Blinking Lights (and other revelations)

20 février 2017

the Rolling Stones - Binge Stoning Part I

 

Denis a pris comme bonne résolution en début d’année de me convertir à l’electro. Je ne sais pas si il va y parvenir, mais il a d’ores et déjà relevé un défi au moins aussi difficile : me faire écouter l’intégrale des Rolling Stones, groupe qui ne m’a jamais intéressé au-delà des tubes les plus connus. Les Rolling Stones, c’était avant tout pour moi un groupe à singles, à la discographie très homogène, essentiellement basée sur du blues ou du rock n roll à l’ancienne. Il me fallait pourtant avoir une idée plus précise de leur carrière pour pouvoir apprécier à sa juste valeur l’article de Denis paru sur Pichenettes. Voici donc mon avis sur chacun des albums du célèbre groupe britannique, sanctionné pour la forme par une note dont voici le barème : 

 

A – Excellent

B – Bien

C – Pas Mal

D – Passable

E - Nul

 

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The Rolling Stones – un début de carrière placé sous le signe de reprises très classiques (j’en connais plein), avec une interprétation parfois encore maladroite. Les meilleurs titres sont plutôt en début de disque, et la seule compo n’est pas seulement la chanson la plus longue, c’est aussi la plus mauvaise. Sympathique « Walking the Dog » en clôture, mais qui ne vaut pas la version d’Aerosmith. D

 

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N°2 – Encore énormément de reprises sur ce disque, mais beaux progrès dans l’interprétation (« Time is on my side »), même si la version de « Suzie Q » est loin de celle des Creedence. Les compositions comme « What a Shame » ou « Off the Hook » sont cette fois à la hauteur des autres morceaux. C

 

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Out of our Heads (v americaine) – inaugure une période de gros bordel discographique, entre les versions anglaises et américaines aux tracklisting sensiblement différents. Va pour l’américaine, sur laquelle figure le tube « (I can’t get No) Satisfaction », qui annonce le basculement attendu : les compos sont cette fois meilleures que les reprises. Il faut dire que ces dernières semblent un peu moins bien choisies que sur l’album précédent, mais le groupe a tellement gagné en assurance que ça n’a pas trop d’importance : Mick Jagger, qui a achevé sa mutation en chanteur de classe mondiale, est capable de rendre intéressante la ballade quelconque « That’s how my Strong Love is ». Les influences sont parfaitement digérées, le bluesy « the Spider and the Fly » pourrait être une reprise, et le magnifique « Play with Fire » une compo. Out of our Heads aurait pu être le premier disque majeur des Stones, si toutes leurs chansons avaient été réunies sur une unique version : « i’m Free », « Heart of Stone », la jolie découverte (pour moi) « One More Try », « the Last Time », qui sont autant d’excellents morceaux… B/C

 

04

 

Aftermath (v anglaise) – l’album précédent le laissait espérer, les Stones (en l’occurrence le couple Jagger/Richards) signent l’ensemble des titres d’Aftermath. Parallèlement, le groupe en confiance désire se démarquer de son traditionnel style blues rock et tente l’utilisation d’instruments et de formats inhabituels, avec plus ou moins de réussite. On admire le Xylophone de « Under my Thumb » et le son de guitare de « Mother’s Little Helper », on est plus sceptique sur le Dulcimer ou sur les 11 minutes de « Goin’ Home » qui en constituent la seule originalité. Aftermath se distingue aussi par le jeu remarquable de Bill Wyman à la basse. J’y décèle une grande source d’influence pour pas mal de mes groupes fétiches, notamment le punk New Yorkais (Johnny Thunders ou Ramones,  qu’on entend par exemple sur « Out of Time »). Il y a cependant un grand déséquilibre entre les tubes très connus du disque (auxquels il faut ajouter « Paint it Black » datant des mêmes sessions) ou l’excellent niveau de la première moitié de la Face B et les chansons moins marquantes (sur la fin de l’album notamment) : Aftermath est plus inégal que parfait. B

 

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Between the Buttons (v americaine) – Version américaine obligatoire, il n’était pas question de me priver de « Let’s Spend the Night Together » et « Ruby Tuesday », qui sont peut-être mes chansons favorites des Stones. Un morceau plutôt rock et une ballade, voilà qui illustre deux facettes du groupe exploitées avec savoir-faire et alternativement sur Between the Buttons, bien que l’écart soit encore grand entre les deux tubes mentionnés et les autres chansons. On sent l’album récréatif, les Stones semblant ne pas trop forcer leur talent, à l’exception de la construction un peu plus complexe de « Cool, Calm and Collected » lorgnant vers les Beatles, ou du brass band sur « Something Happened to me Yesterday », paradoxalement deux chansons parmi les plus barrées de l’album. Ceci dit, Between the Buttons est à mon gout largement à la hauteur de ses prédécesseurs : il y a pas mal de piano, et l’aspect foutraque de l’ensemble m’a un peu évoqué les Who, or il n‘y a pas grand-chose que j’apprécie plus dans le rock que le piano et les Who. Et puis il n’y a aucun passage médiocre dans ce disque, les chansons les plus anecdotiques étant très courtes, ce qui évite tout temps mort. Un bon album donc, mais on est loin du chef d’œuvre….  B

 

05

 

Their Satanic Majesties Request – Envie de se mesurer aux Beatles et leur Sergent Pepper, de le moquer, découverte de nouvelles drogues, carte blanche donnée à des stars assurées de cartonner quelle que soit leur production ? Je l’ignore, mais en tout cas la promesse faite par cette pochette psychédélique (avec photo lenticulaire en relief, que je cherche donc désespérément à acquérir en vinyle) est entièrement tenue : démarrant sur une « Sing this Together » brinquebalante, avec des grelots, des chœurs béats et un piano expérimental, l’album propose un voyage au pays des rêves embrumés à coup de percussions et cordes tibétaines, de chant vaporeux, de cris et dialogues divers, alternant improvisations sans filet et refrains inspirés, dont celui de « She’s a rainbow », incrusté à vie dans la tête des téléspectateurs par un publicitaire malin ; Voilà qui a surement influencé tous les groupes auxquels on a accolé l’adjectif psyche, depuis le folk délirant de Gong quelques années après jusqu’au garage déjanté des Thee Oh Sees en porte étendards modernes. Dans le genre, que j’affectionne assez, c’est plutôt réussi, Their Satanic Majesties Request étant même le premier album véritablement homogène des Rolling Stones. Mais on y perd les tubes, principale force de frappe du groupe jusqu’alors. Et un classique sans tube, c’est comme une soirée sans gonzesses : sympa, mais frustrant. .  B

 

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Beggars Banquet – on a demandé un disque homogène, avec des tubes ? et bien le voici ! La barre est placée haut d’emblée avec « Sympathy for the Devil », tout simplement parfait : percus magistrales, basse au top, solo de guitare génial, piano idéal, chant inimitable, avec une montée en puissance progressive, on tient sans doute le sommet de la carrière des Stones. Si je ne suis pas très fan de « Street Fighting Man » qui manque de mélodie à mon gout (chant du refrain sur deux notes), je le remplace aisément par le très efficace « Stray Cat Blues », sans compter l’incroyable ballade de clôture « Salt of the Earth », belle à pleurer. Dans un registre folk blues ou brillent guitares acoustiques et slide, les Rolling Stones sont éclatants de maitrise et tiennent enfin leur disque majeur, tant quasiment rien n’est à jeter sur Beggars Banquet (« Dear Doctor », peut être ?). En contrepartie, si le disque précédent partait un peu dans tous les sens, on regrette ici une trop grande sagesse. Etonnant que cet album souvent mou du genou ait été l’influence principale du plus virulent des groupes des 80’s (surnommé d’ailleurs les Rolling Stones des 80’s) : mes chers Guns N’Roses. .  A/B

