentiel que je ne connus que parce qu’il figurait au menu de mes compilations Matador adorées. Il me fallut un bon moment avant de tomber sur the Magic City, leur deuxième et dernier album. Mené par la prolifique Mary Timony, Helium m’évoque toujours un rock féérique médiéval, genre chevauchée de licornes et robes de princesses. C’est un peu injuste car s’il y a indéniablement de ca (il suffit de voir la pochette et le titre du disque), the Magic City est plus varié que ce qu’en avait retenu ma mémoire. On commence par « Vibrations », une pop bien dans l’esprit imagé précédemment décrit, style Arab Strap ayant sniffé de la poudre d’arc en ciel, avant de s’orienter vers un « Leon’s Space Rock » dans la veine plus rock de Liz Phair, autre girl power du label mais bien plus connue.

Première incursion dans le psychédélisme sur « Aging Astronauts » avant l’épique « the Revolution of Hearts pts I and II », long développement gavé de guitare électrique et de solos de claviers aux sons étranges et profonds, sans doute le titre le plus intéressant de l’album (1). Les claviers, c’est vraiment ce qui caractérise le son de the Magic City, aussi bien dans  les chansons que la setlist au travers de pistes instrumentales telles autant de rêveries. Une touche très personnelle qui n’enlève pas le coté mineur du combo, avec un songwritting assez inégal. Mary Timony reste une artiste douée, en témoigne le sombre « Clementine », mais sans doute un peu trop perchée pour construire une carrière solide (à moins qu’elle s’en foute). C’est du moins ce que laisse supposer la copieuse liste de groupes éphémères auxquels elle a participé. Dans ce même esprit, nous quitterons ici Helium et auront un dernier aperçu de sa musique sur l’un de ses albums solos présenté dans une trentaine d’épisodes. 

 

(1)    Notons que les premiers EP du groupe, voire un premier album dont je ne me souviens guère, lorgnaient plus vers un Pavement féminin de fort bonne tenue.

 

 

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