Blinking Lights (and other revelations)

20 juillet 2017

Some Noise: TELEGRAM, WHORES., KING GIZZARD AND THE LIZARD WIZARD

 

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TELEGRAM - Operator

 

Les groupes de rock ayant tenté de faire revivre le glorieux passé 60’s/70’s sont innombrables. Certains sortent du lot, sans que l’on sache très précisément pourquoi. L’efficacité des chansons est un pré requis, mais il faut aussi la voix, la prod, l’attitude. Plus encore la possibilité de ne pas se prendre la tête et balancer la sauce sans s’inquiéter des références qu’on va nous coller ou prétendre réinventer la poudre, sorte d’insouciance qu’on ne trouve en général que dans les premiers albums. Operator n’est pas de ceux qui nous hanterons, nous bouleverserons ou qu’on fera tourner en boucle. On y reviendra cependant régulièrement, avec toujours le plaisir de prendre cette bouffée de fraicheur rock n roll et l’étonnement d’avoir gardé en tête des tubes comme « Follow » ou « Taffy come home ».

 

 

 

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WHORES. - Gold.

 

Ce trio américain a choisi comme nom de groupe Whores, soit donc « Putes ».  Pas très subtil, mais cela annonce la musique, pas très subtile non plus. Basse : saturée ; Guitare : saturée ; Batterie : avoinée ; Chant : Beuglé. Style : Stoner Hardcore, ou plus simplement Noise (soit donc « Bruit »). Dix chansons, une demi-heure à se faire marteler la ganache sans aucun répit (mais avec un indéniable talent). Des fois ça fait du bien. Pas tous les jours, quand même….

 

 

 

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KING GIZZARD AND THE LIZARD WIZARD - Flying Microtonal Banana

 

Depuis que je les ai découvert avec l’étourdissant I’m in your Mind Fuzz, les King Gizzard ont sorti 4 albums, et ils en annoncent 5 pour la seule année 2017 - conséquence, le temps de faire tourner ce Flying Microtonal Banana, un Murder of the Universe vient de paraitre. Inutile de dire que tenter de suivre les Australiens se révèle complètement impossible (à moins de se consacrer à plein temps à leur groupe), et qu’il va falloir faire un tri plus ou moins aléatoire dans leur discographie. Quitte à choisir, ce Flying Microtonal Banana fera un bon prétendant, tant il vient démentir l’impression que les King Lizzard ont enclenché la photocopieuse sonore tel un vulgaire Ty Segall. Certes on reste dans le garage psychédélique pied au plancher auquel ils nous ont habitué, mais en ajoutant un filtre oriental qui s’avère bien plus original que prévu. Si l’omniprésence un peu facile de la Zurna (une sorte de guimbarde) est la plus évidente touche de couleur arabisante, on s’aperçoit rapidement que l’ensemble du groupe a sérieusement bossé le sujet. Lignes de guitare, de chant, et surtout rythmes atypiques impressionnants, King Lizzard ne fait pas que maquiller rapidement sa musique, mais il en propose une relecture qui s’avère extrêmement riche et permet à Flying Microtonal Banana, porté par l’entêtant morceau d’ouverture « Rattlesnake »,  d’avoir une durée dépassant largement celle d’un album de garage tout venant. On aura donc une poignée d’albums de retard quand on sortira celui-ci de la platine…

 

 

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17 juillet 2017

# 051 / 221

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Fin de cette Frank Black Session avec une succession de titres bourrins, oscillant entre le rock crado (la reprise « Handyman ») et le punk, parfois mâtiné de groove (« Pong », meilleur extrait de cette courte liste). Le principal avait déjà été dit cassette précédente….

 

 

 

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Après Loveless subit il y a quelques épisodes, voici son prédécesseur, Isn’t Anything, premier véritable album de My Bloody Valentine. Ce qui est incroyable avec ce disque, c’est que je l’ai écouté bon nombre de fois, mais il n’y a qu’une seule chanson que j’ai vraiment reconnu (« When you wake you’re still in a dream »). La douceur de « Lose my Breath » m’a ainsi bien pris par surprise, et je m’apprêtais à réviser mon jugement. Mais l’agressivité va aller croissante quasiment tout au long de ma sélection, jusqu’à finir sur deux titres (« you never should » et « nothing much to lose ») illustrant tout ce qui me fatigue un peu chez le mythique groupe écossais : en surplus des couches de guitare bien noisy, le jeu épileptique du lapin duracell au nom imbittable qui s’excite sur sa caisse claire. Bref, content que ça se termine alors même que je n’ai enregistré qu’une moitié du disque. Le pire étant qu’il y a beaucoup de choses qui me plaisent chez My Bloody Valentine, mais décidément je n’arrive pas à m’approprier leur musique. D’ailleurs je ne saurais toujours pas dire lequel des deux disques je préfère. Tient, si on me demande j’ai qu’à dire que mon favori c’est m b v (sorti en 2013, 22 ans après Loveless) même si je ne l’ai écouté qu’une fois. Je serais roi des snobs au pays des snobs.

 

 

 

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J’ai déjà eu des transitions sévères, mais je crois que là j’ai un record : la perceuse électrique de « Nothing Much to Lose » qui laisse place aux délicats arpèges  d’introduction (de la harpe ?)  de « Wouldn’t it be nice », premier morceau du célèbre Pet Sounds des Beach Boys. J’avais emprunté ce disque tout simplement parce qu’il est souvent cité comme meilleur album de tous les temps, en concurrence avec le Sgt Pepper des Beatles.  Les deux albums sont d’ailleurs liés puisque c’est en entendant Pet Sounds que les Fab Four décidèrent de retrousser leurs manches, d’arrêter le live et de se consacrer à plein temps à faire mieux que leurs rivaux (j’ai repéré ici quelques idées reprises en clin d’œil par les Beatles). « Wouldn’t it be nice » est donc un morceau pop bien foutu, qui installe en 3 secondes dans la tête de l’auditoire des images niaises à base de couples bondissant main dans la main dans une prairie sous un soleil printanier. Oui, alors on va dire que je prends bien à la légère une chanson consacrée par tous les gens sérieux comme un chef d’œuvre, mais que voulez-vous, si la radicalité noise de Isn’t Anything m’a fait mal aux oreilles, l’orchestration extrême des gentilles chansons de Pet Sounds (rrrah, les flutiaux de « I’m waiting for the day ») ne m’a pas plus bouleversé. Sur blinkinglights, on achève donc bien les classiques, fussent-ils aussi opposés que ces deux-là (1). Bon, sinon c’est sympa, y a un instrumental qui ressemble à un générique télé (« Pet Sounds ») et une petite fanfare pour finir (coucou Sergent Poivre). C’est « Trombone Dixie », morceau bonus de la réédition de 1990, tout comme l’excellent « Hang on to your Ego », version alternative de « I Know there’s an answer ». Et qui a repris « Hang on to Your Ego » sur son premier album, hein, qui, on va voir si vous avez suivi, faites moins les marioles là, hein ? Mais oui, c’est Frank Black, alléluia, tout s’éclaire, la boucle est bouclée et on peut continuer jusqu’à la cassette 100 ! (mais avant je vais faire un petit hors-série, j’ai comme un coup de fatigue là….) 

 

(1)    Que ceux qui en concluraient que j’ai des gouts de merde me jettent la première poutre qui est dans leur oreille.