 

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Let it Bleed – cette fois, on y est : les Stones ont gardé toutes les qualités de l’album précédent, en y injectant une bonne dose d’énergie, batterie et guitare électrique s’en donnant à cœur joie sur un Let it Bleed rejoignant le club fermé des disques qu’on pourrait quasiment mettre intégralement dans un Best of. Débutant sur la meilleure intro de tous les temps - celle de « Gimme Shelter », titre génial, je ne vous apprends rien - il déroule des standards blues rock qu’on ne présente plus, au rang desquels l’ultra groovy « Midnight Rambler » et ses magnifiques changements de tempo, avant de nous achever sur « You can’t always get what you want », ses chœurs féériques et son orchestration grandiose. Le chant de Mick Jagger y est plus intense que jamais, les arrangements mieux dosés qu’auparavant (la mandoline de « Love in Vain ») et je me paye même une jolie découverte avec le blues rock de caractère « Monkey Man ». Seuls regrets, la version country de « Honky Tonk Women » (le violon y est crispant) au lieu de la bonne vieille version rock, et le morceau donnant son nom à l’album, qui par son coté trop classique en devient le moins bon extrait. On frôle donc la perfection, mais ne faisons pas la fine bouche : ce serait dommage s’agissant des Stones. A

 

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17 février 2017

the DANDY WARHOLS - Mardi 14 Février 2017 - Epicerie Moderne - FEYZIN

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Je suis assez chanceux que ma femme n’accorde pas d’importance à la St Valentin, et qu’elle n’ait donc pas été contrariée que je la passe avec la BuZe plutôt qu’avec elle… Nous voici arrivés à l’Epicerie Moderne où nous garons la Buzemobile à un emplacement secret tout proche, ce qui est bien pratique car le concert affiche complet et nous sommes un peu en retard.  La première partie, le groupe Telegram dont je n’ai jamais entendu parler,  a d’ailleurs déjà commencé quand nous rentrons dans la salle.

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Sur la photo noir et blanc qui illustre l’intérieur de leur premier album, on croirait voir la réunion improbable de John Entwistle, John Bonham, Iggy pop et Michael Bruce. Il y a un peu de tout ça dans leur garage retro et bien puissant, batterie sévèrement avoinée et surtout une excellente basse très en avant. Les compos sont vraiment bonnes et efficaces, à part un dernier morceau à moitié prog un peu bizarre, et je suis conquis par ce jeune quatuor Londonien que j’aurai bien écouté quelques minutes supplémentaires.

 

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Après le rafraichissement de rigueur, nous ne tardons pas à regagner la salle pour avoir une place pas trop mauvaise, et nous voici bien au centre pour l’entrée en scène des Dandy Warhols, qui attaquent leur concert par le vieux et très bon titre « Be-In », précédé d’une intro atmosphérique  pour nous mettre dans l’ambiance. J’ai découvert le groupe comme beaucoup avec Thirteen Tales from Urban Bohemia (un de mes albums fétiches), apprécié les deux précédents, ai suivi avec de moins en moins d’intérêt la suite de leur carrière jusqu’à décrocher complètement il y a une dizaine d’années (je n’ai même pas écouté les deux derniers albums). Je les avais aperçu il y a 15 ans en première partie de Bowie pour un bon concert au gout de trop peu, aussi avais-je très envie de les voir dans un lieu approprié, certain d’avoir droit à une setlist best of. La bUze découvrais quant à lui le groupe à l’occasion de cette soirée, ce qui n’était pas forcément, on le verra, un bon calcul. Chose rare et agréable, les quatre musiciens jouent en ligne, tous sur le devant de la scène. Il y a, de droite à gauche, le discret guitariste Peter Holmstrom, ressemblant vaguement à un être elfique avec ses longs cheveux et son chapeau orné de plumes,  le chanteur guitariste à la moue j’m’en foutiste Courtney Taylor Taylor, le batteur Brent deBoer dont les rythmiques sont si simples qu’il peut assurer à la perfection toutes les secondes voix, et enfin Zia McCabe aux claviers, tambourin et basse. Ah, Zia, sa coupe carrée plongeant et ses bretelles, le simple fait de la voir se trémousser avec un grand sourire aura déjà fait ma soirée.

 

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Les Dandy Warhols vont tranquillement dérouler une setlist composée essentiellement de leurs deux chansons (celle mid tempo avec quatre accords et un chant embrumé, et celle plus lente avec deux accords et un développement psychédélique) et parsemée de tubes vaguement Stoniens qui raviront un public conquis d’avance, moi compris.  Quelques originalités, comme le super passage quasi electro prolongeant « I Love You » ou le cours moment du leader en solo acoustique, viendront briser la linéarité du concert, sans empêcher l’attention de baisser à quelques reprises. Les Dandy Warhols réserveront leurs meilleures cartouches pour un final enchainant quatre vieux tubes, et se barreront avec un salut nonchalant sans faire de rappel. Comme prévu,  le concert n’aura pas été transcendant mais terriblement cool, attendu que les Dandy Warhols sont le groupe le plus cool du monde.  La bUze, désabUzé, dénonce une escroquerie. Autant se plaindre que les Swans sont trop bruyants ou que Mogwai ne chante pas assez…

 

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Fin de soirée au bar et petit détour au merchandising où les quatre membres de Telegram, visiblement ravis de leur date Lyonnaise, sont tout heureux de me dédicacer Operator, leur premier album (un deuxième est en cours de préparation). Il ne me reste plus qu’à rentrer pour voir si j’ai réussi à faire une photo potable de Zia avec mon portable démodé. 

 

Setlist : Be In - Crack Cocaine Rager - Get Off - Not If You Were the Last Junkie on Earth - STYGGO - I Love You - Catcher in the Rye - Plan A - Holding Me Up - Every Day Should Be a Holiday (solo acoustique) - Welcome to the Monkey House (solo acoustique) - Good Morning - Everyone Is Totally Insane - You Are Killing Me - We Used to Be Friends - Bohemian Like You - Godless - Pete International Airport / Boys Better

 

  

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12 février 2017

# 043 / 221

 

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Comme les plus belles rencontres, celle avec Kristin Hersh se fit par hasard. Une compilation nommée Anakin (dont j’ai déjà parlé), que j’achetais parce que c’était celle du label des Pixies (4AD) et parce qu’elle était quasiment donnée par l’un de mes habituels bouquinistes Marseillais. Dessus (entre autres), le magnifique titre « Gazebo Tree » pour présenter le second disque de Kristin Hersh, Strange Angels, sur le point de sortir (on est donc en 1998). Puis l’emprunt à la médiathèque, pour voir, de ce premier album, Hips and Makers : coup de foudre immédiat, enregistrement intégral sur une face de cassette et écoute en boucle. 

