Blinking Lights (and other revelations)

10 décembre 2018

Folk U : Daniel BLUMBERG, Raoul VIGNAL, Kurt VILE

 

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 Daniel BLUMBERG - Minus

 

Belle surprise de ce début d’année, Minus n’a cessé de tourner chez moi, avec une efficacité grandissante. Il faut dire que sa formule basée sur du piano et un chant mélancolique mettait toutes les chances de son côté pour me séduire. Pour balancer ce qui aurait pu n’être qu’une litanie de ballades larmoyantes, Daniel Blumberg et son groupe introduisent tout un tas de dissonances, harmonica sournois ou violon grinçant, avec la batterie du vieux routier Jim White en support. Il y a parfois un petit côté Arty-ficiel à ces ajouts, comme pour le final noisy de « Madder », mais cela fonctionne très bien la plupart du temps, à l’image d’une guitare électrique erratique sur « the Fuse ». Blumberg réussi à garder une ambiance très cohérente tout en variant les formats, entre les douze minutes en montagnes russes de « Madder », la valse dégingandée « Permanent » ou un très beau « Stacked » bluesy à la seconde voix féminine bienvenue (1), Minus évoquant des artistes aussi différents qu’Archive ou Damien Rice et son splendide album O. Jusqu’au titre final obsédant au magnifique intitulé répété ad lib, « Used to be Older », ce genre de chansons intenses qui me font monter les larmes aux yeux et m’invitent sans cesse à repasser un disque. Celui-ci, assurément, figurera en bonne place dans mon top 2018.

 

(1) non créditée, me laissant finalement penser que c'est celle de Blumberg lui-meme, ce qui serait bluffant...

 

 

 

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Raoul VIGNAL - Oak Leaf

 

Un an à peine après son superbe premier album, Raoul Vignal revient avec Oak Leaf, assez différent sur la forme. On n’en aurait pas voulu au compositeur Lyonnais de récidiver dans sa folk rêche aux arpèges techniques bluffants,  mais il a choisi d’habiller ses chansons d’arrangements plus complets en s’entourant notamment d’un groupe omniprésent (contrebasse et batterie), et de ralentir globalement le tempo. Le résultat est au moins aussi bon, et on se demande même si Oak Leaf ne tiendra pas plus dans la durée que son prédécesseur tant on y revient avec plaisir. Il faut dire que l’ambiance feutrée travaillée sur ces  morceaux se marie particulièrement bien avec la voix chaleureuse de Raoul Vignal, et que l’ensemble dégage une impression apaisante à laquelle je suis particulièrement sensible lorsqu’elle est aussi bien amenée. Quand les arpèges sont aussi relevés que sur the Silver Veil, le groupe vient rétablir l’équilibre avec justesse (« Blue Raven »), tandis qu’il se fait plus discret sur les passages plus lents et mélodiques (magnifique « I Might »). Un enchantement opérant depuis la douceur de « Pepa’s Eyes » jusqu’à « the Valve », sorte de « Street Sirit (fade out) » épicé de dissonances, en passant par « the Waves », voyage de 6 mn absolument merveilleux. Vignal fait rimer régional avec génial, on aurait donc tort de se priver….

 

 

 

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Kurt VILE - Bottle it in

 

Kurt Vile est un compositeur et guitariste aussi doué que nonchalant, et si sur ses précédents disques c’est son talent qui ressortait principalement, l’écoute de Bottle it In met plutôt en avant son côté branleur. Miné par des tics de composition pour qui prête attention aux riffs de guitare et usant d’une formule répétitive de manière parfois indécentes (certains titres atteignent les 10 minutes), Kurt Vile fini par perdre un auditeur pourtant sensible à l’ambiance détendue de l’album et la qualité d’interprétation du chevelu leader et de ses Violators. Dommage, car dilués au sein de cet interminable disque se cachent quelques pépites comme « Mutinies » ou « Check Baby », victimes collatérales d’une production globalement ennuyeuse. 