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12 juillet 2017

Yann TIERSEN - Vendredi 07 Juillet 2017 - Amphithéâtre de Fourviere - LYON

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Yann Tiersen programmé aux Nuits de Fourvière, voilà qui ne pouvait que m’intéresser, moi qui ai été emballé les quatre fois où je suis allé le voir (les fidèles lecteurs de ce blog le savent bien). J’avais quand même pas mal de doutes, bien qu’ayant beaucoup aimé son dernier disque EUSA, car les images de concert récents que j’avais pu visionner sur le net le montrait seul au piano, loin de la formule en groupe relativement rock des dernières tournées. Mélaine mis fin à mes hésitations en m’annonçant au retour d’un déplacement en Chine qu’elle avait pris des places. Nous voici donc profitant d’un moment en amoureux à l’amphithéâtre romain, où nous nous installons bien en avance en cette  soirée caniculaire.

 

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La première partie est François & the Atlas Mountains, un nom que je croise souvent sans en avoir jamais écouté la moindre note : c’est l’occasion de me faire une idée. Les quatre jeunes gars attaquent sur un titre bien dansant, à l’image d’un concert aux intentions festives évidentes. Les François & the Atlas Mountains, des sirupeuses interventions de leur leader aux chorégraphies en duo savamment répétées, sont gentils à en faire passer Girls in Hawaii pour de dangereux Punks. Quelques belles mélodies se planquent dans un océan de platitude aux vagues accents africains, c’est techniquement très bon mais globalement très chiant. D’ailleurs le public, mis à part quelques têtes dodelinant en rythme et trois femmes à fond au premier rang,  sera extrêmement dissipé pendant la longue heure que durera le set.

 

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Le changement de plateau confirme mes craintes, Tiersen évoluera effectivement en solo ce soir. Le voici qui arrive tout peinard comme à son habitude et qui, après un salut de la main aux gradins, s’installe derrière le piano et attaque « Pern », premier extrait d’EUSA. Il va interpréter son dernier album intégralement, enchainant les titres à l’exception de deux ou trois pauses permettant au public d’applaudir avec enthousiasme. Mon sentiment alternera entre plaisir (pour mes passages favoris, comme « Penn ar Lann » ou « Kadoran ») et lassitude, le format des morceaux engendrant forcément un concert linéaire et semblable à l’album studio, alors qu’une des grandes force des concerts précédents était justement la variété des styles abordés et la réécriture inventive des chansons pour la scène. Autre désagrément, la chaleur accumulée dans la pierre millénaire me servant de siège qui, recrachée au travers de mon maigre coussin, me colle le calcif aux fesses, sensation irritante m’empêchant régulièrement de gouter pleinement à la poésie des jolies mélodies de Tiersen.  Du côté positif, cette même chaleur sur mes pieds nus, les bruitages d’oiseaux idéalement orientés vers le ciel, l’éclairage minimaliste de la scène et, évidemment, la musique proposée, me transporteront souvent dans des paysages maritimes lointains et dépeuplés, comme un avant-gout de vacances. Le public lyonnais, inhabituellement sage, aura aidé à installer cette ambiance onirique (Mélaine s’est endormie trois fois). 

EUSA achevé, Yann Tiersen alternera piano, violon et Toys Pianos pour une dizaine de classiques issus de son répertoire, dont j’apprécierai spécialement « La Longue Route » (de l’album Tabarly) et le rapide « Le Vieux en Veut Encore », tous deux au piano. On ne pourra toutefois pas se départir d’une impression générale de minimum syndical sur cette deuxième partie, le rappel se terminant d’ailleurs avec un « Sur le Fil » expéditif. Un concert en demi-teinte donc, qui n’aura laissé place ni à l’ennui, ni à la grâce… 

 

Setlist: Pern - Porz Goret - Lok Gweltz - Penn ar Roc'h – Kereon – Yuzin - Roc'h ar Vugale - Penn ar Lann - Enez Nein – Kadoran - Mouvement introductif - Prière n°2 – Naval - 7:PM - La Valse des monstres - La Longue Route  //  Le vieux en veut encore -  La Dispute - Sur le fil

  

 

 

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08 juillet 2017

Place aux Vieux: SLOWDIVE, the FEELIES, WIRE

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SLOWDIVE - Slowdive

 

Groupe à priori culte du début 90’s, Slowdive s’offre comme pas mal de ses collègues un revival 20 ans après, en sortant un 4eme disque (Slowdive) commenté positivement un peu partout. L’occasion de découvrir leur discographie en profitant de la sortie à très bas prix d’un coffret regroupant leurs trois albums sortis entre 1991 et 1995. Just for a Day et Souvlaki sont des disques typiques du shoegaze onirique de l’époque auquel je n’ai jamais trop accroché (cf la rubrique Tape Story qui en exhume régulièrement). Des longs titres mous, tristounes, parsemés de rares coups d’éclats (« When the Sun Hits »), on dirait la description musicale d’un adolescent. D’ailleurs je pense qu’il faut être ado pour aimer ce style, ou avoir aimé ado : bref, j’ai loupé le coche. Sur Pygmalion, dernier album de la trilogie, Slowdive vire les claviers vaporeux, enlève les couches de brouillard, corrige le flou des photos, et tout devient clair. Ainsi épurées à l’extrême, les compositions s’imposent et Slowdive propose enfin un album touché par la grâce, si différent des précédents qu’on en vient à douter que ce soit le même groupe. Peut-être faut-il d’ailleurs considérer Pygmalion comme un projet parallèle de Neil Halstead, fil rouge entre le Slowdive de « Dagger », les albums de Mojave 3, le folk de ses albums solo et enfin ce dernier disque. 

Cette relecture discographique est loin d’être inutile, puisqu’elle permet d’aborder Slowdive non comme le successeur de Pygmalion, mais comme l’œuvre d’un groupe qui eut pu aussi bien s’appeler Mojave 3, Neil Halstead Band ou n’importe quoi d’autre. Voilà une synthèse réussie de cette copieuse carrière s’appuyant sur les solides bases de songwritter d’Halstead pour proposer huit titres aux accents variés au sein d’un album relativement cohérent. L’agréable entame « Slomo » donne des gages aux fans de la première heure, avec delay et chant éthéré, mais installe d’emblée les guitares aux avants poste pour mon plus grand plaisir. En gardant cette production mais en relevant le tempo par la suite, Slowdive évolue vers quelque chose de nouveau sans se renier, vraie réussite de cette reformation, à l’inverse de tant d’autres tombées dans l’auto caricature. Slowdive séduit aussi bien dans la Pop Rock énergique de « Star Roving » (1) ou « Everyone Knows » que dans l’indie rock tendance Mojave 3 de « Sugar for the Pill » ou « No Longer Making Time » (mon favori, qui m’a curieusement évoqué le meilleur d’Interpol) où la basse joue un rôle primordial. « Falling Ashes », lent et calme titre porté par quelques notes de piano et un chant profond, viendra judicieusement rappeler l’épure de Pygmalion pour une belle conclusion apaisée.

Si Slowdive est loin de remplacer dans mon cœur le Spoon & Rafter de Mojave 3 (majeur chez moi) ou les insurpassables albums folk de Neil Halstead, il contient suffisamment de bons moments pour être remarqué parmi la production 2017, voire pour me faire envisager une petite visite en concert si l’occasion se présente. 

(1)    Dans un inévitable retournement de situation, ce titre m’a immédiatement fait penser à « Under the Sun » de DIIV, digne représentant du revival Shoegaze actuel forcément influencé à la base par les pionniers du type Slowdive…

 

 

 

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 the FEELIES - In Between

 

En tant que groupe capital pour mes deux collègues musiciens Julien et Damien, j’ai dû m’intéresser un tant soit peu aux Feelies, que j’ai trouvé agréable à écouter sans pour autant estimer indispensable d’acquérir leurs albums. S’il est assez remarquable d’arriver à s’imposer en proposant une collection de chansons de deux accords, principalement grâce à une tension constante générée par des rythmes bien soutenus,  il est évident que découvrir ladite collection après tout le reste ne m’apportait plus grand chose.  Du coup lorsque l’énergie fait défaut (25 ans après la mise en sommeil du groupe), que reste-t-il ? In Between est un album qu’on écoutera tranquillement les deux pieds dans ses chaussons quand on sera en maison de retraite.

