Blinking Lights (and other revelations)

09 décembre 2016

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Même si j’ai recensé le contenu de chaque cassette sur un fichier excel et que les titres présents sont la plupart du temps listés sur la face de chacune d’entre elles, il arrive régulièrement qu’il y ait quelques imprévus. Ce sont parfois des bonnes surprises, parfois des mauvaises. Alors que je m’apprêtais à réécouter le meilleur du premier album de Frank Black, la première face de la cassette 039 consistait en fait en un interminable passage de Dream Theater, là où je pensais m’en être débarrassé à l’épisode précédent (je me demande ce qui m’avait pris d’enregistrer un si large extrait d’un deuxième album, que je n’ai pas pris le temps d’identifier). Figurait aussi au programme un titre de Radiohead (on en retrouvera éparpillé un peu ici ou là sur de nombreuses cassettes à venir), en l’occurrence une version live de « Fake Plastic Trees », l’une de mes chansons favorites, capté à la radio. Et cette maudite face s’achève sur « Dirty Frank », une B-Side de Pearl Jam intégrée en bonus à Ten dans ses rééditions, et qui a de fortes ressemblances avec « Give it Away » des Red Hot Chili Peppers paru la même année… Allez, encore un peu de patience sur la deuxième face avec « Release », belle ballade très représentative des débuts de Pearl Jam, et une version live assez classique du tube « Alive », et on laisse enfin la place à Franky.

 

 

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Du premier album de Frank Black (sans titre), sorti un an après le split des Pixies, je n’avais gardé que 6 titres sur 15, ce qui n’est pas faire honneur à un disque de bonne facture. En même temps, il s’agit vraiment des meilleurs morceaux de l’album, à l’exception du manque criant de « Parry The Wind High, Low », seul titre absent de cette sélection dont je me souvienne précisément. Frank Black peut être vu comme un coup d’essai avant le coup de maitre qui sortira l’année suivante (et dont on a parlé il y a une dizaine d’épisodes), qu’il préfigure d’ailleurs par certains titres comme le dynamique « Two Spaces » aux claviers prédominants. Frank Black s’autorise toutes les libertés au chant, ce qui est plutôt marrant, et laisse encore la plus large part à la guitare (excellent riff de « Czar »). C’est finalement « Los Angeles » qui, en mélangeant allégrement des passages pop, punk et acoustiques, résume le mieux la diversité des ambiances qu’on retrouvera dans une première partie de carrière solo dont pas grand-chose n’est à jeter. Ce que l’on confirmera prochainement avec le 3eme et dernier disque de ladite période, moins facile d’accès mais bien plus marquant.

 

 

 

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Difficile de bien appréhender le parcours de Sonic Youth dont j’empruntais les disques au gré de mes trouvailles à la médiathèque et donc dans le désordre le plus complet. Après avoir écouté des extraits de Daydream Nation et Dirty, on revient en arrière avec Sister, sorti un an juste avant Daydream Nation, en 1987. A l’inverse de ses deux successeurs, je n’ai pas racheté Sister en CD et ne l’avait donc pas réécouté depuis des lustres. Je l’avais enregistré quasiment dans son intégralité, ce qui m’a surpris sur le papier mais qui m’a semblé logique après écoute, tout du moins de la première moitié (l’autre se trouve cassette suivante). J’ai trouvé en effet l’ensemble assez accessible, que ce soit dans les titres plutôt lent (« Schizophrenia » est un post rock mélodique, empreint de douceur) ou ceux plus rock, comme le très connu « (I Got A) Catholic Block ». Quelques courts passages un peu  noisy, mais pas de quoi rivaliser avec les expérimentations des deux albums avec lesquels j’avais entamé ma découverte du groupe New Yorkais et que j’avais à l’époque largement moins plébiscité. Attendons de voir la suite pour avoir un avis plus général sur un album rarement cité, il me semble, comme favori par les fans.

 

 

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05 décembre 2016

Les Propositions d'HELLO DARKNESS #33 (Novembre 2016)

La formule des propositions d'Hello Darkness commence par s'émousser un peu, pour plusieurs raisons. Tout d'abord, Damien est en ce moment complètement déconnecté de la musique, donc le jeu deviens plus un duo entre Julien et moi. Mais ces derniers temps, ma liste à écouter s'est considérablement allongée: j'avais au moins 10 disques à présenter, et n'ai pu en chroniquer que trois, je n'ai donc pas pu écouter une seule fois les disques que Julien m'avais conseillé... Au fil des années, nous avons tendance aussi à avoir de plus en plus d'artistes en communs (Ryley Walker par exemple), donc le "présenté par" ne rime souvent plus à grand chose. Bref, je finis l'année avec cet épisode (en plus j'aime bien le chiffre #33), et je reviendrais sans doute à une présentation plus classique des disques que j'ai pu écouter attentivement. Sans pour autant exclure le retour de cette rubrique de temps en temps...

 

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Ryley WALKER - Golden Sings that have been Sung

 

 

En écoute: DEEZER

Proposé par Xavier/Julien.

Mon avis:

Dans la foulée du superbe Primrose Green de l’année dernière, Ryley Walker nous revient avec Golden Sings that have been Sung, album fleurant tout autant les 70’s. Touchant une nouvelle fois au  folk rock avec parfois des accents jazz ou blues, notre songwritter et sa bande s’entendent à merveille pour ciseler des arrangements classieux, claviers, guitares et batterie n’étant ni trop discrets ni trop envahissants. Longs morceaux oniriques ou lumineuses chansons folk (« I will ask you twice »), tout est réussi, voire splendide (« the Roundabout », avec une savoureuse touche groovy).

Dans l’édition limitée de l’album, Ryley Walker montre une autre facette de son talent sur l’un des meilleurs titres, « Sullen Mind », qu’il présente dans une version semi improvisée et expérimentale de  40 minutes. Du grand art !

 

 

 

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Emma Ruth RUNDLE - Marked for Death

 

 

En écoute: DEEZER

Proposé par Xavier. 

Mon avis:

La prestation d’Emma Ruth Rundle en première partie de Wovenhand n’avait pas vraiment rendu hommage à son album. J’avais senti un potentiel, mais pas l’affinité immédiate que j’eu en écoutant Marked for Death. Sans doutes les choses eussent été différentes si elle avait joué avec un groupe, comme il y a bien longtemps Gemma Hayes, autre jeune fille inconnue ouvrant aussi pour un  concert attendu et finalement décevant, et dont le premier disque Night on my Side s’est progressivement imposé comme l’une de mes friandises douces amères fétiches.

Comme Gemma, Emma joue un rock acoustique empreint d’une tristesse sourde qui se mute parfois en accès de colère lors de refrains plus appuyés, quelque part entre le désespoir glaçant de Beth Gibbons (« Protection ») et les états d’âmes plus accessibles d’Alanis Morissette ( refrain de « Heaven »). Elle navigue entre deux eaux, celles troubles et inquiétantes de la folk rêche torturée et  celles aseptisées de la pop guillerette pour midinette. Dans un territoire où l’on croise des accents de grunge fatigué, où la lumière n’est ni absente ni accessible, le territoire que je prends le plus de plaisir à arpenter depuis des décennies. Je les connais ces disques découverts par hasard, ces éclairs sombres anonymes, j’y reviens inlassablement. Quand les tops auront succédé aux tops, que les meilleurs artistes des 10’s seront soit oubliés soit dilués, je prédis que Marked for Death, lui, sera toujours à mes côtés.

 

 

 

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Nick CAVE & the BAD SEEDS - Skeleton Tree

 

 

En écoute: DEEZER

Proposé par Julien/Xavier.  