Hips and Makers est sans doute l’un de mes dix disques favoris. Encore aujourd’hui, à la réécoute, je ne lui trouve aucun défaut. Un album lunatique, comme le dit cette chanson (« A Loon ») qui fait succéder à la violence d’accords martelés l’apaisement d’arpèges, la voix à l’avenant. Il y a des tripes et des larmes, il y a l’attente insupportable et la rage soudaine, il y a l’alcool et la poésie, un peu de blues et un peu de folie, en un mot : de la passion. Il y a une guitare folk magique, des accords simples en boucle et des arpèges impossibles, parfois un peu de violoncelle en guise de caresse. Il y a le chant inimitable et captivant de Kristin Hersh qui ne sait raconter que ce qu’elle est. Il y a ce single, « Your Ghost », le premier et le plus connu de la songwritter, par la présence en seconde voix de Michael Stipe, juste sur les refrains, dans l’ombre et pourtant lumineux, l’un des plus beaux et judicieux featuring que j’aie entendu. Par la suite Kristin Hersh sortira de nombreux disques, plus ou moins produits, plus ou moins dépouillés, quasiment tous superbes (1), mais n’égalant jamais cet éclatant chef d’œuvre. 

(1)    Comme le plus souvent avec mes artistes fétiches, on ne les retrouvera pas sur ces cassettes, puisque je les achèterai en CD au fur et à mesure de leurs sorties

  

 

 

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Je suppose que je me suis intéressé aux Jesus and Mary Chain à la suite des Pixies qui reprenaient « Head on » sur Trompe le Monde et les citaient comme leur principale référence. Lorsque je regarde mon fichier,  je m’aperçois que j’ai emprunté très vite l’ensemble de la discographie du groupe, la plupart du temps avec une bonne part de l’album retenu. Et pourtant, bizarrement, je ne suis jamais devenu un fan du groupe, je n’ai acheté les CD que très récemment (à la faveur d’une intégrale rééditée à bas prix), et je les sors très rarement. Cela fait partie des groupes que j’ai écoutés plus pour ma culture que par gout. En cause un univers un peu obscur, ou tout du moins qui n’accrochait pas l’ado que j’étais (manque de féérie…), et puis sans doute n’avais-je pas le recul nécessaire pour apprécier à la fois l’apport du groupe écossais à la musique des 90’s et la synthèse remarquable de différents courants du rock passé dans leurs compositions. Inspirés clairement par le Velvet Underground, les Jesus and Mary Chain couplaient du rock bien lourd, voir un petit côté indus par moments, avec une pop entrainante et un chant plein de morgue pour un cocktail appelé dorénavant Noisy Pop. Ajoutons à cela le cliché des frères ennemis se bouffant le pif quand ils n’étaient pas occupés à mépriser de toutes leur force un public conquis, et la légende était lancée.

Celle-ci est déjà écrite, voire déclinante, quand sort en 1992 leur 4eme album Honey’s Dead (clin d’œil à leur premier single ?), dont j’avais retenu une grosse moitié. Commençant avec le très appuyé et inspiré « Teenage Lust », tout en rythmique lourde et saturée, la cassette se poursuit sur des morceaux se teintant progressivement de pop, « Tumbledown » ou « I can’t get enough » nous rappelant furieusement la myriade de groupes qui les ont plagiés sans vergogne ces dernières années, the Pains of Being Pure at Heart en tête. Preuve que leur influence, bien que diluée par les années, est loin d’avoir disparu. 

 

 

On repère aussi dans ce « I can’t get enough » une touche de Mercury Rev première période, ce qui fait une transition toute trouvée avec  « Pink Floyd Poster », ultime titre du Hot Saki & Bed Time Stories chroniqué cassette précédente. Catherine a beau être un groupe mineur (de noisy pop, donc), il produit ici un très beau morceau mélodique à mi-chemin entre les rêveries du groupe de Jonathan Donahue et le rock alternatif des Pumpkins.

  

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Je n’ai jamais eu une grande culture cinématographique, et je m’en remettais à l’époque de cette cassette aux gouts de mes ainés qui fréquentaient les cinémas bien plus que moi (ce n’était pas difficile).  J’ai parlé de Gadjo Dilo, découvert lors de mes convois humanitaires en Roumanie, et c’est ce même groupe d’amis qui me fit m’intéresser à Apocalypse Now.  Lionel, l’un des ainés de l’association, qui était pour moi une sorte de grand frère idéal, était un passionné d’histoire, surtout des guerres modernes (2eme guerre mondiale, Viet nam, Guerre froide). Il avait une grande fascination pour les militaires (d’ailleurs il avait adoré son service), et ne manquait pas de projeter cet imaginaire dans nos longs trajets en convoi au travers de l’Europe, rejouant ou citant en permanence des  scènes ou dialogues de ses films favoris, notamment Apocalypse Now.

Un film que j’avais apprécié autant que je m’en souvienne, c’est-à-dire assez peu mis à part quelques scènes cultes (Apocalypse Now n’est pas devenu un de mes films fétiches, je crois d’ailleurs que je n’en avais pas compris toute la portée symbolique). Du cours extrait de la BO ici présent, figurent quelques instrumentaux  tout en tension assez évocateurs, la fameuse « Ride of the Valkyries » qu’on a du mal aujourd’hui à ne pas associer à une armada d’hélicoptères, et « Suzie Q » mais à priori dans sa version originale, pas celle de Creedence (maintenant que j’y pense j’attendais plutôt « Green River », mais en fait c’est dans Forrest Gump que cette chanson de Creedence est associée à une scène d’hélicoptère pendant la guerre du Viet Nam). Et puis bien sur l’inévitable « the End » des Doors (mon titre favori d’un groupe dont je suis peu friand), ici recouvert par moments par des bruits de pales ou de jungle, avec un effet assez saisissant. Ces quelques minutes de Bande Originale auront suffi à faire remonter à ma mémoire pas mal d’images du film, ainsi que sa moite et glauque ambiance générale : une réussite incontestable donc. 

 

 

Pour finir sur une note plus douce, une B-Side des Smashing Pumpkins période Adore, du temps révolu où quasiment tout ce que faisait Corgan était bon. « Czarina » est donc une jolie ballade, quoique moins indispensable que « Once in a While » qu’on retrouvera en début de cassette suivante.

 

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09 février 2017

Kristin HERSH - Wyatt at the Coyote Palace

 

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La bonne chronique de Thom consacré à Wyatt at the Coyote Palace insiste sur le côté indépendant de Kristin Hersh. Je ne vais pas le contredire, j’ai moi-même été très admiratif de ce purisme rare, comme le montre ce vieil article sur l’un de mes albums favoris de la songwritter. Il y a cependant plusieurs  dangers à se priver de tout regard extérieur, et si jusque-là Kristin Hersh  avait su brillamment les éviter, Wyatt at the Coyote Palace vient prouver que même l’expérience la plus reconnue a ses limites.  Le premier danger, c’est le recul sur son propre travail : faire le tri sur des compositions qu’on trouve par essence toutes dignes d’intérêt se révèle une vraie gageure, aussi est-on tenté lorsqu’on est libre de toutes contraintes de laisser l’auditeur faire son choix. Je n’ai pas toujours pensé cela, mais je suis persuadé aujourd’hui qu’il vaut mieux perdre quelques bons titres au profit d’autres dispensables dans un choix assumé plutôt que tous les présenter en bloc. Les bons morceaux présents sur l’album n’en seront que plus mis en valeur, et le fan sera tout heureux de retrouver les autres à la faveur d’un concert ou d’une compilation. 