 

 

 

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WIRE - Silver / Lead

 

Après l’enthousiasmant album Wire de 2015, par lequel j’avais redécouvert le groupe, celui-ci a continué dans la même veine avec Nocturnal Koreans l’année dernière et Silver/Lead aujourd’hui. Sur le papier, pas de quoi être plus indulgent que pour les Feelies : mid-tempo à la rythmique ultra basique, et chansons très similaires (c’était déjà les mêmes sur l’album précédent). Mais il y a quelque chose qui m’attire dans les mélodies de guitare croisées et la voix nonchalante trafiquée de Colin Newman, une manière bizarre d’être à la fois doux et menaçant qui fait que j’écoute ce disque avec grand plaisir, tout en ayant conscience qu’il n’a rien d’exceptionnel, pas même un titre phare pouvant faire l’unanimité. Evidemment, si Wire continue à sortir un disque de ce type par an je finirais par me lasser, mais pour l’instant ces courts albums sont des rendez-vous toujours aussi agréables.

 

 

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02 juillet 2017

# 050 / 221

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Bon, y a eu plein de supers disques ces temps-ci sur les cassettes, ok on a découvert la musique qui pleurniche, mais faudrait pas oublier la base : le rock qui transpire, le rock velu qui sent la bière, le rock tout musclé comme sur la pochette : le rock de Manowar. Quatre ans après un Triumph of Steel rentré dans la légende de ce blog, sortait ce Louder than Hell qui tente péniblement de marcher sur les mêmes pistes de poésie burnée (si si, ça existe).  La charge bourrine de « Return of the Warlord » nous met dans l’ambiance, branlage de manche fatiguant sur base bien puissante. Le petit côté AC/DC de « King » est efficace, mais le thème guerrier gâche un peu tout : ils jouent encore aux chevaliers ces grands garçons ?  A côté de ça « Courage », une ballade Queenesque  où rien ne nous est épargné (piano dégoulinant, chœurs martiaux et violonades en final) et un instrumental épique bien barbant de 10 minutes à l’intitulé ridicule (« Today is a Good Day to Die »). De toutes manières un classique de Manowar c’était déjà un de trop pour blinkinglights : cette incursion dans l’univers fabuleux du quatuor en peaux de bêtes (ou en armures, je sais plus) sera la dernière….

 

 

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Que dire sur cette Black Session de Frank Black quand on a déjà écrit sur les deux premiers disques solos du leader des Pixies qui en composent l’essence ?  Qu’elle est évidemment tout aussi excellente, sans toutefois y apporter rien de nouveau.  Mes grands classiques favoris du début de carrière du Big Black sont présentés, entre une jolie version mélodique de « Sir Rockaby » et un redoutable enchainement « Czar »/ « Freedom Rock » qui termine de la plus belle des manières cette cassette.  On trouvera aussi quelques jolis repêchages (des titres que j’avais snobés lors de l’emprunt des albums studio), comme « Vanishing Spies »  ou le dynamique « Old Black Da Wining ». Avec en prime un inédit complètement fou intitulé « the Jacques Tati », et judicieusement réservé à cet enregistrement pour le public français d’Inter.

 

 

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23 juin 2017

20 Ans dans la Fosse - Le Bruit et l'Ardeur

 

En vingt ans de concerts, j’ai forcément quelques anecdotes à raconter. Oh, pas grand-chose d’exceptionnel, mais de ces petites histoires que chaque écumeur de salle et de festival aura expérimenté. Certains en font des livres, des Bds, des films peut être, dans lesquels on se retrouve, qui ravivent notre propre histoire et nous rassemblent en une famille dont les membres se reconnaissent rapidement, une lueur s’allumant dans leur regard à l’évocation de telle ou telle scène sonore et mouvementée. En général ça se fini tard autour d’un tas de bouteilles vide. Pas évident sur un blog, mais bon, rien ne vous empêche d’aller faire un tour au frigo ou à la cave avant d’entamer la lecture de cet article évoquant quelques anecdotes qui ont bien voulu rester en ma mémoire défaillante.

 

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Pour aller à un concert, il faut d’abord chopper une place. Le gros avantage d’avoir des gouts relativement pointu, c’est que je n’ai jamais eu à me battre où à faire des queues de 10 heures comme les fans de Mylène Farmer ou Madonna. En fait, mes inquiétudes au sujet de concerts complets sont relativement récentes, et les deux seules fois où j’ai dû renoncer à un concert faute de place le sont encore plus : Radiohead aux Nuits de Fourvière l’année dernière, où j’étais devant mon PC mais les places se sont vendues en 0,1 seconde, et Arcade Fire aux Nuits de Fourvière il y a quelques jours où j’ai eu la malchance d’être en Chine au moment de la mise en vente (il va sans dire que pour rien au monde je n’achèterai sur internet au prix fort une place de concert loupée). Il faut ensuite que le concert ai bien lieu, et là encore j’ai été plutôt verni dans ma « carrière » : outre la date de Eels à Nancy en 2000, annulée sans que je sache pourquoi, les seuls à m’avoir fait faux bond sont les Grandaddy, tout récemment. Du coup je ne les ai toujours pas vu, mais je ne leur en veux pas : la mort d’un membre fondateur du groupe me semble une excuse assez valable pour annuler une tournée…

 

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Le jour J, il s’agit de bien s’organiser. S’agissant de concert, je suis pour ma part très sérieux, voire psychorigide. Ce n’est pas moi qui prolongerait un peu trop un apero de préchauffe avec des amis, qui confondrait première partie et tête d’affiche ou qui n’aurait encore rien prévu pour le trajet une heure avant le début du concert. Une seule fois j’ai oublié ma place - c’était pour Cheveu au Marché Gare en 2011 : loin d’être complet, et une dizaine d’euro la place, sans conséquence donc – et une seule fois je suis arrivé (un peu) en retard par ma seule faute : c’était pour the Tallest Man on Earth à l’Epicerie Moderne en 2011, et je me suis rappelé que j’avais un concert au milieu du repas familial ! (il faut dire que j’ai très peu dormi en 2011…) Bon il y a aussi eu cette fois où, attendant des potes puis une navette inexistante, je loupais Swans au TINALS en 2015. D’où cette double règle de psychorigide : privilégier la voiture, et privilégier la solitude (ou alors les potes psychorigides). En ce qui concerne la bagnole, ça n’a pas toujours été possible (j’ai eu le permis assez tard) mais que ce soit pour les transports en commun ou les navettes, l’essentiel est de prendre beaucoup beaucoup beaucoup de marge (ouais bon du coup là faut pas se la jouer solitaire, sinon tu t’emmerdes). Quant à préférer les concerts seuls, j’exagère, il faut juste savoir regagner son indépendance en temps voulu et résister à l’effet de masse, et j’avoue que sur ce point je n’ai plus aucun scrupule. J’ai ainsi d’excellents souvenirs avec des amoureuses, des frangins, des vieux copains, des gens croisés sur place, des inconnus qu’on voit tout le temps et qui finissent par être connus. Entre autres exemples, le concert de Leonard Cohen en 2008 avec Mélaine, ou celui de Radiohead aux arènes de Nîmes en 2012 avec mon frère Benoit. Le premier concert où mon groupe Hello Darkness, alors trio, était réuni dans le public (Arcade Fire à la Halle Tony Garnier en 2010) et celui de Calexico à l’Epicerie Moderne en 2016 où nous étions en quatuor, et en couple ! (ce n’est pas prêt de se reproduire). Au niveau potes, il y eu cette fin d’Eurockéennes 2003 où avec tout mon groupe d’amis Belfortain, rencontrés quand j’étais consultant chez PSA, nous écoutâmes tranquillement assis sur la pelouse l’excellent set de Massive Attack, sous un ciel d’été étoilé magnifique. Cette unique réunion des quatre fantastiques blogueurs, Daniel et JP (le défunt Next), Rémi (labUze) et moi-même, pour Emily Jane White en 2008 sur la péniche le Sirius. L’enthousiasmant concert de Public Service Broadcasting à l’Epicerie Moderne en 2016 au Marché Gare, avec Denis, Juliet, Rémi et Fred. Et enfin, évidemment, le mythique concert de Ty Segall au Clacson en 2012 avec Guic, Fred, Stéphane et Dahu, mais nous y reviendrons.