Mon avis:

Difficile de se faire un avis sur Skeleton Tree, tant le contexte dans lequel il est sorti se heurte à mon ressenti. Le contexte, chacun le connait : décès accidentel du fils de Nick Cave (adolescent) pendant l’écriture du disque. Evènement tragique dont on ne peut qu’imaginer l’impact sur l’artiste, et qui imprègne chaque recoin de l’album, transformé en veillée funèbre à laquelle l’auditeur est convié. J’aimerai être présent, en empathie avec Nick Cave, mais il me faut bien reconnaitre que cette grosse demi-heure lugubre m’ennuie plus qu’elle ne me touche (d’autant que Skeleton Tree succède au génial Push the Sky Away, l’un de mes favoris de sa discographie).

Sur ces longs titres ornés de quelques notes de piano et d’une batterie minimaliste sur fond de drones crépusculaires, Nick Cave déclame sa peine plus qu’il ne la chante, sans que l’ensemble ne me captive suffisamment pour que j’ai envie de creuser un peu plus les mots du deuil.

Je ne condamne cependant pas l’album définitivement. D’abord parce qu’il y a quelques passages qui parviennent à me toucher, sans que je sache précisément pourquoi ceux-ci plus que d’autres : « Girl in Amber » ou « I Need you » me semblent spécialement déchirantes, avec un Nick Cave chevrotant sur des chœurs désolés ou lançant des appels désespérés à on ne sait quel ciel. Ensuite parce que Skeleton Tree a une cohérence qui pourrait se révéler prenante, pour peu qu’on l’écoute dans l’ambiance et dans l’état d’esprit adéquat. Mais ces conditions existent-elles vraiment ? Je n’ai pas très envie de le savoir, à vrai dire…. 

 

28 novembre 2016

Ryley WALKER - Samedi 26 Novembre 2016 - Sonic - LYON

 

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Une petite visite au Sonic en ce Samedi soir pour le passage de Ryley Walker, venu défendre son nouvel album Golden Things that have been sung (1), dans la lignée du superbe Primrose Green de l’année dernière. J’arrive assez tôt, la péniche est déserte, ce qui me permet de me caller sur une des banquettes latérales qui offrent le peu de places assises de la salle. Entre la binouze à jeun, la fatigue de la journée et le balancement du bateau, je lutte un peu pour ne pas piquer du nez, et ce n’est pas  la première partie qui va me réveiller, bien au contraire. 

C’est en effet une énième chanteuse à guitare (blonde) qui s’amène sur la scène devant un maigre public, et qui enchaine des chansons folks dont on peut dire, comme souvent, qu’elles sont jolies mais sans grand intérêt. Il y a même pour moi comme défaut supplémentaire dans les compositions d’Itasca cette débauche de technique (à la limite de la guitare classique) qui embrouille les chansons et perd encore plus l’auditeur. La Joe Satriani de la guitare en bois ! Le dernier titre, plus simple, accroche un peu plus mais clôture ce genre de set dont il ne reste absolument rien une fois la dernière note évanouie. Je discute un moment avec Christophe, seul habitué de la bande à avoir fait le déplacement. Nous parlons jeu video, c’est assez marrant de voir que nous sommes tous les deux à la pointe de l’actualité puisqu’il vient de commencer Assassin’s Creed et moi de terminer Far Cry (la différence c’est que ses gamins sont assez grands pour se foutre de sa gueule…) 

 

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Ryley Walker s’installe tranquillement sur la petite scène avec son groupe : un guitariste, un batteur, un contrebassiste et un claviériste (pas besoin de détailler leur position, les 5 gars sont évidemment un peu les uns sur les autres…). Je ne vais pas vous refaire le coup de la confusion avec Kevin Morby, car leurs concerts ont été si différents que mon esprit a cette fois, définitivement je l’espère, dissocié les deux artistes. Ce qui est plus intéressant, c’est que ce concert a surtout été radicalement différent de celui que Ryley Walker avait donné en solo au Kraspek l’année dernière, alors que la setlist a été en bonne partie similaire. Nous avions eu droit à du pur folk, ce samedi soir c’était rock psyche à l’ancienne, et ce dès une introduction instrumentale assez longue, qui partant d’expérimentations jazzy bizarres a enflé jusqu’à finir en quasi Krautrock (Maxime en transe au premier rang). Pour avoir une idée de la musique proposée pendant tout le concert, il faut écouter le bonus du dernier album, le titre « Sullen Mind » intégré à une jam session de 40 mn, surtout la deuxième partie bien rock. Pour ce faire, Ryley Walker s’appuie sur un groupe très expérimenté, dont on retiendra surtout l’exceptionnel batteur, associant le toucher du jazz à la puissance du rock (les meilleurs batteurs rock viennent souvent du jazz). Certes, le format sera toujours à peu près le même : début du titre classique, puis montée en puissance et transition vers une partie instrumentale hypnotique et improvisée - Ryley Walker joue alors en général des choses assez simples et répétitives à la guitare, laissant son deuxième guitariste apporter les nuances avec ses solos variés, au profit du rôle de « chef d’orchestre ». Au bout d’un moment, le leader compte 4 temps et c’est un retour à la chanson initiale pour un dernier couplet refrain plus tranquille. 

On aurait pu s’irriter de cette systématique formule, mais c’est si terrible qu’au contraire on regrettera que les moreaux ne se prolongent pas davantage. Comme la setlist reprend en plus l’ensemble de mes chansons préférées, le concert s’approche de la perfection, d’autant que Ryley Walker est d’excellente humeur et balance entre chaque morceau des anecdotes hallucinées et/ou amusantes, relancé par un public bien communicatif. Parfait donc, s’il n’y avait eu cette maudite reprise de Van Morrison (3),  un « Fair Play » en version jazz sirupeux qui m’a bien emmerdé. Le groupe se rattrape avec un « Primrose Green » valant tous les Led Zep du monde, réussissant à sortir le grand guitariste affublé d’un bonnet de sa nonchalance  lors de ses solos endiablés.  Le groupe fait mine de sortir de scène mais devant les encouragements du public, et ne pouvant de toutes manières aller bien loin, il prolonge la soirée d’un bien bon « Summer Dress », toujours agrémenté d’une folle partie improvisée. 

Je n’ai pas trop de raison de rester, les potes ont filé,  j’ai les disques à la maison, et les musiciens sont déjà en grande  discussion avec des spectateurs qui parlent mieux anglais que moi. Et puis le compteur tourne : ce concert m’aura couté 5 fois plus en baby sitting qu’en prix de place. Aucun regret, le jeu en valait largement la chandelle….

  

Setlist: Intro - Funny Thing She Said - On the Banks of the Old Kishwaukee - Sullen Mind - The Roundabout - The Halfwit in Me - Fair Play – Primrose Green //  Summer Dress

 

(1)    ça me fait penser que je n’ai pas encore publié la chronique de ce disque rédigée il y a quelques temps

 

(2)    Où Thom remarquera que ce n’est pas Van Zandt. Je m’empresse d’ajouter que c’est un autre vieux que j’ai jamais écouté…

  

  

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19 novembre 2016

Kevin MORBY - Mercredi 16 Novembre 2016 - Epicerie Moderne - FEYZIN

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Retour avec grand plaisir à l’Epicerie Moderne qui a eu la bonne idée de programmer Ryley Walker Kevin Morby (1), auteur cette année d’un remarquable 3eme album, Singing Saw. Bien qu’il n’y ait pas l’affluence des grands soirs, je ne suis pas le seul à avoir craqué pour le classicisme élégant du Texan, on repère vite l’ensemble des vieux habitués des salles lyonnaises (ainsi qu’une bonne partie des équipes de l’Epicerie et du Marché Gare), ce qui nous assurera de sympathiques pauses boissons/discussions avant et après les concerts.  Au grand désespoir de Fred et Julien, c’est une nouvelle fois une chanteuse folk solo inconnue qui assurera la première partie. Ayant encore le cruel souvenir d’avoir sous-estimé Emma Ruth Rundle (je n’ai pas acheté son album après le concert de Wovenhand, alors qu’il s’est révélé excellent), je m’arrache du comptoir pour me placer devant la scène où le set a déjà commencé, bientôt rejoint par mes co-voitureurs Damien et La bUze.