 

 

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02 décembre 2018

NEWFOUNDLAND - C O D S

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Voici le deuxième EP de 6 titres de NEWFOUNDLAND. J'ai mis plus de temps que prévu pour l'enregistrer mais qu'importe, c'est avant tout pour me faire plaisir et faire un peu de guitare. Je pars dans l'idée d'une trilogie du même style, axée guitare/voix, pour la suite on verra... Je serais ravi d'avoir votre avis ou vos commentaires sur ces chansons et reprises.

 

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NEWFOUNDLAND - C O D S

1 - John K (NewFoundLand) 

2 - Ava Adore (Billy Corgan) - original des SMASHING PUMPKINS sur ADORE (1998)

3 - Our Anthem (NewFoundLand / Hello Darkness)

4 - Wave of Mutilation (Black Francis) - original des PIXIES sur DOOLITTLE (1989)

5 - Woman Driving, Man Sleeping (E / John Parish) - original de EELS sur SOULJACKER (2001)

6 - Real Big Sky (Emma Ruth Rundle) - original de Emma Ruth RUNDLE sur MARKED FOR DEATH (2016)

 

BANDCAMPhttps://newfoundland01.bandcamp.com/releases

 

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27 novembre 2018

IDLES - Vendredi 23 Novembre 2018 - Epicerie Moderne - FEYZIN

 

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J’avais espéré voir Idles à Lyon lors de la tournée Brutalism, mais lassé d’attendre j’étais allé jusqu’à Nîmes pour assister à un concert fabuleux. L’annonce de leur passage à l’Epicerie Moderne fut cependant une excellente nouvelle, la sortie entre temps de Joy as an Act of Resistance laissant envisager une setlist renouvelée, et un concert plus long puisque hors festival. Les ayant déjà vus, il était clair que je prendrai moins ma grosse baffe que l’essentiel du public venu en masse à Feyzin (date complète depuis longtemps), j’avais juste hâte de savourer les nouvelles chansons et de me défouler en beuglant et en pogotant gaiement. Je covoiture avec Rémi et Ben, soit donc un représentant pour chaque groupe répétant dans la mythique salle 44 de l’HDM, de quoi bien discuter musique sur le trajet. Vu l’affluence, j’étais content de pouvoir profiter de la Buzemobile, qui comme chacun sait a sa place attribuée à proximité de la salle, ce qui nous permettra malgré l’heure relativement tardive à laquelle nous arrivons de ne pas trop perdre de temps et d’éviter de nous faire rincer par la pluie soutenue qui arrose la ville depuis le début de la journée.

 

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Arrivée d’autant plus tardive que le concert a été avancé d’une demi-heure, aussi débarquons nous au milieu du set de la première partie, un duo guitare / batterie nommé John dont je n’avais jamais entendu parler. Les quelques titres bien bourrin entendus auront largement éveillé mon intérêt, le batteur parvenant presque à entrer dans les exceptions à ma règle d’or selon laquelle  les batteur/chanteur sont une hérésie (1). Energique et communicatif, John aura séduit un public malheureusement encore assez maigre et fait honneur à sa glorieuse tête d’affiche.

 