Le plus gros défaut du disque, c’est donc sa longueur : 24 titres épuisant l’auditeur, ce qui est d’autant plus dommageable qu’une bonne partie des meilleurs morceaux me semblent en fin d’album. Deuxième danger, c’est le tic d’écriture, les redondances qu’il est difficile de repérer quand on bosse seul, à fortiori quand la production se veut minimaliste. Ainsi Wyatt at the Coyote Palace est-il non seulement trop long, mais aussi beaucoup trop répétitif, ce qui a pour effet de noyer les titres majeurs dans une masse de chansons sympathiques dont on a le plus grand mal à les extraire, à l’exception de quelques évidences, comme « Day 3 » ou « From the Plane ».  Difficile de juger un morceau comme « Soma Gone Slapstick » quand c’est la énième fois que la même rythmique est utilisée (par exemple sur « Green Screen »).  C’est assez frustrant car, soyons clairs, Kristin Hersh a écrit majoritairement, sur ce disque comme dans sa carrière solo en général, des bonnes chansons. Mais quand un de vos plus fidèles fans doit se motiver pour écouter votre dernier disque, c’est qu’il a quelque chose de raté, non ? Wyatt at the Coyote Palace aura quand même eu le mérite, pour les besoins de l’article, de me replonger dans Crooked, album précédent trop peu écouté (pour cause de parution virtuelle), et qui à mon avis, par une production plus riche et une sélection restreinte de 10 titres, valorise bien mieux ceux-ci : la plupart sonnent d’ores et déjà à mes oreilles comme de grands classiques. Un destin qu’on peine à imaginer pour leurs copains de 2016 mais, qui sait, au détour d’une captation live… Après tout, si on suit encore Kristin Hersh après toutes ces années, c’est aussi pour sa capacité à savoir surprendre tout en restant la même.

 

 

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07 février 2017

E-GRAND + KALL + HELLO DARKNESS - Vendredi 03 Février 2017 - Toï Toï le Zinc - VILLEURBANNE

 

Hello Darkness en pleine forme

Hello Darkness en pleine forme, avec des guitaristes Class et une paire rythmique Comics

 

C’est bien après notre inscription au Tremplin Rock N’ Stage que nous avons eu une nouvelle proposition de concert, du genre qui ne se refuse pas : la première partie de E-Grand et Kall au Toi Toi le Zinc, salle bien connue de Villeurbanne où je n’avais pourtant jamais eu l’occasion d’aller. Un   enchainement inédit de deux concerts pour Hello Darkness, qui cumulé aux fatigues habituelles (boulots, gamins etc…), voyait quatre papa bien crevés se retrouver pour une unique répète d’entre deux dates. C’était bien là la principale source de stress que j’éprouvais, qu’un de nous ne s’écroule avant le jour J, victime notamment du taux de microbes incroyable sévissant à Lyon ces dernières semaines. Rien à voir cependant avec l’angoisse précédant la date du Ninkasi, d’autant que la setlist sera déroulée sans aucun accroc pendant la répète.

 

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les balances d'E-Grand...                                                            la bouffe Backstage d'avant concert

 

Après quelques échanges de mails nous avions décidé du matériel à mettre en commun entre les trois groupes, le choix s’étant notamment porté in fine sur ma batterie (je suis vraiment le dernier des cogneurs à utiliser trois toms…), ce qui avait comme inconvénient de me transformer une fois de plus en déménageur et de devoir arriver en premier sur les lieux du concert, mais comme avantage de me rassurer. Le reste de mon appréhension s’évanouira à la vue de mes potes arrivant détendus au Toi Toi, mais aussi grâce à l’accueil formidable que nous réserveront les autres groupes et les responsables de la salle, aux antipodes de l’organisation du Rock N Stage. Charles, leader de Kall et organisateur du concert, était ultra souriant et motivé, quant au personnel du Toi Toi il fut extrêmement serviable et agréable, notamment Arthur à la régie et Samuel aux lumières. Ajoutons Giles que nous avions embauché pour faire le son, et qui fera un excellent travail : l’installation fut un peu longue, mais chaque groupe aura eu tout le temps et l’attention nécessaire pour de vraies balances, jusqu’à ce que chacun soit satisfait. L’accueil ne s’arrêtait pas là : tickets boissons en quantité et repas arrosé offert, voilà qui achève de détendre l’atmosphère et qui nous permettra de faire un peu mieux connaissance avec les autres musiciens. Coté public, nous avions grillé toutes nos cartouches deux semaines auparavant, et craignions une salle un peu vide, surtout pour notre concert qui lançait la soirée vers 20h30. En fait l’affiche a attiré pas mal de monde, 75 entrées payantes, ce qui était très plaisant et aura été une jauge largement acceptable pour le Toi Toi. De mon côté, j’ai pu compter  sur la présence de Mélaine, accompagnée d’une amie, mais aussi la venue surprise de Stéphane, ex collègue de boulot, dont l’avis sera appréciable (il est batteur et nous a déjà vu à plusieurs reprises il y a quelques années).

 

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 HELLO DARKNESS

  

On s’encourage dans les coulisses avant que la salle soit plongée dans le noir, signe que l’heure d’entrer en scène est arrivée. Nous attaquons notre concert par « Our Anthem », morceau récent qui passe sans problèmes, ce qui permet d’envisager la suite de la setlist sereinement. C’était sans compter le paramètre « bière » qui va faire effet dès le titre suivant (« Katrina Ghost »), où je m’arrête un couplet trop tôt. Par la suite, les tempos très accélérés (comme souvent en concert) et la chaleur torride m’en feront baver, avec pas mal de pains et l’impression d’être toujours limite et trop crispé pour être vraiment carré. Pas de grosse catastrophe cependant, à l’exception d’un « Young (Lullaby) » vraiment trop rapide que j’abandonnerai en cours de route. Parallèlement à ces difficultés, l’ambiance est vraiment sympa, quelques blagues et une intervention de Seb pour l’anniversaire de Julien, ainsi que pour refiler mon tel à « ma femme dans le public » pour des photos (j’y vois pas à deux mètres avec la fumée et les éclairages).  Le son sur scène est excellent, ce qui me permet cette fois d’écouter les autres qui semblent bien s’éclater et maitriser leur sujet. Il y d’ailleurs pas mal de morceaux qui passent bien, notamment les deux derniers « Endless Rain » et « Beating Heart », Damien étant suffisamment à l’aise pour nous inviter à le suivre sur quelques minutes d’improvisation en final appuyé. Après le concert je me montre un peu déçu de ma prestation, attendu que ces conditions parfaites auraient dû déboucher sur un concert parfait, mais avec le recul c’est un peu stupide de ma part. Je ferai mieux de positiver, étant donné que nous nous sommes bien amusés et que les retours du public comme des membres des autres groupes étaient vraiment positifs.  Damien était comme moi légèrement frustré, Julien plutôt satisfait et Seb aux anges (il faut dire qu’il a ensuite passé une bonne partie de la soirée à tamponner des filles à l’entrée, le bougre).

 

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KALL

 

Kall ralenti le tempo et propose un voyage prenant aux accents bluesy et americana pop. Un concert d’une grande cohérence, avec une musique aérienne et inspirée, dont l’épure pourrait être un exemple d’amélioration pour notre groupe. Les parties de chaque membre du trio - guitare (jolie Gretsch) basse batterie – sont lisibles et complémentaires, le chant est assuré, l’ensemble construisant une ambiance avec pas mal de personnalité et une impression d’espace agréable, qui aura complétement séduit le public. E-Grand achève la série de concerts dans un rock-folk mid tempo élégant évoquant par exemple REM. Je ne suis pas forcément un grand fan du genre, mais si un ou deux morceaux m’ont laissé de marbre, une majorité du concert m’a plu, certains titres étant carrément excellents : je pense à l’ouverture « She Lives On », donnant d’emblée sa tonalité au set, à la fois mélodique et dynamique, au magnifique single « Here they Come » ou à l’entêtant « Call of Life », point final relevé autant que sommet de la soirée. Là encore, il faut profiter de l’expérience du groupe, qui vient de sortir son deuxième disque intitulé Here they Come, pour progresser. Il y a trois guitares, et pourtant tous sonne clairement, aucune impression de surcharge mais au contraire un subtil jeu de réponses et d’associations entre solos délicats, rythmique simple et le fond acoustique de la douze cordes du leader Didier Frahier. Sa voix parfaitement posée aux accents mélancoliques témoigne d’un vécu qui nous fait encore un peu défaut, et vu du public le concert semblait maitrisé du début à la fin, ce que s’empresseront de relativiser certains membres du groupe dans les sympathiques discussions d’après concert que nous aurons avec eux.