 

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Dans la pénombre, assise sur un tabouret de bar, Meg Baird s’accorde longuement avant d’attaquer chacune de ses chansons, dans un silence à peine rompu par ses quelques bredouillements timides en guise d’explications. La voix est agréable, les arpèges bien exécutés, les compositions jolies mais rien ne vient différencier la blonde américaines de ses innombrables clones entrevues ces dernières années. On passe le temps agréablement sur des mélodies déjà entendues en observant la silhouette de la chanteuse dans la pénombre, l’éclairage dans son dos donnant à l’ensemble des airs de tableau du Caravage. Bref, aucun de nous n’a été spécialement touché par la prestation de Meg Baird.

 

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Le temps d’une bière et je retourne rapidement dans la salle pour être bien placé, ce qui n’est pas très difficile ce soir. J’assiste donc tranquillement à l’arrivée de Kevin Morby sur scène, accompagné de ses trois acolytes pour une formation rock classique. Non look total pour les musiciens, seul Morby est en costard gris et arbore une terrible cravate lacet dorée nouée par une énorme pierre bleutée du plus bel effet. Disons le tout de suite, j’ai adoré ce backing band, avec des musiciens ne payant pas de mine, sachant jouer avec application des parties extrêmement simples pendant de longues minutes mais capables l’air de rien de placer de fulgurants breaks, riffs ou solo au moment opportun. La technique sans le démonstratif, un must ! On pense par exemple aux roulements du batteur en final de « Singing Saw », au terrible doigté du bassiste sur « I Have Been to the Mountain », mais c’est bien la guitariste Meg Duffy qui sera la plus impressionnante tout le long du concert. Avec des sons variés et magnifiques, elle vient rehausser de nombreuses compos de ses solos souvent originaux et toujours maitrisés, venant parfois soutenir son leader par une seconde voix parfaite. Kevin Morby, outre son chant irréprochable, apporte la touche d’énergie au groupe, secouant sa chevelure emmêlée ou tressautant au rythme d’accords mesurés mais loin d’être mous du genou. Cela fait bien plaisir d’avoir un son clair sur chacun des instruments et limité en volume, qui permet d’apprécier à leur juste valeur des compositions pour la plupart captivantes (2).

 

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Pour compléter ce concert de grande classe, Kevin Morby, sans trop en faire, communiquera tranquillement et régulièrement avec un public assez calme et attentif. Au niveau setlist, Morby pioche dans chacun de ses trois disques (ainsi que des inédits et des reprises) avec évidemment priorité à Singing Saw dans ses meilleurs extraits, notamment un titre phare magistral. Il prolongera certains morceaux en développements énergiques avec beaucoup de réussite, en particulier « Destroyer » qui à la base n’est pas le plus enthousiasmant (il n’appliquera malheureusement pas ce principe au génial « I Have Been to the Mountain » qui aurait mérité de durer bien plus que les 3 minutes réglementaires de l’album). Je sais que j’avais écouté rapidement un des deux disques précédents, ce devait être le premier (Harlem River) puisque j’ai reconnu le paisible « Miles, Miles, Miles ». De Still Life j’ai beaucoup apprécié la ballade « All my Life », qui m’a donné envie d’écouter ce second album, dont deux autres extraits plus enlevés achèveront le rappel après une amusante reprise de presque Leonard Cohen, artiste comptant assurément parmi les influences de Kevin Morby. Finalement, le seul passage que j’ai trouvé un peu ennuyeux a été les deux titres où le groupe n’était pas au complet, l’inédit « Beautiful Strangers »  en duo avec la guitariste et la reprise de Townes Van Zandt (3) « No Place to Fall » en solo juste avant le rappel.

 

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Voulant éviter la mésaventure de la dernière fois où le marchandising affichait sold out, je me précipitais au stand pour acquérir le vinyle de Singing Saw que Kevin Morby ornera d’une signature et de dessins en remerciant professionnellement après chacune de mes phrases admiratives bien qu’il n’en comprit visiblement pas grand-chose (je crois que j’ai terriblement régressé en anglais à force d’utiliser google trad au boulot). Le reste de la soirée se passera agréablement au bar avec les potes, assez unanimes quant à la beauté du concert.

 

  

(1)    Je confonds constamment les deux, quand je ne me trompe pas avec Kurt Vile….

 

(2)    Ce concert sera à beaucoup d’égards l’antithèse complète de celui de Wovenhand

 

(3)    Artiste folk assez culte, repris sur scène par quantité d’artistes dont…. Ryley Walker

 

  

Setlist : Cut Me Down – Dorothy - Harlem River - All of My Life – Destroyer - I Have Been to the Mountain - Tiny Fires - Miles, Miles, Miles - Singing Saw - Black Flowers - Beautiful Strangers - No Place to Fall // Passing Through – Parade - The Ballad of Arlo Jones 

 

 

En bonus, deux photos prises par Rémi:

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10 novembre 2016

# 038 / 221

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Bien longtemps après le Vs croisé en cassette XIV, j’empruntais enfin le premier fait d’arme de Pearl Jam, Ten, album qui propulsa instantanément le groupe parmi les principaux représentants du grunge, au grand désarroi de critiques et de puristes qui, tel Kurt Cobain, le trouvaient trop gentil et le taxaient d’opportunisme. Des commentaires assez injustes à la réécoute de Ten, tant les thématiques sombres développées tout au long  de l’album sont incontestablement grunge (auto-dépréciation, déprime, suicide…) et la musique évoque d’autres grands noms du mouvement, Soundgarden et ses grosses guitares notamment.

Plus encore que lors de mes précédentes écoutes, je me redemande ce qui a fait que je ne sois jamais devenu un grand fan de Pearl Jam. Car enfin, voici un disque (dans sa version rééditée étendue avec trois titres supplémentaires) que j’avais enregistré intégralement (1), et qui ne comporte aucune mauvaise chanson, tout au plus quelques passages un peu moins marquants.

Première piste, le coté homogène et plombant du disque, un peu à la manière, mais dans une moindre mesure, des albums d’Alice in Chains, dont je reconnaissais la valeur mais que je trouvais à l’époque très durs à écouter. Le son est très dense et il y a peu de respirations sur Ten, mis à part le calme et bien nommé  « Oceans » ou l’unique ballade du disque qui avait déjà ma préférence (« Black », si on peut appeler respiration un titre qui parle de rupture amoureuse). Si on trouve de belles mélodies (le refrain de « Jeremy »), c’est le côté énergique et rock qui est majoritaire sur Ten, bref, il manquait sans doute les écarts émotionnels du rock alternatif pour m’accrocher complètement.

Deuxième idée, le fait que Ten intervienne tardivement sur ces cassettes. L’album est sorti en 1991, au tout début du grunge, avec encore une grosse mise en avant des guitares et un côté hard rock qu’on peut retrouver dans certains solos démonstratifs (celui du tube « Alive » notamment). Or ces cassettes datent de 1997, où la transition avec le rock indé s'est déjà opérée chez moi : Cat Power, Kristin Hersh, Sparklehorse vont très prochainement débarquer sur les cassettes au détriment des groupes de punk ou de hard qui n’y apparaissent plus que sporadiquement. J’étais sans doute déjà partiellement passé à autre chose.

Enfin, après les Smashing Pumpkins, je me découvrais un autre groupe majeur (Radiohead), et les finances et le temps n’étant pas extensibles, il fallait bien faire le tri dans les groupes.