 

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Il est temps maintenant d’assister à l’inévitable Première Partie, et sur ce point c’est quitte ou double. On ne citera pas l’armada de groupes oubliés dès le lendemain (parce qu’on les a oublié, justement), mais cela vaut mieux sans doute que certaines prestations cruellement incrustées dans nos mémoires. Citons rapidement Fuck en première partie de Cat Power en 1998, probablement le pire concert que j’ai jamais vu (alors que le groupe est pas mal en fait, nous en reparlerons lors de leur apparition dans la Tape Story), Xiu Xiu avant Swans  ou Eric Chenaux ouvrant pour the Silver Mount Zion. Et encore, si tenter des trucs bizarres en première partie de groupes radicaux comme ceux-ci n’est pas scandaleux, on se demande en revanche de quelle manière l’imbitable duo Saxo/Ordi DanQ avait pu se retrouver associé au délicat Bonnie Prince Billy. Heureusement, les programmeurs ont souvent des idées plus judicieuses, et découvrir Bloc Party sur la scène du Transbordeur en 2004 juste avant Interpol, ou Essie Jain à l’Epicerie Moderne en 2009 avant Emily Jane White fut un indéniable bonus. C’est d’ailleurs avant cette même folkeuse au fameux concert au Sirius que nous eûmes droit à une curiosité qui se produit quelquefois : écouter un inconnu qui deviendra tête d’affiche par la suite. En l’occurrence le Stéphanois Sliimy, jouant là devant un petit groupe d’adolescentes en émoi et qui quelques mois après, surfant sur la vague Mika, se trouvait en première partie de Britney Spears et sur les grandes scènes de pas mal de festivals (sa redescente vers l’anonymat fut d’ailleurs tout aussi fulgurante). A quelques reprises, une bonne première partie surprenante pourra d’ailleurs sauver le concert d’un artiste pour lequel on s’était déplacé et qui n’aura pas répondu à toutes nos attentes. Je pense notamment à Gemma Hayes dont le premier disque est devenu culte chez moi, et qui aura rattrapé la prestation de Sparklehorse en 2001 à la Cigale, que j’avais jugée décevante. Ou plus récemment les Danois de Yung ouvrant au Marché Gare pour des Ought un peu trop sages. Pour en finir avec les découvertes de première partie, j’aimerai aborder une excellente coutume très régulièrement mise en œuvre à Lyon (mais sans doute partout ailleurs) : mettre à l’honneur des groupes régionaux avant la tête d’affiche internationale. J’aurai ainsi flashé entre autres sur Vale Poher (en 2008, avec Laetitia Sheriff), Jerri (en 2009, avec Akron/Family), the Good Damn (en 2011, avec Cheveu), Erwan Pinard (en 2012, avec les Weepers Circus), ou Rank (en 2015, avec Motorama), tous auteurs de sublimes albums et dont certains sont devenus, sinon des amis, au moins des connaissances.

 

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C’est le moment tant attendu, le vrai concert peu enfin commencer. Normalement à ce stade, tout devrait bien se passer, à moins d’un coup de malchance. Il pourrait venir de la météo, si la prestation est en extérieur et suivant la frilosité des responsables. Outre les habituels concerts bien humides et boueux à la Route du Rock de Saint Malo ou aux Eurockéennes de Belfort, je me rappelle de la douche continue pour Mogwai au Nuits de Fourvière en 2014, dans des gradins de plus en plus désertés. Mais je n’aurai vraiment  eu à pâtir qu’une seule fois de la météo: le concert écourté d’Arcade Fire à Rock en Seine en 2010 pour un crachin bien moindre que ceux cités précédemment (et au grand désarroi du groupe lui-même) me reste encore au travers de la gorge. A éviter aussi les insolations, crises de panique et autre évanouissements qui pourraient cruellement vous faire louper ce pourquoi vous patientez depuis de longues heures. J’ai certes eu l’air con allongé les jambes relevées au milieu de la fosse de l’Amphithéâtre lyonnais - 2014, quelques jours après l’épisode poncho – mais cela m’a valu de passer la soirée avec Portishead comme prévu plutôt que dans un camion de pompier.

 

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Autre imprévu, l’état du groupe au moment d’entrer en scène. J’imagine que pas mal d’artistes que j’ai vu étaient sous l’emprise de diverses substances motivantes (on va dire), mais je l’ai assez peu remarqué musicalement. Si des Mark Linkous ou Chan Marshall bien chargés n’ont pas pu donner le meilleur d’eux même  (Cat Power 1998, Sparklehorse 2001), le seul artiste que j‘ai vu vraiment honteusement savonner son concert fut Miossec en première partie de Yann Tiersen aux Nuits de Fourvière 2002. Il était tellement bourré qu’il chanta la plupart du temps à côté du micro, laissant son groupe dérouler un bon concert rock instrumental. Dans le cas où l’artiste est assez pro (ou habitué) pour assurer même défoncé, cela peut donner lieu à quelques scènes savoureuses. Je ne me remets pas d’avoir vu Cat Power terminer son concert au Poste à Galène à genoux au milieu d’un public protecteur, à quelques pas de moi. Et Rob Crow, buvant bière sur bière au concert de Pinback en 2011, nous aura gratifiés d’une étonnante danse du morse, rebondissant sur un ventre conséquent sur la scène de l’Epicerie Moderne. Pas plus ridicule que Bertrand Cantat chutant lourdement sur le dos depuis une enceinte de retour au concert de Detroit puis poursuivi par un manager jusque dans les coulisses du théâtre antique de Vienne (2014). Des cascades plus ou moins volontaires qui ne rivalisent pas avec la multitude d’acrobaties de Mathias Malzieu, toujours pas calmé après des centaines de concerts au sein de Dionysos, vu régulièrement pendant 10 ans. Mieux vaut être sobre pour ce genre de chose, tout comme on imagine mal le chanteur guitariste d’Airbourne escalader les tours de projecteurs avec sa guitare (Eurockéennes 2010) avec 3 g d’alcool dans le sang.

 

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Les surprises qui viennent égayer les concerts auxquels j’assiste sont le plus souvent imprévues, mis à part celui d’Alice Cooper, seul grand barnum musical auquel j’ai assisté, à la Halle Tony Garnier en 2011 (d’ailleurs les évènements en question n’étaient pas vraiment des surprises, étant donné que notre vieux hard rocker favori les use sur scène depuis des décennies). Le truc le plus improbable que j’ai vu est sans doute le tournage d’un épisode de C’est Pas Sorcier consacré au son, avec Fred et Jamy interrompant pendant une dizaine de minutes un concert de Girls in Hawaii aux Eurockéennes de Belfort 2004, avec la bénédiction du sympathique groupe Belge et d’un public ravi de participer avec force applaudissements ou huées à cette émission culte. 