 

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E-GRAND

 

A l’issue d’une soirée aussi enrichissante et conviviale, on aurait envie de remercier chaque membre de Kall, de E-Grand et de l’équipe du Toi-Toi. Ils le savent déjà, mais répétons-le : pour un nouveau concert avec eux ou chez eux, c’est quand ils veulent… Quant à Hello Darkness, nous allons souffler un peu, retravailler nos chansons à la lumière de ces deux concerts marquants, et prendre du plaisir à en créer de nouvelles.

 

SetlitsOur Anthem - Katrina Ghost - The Beat - Body Is A Weapon - Disorder - Steamroller - Young (Lulllaby) - Or sleeping - Endless Rain - Beating Heart.

 

Le TOÏ TOÏ , une salle très sympa, Restaurant le midi et Bar Concerts le soir: TOI TOI LE ZINC - 17-19 Rue Dutartre Villeurbanne

E-GRAND: Bandcamp - écouter Here they Come sur Deezer - Chronique d'Here they Come

KALL: Soundcloud - Clip de leur single assez pop, "There we Go"

HELLO DARKNESS: une video sympa de "Beating Heart" sur notre Facebook

 

 

 

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02 février 2017

HELLO DARKNESS - Video du Concert au Ninkasi Kao - 20 Janvier 2017

 

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Voici la video du Tremplin que nous avons réalisé il y a deux semaines, que j'ai décrit dans la foulée dans cet article.

Setlist:

Steam Roller - Katrina Ghost - the Beat - Disorder (Joy Division Cover) - Or Sleeping - Beating Heart

Deux titres foirés (Steam roller et Or Sleeping), et un mixage pas toujours optimal, mais cela donne une bonne idée de notre musique, et c'est plutot sympa!

 

 

Les Photos sont ICI

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27 janvier 2017

# 042 / 221

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Deuxième partie du Vitalogy, et pas de baisse de régime : je pourrais réécrire la même chose qu’en fin de rubrique précédente.  Trois compos rock simples et ultra efficaces, jouant sur l’énergie (quoique « Corduroy » se teinte aussi d’émotion) et deux splendides ballades (« Immortality » étant dotée d’un fameux solo de guitare), c’est Pearl Jam à son sommet et une constance dans la qualité inédite : les albums suivants seront tous plus ou moins inégaux, même si No Code puis Yield restent de haute volée. Mais nous verrons ca dans quelques temps…

 

 

 

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Ah, cela faisait un petit moment que nous n’avions pas eu affaire aux redoutables allemands fondateurs du Krautrock, Can. Rappelez-vous, après avoir savouré les débuts du groupe au travers des compilations Cannibalism et du Ege Bamyasi, nous nous étions morfondu sur sa fin peu reluisante (disques Saw Delight et Can). Entre les deux, figure Future Days. Un an après le superbe Ege Bamyasi, clôturant une quadrilogie d’expérimentations et de rythmes hypnotiques irrésistibles, Can change radicalement de genre et publie ce disque qui ne m’avait pas convaincu, c’est le moins qu’on puisse dire. Considéré comme un chef d’œuvre par certains, à priori premier disque du genre « Ambient » (encore une invention à mettre au crédit de ces hurluberlus), Future Days est surtout pour moi le début de la fin de ces géniaux cinglés qui brillent ici par leur…sagesse.

Bien sûr, il est difficile d’avoir le recul nécessaire quand on n’a réécouté que deux titres sur les quatre, et encore les moins importants (exit le titre introductif « Future Days », ainsi que la pièce maitresse de 20 minutes intitulée « Bel Air »). Mais bon, on ne peut pas dire que « Spray », qui porte bien son nom tellement il est vaporeux, m’ai spécialement bouleversé aujourd’hui. « Moonshake », plus groovy, m’a semblé plus sympathique. M’enfin 3 minutes sur un disque, c’est maigre. A réécouter en entier donc, mais il y a de fortes chances que je lui préfère son successeur, Soon Over Babaluma, qui sur une base tout aussi peu tendue propose des compositions plus marquantes.

 

  

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Et hop, un autre habitué de cette rubrique ! Après avoir réécouté les deux (bons) premiers albums du leader des Pixies en solo, voici donc le successeur, the Cult of Ray, dont j’avais enregistré les deux tiers, mais que j’ai encore réévalué depuis. Il faut dire qu’il est beaucoup moins facile d’accès, avec ses grosses guitares saturées qui partent dans des délires improbables mais qui témoignent d’une grande maitrise. C’est sans doute l’album le plus radical de Frankie, et ça commence dès l’introductif « the Marsist », délire extra-terrestre où Frank Black récite son texte dans un écho pas possible.    Des titres que j’avais retenu, seul « the Creature Crawling » et ses accents western est sur un lent tempo. Pour le reste, on oscille entre le gros punk bourrin (« Dance War »), et du rock assez puissant dont la guitare sort toujours gagnante à coup de riffs déments, le plus génial étant sans aucun doute celui du single « You Ain’t Me », l’un des plus efficace composé par Frank Black. On retiendra aussi les deux instrumentaux magnifiquement ciselés (toujours les guitares), l’un très rapide (« Mosh, don’t Pass the Guy ») et l’autre jouant sur une belle ambiance (« the Aventure and the Resolution »). En parlant d’ambiance, il y a sur the Cult of Ray une cohérence forte, une étrangeté raccord avec le titre et la pochette, passant par les expérimentations sonores, la complexité des compositions, les thèmes abordés et ce brin de folie qu’on ne retrouvera plus jamais sur aucun disque de Frank Black, bon ou mauvais. Ceci expliquant sans doute pourquoi je trouve que cet album a beaucoup de points communs avec Trompe le Monde, dernier fait d’armes des Pixies sorti 5 ans auparavant.

 

  

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Voici un groupe que seul les fans de Smashing Pumpkins (ou les amateurs de rock ayant vécu à Chicago dans les 90’s, ce qui revient au même) doivent connaitre. Outre qu’ils aient donc partagé la même scène, les deux groupes sont reliés par le fait que le batteur de Catherine, Kerry Brown, fut le très envié mari de la bassiste d’Arcy Wretzky du temps où sa blondeur faisait rêver les adolescents mélancoliques et infiniment tristes. D’où les featuring croisés des deux amoureux, Kerry Brown ayant produit, remixé et fait un peu de batterie sur certains titres des Pumpkins quand d’Arcy venait faire quelques secondes voix sur ce deuxième album, Hot Saki & Bedtime Stories.  