Bref, malgré des tubes aussi porteurs que « Alive », « Jeremy » ou « Deep », Ten ne figurera jamais dans mes albums fétiches. Pearl Jam n’a cependant pas dit son dernier mot, et reviendra prochainement avec un album qui, pour le coup, me marquera durablement. De quoi me faire suivre, année après année, les parutions du groupe, qu’on retrouvera donc à intervalles réguliers dans cette rubrique. 

 

(1)  Je devais commencer à avoir un peu plus de moyens, car c’est de plus en plus fréquent sur les cassettes à venir.

 

 

 

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Vous avez un(e) EX ? J’ai dans l’idée que tout le monde a un(e) EX, mais peut-être pas finalement… en tout cas moi j’ai une EX. Si j’en parle là, c’est qu’avec mon EX on avait deux EP fétiches : celui de 1979 des Pumpkins et (surtout) celui de Creep, que voici donc sur cette cassette (pas très original, sans doute). Ce qui veut dire qu’elle m’avait prêté son CD pour que je l’enregistre, ce qui veut sans doute dire que la plus longue et laborieuse drague du monde devait s’être achevé (sur son initiative, évidement), par un baiser fougueux après un mythique concert de Radiohead au Dôme le 21 octobre 1997. Il y aurait beaucoup à dire sur cette histoire (il me semble que la dernière fois que j’ai vu mon EX, qui était déjà mon EX depuis bien longtemps, c’était à l’occasion d’un concert de Radiohead aux Eurockéennes) mais parlons plutôt musique, d’autant plus qu’on ne croisera sur cette cassette que très rarement les Oxfordiens (pas d’emprunts, que des achats de CDs directs dorénavant). Trois titres donc, dont le fameux tube en version acoustique interprété par Thom Yorke seul, ce qui suffit amplement. Les deux autres sont assez représentatifs de Pablo Honey, dans ses qualités comme ses défauts ; « Yes I Am » est plutôt bien avec ce mélange de chant mélancolique et de guitares tour à tour mélodiques et lourdes (avec un bon vieux solo comme Radiohead n’en fait plus). « Inside my Head » est en revanche passable, un pop rock énervé basique, au manque de personnalité flagrant (je suis nul en Rock anglais, mais pas besoin de reconnaitre les influences pour les sentir très fort). Radiohead est un groupe qui se cherche encore, mais qui bientôt trouvera sa voie et en explorera beaucoup d’autres (jusqu’à être aujourd’hui une véritable référence). Pas comme un certain couple….

 

 

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Vous vous souvenez du binoclard propre sur lui qui m’avait imposé prêté un Infectious Grooves en cassette 034 ? Je soupçonne fortement que ce soit le même zouave qui m’ait refilé l’une des plus grandes calamités de la musique moderne : Dream Theater. Remarquez l’anonymat sur la jaquette de la cassette : pas de nom d’album (1), pas de nom de chanson, un truc neutre, à l’image de mon ressenti en l’écoutant. Si on veut être honnête, (et si l’on exclue les nombreuses ballades, qui sont insupportables), l’écoute se passe tranquillement : le son n’est pas agressif, les diverses parties instrumentales sont bien exécutées, rien de choquant. Mis à part l’inintérêt total, complet, absolu de cette musique. C’est bien simple, même les comptines passées à mes enfants pour les endormir me procurent plus d’émotion…

 

(1)  Ce devait être Falling into Infinity, si j’en juge par les paroles « Take away my Pain ». en plus l’année correspond.

 

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02 novembre 2016

Les Propositions d'HELLO DARKNESS #32 (Octobre 2016)

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PIXIES - Head Carrier

 

En écoute: DEEZER

Proposé par Xavier.

Mon avis:

Avec Indie Cindy, les Pixies avaient fait le plus dur : franchir le pas, oser affronter le culte qui les entoure et proposer des nouvelles chansons, quitte à faire hurler à la trahison les tenants du c’était mieux avant et autres adorateurs des discographies soit disant parfaites. Au final, un album inégal contenant des chansons géniales et d’autres vite oubliées, mais peu de passages vraiment mauvais. Soit donc un album des Pixies. Deux ans après, on pourrait dire la même chose de Head Carrier et s’en tenir là, mais l’album mérite qu’on s’y attarde un peu plus (au moins nous épargnerons nous de contrer les arguments fallacieux des détracteurs de cette seconde carrière, ces derniers s’étant enfin résigné à abandonner l’idée d’un nouveau Doolittle et ayant consacré leur fiel à un autre vieux groupe incapable de les faire rajeunir). 

 

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La première constatation, c’est que les Pixies ont gommé le plus gros défaut d’Indie Cindy en  accordant enfin la place qu’elle mérite à Paz Lenchantin (pas au point toutefois de la laisser s’asseoir sur le canapé avec les trois membres masculins originels du groupe).  Plaisanterie à part, la basse reprend enfin ses droits, les secondes voix féminines sont légion, et comme Joey Santiago semble avoir complètement retrouvé son jeu de guitare saturé minimaliste et distordu, on est en présence d’un disque au son diablement Pixiesien. Le gros paradoxe, c’est qu’à l’exception de quelques titres (le tonitruant « Um Chagga Lagga », d’ores et déjà un classique du groupe), les compositions ne ressemblent pas trop au Pixies historique. Tout se passe comme si, en tentant de faire plus Pixies que jamais, le groupe s’en éloignait d’autant - un bon exemple en est « All i think about now » et ses arpèges lorgnant désespérément vers le tube tardif (1) « Where is my Mind ? » tout en ressemblant à la chanson d’un autre groupe. Et c’est tant mieux ! « All i think about now » est une bonne compo, et Head Carrier un bon album. 

La grosse surprise, c’est que « All i think about now » est chantée par Paz Lenchantin (2). La bassiste a si bien fait sa place au sein du groupe qu’elle en a imprimé sa marque, donnant un côté pop à de nombreux titres, « Tenement Song » ayant même, c’est un comble, une touche Breeders. Parallèlement, Head Carrier propose aussi bien de sympathiques ballades assez inédites chez les Pixies (« Might as well be gone », « all the Saints »), que le retour du Frank Black hurlant (excellent « Baal’s Back ») ou des morceaux dansants entendus sur Trompe le Monde ou Teenager of the Year (« Plaster of Paris »). Le plus gros défaut du disque est, à mon sens, de débuter par (et de se nommer comme) son titre le plus faible, « Head Carrier », évoquant un Frank Black solo peu inspiré (3). Pas de quoi plomber un album qu’on aura plaisir, à l’instar de son prédécesseur, à poser régulièrement sur sa platine, en attendant tranquillement la suite des aventures des Pixies.  

 

(1)   Posthume ? Pré-revival ? comment qualifier une chanson qui devient un tube après la mort d’un groupe mais avant sa reformation ? 

(2)   A lire dans Noise une interview de la bassiste très instructive, notamment sur la composition de ce titre dédié à Kim Deal ! 

(3)   J’ai d’ailleurs trouvé sur Head Carrier (surtout première moitié) beaucoup plus de compos style Frank Black solo que sur Indie cindy (à l’inverse des autres chroniqueurs), sans que cela ne me déplaise la plupart du temps.

 

 

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En écoute: DEEZER

Proposé par Xavier.

Mon avis

Lorsque j’ai découvert Yann Tiersen, l’une des choses qui m’a le plus attiré dans sa musique est les petites pièces pour piano parsemant ses premiers disques. Souvent intitulées Prière ou Comptine, ces courts instrumentaux ne faisaient que renforcer mon attrait pour ce qui sans doute mon instrument préféré, bien qu’on ne puisse le deviner qu’en filigrane en observant mes étagères à CD. En explorant d’autres territoires musicaux, toujours passionnants, Tiersen a abandonné progressivement la publication de ces titres, même si l’on devinait (notamment par des videos publiées lors de ses tournées à vélo) qu’il prenait toujours plaisir à réinterpréter ses chansons récentes en pianiste soliste. Ce fut donc une belle surprise d’apprendre la sortie d’un disque complet du genre, le premier pour Tiersen.  