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Evidemment, tout ceci ne rime à rien si le concert n’est pas musicalement convainquant. J’ai déjà évoqué il y a peu ceux qui m’ont le plus marqué, mais il peut arriver (rarement, il me semble), d’être littéralement chamboulé par une chanson qu’on entend. Vous savez, ces moments où l’on a l’impression de n’être plus soi-même, quand on se lâche complètement ou qu’au contraire on est paralysé par l’émotion, ces instants où l’on a un grand frisson, chair de poule comprise. Parmi ceux qui me reviennent en cœur, Radiohead interprétant « Sail to the Moon » pour des eurockéennes 2003 déjà bien chargées en émotion (quoique le démarrage du concert de Nimes 2012 par « Lucky » fut pas mal aussi), Moriarty et sa chanteuse Rosemary Standley terminant leur prestation en première partie de Dionysos au Summum de Grenoble (2008) par un Lied de Schubert bouleversant (« Der Leiermann »), l’entame du concert de Wovenhand de 2009 à l’Epicerie Moderne par la reprise de Joy Division « Heart and Soul », le duo terriblement érotique de the Tallest Man on Earth avec sa copine sur « Thrown Right at Me » (Epicerie Moderne, 2011) ou « the Crossing » mutant en un incroyable « Vanishing Point » retravaillé par Yann Tiersen et son groupe pour le concert de 2014 à l’Epicerie Moderne. Evidemment, voir Mogwai (mon groupe favori, au moins à l’époque) entamer le premier concert où je les voyais (Eurockéennes 2006) par une de mes chansons préférées de tous les temps (« Helicon 1 ») fut assez émouvant, de même que voir tout un public parisien retenir son souffle devant l’extrême  délicatesse de « Levitz », titre achevant la courte prestation de Jason Lytle au Trabendo en 2016, en première partie de Giant Sand.

 

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Parallèlement, de nombreux concerts bien entrainants m’auront fait abandonner pour un moment mon port digne et altier habituel pour de sauvages séances de danse, pogo, voire à quelques occasion de slam, ce surf sur public qui fait quand même globalement bien chier le monde, et peut causer la perte d’objets personnels tels que chaussures, portables (douloureuse expérience lors des retrouvailles des Pixies aux Eurockéennes en 2004), ou lunettes. Bon moi j’ai la chance de ne pas en porter, mais Guic aura vécu une fin de concert de Ty Segall un peu stressante (et un peu floue, surement) : songer que ses lunettes ont été piétinées pendant une heure par tout le public du Clacson pogotant à qui mieux mieux (parfois avec Ty lui-même) ne l’aura pas empêché de s’adonner au slam après quelques minutes de recherche tâtonnantes à la lumière d’un portable. Bien lui en pris, puisqu’en lieu et place des éclats de verre et montures broyées attendues nous retrouverons ses bésicles, qu’un coup de pied salvateur et miraculeux aura projeté sous la scène, totalement intactes. Deux autres slams à mon actif : celui qui me verra flotter un bon moment sur la foule dense des Nuits de Fourvière au son furieux des Stooges en 2010 avant que je ne m’éclate la tronche sur le mètre de gravier séparant les barrières de la scène et que je me fasse reprendre de volée par la sécurité, qui préférera faire monter sur scène de sages demoiselles ou de timides binoclards à l’invitation d’Iggy et de son groupe probablement trop vieux pour courir le risque avec des agités dans mon genre. Et le slam datant du dernier concert à m’avoir rendu fou, celui de Shellac au TINALS en 2016, où l’ambiance dans la fosse était hallucinante.

 

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Un autre paramètre capital pour rendre un concert mémorable est évidemment le charisme du groupe ou de l’artiste qu’on va voir. Si j’ai bien sur vu quantité de jeunes dynamiques impressionnants, c’est des vieux de la vieille qui m’auront le plus marqué. Je ne liste pas ici les musiciens qui m’ont techniquement bluffé (dont bon nombre de batteurs), ce serait fastidieux, mais bien ceux qui ont une sorte de flamme intérieure ou d’autorité naturelle imposant d’emblée le respect du public. Parmi eux Mark Oliver Everett de Eels (déjà en 1997, mais il n’avait rien perdu de sa superbe à notre dernière rencontre, à Musilac en 2011), Nick Cave le ténébreux avec ses Grinderman (Eurockéennes 2008) ou les Bad Seeds (Fourvière 2013), Leonard Cohen (Classe man), le grand David Bowie (Star Man) vu à la Halle Tony Garnier en 2003, le généreux Ben Harper (et son super groupe the Innocent Criminals), David Eugene Edwards et Shannon Wright tout trois vus à de multiples reprises, l’intimidant Michael Gira de Swans, Jehnny Beth de Savages et son regard intense (Epicerie Moderne 2016), le pince sans rire Howe Gelb vu deux fois avec Giant Sand, et enfin le radical Steve Albini et ses deux compères de Shellac. Pour ce qui est des demoiselles m’ayant embrouillé les sens, si j’ai tendance à fantasmer sur n’importe quelle nana rockeuse ou folkeuse admirée sur scène, trois m’auront particulièrement émoustillé : Melissa Auf Der Maur, mannequin et bassiste de Hole puis des Smashing Pumpkins, que je n’aurai vu que d’assez loin à Bercy en 2001, PJ Harvey évidemment (mais pas l’intello aux costumes improbables de Musilac ou des Nuits de Fourvière, celle sauvage et irrésistible des Eurockéennes 2004), et surtout, surtout, Angel Olsen en choriste de Bonnie Prince Billy à l’Epicerie Moderne en 2011 (elle me fera beaucoup moins d’effet trois ans plus tard en tête d’affiche dans cette même salle….).

 

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Mais le temps passe vite, et c’est déjà l’heure du rappel. Si les circonstances le permettent, c’est le moment idéal pour beugler une requête dans l’espoir d’entendre un titre jusqu’à présent laissé de côté par le groupe (moment idéal, parce que le faire pendant tout le concert c’est très lourd, tant pour le groupe que pour le public). Truc que je me suis permis de faire à quelques reprises, mais qui si je ne me trompe pas n’a marché qu’une seule fois : à ce fameux concert de Bonnie Prince Billy, où l’Epicerie Moderne avait eu droit au magnifique « New Partner » sur ma suggestion. Le rappel, moment quasi obligatoire, souvent source de bonheur mais aussi de frustrations, s’achève. Le groupe salue alors plus ou moins longuement le public, suivant son degré d’implication, respect ou gentillesse qui va en gros du degré 0 (Frank Black) au degré Boy Scout Content d’Etre Là (comme JC Menu a cruellement mais si drôlement surnommé les Girls in Hawaii). Les fans pourront s’arracher les objets balancés en pâture par le groupe (le plus souvent médiators ou baguettes de batterie). Ce n’est pas trop mon truc, mais par deux fois une baguette est arrivée directement dans ma pogne : pour le concert d’Archive au transbordeur en 2006, où Smiley m’avait spécialement visé alors que je lui manifestais par un pouce levé ma sincère admiration. Et, plus improbable, au milieu de l’immense bordel que fut la fosse poussiéreuse des Eurockéennes devant les Hives en 2010, où une jolie baguette blanche personnalisée m’atteignait par hasard. Les ultimes minutes peuvent encore réserver quelques surprises, certains fans n’ayant décidément peur de rien. Je pense à la jeune demoiselle qui sauta sur la scène du Marché Gare après le concert fou fou fou des Parquet Courts en 2013 et, échappant à un service de sécurité médusé, s’engouffra dans les coulisses afin de rejoindre le groupe pour des activités dont seules les groupies détiennent le secret. Moins chanceux fut le jeune chevelu bondissant dès la dernière note du très bon concert d’Isis (2008) un stylo et un disque à la main : il fut humilié devant tout le public de l’Epicerie Moderne par Aaron Turner, indiquant d’un signe de tête qu’il ne signerait pas d’autographe avant de s’enfuir vers les loges.