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A peine le temps de chopper une bière qu’on se place bien devant la scène, discutant jusqu’à l’extinction des lumières et la pulsation de l’énorme basse du balancier barbu Adam Devonshire lançant les hostilités. C’est parti pour un concert sous le signe de la Joie, même si quelques spectateurs n’avaient visiblement pas l’esprit adéquat et que Joe Talbot lui-même aura parfois du mal à s’y soumettre.  Peu importe, l’essentiel du public était là pour s’en mettre plein les oreilles, être témoin d’un phénomène dont la qualité des prestations est déjà légendaire, voire pogoter gentiment (et c’est vrai qu’on a rarement vu la fosse de l’Epicerie Moderne aussi agitée). « Colossus » fait un excellent titre d’ouverture, chauffant tranquillement les esprits avant son explosion finale qui lance la première ruée. Mais c’est « Mother », premier extrait de la soirée de Brutalism, qui déchainera la fosse, beuglant le refrain à l’unisson avec un Joe Talbot dans sa forme habituelle. Le fait que le public connaisse aussi bien les paroles de quasiment toutes les chansons est le signe de la qualité de celles-ci, et de l’aura particulier d’Idles. Les membres du groupe se donnent toujours autant à fond, c’est remarquable après les dates qu’ils enchainent depuis maintenant deux ans (presque 150 concerts en 2018). La setlist est parfaite, alternant fort judicieusement les nouveaux et les anciens morceaux, dont l’irrésistible « 1049 Gotho » sur lequel je ne peux m'empecher de faire un peu de crowdsurfing. Une mer agitée qui m’aura fait perdre mon téléphone, le drame étant évité par la gentillesse d’un spectateur qui me l’aura récupéré et rendu sans casse. C’est ça l’esprit Idles, et bien plus encore l’épisode qui va suivre.

 

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Idles entame en effet « Samaritans » l’un des meilleurs extraits de Joy, et celui qui m’aura fait la meilleure impression ce soir. L’ami Maxime, régulièrement croisé dans la joyeuse mêlée transpirante, monte sur scène au moment opportun avec un ami pour une embrassade torride, avant de conclure en gueulant avec Joe Talbot la phrase « I Kissed a Boy and I liked it !» et de saluer un public enthousiaste avec visiblement pas mal d’émotion. Un Happening militant aussi bien préparé que sincère qui aura été le point d’orgue de la soirée. Je ne dirais qu’une chose : Maxime, Well Done ! Le concert continue sur son rythme fou avec d’autres extraits de Joy, dont un « Great » très marrant qui donnera l’occasion à Joe Talbot de tresser des lauriers à la France, ce pays si tolérant, et à l’Europe (le titre parle du Brexit, un traumatisme pour le groupe). J’ai un peu honte en pensant à l’actualité mais tant pis, c’est pas tous les jours qu’Anglais et Français se font des câlins. Pour « White Privilege », le guitariste moustachu déconneur (Mark Bowen) s’offrira un bon bain de foule, tandis que l’ensemble du public reprend à l’unisson et à capella pendant de longues minutes le fameux « Dance till the Sun goes round, Yeah ! » : belle prouesse pour des Lyonnais d’ordinaire plus timides.

 

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C’est à partir de ce moment-là que l’ambiance va se rafraichir un peu. Tout d’abord, Joe Talbot croit entendre un spectateur le provoquer d’un Fuck You et fulminera contre le gars en question à plusieurs reprises, malgré les dénégations de celui-ci. Après un puissant « Benzocaine » qui me met en joie (j’adore ce titre, il n’avait pas été joué au TINALS et en plus il est abondamment prolongé), Idles profite de la fin d’ « Exeter » pour faire monter une partie du public sur scène. Fait inédit, les deux guitaristes confient leur instrument à deux spectatrices, Lee Kiernan expliquant à une jolie jeune fille aux cheveux courts (je l’ai reconnue, elle était derrière moi à Acid Mother Temples) comment jouer en rythme l’unique note de sa partie. Au départ, seules les filles sont conviées sur scène, et on comprend pourquoi puisque parmi les gars qui se taperont l’incruste, quelques-uns auront la brillante idée d’asperger la scène d’eau en ne ménageant ni les joyeux danseurs ni surtout les instruments, ce qui mettra Joe Talbot dans une rage folle, insultant copieusement le fautif et maugréant que c’est la dernière fois qu’un mec monte sur scène. Un exemple malheureux de la pertinence de certaines paroles du groupe, comme en miroir négatif du baiser affiché quelques titres auparavant.