J’avais en mémoire du shoegaze plagiant My Bloody Valentine, mais point du tout, ou juste en vague inspiration, comme les Smashing Pumpkins. C’est d’ailleurs bien au groupe de Billy Corgan qu’ils font d’abord penser, les passages saturés de « Whisper » ayant même une sacrée ressemblance avec « Siva », titre majeur de Gish. Le début d’album est donc plaisant (pour moi), avec un côté plus pop et un chant beaucoup moins torturé que leur citrouillesque référence (« Milkshake », plus doux et mélodique, est un assez bon morceau). Malheureusement, les quatre titres suivants retenus sur cette cassette confirment le statut mineur du groupe, entre rock grungy sans trop d’accroche et morceaux mollassons. Sans la rage ou la sourde mélancolie, le rock alternatif n’a plus grande saveur…

 

 

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Je sens que je vais être bien emmerdé pour chroniquer les disques des Jesus and Mary Chain, dont je ne suis pas un fan absolu alors qu’ils ont inspirés tant d’artistes que j’aime. Artistes dont je décris l’univers en citant le groupe des frères Reid, confiant dans le fait que cette seule évocation suffira au lecteur pour cerner leur univers musical. Mais du coup, comment donc décrire ce Honey’s Dead ? Je remets ca au prochain épisode, vu qu’il n’y a ici qu’une mise en bouche avec « Reverence » et « Frequency ». Mise en bouche suffisante cependant pour affirmer que la principale référence de Catherine pourrait bien être écossaise, tant ces deux titres semblent dans la continuité de ce qu’on a écouté précédemment… 

 

 

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23 janvier 2017

HELLO DARKNESS - Vendredi 20 Janvier 2017 - Rock 'N Stage - Ninkasi Kao - LYON

 

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Nous avons toujours été réticents à participer à des tremplins rock. L’idée de payer pour pouvoir jouer est assez irritante, sans parler des règles toujours un peu floues de désignation du vainqueur. Cependant, après discussion avec les organisateurs et mure réflexion, nous avons décidé de nous inscrire à Rock N Stage. Les principaux arguments qui nous ont convaincus, furent que le set durait une demi-heure (le minimum requis, compte tenu de l’investissement en temps d’une telle participation) et que l’on nous promettait une video et un enregistrement live de très bonne qualité, en plus de conditions de concert enthousiasmantes (au Ninkasi Kao, salle pro lyonnaise, avec matériel et techniciens associés). De quoi justifier un peu les 100 euros déboursés (soit toute la cagnotte péniblement accumulée lors de nos différents concerts), et le fait de devoir vendre un maximum de places - ca s’est quand même vu qu’on était pas très à l’aise à l’idée de faire débourser 10 euros à des potes qui nous ont vu plein de fois gratos jouer plus longtemps, tout en s’étant engagé moralement à le faire auprès des organisateurs.

 

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Ces conditions inhabituelles, associé à la pression de devoir délivrer un set parfait (pour la video) et à un public inhabituellement nombreux, m’ont ramené au niveau de stress des tout premiers concerts d’Hello Darkness. Une semaine avant je me bouffais déjà les doigts et me prenait la tête sans arriver à penser à autre chose que le jour J. Pourtant, nous n’avions jamais été aussi prêts je pense, avec une sélection assez restreinte de chansons répétées en boucle depuis des mois. Premier coup de Trafalgar, on apprend que la durée du set doit aussi comprendre l’installation sur scène, on en est quitte pour supprimer un morceau.  La motivation est intacte, malgré des conditions difficiles pour chacun d’entre nous, entre le boulot et les gamins : au moins a-t-on réussi à imposer de jouer au plus tôt à 20h, histoire de laisser le temps à nos potes de venir après le travail.

 

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La balance doit se faire à 14h40 et on nous a demandé d’être présents une demi-heure avant. Mais il y a au moins une heure de retard, et nous passerons en coup de vent sans avoir pu modifier les réglages, les techniciens étant sourds à la moindre de nos demandes : pas le temps, on ne peut pas faire mieux.  Attitude qui se traduit par un gros énervement pour certains, un gros découragement pour d’autres, et une bonne tension dans le groupe qui ne présage rien de bon pour la suite. En ce qui me concerne, je suis paradoxalement beaucoup moins stressé : tout l’aspect inconnu (possibilité de jouer, public, conditions, batterie…) s’est envolé, d’autant que mes balances étaient plutôt correctes, ne reste que l’appréhension normale que je ressens lorsque je dois me mettre en avant en public. Commence la longue attente avant le début officiel de la soirée, que Seb meublera en faisant des propositions commerciales pour son boulot ! Nous discuterons de la balance avec les organisateurs : ils sont eux aussi dégoutés de la tournure des évènements, les techniciens ayant notamment retardé le début pour d’improbables exigences de repas. A la décharge de ceux-ci le nombre de groupes était beaucoup trop ambitieux compte tenu du timing,  et on peut comprendre qu’ils en aient eu marre au bout d’un moment. Mais bon, même si nous n’avons jamais été des musicos chiants, nous avions cette fois payé cher et aurions été en droit d’avoir bien mieux que ça. Nous prenons notre mal en patience tranquillement, nous discutons un peu avec d’autres participants, l’ambiance est plutôt cool et la tension retombe un peu. Et c’est parti pour l’ouverture des portes et le défilé des groupes sur scène.

 

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Celui qui a la lourde tâche d’inaugurer le tremplin devant une fosse déserte (à l’exception des autres concurrents) s’appelle Altavilla. Contre toute attente, il s’avèrera être le meilleur  de la soirée, l’un des rares à avoir allié intérêt des compos et performance scénique. C’est un classique guitare-basse-batterie-chant qui propose un garage-rock à la fois énervé et festif, avec une aisance qui laisse suggérer une bonne expérience de la scène. Les interventions du grand chanteur (il fait un peu de claviers aussi) sont plutôt marrantes, et un inattendu catcheur masqué vient rajouter du piment au concert en faisant le con dans la fosse ou avec le groupe. Leur set se termine par un morceau un peu plus long et hypnotique, au rythme inhabituel, qui est excellent : j’en viens à me demander s’ils n’ont pas demandé à jouer en premier histoire d’avoir une video tout en passant un minimum de temps au Ninkasi. Mais ils nous diront avoir été simplement punis pour n’avoir pas assez vendu de places : jouant gratuitement une semaine après sur Grenoble, il leur était difficile de rameuter beaucoup de monde à cette soirée. C’est ainsi qu’ils finiront derniers du concours, malgré leur indéniable supériorité sur la plupart des sélectionnés.

 

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Les autres prestations précédant la nôtre sont en dent de scie. Acouphen, un groupe de Death Metal, aura proposé un concert carré et vraiment bon. L’ensemble était technique sans être trop démonstratif, avec l’attitude musclée qu’il fallait sans sombrer dans le ridicule. Le chant était parfait (c’est souvent un point faible dans le Metal), les compos tournaient et étaient aussi variées que le style le permet, la connexion avec le public fonctionnait : Acouphen a terminé deuxième l’année dernière, et s’est qualifié cette année avec un horaire pas évident, c’est amplement mérité.