 

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Ne le blâmons pas trop, je suis moi-même assez féru de ces séances de signature, si l’occasion se présente. Mon plus gros regret est d’avoir loupé la griffe de Chan Marshall au Poste à Galène en 1998. Elle dédicaçait tranquillement après le concert des 45T de « Nude as the News », mais je n’avais plus le moindre centime (rageant quand on pense au prix que pourrait avoir aujourd’hui l’objet), et je n’avais pas osé lui demander de signer le poster de Moon Pix parce qu’il était gratos. Je me suis rattrapé 20 ans plus tard (j’étais plus riche) en obtenant d’une Alela Diane un peu dépassée une jolie signature dorée sur le vinyle du Pirate’s Gospel. Ce n’est pas pour autant que je suis devenu un professionnel de l’autographe : je n’ai par exemple jamais de stylo sur moi, et si en général le stand de merchandising en a prévu un, je me suis ridiculisé en tendant à Yann Tiersen un crayon usé, le seul que j’avais pu dénicher au bar de l’Epicerie Moderne. Résultat un vinyle d’Infinity à moitié gravé d’un machin illisible. J’ai été plus veinard avec David Eugene Edwards, qui s’est pointé au merchandising longtemps après la fin du concert de Wovehand, alors que j’étais encore en grande discussion avec Daniel : signature et même photo mythique où je pris longtemps la pause avec DiEu en transpirant pendant que Daniel tentait péniblement de faire de la place sur sa carte mémoire. Ce moment fut par ailleurs des plus sympathiques, puisque nous eûmes tout notre temps pour discuter avec DiEu et son acolyte Pascal Humbert. L’autographe peut ainsi être un prétexte à échanger quelques phrases avec un artiste admiré, si toutefois plusieurs paramètres sont réunis, ce qui n’est pas fréquent : que j’ai quelque chose à dire (c’est de moins en moins le cas), qu’il n’y ait pas trop de monde à attendre (j’aime pas faire chier), que je trouve mes mots en anglais et surtout que l’artiste en question soit ouvert à la discussion (et l’on retrouve mes Boy Scout favoris pour l’une des discussion les plus chaleureuses de ce genre. Il faut dire que je parle Belge couramment, ça aide.)

 

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Terminons cette excellente soirée au bar avec les potes et, pourquoi pas, le groupe. Ce qui est advenu après la désormais célèbre prestation de Ty Segall au Clacson. Tellement cool que le vinyle de Twins que j’acquis ce soir-là  fut dédicacé par l’ensemble du groupe : les quatre membres du Ty Segall Band, et les quatre potes avec qui j’avais vu le concert. Ça c’est du souvenir ! 

 

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En Bonus, les artistes dont je suis fan, et que je n’ai toujours pas vu en concert (j’omets ceux pour qui c’est mort, de manière littérale ou allégorique). Il n’en reste plus beaucoup ! 

Macolm Middleton en solo ou avec Arab Strap, puisque le duo s’est reformé pour la scène il y a peu (Difficile, il fait 99% de ses concerts à Glasgow).

Kristin Hersh et Modest Mouse, qui ne tournent quasiment qu’aux USA.

Yo La Tengo, qui font peu de dates en France, et uniquement à Paris. J’ai d’ores et déjà raté leur âge d’or, mais ça doit rester passionnant à voir.

The Damned, que j’ai loupé l’année dernière à Vienne (j’étais en vacances), et dont la possibilité de les voir s’éloigne de plus en plus (ils ont évoqué une dernière tournée).

Sophia, très rare en live, et jamais en France.

Dans une moindre mesure, je n’ai pas croisé pour l’instant les groupes plus récents que sont Cloud Nothings, Japandroids ou King Gizzard.

 

Dessins tirés des BDs Claudiquant sur le Dancefloor et Alive de Luz, Lock Groove Comix de JC Menu, Happy Rock de Zep.

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16 juin 2017

L'EFFONDRAS - Les Flavescences

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Damien, l’orpailleur de la région Rhône Alpes, avait semble-t-il déniché une pépite, dont il répétait le nom avec un air aussi mystérieux que satisfait. De l’Effondras, on avait surtout retenu la pochette, de celles qui poussent inexorablement à l’écoute : une gravure à l’ancienne représentant une bête avec le soleil sortant de sa bouche. L’album, fut il bon, voire très bon par moments (« L’Ane Rouge »), restait trop marqué par son style et l’empreinte des précurseurs pour sortir vraiment du lot. Les alchimistes étaient encore à l’essai, mais ils touchaient au but.

Moins de deux ans après, l’Effondras semble avoir trouvé la formule pour réinventer le Post Rock. Depuis combien de temps un album de ce mouvement usé ne m’avait pas autant accroché ? Je ne m’en rappelle plus, c’est dire le mérite du trio Bressan. J’ai beau écouter fiévreusement l’album en boucle, explorer son vaste territoire, en prendre la multitude de chemins, la beauté des Flavescences résiste à l’analyse. Oh, il y a bien quelques indices parsemés sur ces quatre instrumentaux aux titres énigmatiques, mais ressortir les cartes des grands anciens, comme Mogwai qu’on reconnaitra vaguement au détour de « Phaléne », ne nous aidera pas plus que ça. Ces cartes, on le sait, ont été rebattues. Alors, quelques hypothèses. Une formation réduite à deux guitares / une batterie, qui laisse de la place aux mélodies, les rend éclatantes au lieu de les noyer dans une masse sonore. Et ceci (c’est le plus impressionnant), sans nuire à la puissance de l’ensemble. Et puis un coté direct, négligeant les circonvolutions paresseuses rabâchées ces dernières années pour se concentrer sur des constructions en mouvements distincts, reliés par des transitions aussi habiles que rapides (même sur « Le Serpentaire » d’une vingtaine de minutes). Voilà qu’on s’approprie les chansons, qu’on attend avec l’impatience d’un jeune débutant acoustique certains passages, comme la deuxième partie de « Lux Furiosa » qui nous avait tant marquée au Marché Gare lors d’un concert brillant de mille feux. Une salle Lyonnaise où l’on croise régulièrement Marion Bornaz, la photographe signant cette très réussie pochette des Flavescences. Il y est question de mystère, d’obscurité, de flamme. Celle ravivée par l’Effondras pour une des plus belle surprises de l’année.

 

  

Et cette formule, alors ? Elle n’existe pas, bien sûr. La trouver c’est se perdre. Mieux vaut travailler, ciseler sans relâche le son, les morceaux, et avancer. Ferrum Movendo. 

 

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11 juin 2017

# 049 / 221

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Suite de ce live d’Alice Cooper de 1997 (A Fistful of Alice) que j’avais emprunté notamment, je le rappelle, parce que Slash y officiait à la guitare sur certains titres. On ne va pas blâmer le chevelu chapeauté pour la boursouflure générale de l’album, tant l’artillerie lourde (avec force claviers et cuivres) est sortie en quasi permanence (le joli slow « Only Women Bleed » en réchappe). C’est fort dommage car cela gâche un peu la bonne idée d’avoir exhumé le rare « Teenage Lament ‘74 » et la présence d’un « Welcome to my Nightmare » qui eut mieux mérité l’ambiance frissonnante de l’album du même nom que j’aime tant. Par contre pour « Elected », ça le fait bien, le faux candidat Cooper (qui nous rappellera malheureusement quelques présidents actuels bien réels, ceux-ci) s’épanouissant comme jamais dans cette débauche sonore, tartinage de manche Slashesque compris.