Eusa, nom breton d’Ouessant où habite Yann Tiersen, a été imaginé comme une carte musicale de l’ile. Chaque titre fait référence à un lieu précis d’Ouessant, l‘auditeur passant de l’un à l’autre en parcourant des chansons intitulées Hent (qui veut évidemment dire chemin). Ces Hent sont des simili improvisations, souvent lentes et décousues et parfois émaillées de bruits marins ou de cris d’oiseaux. Ils recréent à merveille l’impression d’une promenade tranquille, nez au vent et pensées en liberté. Les « vrais » morceaux sont plus construits, on y retrouve facilement la patte de Tiersen, jusqu’à parfois évoquer furieusement certains de ses anciens titres. Pas grave, c’est avec plaisir qu’on se laisse emporter par des compositions toujours aussi jolies, et dotées, d’une ambiance marquée (plus ou moins mélancolique, plus ou moins guillerette), de la même manière, on l'imagine, que les endroits qu’elles illustrent. Eusa est une grande réussite, gardant tel une ile son identité forte mais réussissant à évoquer divers points de vue suivant l’endroit où l’on s’est rendu. C’est surtout un grand bol d’air, une respiration bienvenue, une invitation au rêve pour l’auditeur citadin à la vie trépidante et aux écoutes souvent bruyantes.  

Seul regret, l’artwork. Certes, ce minimalisme extrême représente bien celui de la musique proposée, mais j’aurai aimé une carte (surtout que j’adore la cartographie) identifiant les lieux mis en musique, retraçant un parcours,  et des photos de paysages qu’on imagine magnifiques. Il y avait matière à faire un superbe objet. A priori cela a été réservé aux pianistes ayant acquis le livre de partitions. Dommage…. 

 

 

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NOTS - Cosmetic

 

 

En écoute: DEEZER 

Proposé par Xavier. 

Mon avis

Vues au Tinals en Juin, les quatre jeunes filles de Nots avaient livré un concert suffisamment détonnant pour me donner envie d’écouter leur album. Cosmetic, c’est du punk, par le son cradingue et quelques brulots expédiés en moins de deux minutes (« Rat King », « No Novelty »). Cosmetic, c’est du post punk, par l’importance accordée à l’excellente bassiste dès l’entame du disque (et les rythmiques à la Joy Division, sur « Cold Line » par exemple). Cosmetic, c’est évidemment l'oeuvre d'un rrriot girls band dans l’intention et la tonalité, même si la chanteuse manque un poil de coffre. Tout ceci et un peu plus, dans des extraits moins rapides ou aux constructions plus complexes (« Cosmetic »). Nots, en mode DIY, sans se soucier de l’histoire, balance un disque enthousiasmant et reprend un flambeau un peu délaissé ces derniers temps (à moins que je ne sois dépassé, ce qui est possible…)  

 

 

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24 octobre 2016

LED ZEPPELIN - III

Salut les jeunes, après avoir révélé (il y a très longtemps) les secrets de la pochette vinyle de In Through the Out Door, abordons un classique du même groupe bien connu des amateurs d'ArtWorks originaux: Led Zeppelin III. 

 

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Voici le Vinyle une fois ouvert. Bon, le style de l'artwork en lui même n'est vraiment pas terrible, mais là n'est pas l'important. La partie droite est une pochette normale, qui contient le vinyle. La partie gauche, quand à elle, contient une roue cartonné rivetée au centre de la pochette. Une encoche (voir l'extreme gauche de la photo) a été pratiquée pour faire tourner la roue entre les deux parties de la pochette gauche. Coté intérieur, cela n'a pas d'incidence, en revanche pleins de petites ouvertures circulaires sont percées sur le recto de la pochette. En tournant la roue, on fait défiler différentes images par les ouvertures, ce qui donne une immense variété de versions... J'ai arrété la roue à quatres moments stratégiques, ceux où l'ont voit le visage de chacun des membres du groupe dans la plus grande ouverture. Voici le résultat:

 

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Voilà, il reste plus qu'à jouer au jeu des différences... Un petit zoom sur nos quatre larrons:

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La fameuse Roue, planquée (et fixée) dans la pochette (attention ca pique les yeux):

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 Un principe assez bateau finalement, mais plutôt Fun, qu'on retrouve assez peu (j'ai en tete un CD de Fuck l'utilisant, mais en très simplifié).

Pour finir, le verso du disque:

 

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Plus élégant que le recto, c'est sans doute pour cela que certains pays (comme la France) l'ont utilisé comme artwork original, avec un seul volet. Beaucoup moins drôle quand même, on ne saurait donc trop conseiller la pochette avec la roue qui tourne. Quant au CD, nul besoin de le mentionner mes chers petits, mais vous le saviez déjà...

 

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18 octobre 2016

WOVENHAND - Samedi 15 Octobre 2016 - Epicerie Moderne - FEYZIN

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Depuis la première fois où je l’ai vu (en 2009, au même endroit), j’ai pris l’habitude de surnommer David Eugene Edwards DiEU. Mais aujourd’hui, j’avoue que j’ai un peu perdu la foi. A partir de the Threshingfloor (2010), les disques de Wovenhand m’ont de plus en plus déçu : j’avais écrit une critique assez sévère sur le suivant, the Laughing Stalk, au changement de line up amorçant un virage plus rock, voire bruitiste. Ce disque était pourtant supérieur à Refractory Obdurate  (2014) que je n’ai tellement pas écouté que j’en avais même oublié l’existence. Au bénéfice du doute, j’en attribue plus la raison à une certaine lassitude de ma part et redondance de la part de DiEU plutôt qu’à la qualité intrinsèque de l’album. Doute que je n’accorde plus à Star Treatment, sorti cette année : sans inspiration, remâchant les mêmes gimmicks que sur les précédents opus, sans titre vraiment porteur, cet album est pour moi la première vraie chute de DiEU, avant une hypothétique résurrection (l’espérance est la première vertu des croyants).

 

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Dès lors, pourquoi venir une cinquième fois à la Cérémonie, et ce d’autant plus qu’il n’y a vraiment que la première fois qui m’avait entièrement renversé ? Tout simplement de longs mois d’abstinence, un concert le samedi soir, et des potes présents en bon nombre, de quoi passer une bonne soirée, surtout que, n’exagérons pas, les concerts de Wovenhand sont toujours intéressants à voir (1). Trajet en Buzemobile jusqu’à l’Epicerie Moderne, et Rémi et moi retrouvons de nombreux habitués des lieux. Le temps d’une binouze, puis nous rentrons dans la salle où patientent déjà Julien et Fred. Ces joyeux parents (avec qui je partage régulièrement les anecdotes les plus croustillantes dont nous affublent nos délicieux rejetons respectifs) ne tiendront pas bien longtemps devant la première partie, Emma Ruth Rundle, une chanteuse folk solitaire à la mine et la tenue bien sombre. Je suis de mon côté assez attiré, la demoiselle évoquant plus les écorchées Shannon Wright ou (surtout) Kristin Hersh que les gentilles romantiques éplorées un peu trop vu ces dernières années. Il manque encore un peu de charisme ou de titres vraiment bouleversants pour m’accrocher complètement (en plus, je n’écoute plus du tout ce style en ce moment), mais j’achèterai peut être Marked for Death, sorti cette année, si les écoutes se révèlent convaincantes. 