 

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Après les Midgard Symphony ( !) c’est enfin à nous. La mise en place est assez laborieuse, j’aperçois les amis qui sont venus nous soutenir devant la scène, mais pas trop le temps de saluer, je dois installer ma batterie (ou plutôt virer les dix mille trucs inutiles du batteur de Metal Symphonique qui m’a précédé), et c’est pas évident tout seul. Nous attaquons sur « Steam Roller », un nouveau morceau très rapide destiné à lancer le set sur les chapeaux de roue. Malheureusement, je me rends compte à ce moment-là que comme d’habitude, la mise en place de la batterie et surtout le son n’ont rien à voir avec ce que j’avais lors des pseudo balances. Je n’entends rien des  guitares, et comme devant mes compères n’ont pas de retour batterie, c’est rapidement le bordel. On expédie la fin, de toutes manières c’est une chanson assez courte, et on enchaine rapidement sur la suite. « Katerina Ghost » me remet sur les rails, c’est une chanson que je maitrise bien, et sur laquelle je n’ai pas commis d’erreur il me semble, ce qui aura pour effet de me libérer. Il y aura quelques petits flottements sur d’autres morceaux mais je ne me rappelle plus bien desquels, tout ceci étant passé extrêmement vite. Difficile aussi, étant extrêmement concentré sur ma partie, d’avoir une idée précise de la prestation de Seb, Damien et Julien, mais ça c’est habituel. Sur « Or Sleeping », qui enchaine les roulements rapides,  j’ai été très gêné par un charley trop proche de la caisse claire, celle-ci étant en plus inclinée du mauvais côté. Pas d’erreur catastrophique mais j’ai beaucoup simplifié ma partie pour rester dans le tempo. Un peu pareil sur « Beating Heart », morceau très récent sur lequel nous nous éclatons bien : j’ai aussi beaucoup touché de bois pendant les roulements, je sais pas si ça s’est entendu.  Enfin, on jugera de tout ceci sur le ralenti ! Je me suis détendu au fil du concert, et j’ai quand même réussi  à m’amuser malgré une prestation décevante, en tout cas au regard de ce que nous avions pu faire en répétition. Julien a eu des soucis de matériel (saturation, ampli) ce qui est encore un mauvais point à mettre au discrédit de l’organisation (surtout que c’est loin d’avoir été le seul de la soirée). Damien était à priori complètement perdu, à cause de retours déplorables. Bref, coté groupe ce n’était pas la Berezina, mais un peu de déception : cette date au Ninkasi, qui aurait dû être excellente, a été loin de nos meilleures performances, notamment celle du Jack Jack l’année dernière.

 

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Heureusement, notre public a été plutôt indulgent, assurant avoir aimé la prestation. Les « vieux habitués », comme Ben et Arnaud, ont trouvé que le très bon son de façade compensait nos quelques errements scéniques. Les amis venus nous voir pour la première fois ont apprécié nos compos, et entre l’ambiance générale, les bières et les burgers, tout le monde aura passé une bonne soirée, ce qui est quand même l’essentiel. Le tremplin se poursuit mais je ne prête qu’une oreille distraite aux groupes suivants, occupé à remercier les potes et à déconner et picoler avec eux.  Axel Foley, le groupe qui nous succède, semble aussi efficace que je l’avais remarqué sur leurs videos facebook. C’est carré, puissant et ils entrent d’emblée dans le vif du sujet. Coté compo je n’ai pas écouté assez attentivement, mais cela me semblait intéressant. Nous quittons la salle pour aller bouffer alors que the New Prophets, un groupe de reprises de lycéens comme il en existe des centaines, propose une version de « Smells Like Teen Spirit » avec du saxophone, ce qui aurait dû leur valoir une disqualification d’office : au lieu de ça ils ont fait premier, ils avaient dû ramener tous leurs copains de classe. Tous les autres qualifiés, sauf Acouphen, jouaient en deuxième partie de soirée.  Nous finissons avant derniers : c’est la dure loi des tremplins ! Une expérience intéressante et formatrice, mais qu’on n’est à mon avis pas prêt de reproduire. On est vraiment frustrés de ne pas en avoir eu pour notre argent, alors que de notre côté nous avons  fait notre maximum pour jouer le jeu, notamment au niveau des places : 30 vendues pour un objectif de 40, c’est loin d’être honteux.

 

La soirée se termine pour moi coté funk avec un Fred particulièrement endiablé, et dont le taux d’alcoolémie faisait plaisir à voir. En attendant de voir sur la video si quelques titres sont diffusables, il me reste à remercier l’ensemble des spectateurs venus nous encourager, et vraiment leur présence a compté pour nous ce soir-là. En particulier :

David, qui me connait peu mais n’a pas hésité à venir, accompagné, et s’est montré enthousiaste pendant toute la soirée.

Fred et Carine, les joyeux lurons qui ont vendu presqu’autant de place que moi….

Denis et Juliet, notamment pour m’avoir déstressé la veille du concert en me faisant boire de la bière et écouter du punk français (pour me rassurer sur mon niveau de batterie…)

Le fidèle Ben et le fidèle Arnaud, c’est tellement cool de pouvoir compter sur eux !

 

Coté Hello Darkness, on enchaine avec deux répètes et une première partie au Toi Toi le 03 février ! See you… 

 

Setlist: Steam Roller – Katerina Ghost – the Beat – Disorder – Or Sleeping – Beating Heart 

 

 

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17 janvier 2017

Leonard COHEN - You Want It Darker

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Des artistes que j’ai vus sur scène, Leonard Cohen fut sans doute le plus classe. Un charisme et une élégance incroyables, augmentant encore le respect immense que j’avais pour lui alors même que je ne suis pas son plus grand connaisseur, ni son plus grand fan. Cependant, il n’était pas évident que Cohen nous quitte sur un album si classieux, comme il quittait la scène en soulevant son chapeau old school et en s’inclinant modestement devant son public. Car c’est peu dire que sa discographie récente, celle parue après une retraite de dix ans, fut inégale. A mon humble avis, sur les quatre albums sortis depuis 2000, seules quelques chansons de Ten New Songs se hissaient à hauteur des précédentes, et seul Old Ideas (malgré un titre assez éloquent et des arrangements douteux) m’avait un tant soit peu intéressé. 

Et pourtant, dès la pochette de You want it Darker (superbe titre d’ailleurs), on sentit que les choses avaient changé. Viré le designer fou des pochettes précédentes, virés les arrangements pompeux et envahissants : bonjour noirceur, sobriété, classe…  Cohen est le seul songwritter que j’aime plus pour ses textes que pour sa musique, le seul poète qui s’est illustré judicieusement dans la chanson. Aussi commencerais je donc par évoquer les textes de You Want it Darker, comptant parmi les plus beaux écrits par le Canadien. Plus que jamais, le vieil homme s’interroge et imprègne son album de références religieuses. Non pas comme ceux qui, sentant leur heure venue, deviennent subitement bigots, mais comme celui qui aura, tout au long de sa vie et de sa carrière, cherché et douté. Pièce maîtresse du disque, « Treaty » en est le meilleur exemple: i’m so sorry for the ghost i made you be, only one of us was real, and that was me. La profondeur des textes tient aussi dans leur mystère : comme souvent dans l’art en général, et dans le passé du poète particulièrement, l’amour divin et humain se confond, laissant l’auditeur se faire sa propre idée, en particulier sur « if i didn’t have your love », véritable psaume moderne. Surtout, Cohen retrouve son sens de la formule, ces paroles qui coulent de source sans qu’on sache vraiment à quoi elles font référence, si ce n’est qu’elles s’adaptent à la perfection au format musical et imprègnent immédiatement notre mémoire. On pourrait citer des lignes et des lignes du livret, contentons-nous d’évoquer « Steer Your Way », rappelant les meilleures extraits des fabuleux albums I’m your Man ou the Future. Sans le son daté. 