 

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Généreux, le groupe poursuit vaillamment une copieuse setlist figurant l’intégralité de Joy (sauf « June », bien sûr) et une large partie de Brutalism, pour 1h30 de musique. Une durée un peu longue pour ce style, d’ailleurs la fosse, sans doute moins entrainée qu’Idles, commençait à être complètement cramée (Maxime avait une crampe, c’est dire…). D’un autre côté, on voit mal quel titre on aurait pu retirer sans regret, mis à part peut-être la reprise « Cry To Me ».  En tout cas pas les deux extraits achevant ce concert marquant, hauts du panier de leurs albums respectifs. Le terrible « Rottweiler » final (pas de rappel, c’est pour les nazes…) me permettant d’enfin mettre à l’honneur l’impeccable batteur Jon Beavis qui, sur l’outro instrumentale diabolique nous gratifiera d’un solo de batterie comme ceux-ci devraient toujours l’être : court, intense et de plus en plus frénétique. Les lumières se rallument après d’ultimes hurlements du possédé Bowen.

 

 

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J’avais emporté quelques billets pour des achats ciblés, mais le T-Shirt visé (celui avec la main qui fait le signe OK) n’était pas proposé et le vinyle de Brutalism, que je comptais naïvement acquérir et faire signer au groupe, était épuisé depuis belle lurette (dommage, car la très souriante paire rythmique se montrait bien accueillante pour les nombreux fans se pressant au merchandising). Je gardais donc mes sous et finissais la soirée en partageant avec Ben et la bUze nos impressions positives sur le concert et quelques potins sur la salle 44.

 

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(1)    mais non, il ne m’aura pas, il jouait bien mieux de sa batterie quand il ne chantait pas et sans batterie il aurait pu chanter dans le micro. 

 

Setlist : Colossus / Never Fight a Man With a Perm / Mother / Faith in the City / I'm Scum / Danny Nedelko / Divide & Conquer / 1049 Gotho / Samaritans / Television / Great / Love Song / White Privilege / Gram Rock / Benzocaine / Exeter / Cry To Me / Well Done / Rottweiler 

 

PHOTOS: 1/4/5/9/10 = Nathalie Girault - 3/7/8 = Davide Gostoli - 2/6 = Moi 

 

 

 

 

 

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18 novembre 2018

Confirmations: IDLES, Emma Ruth RUNDLE

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IDLES - Joy As An Act Of Resistance

 

On ne se remet pas aussi facilement d’un laminage monumental comme celui que je pris dans la tronche à l’écoute de Brutalism, seul disque récent à être instantanément entré dans mon panthéon musical.  En ce sens, Joy est sorti presque trop tôt, et j’ai eu du mal à abandonner son prédécesseur. Conscients qu’ils ne pouvaient faire mieux dans ce registre punk martelé et ultra direct (dont il subsiste quelques bribes sur Joy, comme le titre « Gram Rock ») mais toujours aussi révoltés, Idles réussi à se renouveler sans se trahir, après avoir joué avec les nerfs de l’auditeur sur « Colossus » : mise en tension longue et assez inhabituelle pouvant faire croire à un groupe devenu moins instinctif,  suivi d’un contrepied expéditif en mise au point salutaire. Avec cette fausse piste, les Idles Boys ont voulu faire savoir qu’ils étaient toujours la même bande d’allumés, portant haut l’étendard d’un étonnant courant : le punk positif.  Joy as an Act of Resistance, ou la subversion 2.0. Ce ne pourrait être qu’un slogan, mais quiconque a vu les Anglais sur scène le sait, c’est un sacerdoce. Prenez « June », déchirante marche funèbre, pause glaçante dans le bordel ambiant. En une phrase répétée, on a compris : « Baby Shoes, for Sale, never worn ». Abandonnant l’alcool, illusoire béquille l’ayant aidé à éructer Brutalism,  Joe Talbot s’est donc tourné vers la joie, coute que coute, malgré ce deuil immense, soutenu par les copains du groupe. Regardez comme sur chaque photo ils sont soudés, parfois collés jusqu’au câlin ou au roulage de pelle. La Catharsis par la musique est connue, mais rarement elle n’aura autant brillé qu’avec ces 5 là.  Une sincérité qui explique en partie la vitalité formidable de l’AF GANG, groupe de fans sur Facebook à l’activité frénétique, phénomène que je n’avais jamais revu depuis la bonne époque où j’étais fan des Smashing Pumpkins (celle où les ados écoutaient en masse les mêmes groupes de rock).  Une communauté qui parle non seulement musique mais qui s’entraide aussi, chacun pouvant y exprimer librement ses problèmes en étant assuré d’une écoute bienveillante. 