Je ne vais pas m’étendre plus que ça sur le concert de Wovenhand, étant donné que les quatre précédents sont chroniqués sur ce blog et qu’il n’y a pas grand-chose de plus à dire que sur leur précédent passage à l’Epicerie Moderne il y a deux ans.  Le groupe a encore accueilli un membre supplémentaire (originalement trio, ils sont maintenant cinq sur scène), un claviériste discret en arrière-plan, le reste du groupe étant identique. Pas grand-chose à dire sur le bassiste, efficace mais dont le jeu ne sera identifiable que dans les moments les plus répétitifs. Ordy Garrison est toujours incroyable à la batterie, avec un jeu mélangeant batterie et percussion - toutes ses croches sont faites au pied sur le charley, ce qui lui laisse les deux mains libres pour mitrailler des toms aux sons assez secs – que je ne me lasse pas d’observer et qui participe tant au côté chamanique des chansons du groupe. Gregory Garcia  a encore pris de l’ampleur, placé à la droite de DiEU (du point de vue du spectateur), jeu de guitare puissant et secondes voix que j’ai bien apprécié (il prend même à quelques reprises le chant principal). Et David égal à lui-même, avec ses transes et ses déplacements si fascinants la première fois qu’on les voit, mais que je remarque à peine aujourd’hui. D’un point de vue technique c’est évidemment impeccable, d’un point de vue son c’est comme d’habitude assez discutable. Une grosse impression de puissance qui est assez plaisante, mais un recours systématique aux reverbs sur les guitares et à l’echo sur le chant qui finissent par aplanir toute nuance et à transformer  le concert en unique morceau hypnotique dont il est difficile de ne pas se lasser au bout d’un certain temps.

 

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Coté setlist, le concert a été partagé presque exclusivement entre les deux derniers disques (Star Treatment joué quasi intégralement), aucun titre n’étant antérieur à 2012. J’ai plutôt apprécié les deux premiers tiers du set, avec quelques passages vraiment très forts (« Maize », « the Quiver », le final de « Salome »…) ce qui est déjà plus, autant que je m’en souvienne, que la dernière fois. En revanche l’enchainement de quatre morceaux assez plats de Star Treatment en dernier tiers m’a fatigué, avant un « El-Bow » final noisy à souhait où DiEU a laissé ses musiciens se lâcher un bon moment pour mon plus grand plaisir. Le rappel a été tranchant, achevant de ruiner ce qui restait des oreilles des spectateurs, avec le traditionnel « King O King » (l’un de mes passages préféré du concert, même si prévisible) et le puissant « Come Brave » premier et sans doute meilleur titre du dernier album. 

Un concert sans surprise donc, avec son lot de bons moments, ses musiciens brillants et son DiEU qui, même descendu de son piédestal, est toujours impressionnant. N’attendant rien de spécial de la soirée, elle ne m’a pas déçue, au contraire puisque j’ai pu la prolonger avec mes potes au bar, Julien et Fred, les veinards, s’étant débarrassés de leur progéniture pour le week end et n’étant donc pas stressé par une quelconque nounou ou la perspective d’un réveil matinal. De quoi me consoler d’avoir loupé le splendide T-Shirt de Wovenhand (Sold Out !) que j’avais repéré à défaut d’un vinyle de Star Treatment que je laisse aux fans ultimes…. 

 

(1)  Sauf celui, assez particulier, aux Eurockéennes…

 

Setlist : The Hired Hand – Hiss – Maize – Crystal Palace – Corsicana Clip – the Refractory – Obdurate Obscura – the Quiver – Swaying Reed – Salome – All your Waves – Crook and Flail – Five by Five – Low Twelve – El Bow // King O King – Come Brave 

 

 

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16 octobre 2016

# 037 / 221

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J’en ai déjà parlé sur ce blog, notamment sur cet article consacré aux Smashing Pumpkins : j’ai pendant quelques années (de 16 à 21 ans environ) fait des convois humanitaires en Roumanie, avec une Association qui au départ fut créée à l’Aumônerie de mon Lycée au moment où j’y étais. Le but initial était d’amener de la nourriture, des médicaments et du matériel divers pour les enfants des orphelinats Roumains, les fameux Casa de Copii, conséquences malheureuses de la politique démographique totalitaire de Ceausescu. Les premiers convois, baptisés Noroc (Chance ou Tchin-Tchin en Roumain) sont partis dès la fin du régime Communiste et la mort de Ceausescu (1989), ma première participation fut pour Noroc VI en Hiver 1992.

Je nourris des sentiments ambivalents pour cette période, qui ne fut vraiment pas la meilleure de ma vie mais dont la meilleure partie fut justement ces échappées à l’incroyable parfum d’aventure. Le groupe était formé de quelques adultes responsables, de jeunes adultes soit disant encadrants (certains avaient le permis, mais ils n’avaient que 2-3 ans de plus que moi) et d’ados de mon âge. On partait plus ou moins à l’arrache, dans des véhicules 9 places (type Combi Volswagen), accompagnés d’un Poids Lourd au chauffeur haut en couleur, et on communiquait par CiBi en traversant l’Europe. Départ Marseille, traversée de l’Italie, l’Autriche, la Hongrie (et ses épisodes fameux avec les douaniers) puis arrivée dans la région de Satu Mare. Tous les sentiments possibles, joyeux ou tristes, agréables ou honteux, je ne les ai jamais éprouvés aussi fortement qu’à ces moments-là, amplifiés tant par mon âge que par le contexte si particulier.  Des impressions auxquelles je n’ai pas trop envie de me frotter, même en souvenir, mais que je regrette aussi un peu.

 

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En 1998, je fais plutôt partie des anciens du groupe. Les convois ont un peu changé de forme, le matériel est devenu moins important au profit d’animations toujours plus sophistiquées, organisation de pièces de théâtre ou de camps sous tente pour les enfants. Un peu de réalisme aussi, qui vient noircir le tableau de ces bons sentiments humanitaires qui nous animaient au début, ce qui amènera bientôt le groupe initial à ne plus participer aux Noroc. Mais nous nous voyons encore  énormément à Marseille pour financer les convois, faire la fête ou se rappeler les bons souvenirs. Cette année-là sort le Film Gadjo Dilo de Tony Gatlif, qui va rencontrer un écho particulier dans notre Association, en raison de la quête du héros (et aussi parce que celui-ci est interprété par Romain Duris et que toutes les filles sont amoureuses de lui). Soit donc l’épopée d’un jeune français débarqué en Roumanie sans aucune préparation, pour retrouver Nora Luca, chanteuse enregistrée sur une vieille cassette ayant appartenu à son père décédé. Il tombera progressivement amoureux des Tziganes rencontrés par hasard; Fête, Alcool, Tragédie, Amour bien sûr, Liberté toujours, tout ce qu’on avait vécu ensemble dans une ambiance parfois similaire. Et la musique, évidemment…

 

Je ne sais plus qui avait eu la gentillesse de me copier la bande originale de ce film fédérateur, dont je ne me souviens que de quelques scènes (dont évidement celle, torride, entre Romain Duris et Rona Hartner, illustrée ici par une photo encore sage). Celle-ci débute sur « Nora Luca », le titre enregistré dont le héros cherche l’interprète, qui est une complainte au violon et piano brinquebalants sur laquelle une chanteuse traditionnelle vient poser une voix geignarde difficile à supporter. C’est l’un des rares morceaux tristes de la BO, constituée majoritairement de titres festifs (instrumentaux ou chantés) très rapides convoquant les instruments traditionnels de la musique des Balkans, violon, accordéon, contrebasse, clarinette, percussions et j’en oublie. Le chant s’approche parfois des intonations du Maghreb,  ou évoque à d’autres moments le Flamenco gitan. Des mélodies présentées peu m’étaient restées en mémoire, parmi lesquelles un « Cabaret » au titre parlant de lui-même (dans mon souvenir il illustre une séquence de fête particulièrement arrosée où Romain Duris finit par casser de la vaisselle en beuglant). Mais la chanson dont je me souvenais le plus, et qui reste ma préférée à la réécoute, c’est « Disparaitra », basée uniquement sur des percussions hypnotiques (avec quelques passages d’accordéon) et la voix de l’actrice principale déclamant un texte dont chaque mot est cité quatre fois de suite dans une langue différente (français, roumain, anglais et allemand). On retrouve dans cette voix à la fois douce et déterminée l’étrange fascination éprouvée à l’égard de Rona Hartner, pas la plus jolie des actrices, mais qui incarnait à merveille dans Gadjo Dilo le caractère passionné et libre des étrangères pour lesquelles on se brulerait bien un peu.