Car l’autre bonne surprise de You Want it Darker, ce sont les arrangements. Est-ce parce qu’ils sont si mesurés, si réfléchis pour mettre en valeur le chant, que les textes on fait mouche si facilement, semblants bien meilleurs que sur les précédentes productions de Leonard Cohen ? Ce qui est sûr, c’est que la sobriété des guitares, pianos et cordes de l’album, perdue depuis si longtemps (concerts compris) qu’on ne se souvient plus trop du point de basculement, fait un bien fou. Excepté sur le refrain de « On the Level » et sur « Travelling Light », où l’on retrouve des chœurs un peu riches et quelques solos moins discrets (passages rares, donc supportables), la musique, de son tempo très lent, s’efface devant la voix du Maitre. Une voix qui nous avait sérieusement inquiétés sur Popular Problems,  et qui retrouve ici une paradoxale force dans sa douceur, dans sa profondeur. Aux paroles spirituelles, aux orgues et chœurs d’église (de synagogue, plus précisément), s’ajoute cette voix aux accents divins pour faire de ce testament un chef d’œuvre introspectif. Et si l’abandon est un thème qui traverse régulièrement You Want it Darker, ce n’est pas le sentiment qui restera dans le cœur des admirateurs de Leonard Cohen après cet ultime album. Jamais il n’aura paru si proche, et si éternel.

 

 

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12 janvier 2017

# 041 / 221

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La fois dernière, je m’étais bien gardé de dire que ma découverte de Sparklehorse sonnait le glas de mes années Hard Rock. Et pour cause, j’avais vu venir le programme de cette cassette. Impossible de faire mentir l’histoire quand elle est gravée sur bande magnétique : l’épisode 041 est quasiment intégralement consacré à deux guitaristes ayant officié dans le groupe de hard par qui tout a commencé pour moi. 

Les Guns N'Roses, donc,  ont été fondé par Axl Rose et Izzy Stradlin qui jouaient ensemble auparavant dans Hollywood Rose. Si chaque membre du groupe a participé à sa manière au rapide succès des Guns (notamment Slash et sa technique formidable), c’est bien le duo original qui a assuré la plus grande partie du songwritting, Izzy Stradlin signant en particulier la musique de bon nombre des tubes des Use Your Illusion. Il n’est pas étonnant dès lors que son départ (dû au gigantisme des tournées  de cette époque et au caractère de merde d’Axl Rose) ait amorcé la fin des Guns N Roses. 

Izzy Stradlin, plus intéressé par la musique que par les paillettes, réuni rapidement quelques potes sous le nom des Ju Ju Hounds et sort un premier album (qu’on ne trouvera pas ici car je l’avais acheté en cassette dès sa sortie). Le succès est au rendez-vous, en 1992 les Guns sont encore des stars en activité et  l’album intéresse forcément les fans, d’autant qu’il est plutôt réussi. Après une tournée le groupe splite et ce n’est qu’en 1998 que Stradlin sort son album solo suivant, épaulé par le guitariste Rick Richards rescapé des Ju Ju Hounds et le sympathique Duff Mc Kagan, bassiste en vacances des Guns qui ont implosé depuis un bon moment. 

Dès le premier morceau de 117° (enregistré en entier, on est fan ou on ne l’est pas),  le bon single « Ain’t it a Bitch », l’influence principale de Stradlin’ saute aux oreilles : les Rolling Stones s’invitent sur presque toutes les plages, avec plus ou moins de réussite. Très axé guitare évidemment, avec pas mal de slide (un peu trop ?), Stradlin’ propose des rock bluesy agréables mais bien classiques, à l’image d’une voix adapté mais qui manque un peu de mordant. Raison pour laquelle les nombreuses ballades semi acoustique sont plutôt barbantes (« Good Enough ») là où celle des Guns (sur le GNR Lies notamment) accrochaient par la tension dégagée par Axl Rose. Pour épicer un peu ce disque au titre pourtant plein de promesses, restent l’efficace punkoïde « Parasite », les énergiques « 117° » et « Methanol », ainsi que pourquoi pas l’intro Motorheadienne de « Grunt » et le rigolo « Here Before You » (clin d’œil appuyé au « You ain’t the First » du Use Your Illusion I). Un album voulu apparemment comme récréatif, façon de faire de la musique sans se prendre la tête, tout comme les deux reprises de vieux rock n roll y figurant, scolaires mais bien exécutées. 

Par la suite, Stradlin poursuivra peinard sa carrière solo de manière de plus en plus confidentielle. Mis à part River sorti en 2001 (dans mon souvenir bien plus intéressant que ce 117°), toutes ses productions sortiront en édition limitée pour les seuls japonais ou, plus largement, directement sur internet (je ne les ai jamais écoutés). Raison pour laquelle on ne retrouvera plus le sieur Jeffrey Isbell, de son vrai nom, sur ces cassettes.

 

 

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En 1992, quand Stradlin’ se fait la malle, les Guns lui cherchent un remplaçant. Soit les guitaristes de renom avaient eu vent du bordel régnant au sein du groupe et ne s’étaient pas bousculés au portillon, soit Axl avait décidé que son ego (et celui de Slash) occupaient déjà assez de place pour en laisser un peu à une autre célébrité. Quoi qu’il en soit, c’est donc un inconnu, Gilby Clarke, guitariste de l’obscur groupe Kill for Thrills, qui fut choisi. Deux ans après son recrutement, et n’ayant participé qu’aux tournées et à l’album de reprises the Spaghetti Incident ?, Gilby jette l’éponge (ou se fait virer ?) et en profite pour sortir un premier album solo, Pawnshop Guitars. Pour la petite histoire, c’est le deuxième CD que j’ai acheté dans ma vie, et finalement cela aurait pu être pire. Pawnshop Guitars est en effet plutôt sympa, rend hommage au Clash et aux Rolling Stones (évidemment !) avec deux reprises bien choisies et exécutées, et voit l’ensemble des membres des Guns N'Roses faire quelques featuring. 

Trois ans après, en 1997, l’ambiance est toute autre pour la sortie de the Hangover. Potes des Guns comme public ont déserté, et Gilby se prend la tête tout seul sur son pieu. J’avais enregistré l’album en entier et en gardait une opinion plutôt positive, mais la réécoute a été vraiment décevante. Les compos, orientés hard rock sans saveur, ne provoquent  que rarement l’intérêt (le riff de « Zip Gun »), et les reprises ne rehaussent pas le niveau (celle de Bowie est quelconque,  « Happiness is a Warm Gun » des Beatles poussive). Seule la fin du disque est plus inspirée, « the Worst » et « Punk Rock Pollution » ayant des parties de guitare rapides et efficaces, « Captain Chaos » une mélodie et des arrangements sympathiques évoquant le premier album. Pas de quoi se ruer sur les disques suivants (sans intérêt) qu’il continuera à sortir épisodiquement jusqu’en 2002, avant de trainer en studio comme guitariste ou producteur de seconde zone.

 

 

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Quelques secondes de Vitalogy suffisent à faire oublier ce qui a précédé sur la cassette. Avec « Last Exit » et surtout « Spin the Black Circle », Pearl Jam ne se pose pas de question et balance du rock simple et puissant. Quelques accords et de l’énergie, formule gagnante qu’ils appliqueront avec la même efficacité sur « Whipping ». Voilà la raison pour laquelle Vitalogy est mon album de Pearl Jam favori, de loin : là où j’avais tendance sur les deux précédents à trouver les titres relevés souvent trop bruyants et à leur préférer largement les ballades, la qualité des compos est ici bien plus équilibrée. Pour finir en beauté la cassette (j’avais malheureusement séparé Vitalogy en deux parties), on n’aurait pu faire mieux que la merveilleuse ballade « Nothingman », l’un de mes favoris du groupe, sur laquelle la voix chaleureuse d’Eddie Vedder est une fois de plus extrêmement touchante. Un sans-fautes pour cette première face, qui nous donne hâte de réécouter la suite.

 

 

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