On termine sur « Is Anyone Home ? »,  inédit gentillet mais de bonne facture, dans la lignée du grunge FM de the Last Temptation, seul titre que notre ex cauchemar du bourgeois aura été capable de pondre en 5 ans, trop occupé sans doute qu’il était à jouer au golf avec Sylvester Stallone. 

 

  

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Il y a des disques qui, instantanément, vous plongent dans le passé, dans une époque vécue et révolue. Celle où l’on écoutait encore la radio. Celle où les groupes « mainstream », les gros vendeurs, les single en rotation lourde, étaient encore du rock, et du rock de qualité. Celle de l’adolescence donc, ou de son crépuscule, des heures à trainer son ennui en se demandant de quoi l’avenir sera fait. En général l’avenir proche, genre la soirée, si on a réussi à garder quelques sous en poche. Ce quotidien si bien décrit par Stereophonics, groupe issu d’une ville paumée du Pays de Galles, du style vase clos, où l’on ressasse les mêmes histoires de jeunes morts trop tôt, flambeur explosé en bagnole, amoureuse trahie engloutie dans l’eau froide de la rivière locale, parents ressassant leur chagrin et survivants rêvant de partir.

Trois amis d’enfance (forcément) fondent un groupe, autre échappatoire connue, écument les pubs et finissent par sortir un premier album : Word Gets Around, brillant. Avec tout ce qu’on aime, des histoires touchantes donc, des mélodies bien trouvées et l’énergie qu’il faut pour éviter d’être plombant (« Local Boy in the Photograph », « More life in a Tramp Vest »). Quelques ballades aussi, souvent plus convenues, même si je n’ai jamais oublié « Billy Daveys Daughter ». Normalement, c’était l’heure de poudrer un peu « Not up to You », cette scie ayant supporté l’album continuellement sur les ondes. Sauf que, vérifications faites, ce titre n’a jamais été un single du disque (en tout cas pas le premier), curieux, j’aurai juré… et, double mise au point, je l’apprécie en fait beaucoup à la réécoute. Stereophonics avait tout pour devenir majeur, mais il restera toujours en seconde division. Evoluant dans un registre proche du Radiohead de the Bends, mais à l’époque où le groupe de Thom Yorke se débarrassait de ses fripes ados pour muer en adulte dépressif sur OK Computer. Trop tard ? Trop scotché à cette ambiance « Creep », à la voix éraillée de Kelley Jones qui faisait une grosse partie de la personnalité du groupe tout en étant un repoussoir certain pour pas mal de monde ? Trop petits, trop gentils ? Je n’en sais rien, d’autant que j’ai complètement oublié les deux albums suivants - piqures de rappel prévues dans trèèèès longtemps sur cette rubrique - et que j’ai cessé d’écouter les Stereophonics après 2001. Groupe qui existe toujours d’ailleurs (9 eme album sorti il y a deux ans), dans l’indifférence la plus totale (enfin, je crois). Impossible de savoir si c’est justifié ou pas, et qu’importe d’ailleurs : Word Gets Around se chargera, régulièrement, de nous rappeler à leur bon souvenir. 

 

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05 juin 2017

WHY ? - Samedi 03 Juin 2017 - Marché Gare - LYON

 

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Fred m’a fait découvrir Why ? il y a cinq ans, en m’amenant à un concert à l’Epicerie Moderne que j’avais beaucoup apprécié. Ayant écouté l’ensemble de la discographie du groupe, j’en étais resté depuis au Elephant Eyelash, seul album que j’ai jugé digne d’achat (je le repasse de temps en temps, il est vraiment excellent)  même s’il y a aussi de très bons titres sur Alopecia. Les albums suivants ne m’ont pas trop accroché, quant au Moh Lhean sorti cette année je ne l’ai carrément pas essayé,  la plupart des commentaires venant des fans eux-mêmes étant plutôt négatifs. Tout ça pour dire que si j’allais au Marché Gare en ce Samedi Soir, c’était surtout pour passer un moment avec un bon pote, tout en espérant une bonne surprise côté musique (comme c’est souvent le cas d’ailleurs, rappelez-vous de l’épisode Magma).

 

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La bonne surprise, ce fut d’abord de croiser Arnaud et la bUze qui complétèrent de manière inattendue et bien sympathique notre joyeux groupe. Ce fut ensuite une première partie fort éloignée de mes gouts traditionnel mais que je trouvais vraiment percutante.  Sur des sons electro bien lourds balancé par un duo triturant derrière une table l’un des machines, l’autre des platines, et complété par un guitariste noisy armé d’une collection de pédales d’effets, un chanteur hip hop à l’agressivité bien dosée viendra remuer un public peu nombreux mais rapidement conquis. Le concert d’Uzul Prod doit énormément au charisme du frontman qui en deux morceaux aura transformé sans se démonter les timides clappements de mains succédant à ses harangues en de véritables cris d’enthousiasme. Evidemment il est toujours frustrant de louper une bonne partie de l’intérêt de ces morceaux en ne comprenant qu’une parcelle de ce que le bonhomme raconte - je ne suis pas terrible en anglais à la base, alors dans le cadre d’un flow ininterrompu de vocabulaire populaire à moitié couvert par une musique bien puissante c’est carrément mission impossible. Mais j’ai bien aimé l’équilibre des sons, entre des scratches mesurés (j’ai habituellement horreur de ca), une piste de batterie bien travaillée (elle ne faisait presque pas regretter l’absence d’une vraie batterie, bien que cela eut été un gros plus) et un très bon guitariste dont les parties, qu’elles soient discrètes ou violemment saturées, se détachaient bien du reste et donnait au groupe un côté rock indus qui ne pouvait qu’emporter mon adhésion (j’ai pensé à plusieurs reprises à Trent Reznor ou RATM).  Pas sûr de retrouver l’énergie de ce concert dans l’album d’Uzul Prod sorti cette année (Continental Drifts), mais ça se tente…

 

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Après l’inévitable pause houblonnée où j’évoque des souvenirs lointains avec Arnaud - le hasard fait qu’il était à Marseille pour les 3 dernières années sur 15 que j’ai passé dans cette ville, et que nous avons probablement hanté les mêmes soirées infirmières au 116, seule boite estampillée rock du coin – nous voilà de retour dans la salle, où nous nous plaçons sans problèmes au premier rang, devant la batterie (évidemment). Affluence lyonnaise maigrelette en ces week end prolongés, dirait-on.  Why ? évolue ce soir en quatuor : Josiah Wolf à gauche derrière sa batterie, Doug McDiamid et Matt Meldon au fond derrière leur clavier (une guitare à portée de main), et Yoni Wolf à droite derrière son micro et ses machines. Tout le monde derrière son instrument, et au centre…. Personne ! Cette configuration était plus qu’étonnante, elle laissait un grand vide qui illustrait malheureusement pour moi pas mal la musique. Des claviers, de la batterie électronique, des percussions et du chant, mais si peu de groove, si peu de guitare (quelle différence avec le concert de 2012, à 7 musiciens, où Doug alternait avec autant de brio basse et guitare !)… Certes les voix étaient belles (les quatre musiciens sont  très bons chanteurs), certes le batteur est exceptionnel (1), mais les deux premiers tiers du concert - essentiellement consacré à Moh Lhean, logique - m’ont semblé très mollassons : bref vous l’aurez compris, même si observer  Josiah Wolf est toujours impressionnant, je me suis plutôt ennuyé, à l’exception du toujours plaisant « Gemini (Birthday Song) » qui m’aura fait redresser l’oreille au milieu de ce tas de chansons inconnues.