 

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Une version a capella de la désolée « Nora Luca », et il est temps de refermer la boite à souvenirs. Un jour, peut-être, éprouverais je le besoin de retourner sur le terrain de ces aventures passées (1), ou au moins comme touriste dans un pays qui n’a aujourd’hui plus grand-chose à voir avec celui que j’ai connu. A moins qu’un de mes enfants, en lisant cette chronique, ou en retrouvant par hasard la cassette 037…. 

 

(1)  Comme certains amis du groupe avec qui je perds contact régulièrement avant, toujours, de les retrouver pour telle ou telle occasion. Toujours cette ambivalence…

 

 

 

 

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Bon, finalement on prolonge un peu la séquence souvenirs. A la suite de la BO de Gadjo Dilo, j’avais conservé la bande sonore de la traditionnelle projection Diapo du camp d’été qu’on organisait à la rentrée pour les parents de mes petits Louveteaux. Oui, parce que si au mois d’Aout j’étais en Roumanie à faire de l’humanitaire, en Juillet j’étais chef Scout de France pour les 8-12 ans (j’étais donc bénévole tout au long de l’année et pendant une grosse partie de mes vacances, ce qui explique en partie pourquoi j’étais perpétuellement fauché). Il me semble que c’était mon quatrième et dernier camp avec les petits, où l’on avait choisi un thème relativement bateau genre Asterix. Pas comme la fois où j’avais fait un camp de deux semaines avec les minots sur le thème de It (le bouquin de Stephen King), où chaque chefs incarnait l’un des héros revenus se venger de Ca et où on entrainait la troupe à la recherche du Clown Tueur. Le bilan avait était relativement positif, la plupart des gosses ayant plongé dans l’imaginaire comme jamais, sauf pour les quelques-uns qui s’étaient inscrits chez le psy le plus proche la rentrée suivante. Putain quand je pense aux conneries que j’ai faites, je ne proposerai jamais le scoutisme à mes enfants…

 

Bref, l’enchainement des chansons (des extraits hein, le truc doit durer dix minutes en tout) était le suivant : « With a Little Help from my Friends » des Beatles, on voit bien l’installation du camp là. Après « Homeless Child »  de Ben Harper et son incroyable intro pour mettre du dynamisme. Enchainement pas évident avec « I Will Survive » et « On s’ra les Champions » (de Club Champion, avec un featuring vocal de Thierry Roland) où l’on devait montrer des diapos des petits maquillés en bleu blanc rouge. Oui, je sais pas où vous étiez lors de cette soirée historique où la France a gagné la Coupe du Monde, mais moi j’étais avec 30 gamins devant le mur blanc de la salle des Fêtes de Saint Pacouli les Olivettes. Enfin, plus exactement, j’étais dans le fond de la salle des fêtes avec une cheftaine. Parce que si pour vous le 12 Juillet 1998 correspond au jour où l’Equipe de France a gagné l’unique étoile de son maillot, pour moi c’est le jour où j’ai profité que les mioches étaient enfin occupés ailleurs pour me taper Madeleine (ouais, alors elle était vachement plus jolie que son prénom). Il faut bien que le bénévolat ait quelques avantages… Bon, cet épisode n’étant pas présenté aux parents dans la soirée diapo, hop on passe au son du dynamique « They’re Red Hot » des Red Hot Chili Peppers  qui devait illustrer les photos marrantes, et final sur les inévitables Smashing Pumpkins avec la berceuse « Goodnight and Farewell » (pour les veillées au coin du feu j’imagine). Finalement cette bande sonore était plutôt bien vue, j’en avais fait d’autres avec du punk et des machins improbables qui n’avaient pas forcément été du gout des habitués du groupe Sainte Anne… 

 

 

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Allez, deux derniers titres, et pas des moindres, puisqu’il s’agit tout bonnement de mes deux premières compos enregistrées, il y a donc presque 20 ans (avec un lecteur enregistreur cassette, je vous dis pas le souffle). La première s’appelle « Aniko », surement en référence à la compilation 4AD Anakin sur laquelle j’avais notamment découvert Kristin Hersh. Je dis ça parce que bien que le Hips and Makers n’apparaisse bizarrement qu’en cassette 043, « Aniko » était enregistré à la guitare classique avec en fond sonore deux chansons passées simultanément, « Me and My Charms » de Kristin Hersh et « Nora Luca » que vous connaissez maintenant. Entre le mélange des deux chansons et le souffle, faut vraiment tendre l’oreille pour capter les arpèges d’intro. Ensuite ça passe en accord, accélération, puis retour au calme avec variation de volume des différentes pistes (je devais me déplacer d’une pièce à l’autre). C’est du post-rock-low-fi, vachement précurseur ! Pas mal mais trop long et trop bordélique. La deuxième compo, dont je me souvenais un peu, s’appelle « Invisible Locomotive » et était un autre instru joué à fond sur ma Yamaha Pacifica et mon petit ampli Marshall. Une sorte de grunge répétitif à la rythmique pas inintéressante, m’enfin, du grunge sans paroles ca gonfle vite…  Faudrait peut-être pas que je garde la cassette, si Hello Darkness devient célèbre et que je meurs on pourrait exhumer ces conneries pour faire du fric. En même temps si j’étais le futur Kurt Cobain ça se saurait (un Kurt de 40 ans, pfffffffff….)

 

 

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09 octobre 2016

# 036 / 221

 

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Le Velvet Underground est le groupe pour lequel l’adjectif culte a été inventé. Cité en référence par quantité d’artistes, notamment la scène punk dont j’étais féru, il était normal que je m’y intéresse assez rapidement. Cela dit, le Velvet Underground est aussi un des exemples les plus frappants de « groupe que je devrais aimer mais en fait non ». Bizarrement à la fois trop sage et trop expérimental, le groupe de Lou Reed ne m’a marqué, malgré d’incessantes tentatives, que par le premier de leurs disques qui me soit tombé entre les oreilles, Loaded, ce qui constitue probablement une preuve supplémentaire que je ne goute décidément pas aux mythiques New Yorkais. Loaded est en effet le dernier album (1) d’un groupe au bord de l’explosion, dont le leader claquera la porte avant même la parution officielle et qui sera (cause autant que conséquence de ladite sortie) très largement phagocyté par Doug Yule, remplaçant du membre originel John Cale. Multi instrumentiste de talent doté d’un caractère affirmé, c’est donc assez logiquement qu’il s’impose à longueur de piste sur Loaded, d’autant que Lou Reed est un peu fatigué par une gigantesque tournée (pendant laquelle il ne devait pas carburer qu’à l’eau claire). 