Si musicalement Idles apporte un peu plus de complexité et de variété à son dernier disque, la base reste commune, entre basse buldozer et guitares  aussi brutes que vicieuses (« Samaritans »), le tout dans une violence recrachée rarement démentie. C’est surtout les textes qui prennent de l’ampleur, abordant le Brexit (« Great »), le culte de l’apparence (« The bastards made you Not want to look like you » sur « Television ») et surtout la virilité toxique, fil rouge d’un album qui interroge l’éducation et la paternité. Des thèmes qui entrent en résonnance avec notre époque (1) et qui passent d’autant mieux que, loin de se présenter en père moraliste, Joe Talbot  les aborde en utilisant principalement l’humour, sans compter quelques excellentes punchline (« it’s the Mask - of Masculinity » est particulièrement efficace). Joy as an Act of Resistance  est un hymne à l’unité parfaitement représenté par son tube « Danny Nedelko », dont le refrain réussi l’exploit d’analyser la montée xénophobe en Europe (« Fear leads to panic, panic leads to pain, pain leads to anger, anger leads to hate ») tout en étant facile à beugler dans sa deuxième partie. Là encore, le cri pro-migrant d’Idles est chargé de sincérité, puisque le fameux Danny, originaire d’Ukraine, est le meilleur ami de Joe Talbot. Et c’est sans doute ce qui place Idles et son Brutalism parfait au-dessus de tous les autres groupes actuels du genre : un supplément d’âme. Largement confirmé avec ce deuxième album. Long live to the Open Minded !!

 

(1)    Groupe générationnel ? la question se pose, mais je laisse la réponse aux plus jeunes que moi…

 

 

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Emma Ruth RUNDLE - On Dark Horses

 

Deux ans après l’inattendu et magnifique Marked for Death, Emma Ruth Rundle revient avec un disque moins intimiste et, avouons-le, moins poignant. Le seul rappel de cette folk déchirée aux envolées évoquant Alanis Morissette est « You don’t have to Cry », titre de conclusion qui est paradoxalement  le seul à ne pas parler de la songwritteuse. Le reste de On Dark Horses donne plutôt une impression de puissance, comme si le cheval brisé qu’Emma Ruth Rundle avait trouvé dans le studio d’enregistrement et qui lui semblait tant la représenter qu’elle l’afficha en gros plan sur l’artwork était si bien rafistolé qu’il pouvait dorénavant tout emporter sur son passage. Dans les guitares explosant sur les refrains, dans le souffle épique courant sur ces longues compositions, on se prend à imaginer Godspeed You Black Emperor ayant invité la sauvage Shannon Wright au micro. Malgré des textes toujours aussi sombres, Emma Ruth Rundle fait preuve d’une assurance nouvelle qu’on aimerait voir exploser sur scène, soutenue par son talentueux groupe de rock appuyé.  Au rang desquels figure son compagnon, Evan Patterson, dont la voix grave répond superbement à celle d’Emma sur « Light Song », chanson au titre mensonger d’une noirceur pesante, fresque saturée pour amants maudits.  Un des beaux extraits de cet intense On Dark Horses inscrivant un peu plus Emma Ruth Rundle en héritière des pionnières du rock indé.