 

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Lorsque Yoni Wolf prend une basse et vient enfin se placer sur le devant de la scène (pour « White English » ?), le concert prend une autre ampleur, mais il est déjà un peu tard pour que je raccroche. Quelques bons morceaux plus tard, le groupe remercie un public ravi et nous quitte après une très jolie ballade (« the Barely Blur »). Le rappel sera surprenant, puisque Why ?, prenant le contrepied du concert qui vient de se dérouler, se regroupe autour d’un micro devant la scène et interprète trois titres en acoustique : juste du chant, une guitare et un peu de caisse claire. C’est d’autant plus sympa que les chansons sélectionnées sont parmi mes préférées, avec en point d’orgue de la soirée « Yo Yo Bye Bye ».  Après un « Simeon's Dilemma » bonus exécuté de la même manière, c’est l’heure du bilan avec les amis. J’aborde d’abord Mickael (alias Angil), pour me renseigner sur ses projets actuels, lui qui fourmille toujours d’idées variées et surprenantes. Venu de Saint Etienne spécialement pour voir son groupe fétiche, il a adoré ce concert. Même avis du coté de Aline et Fred (c’est la 4eme fois qu’il voit Why ?, et la meilleure selon lui), un peu moins d’enthousiasme pour Arnaud et Rémi, mais bon, il semble que je sois le seul mauvais coucheur de la bande. Il ne me reste plus qu’à attendre le prochain concert pour me rattraper, et ce ne sera malheureusement pas Arcade Fire aux Nuits de Fourvière : j’étais aussi le seul con à l’autre bout du monde quand les places ont été mises en vente…

 

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(1)    Je l’avais déjà remarqué la dernière fois, et tout le monde est unanime sur ce point : Josiah Wolf est sans doute l’un des meilleurs batteurs en activité, par sa technique mais aussi la maitrise et l’originalité de son jeu. Il est cependant bizarre que ce soit le premier et principal argument des gens quand on leur demande leur avis sur le concert de Why ? 

 

Exemple de Setlist de la tournée, probablement très proche de celle jouée au Marché Gare :

Easy - This Ole King - Proactive Evolution - These Few Presidents - These Hands – Strawberries - Gemini (Birthday Song) - January February March - One Mississippi - Song Of The Sad Assassin / Gnashville - The Vowels Pt. 2 - White English - The Longing Is All - George Washington - The Water - The Barely Blur //  The Hoofs - Yo Yo Bye Bye // Simeon's Dilemma

 

 

3 Courts extraits filmés au Marché Gare: Uzul Prod, Why ? et Why? en acoustique:

 

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01 juin 2017

GROUPE DOUEH & CHEVEU - Jeudi 25 Mai 2017 - Epicerie Moderne - FEYZIN

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Pas plus reposé qu’avant la soirée Born Bad au début du mois (bien au contraire), je ne me posais cependant pas la question de savoir si j’allais me rendre à l’Epicerie Moderne voir sa suite. Le Dakhla Sahara Session tourne en boucle chez moi depuis sa sortie et je n’aurai raté sa présentation sur scène par Cheveu & Groupe Doueh pour rien au monde. Denis se propose même de m’y conduire, je dois dire que ça tombe à pic. Nous serons au final un bon groupe d’habitués à y aller (dont Damien) mais le public sera plutôt maigre, surtout pour une soirée estampillée Nuits Sonores à bas prix. Me voilà donc très tôt sur le parvis de l’Epicerie, à profiter des beaux jours et des discussions entre amis en attendant d’aller découvrir la première partie que personne ne connait.

 

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Il s’agit d’un trio nommé Bégayer constitué d’un batteur jazz (jouant parfois à main nues) et de deux musiciens jouant sur des instruments à corde bricolés à partir de bidon ou de boites à sucre métalliques. L’ensemble évolue dans un registre folk africain répétitif pas désagréable, même si le coté authentique (chant français avec accent, matériel bricolé, vieilles radios) semble parfois un peu artificiel. Les chansons aux tempos rapides sont plus efficaces et leur coté hypnotique arrive à nous faire voyager pendant le court moment que dure le set.

 

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Petite pause rafraichissement qui s’éternise un peu trop à mon gout. Je me précipite dans la salle au moment où retentissent les premières notes de « Hamadi » qui lance le concert tranquillement. Au centre de la scène se tient Halima Jakani, femme de Doueh et chanteuse principale (et impressionnante) de la soirée. A sa gauche le jeune Omar Laabadi qui assurera aussi beaucoup de chant, et du Jjembé à quelques reprises, et à sa droite David Lemoine derrière quelques machines. Derrière eux, et donc complètement dissimulés, les deux autres compères de Cheveu (Olivier Demeaux aux machines/synthés et Etienne Nicolas à la guitare), avec à leur droite El Waer Baamar aux claviers (de ce son un peu cheap assez caractéristique de ce style de musique africaine) et à leur gauche Selmou Baamar, alias Doueh.  Disons-le d’emblée, j’ai trouvé que le leader et guitar hero Saharien était le principal point faible du concert, ce qui est quand même dommage. Droit comme un i et le visage imperturbablement fermé, Doueh tartine à tout va des solos mixé un peu trop fort, avec un son aigu qui gâche parfois l’équilibre général (surtout quand il joue du Tinidit). Heureusement les deux chanteurs du groupe aux avants poste sont éclatants de maitrise et souriants, l’ensemble restant quand même un peu trop statique à mon gout. La part laissée à David Lemoine est trop congrue, il manque un peu de Cheveu dans tout ça, et le début du concert n’apportera pas le bonus espéré aux versions studio des titres, à l’image du redoutable  « Tout Droit » un peu timide sur les bords. On sent bien que la mise en place, délicate, n’autorise pas l’improvisation ou même les débordements excessifs : chacun reste concentré sur sa partie, et la symbiose n’est pas évidente entre les deux groupes (1).

 

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Trêve de bémols, les titres restent très bons et nous avons droit à plusieurs reprises à des chansons traditionnelles inédites du Groupe Doueh qui ajoutent de la fraicheur à la setlist. L’ambiance va d’ailleurs monter d’un cran à partir du single « Moto 2 Places » accueilli avec grand enthousiasme par un public connaisseur, à la grande surprise d’un David Lemoine ravi et hilare (et sans doute bien défoncé). « Je Penche » gagnera enfin une puissance inédite sur scène, le reste sera impeccable jusqu’à un « Bord de Mer » prolongé façon électro,  sans hésitations le meilleur passage du concert. On regrette que la formation n’aie pas pu retravailler d’autres chansons de cette manière, il y avait sans doute moyen de rajouter facilement un peu de piment à la soirée. C’est finalement d’une autre manière que cela se produira, puisque Doueh et El Waer se lancent dans un morceau en duo tandis qu’Omar et Halima se mettent à danser avec enthousiasme. David essaye de les imiter, ce qui arrachera le premier sourire de la soirée à Doueh. Dans son élément avec ce morceau improvisé festif, il restera d’ailleurs détendu tout au long de cette séquence, qui verra tout le groupe à l’exception du duo se mêler au public pour une séance de danse vraiment sympathique. Lorsque Groupe Doueh saluera l’assemblée depuis la scène, les trois compères de Cheveu restés dans le public mêleront leurs applaudissements aux nôtres. Assez symbolique d’une soirée placée sous le signe du désert, qui aura tenu les promesses d’un album impeccable sans offrir beaucoup d’autres surprises. 

 

(1)    Nous ne remarquerons pas cependant d’hostilité particulière, à l’inverse d’une rumeur d’après concert évoquant des Cheveu et des Doueh à couteaux tirés… 

Setlist : Hamadi – Azawan – Groupe Doueh 1 – Tout Droit - Groupe Doueh 2 – Moto 2 Places – Je Penche -  Ach’had Lak Ya Khay – Charâa – Charâa Final - Groupe Doueh 3 – Bord de Mer - Groupe Doueh 4

 

PHOTOS DU CONCERT PARISIEN

 

Posté par Hello-Darkness à 22:13 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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