En plus d’avoir été plus ou moins renié par le père fondateur du Velvet, Loaded est (volontairement) beaucoup plus classique et accessible que ses prédécesseurs, ce qui en fait le parent pauvre de la discographie du groupe aux yeux des fans de la première heure (très peu nombreux, selon la légende), mais un chef d’œuvre à mes oreilles (je l’avais d’ailleurs enregistré en intégralité, ce qui, les quelques habitués de cette rubrique le savent, était rarissime à l’époque). Gorgé de morceaux d’une simplicité et d’une efficacité incroyable, Loaded revisite en 10 titres l’histoire du rock, touchant sans en avoir l’air à la pop, rock n roll, blues, gospel et profitant d’un chant optimal et d’une redoutable guitare solo, si mesurée qu’elle en devient presque frustrante. Autre grande qualité de Loaded, c’est le remplacement de Moe Tucker (dont le jeu n’est sans doute pas étranger à ma désaffection pour le Velvet) par de vrais batteurs achevant de donner aux titres du disque des allures de grands classiques. Outre la très connue « Sweet Jane », quintessence de la chanson grandiose tenant sur quelques accords (Charles Thompson IV prend des notes), notons « Who Loves the Sun » morceaux de pop parfaite en ouverture, la mélancolie de « New Age », un « Train Round the Bend » évoquant Creedence au meilleur de sa forme et le flamboyant blues final « Oh ! Sweet Nuthin’ » contenant l’un de mes solos de guitare favoris. 

Si j’ai depuis accroché à d’autres chansons du Velvet ou de Lou Reed en solo, pas un seul de ces albums n’est arrivé à la cheville de Loaded dans mon panthéon personnel… 

 

(1)  Squeeze ne compte évidemment pas

 

 

 

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On l’a vu avec le Velvet Underground, il y a toujours un moment où les vieux fans s’éloignent de leur groupe fétiche, moment qui correspond plus ou moins à l’ascension dudit groupe dans les tops vente et son appropriation par, horreur, le grand public. Pour Noir Désir, certains avaient déjà tiqué avec Tostaky et son immanquable tube du même nom, mais la fracture s’est définitivement faite sur 666.667 Club et sa cohorte de singles radiodiffusés. Pile entre la parution de ces deux albums était sorti un fameux double live intitulé Dies Irae, qui fut mon premier vrai contact avec le fer de lance du rock français (1). 

Elle s’appelait Caroline, c’était une jolie petite blonde qui sortait de longue date avec un rugbyman géant prénommé Fred, l’un des 15 gars de mon groupe de TD qui m’avait adopté malgré mes évidentes lacunes sociales. Pourquoi elle sortait avec ce gros macho lourdingue de Fred, voilà un mystère de l’existence que je ne résoudrais que bien des années plus tard. Mais l’essentiel était cet autre mystère qui consistait à voir ce couple trop cool me considérer comme sinon un ami, du moins un gars assez proche pour l’inviter régulièrement dans la chambrette estudiantine de Caro. Donc cette fois-là, nous voilà tous les trois à boire une bière en discutant et en écoutant Dies Irae. Le début de l’album est vraiment convainquant, mais un incident va m’empêcher d’en apprécier le reste : la rencontre avec mon premier joint va rapidement me projeter à plat dos dans le couloir, suffocant et le cœur au bord des lèvres, sous le regard hilare de mes deux compagnons et celui interloqué des demoiselles regagnant leur logis dans cette aile féminine de la Cité U (c’est pas encore cette fois que j’avais gagné des points…). 

Inutile de dire que ce fut mon unique expérience avec la cigarette qui fait rire, en revanche je décidais de m’intéresser à Noir Désir, mais l’histoire me devança : 666.667 Club fut le succès qu’on sait et si je temporisais quelque peu devant cette déferlante, c’est bien par cet album que j’entamai ma découverte du groupe. Je l’enregistrai quasiment intégralement, mis à part trois morceaux dont je ne me souviens plus du tout d’ailleurs. Si l’on exclue l’instrumental introductif assez expérimental (avec de la bombarde, notamment) qui préfigure le futur Noir Désir (qui ne verra que partiellement le jour pour les raisons que l’on connait), les compositions restent assez classiques pour le groupe, mais avec un son relativement plus sage et des arrangements moins bruts, caractéristiques qui provoqueront donc le scepticisme de certains habitués des Bordelais. C’est vrai que malgré des titres faussement bravaches comme « Fin de Siècle », il n’y a véritablement que le punkoide « Comme elle Vient » (l’un de mes Noir Dez préféré) qui soit sur un tempo très soutenu. Qu’importe, le groupe a toujours particulièrement brillé sur ses ballades, et il en est deux superbes ici, « A ton Etoile » (trois accords) et surtout « Septembre, en Attendant », chanson hypnotique et tendue dans les meilleures produites par le groupe. 

Coté textes, on retrouve la plume particulière et inimitable (inégalée ?) de Cantat, cette manière d’être direct tout en conservant une part de mystère,  d’évoquer un thème par images et expressions détournées qui est si rare chez les compositeurs français - les textes de Noir Désir sont d’ailleurs bien meilleurs en français qu’en anglais, particulièrement sur cet album, et vont jusqu’à sauver quelques titres, comme l’irritant « L’homme Pressé ». La peinture de cette fin de siècle, malgré quelques piques politiques faciles, est assez brillante et sonne aujourd’hui comme un curieux mélange de nostalgie et de mauvais augure, le siècle suivant ayant commencé un certain 11 Septembre 2001, qui fut aussi la date de sortie du successeur de 666.667 Club. Des Visages des Figures, dernier album de Noir Desir et de très loin mon favori (2). 

 

(1)  Ce qui montre bien les lacunes énormes que j’avais en cette année 1995

 

(2)  En fait, j’aime aussi beaucoup l’album de remixes…

 

 

 

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N’est-ce pas amusant de voir succéder au plus célèbre groupe de rock français  ce bon vieux Jean-Jacques, autrement plus populaire, vendeur, et donc suspect aux yeux des chantres du bon gout dont je désirais tant faire partie ? Aussi faisais je tout mon possible pour ignorer Goldman, et marquer d’un mépris un peu forcé ses nombreux fans dont Martin, collègue du club de judo qui possédait l’intégrale de notre Assurancetourix national. Las, il y a chez Goldman des qualités mélodiques auxquelles j’ai toujours été sensible (mon premier vinyle était le 45T de « Puisque tu pars »), et j’avais d’ailleurs emprunté avec je ne sais quelle contorsion sémantique tous les disques de Martin pour me constituer une double cassette best of que j’aurai peut-être le courage de réécouter un jour.

En Passant voyait le guitariste à la voix perchée revenir en solo après une échappée de 8 ans avec Michael Jones et Carole Fredricks qui n’avait fait que conforter sa place de serial vendeur, c’est peu dire que l’attente des fans était à son comble. Et le résultat dépassa toutes leurs espérances : laissant derrière lui les productions 80’s de ses vieux tubes, mais conservant sa plume naïve et ses compos gentillettes qui plaisaient à tous, Goldman cassa la baraque et occupa les ondes des mois durant avec les différents singles tirés de En Passant. De mon côté, on voit bien ma position hypocrite de l’époque, genre ca m’intéresse je prends le disque mais bon, en fait je n’aime pas trop alors je retiens que le minimum pour finir la cassette… Bref, passé un « Sache que je » assez fade, on enchaine sur « Bonne Idée » dont le riff de guitare résonne encore douloureusement à mes oreilles (TOUT les bons guitaristes jouaient cette chanson pour se la péter auprès des minettes, et moi je ne savais jouer que du Pixies ou du Pumpkins plus facile qui n’intéressait personne). « Le coureur » est plutôt un bon rock pépère qui raconte une fable sur la marchandisation du sport (un thème à la Noir Désir traité façon Goldman, quoi)  et « Natacha » une petite ballade au piano, de ces modeste doux titres de Goldman pour lesquels j’ai toujours eu un faible, et qui passe encore bien aujourd’hui.

Alors, je vous vois frustré de n’avoir que si peu à vous mettre sous la dent et bien je vous rassure : Goldman (tout comme Noir Désir d’ailleurs) reviendra en live prochainement rien que pour vous (et j’en suis le premier surpris).

 

 

Posté par Hello-Darkness à 22:37 - - Commentaires [4] - Permalien [#]