 

 

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11 novembre 2018

# 079 / 221

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Après avoir emprunté toute la discographie de Lisa Germano, je trouvais enfin son premier album, On the Way down from the Moon Palace (assez rare, je n’ai d’ailleurs pu l’acheter que récemment) que je m’empressais d’enregistrer intégralement.  La pochette montre une jeune fille (Lisa?), danseuse ou princesse, mais dont le regard sombre indique bien que le conte de fée n’est pas au rendez-vous.  S’ouvrant par une délicate mélodie évoquant une boite à musique, l’album expose rapidement toute la fragilité de la songwritter américaine, notamment par un chant sur le fil, constamment sur le point de se briser. On trouve déjà en germe tout ce qui fera le style de Lisa Germano par la suite, l’omniprésence d’un violon countrysant (certes parfois un peu irritant) mais surtout la mélancolie sourde émanant de ses petites chansons et l’émotion vive ressentie à l’écoute d’un piano minimaliste et de textes désespérés. Il y est déjà question de harceleur (« Riding my Bike »), thématique qui imprégnera une bonne part des disques de Lisa Germano, en particulier son chef d’œuvre Geek the Girl. Très caractéristique d’un premier album, pas tout à fait abouti mais base solide sur laquelle Lisa Germano construira la suite d’une discographie longtemps enthousiasmante,  On the Way down from the Moon Palace réserve son meilleur pour la fin, après l’un de ses rares coup de colère (« Dig My Own Grave », guitare saturée et chant plus hargneux). Le triptyque de tristes chansons folk « Cry Baby », « Bye Bye Little Doggie » et « the Other One » laissent facilement entrevoir les merveilles à venir.

 

 

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J’avais découvert Elysian Fields sur un journal musical, et l’article avait suffisamment excité ma curiosité pour que j’emprunte leur album à la médiathèque. Peut-être qu’il n’y avait pas eu que ma curiosité d’excitée d’ailleurs, et qu’une photo de Jennifer Charles avait aussi orienté mon choix. Quoi qu’il en soit, je ne fus pas déçu par ce flamboyant Bleed your Cedar, bien au contraire. A commencer par le meilleur titre d’ Elysian Fields (à tout jamais), un « Fountains on Fire » où l’auditeur est happé par la voix chaude de la chanteuse et l’ambiance feutrée du morceau, le piano ajoutant la touche de mystère et les refrains où la voix s’envole l’intensité attendue : diablement sexy ! Tout l’album joue sur cet équilibre entre érotisme et rock appuyé, guitares, basse et batterie étant loin de faire de la figuration (« Lady in the Lake »).  Si la formule extrêmement élégante et précise fonctionne quel que soit le registre, teinté de folk oriental (« Off our out »), de jazz (« Anything you like ») ou plus rock (« Sugarplum Arches »), c’est dans l’épure qu’Elysian Fields devient exceptionnel, lorsque seules quelques notes et un voile de mystère servent d’écrin à la voix de Jennifer Charles, langoureuse comme jamais.  Et lorsque sur « Rolling » elle nous susurre  « I wanna bleed your cedar, Until it gives me fever and I'm high », on se dit qu’on tient l’une des déclarations les plus torrides jamais enregistrées. Bien ancrée dans mon cerveau, à moins que ce ne fus plus bas, elle traversa en tout cas les années pour s’imposer à moi lors d’un épisode de jeu inter blog consacré aux disques donnant justement envie de jouer des hanches. Je vous invite à lire l’article ICI : il est court, et il y a des photos… 

 

 

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Tient, finalement j’avais retenu deux autres titre du Spleen & Ideal de Dead Can Dance. Difficile de se mettre dedans après la splendeur qui précède, mais « De Profundis (out of the Depths of Sorrow) » fonctionne assez bien, dans un registre finalement pas si éloigné, quoique plus grandiloquent. Sur deux sombres accords et un fond de chant monacal, la voix de Lisa Gerrard s’élève, pure, et fait des merveilles. Austère, mais beau….

 

 

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04 novembre 2018

# 078 / 221

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Retour en arrière dans la discographie de Dead Can Dance avec leur second album, coincé entre un premier album fortement apprécié à sa réécoute et un Within the Realm of a Dying Sun que je considère toujours comme mon favori (même si ça commence à faire un bail que j’ai plus posé une oreille dessus). Bizarre donc de voir ce Spleen and Ideal boudé à l’époque (une petite moitié enregistrée) et guère plus apprécié aujourd’hui, bien que 4 titres soient une part un peu maigre pour en juger réellement. Mis à part « Circumradiant Dawn », évoquant une cantatrice égarée dans un film de Sergio Leone, on retrouve cette ambiance gothique rythmée de Timpani et de sons electro un peu datés. L’association du chant toujours impressionnant de Lisa Gerrard et de sons post punk plus marqués font d’ « Avatar » le meilleur titre du lot, laissant entrevoir l’embryon de ce qui sera bien plus tard appelé Trip-Hop.

 

 

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A la vue du programme annoncé sur la cassette, l’œil du chroniqueur ne peut retenir une larmichette de dépit. Des années à construire une crédibilité rock à peine entamée par quelques révélations  vaguement honteuses vite mises sur le coup d’erreurs de jeunesse ou de bienveillance paternelle, pour en arriver là : en 1999, l’amateur déjà éclairé que j’étais, et après quelques-unes des meilleures années du rock indépendant,  empruntais à l’ami Martin (toujours lui, évidemment), le fraichement sorti Tournée 98 En Passant de Jean-Jacques Goldman. Remarquez que je n’assumais pas totalement l’affaire, reléguant la (copieuse) liste des chansons retenues en dos de jaquette. A l’époque, j’étais tranquillement en train de me changer en snob, et il ne s’agissait pas de montrer haut et fort mon attachement pour un artiste aussi… populaire. Certes, notre JJG national squattait toutes les radios, si ce n’est sous son nom, sous celui d’une armada d’artistes lui ayant commandé des chansons reconnaissables entre mille et synonymes de banco assuré : de quoi recueillir la rancœur d’auditeurs exigeants, souhaitant avant tout se distinguer de la masse. Cela suffisait il à en faire un personnage détestable ? Ce n’est pas mon avis, préférant son côté consensuel aux postures hypocrites d’artistes indépendants pour la frime, ou rebelles devant les caméras.  On remarquera que Goldman se tait depuis presque 20 ans là où il pourrait se faire une montagne de fric en claquant des doigts devant un micro ou en rabâchant indéfiniment ses vieux tubes sur scène, et pas grand monde ne peut en dire autant. Quant à le défendre musicalement, la tâche est plus complexe. 

Je pourrais vous faire le coup de la mise en avant de la guitare acoustique, et de certains arpèges irrésistibles, de ceux qu’on entend sur « Quand tu Danses », chanson assez irréprochable selon moi. Ou sur « Ne lui dit pas » morceau de grande classe n’étant même pas gâchée par des solos de flutiau et sa trop longue conclusion. Sauf qu’en réalité, la variétoche n’est jamais loin avec Jean-Jacques, qui en fait toujours trop, sur les morceaux les plus calmes (et que je rajoute un violon solo sur « Natacha », et des arrangements bien moches sur « Elle attend »), comme les plus énergiques (le saxo criminel sur la version musclée de « Au bout de mes rêves »). Goldman ne se fout pas de la gueule de son public, il aurait même tendance à faire dans l’auto dérision, enchainant les versions caricaturales de reggae, hard rock, rap, tango et rockabily d’un « Pas toi » ainsi dénaturé. C’est comme ça, j’ai toujours eu du respect pour les vedettes ne se prenant pas trop au sérieux. Celles capables de sortir du grenier un vieux tube de leur premier disque, passablement ringard, juste pour les fans (1). Et puis je suis un cœur d’artichaut, voilà tout. Qui n’a pas pu détester complètement la scie « Là-Bas », même avec un record du monde de « Jean-Michel à vous ! », même avec un abominable solo de saxophone bien long, même avec un final en solo de batterie (snif). Une midinette qui aura poussé le vice jusqu’à enregistrer la plus insupportable ballade que la radio française ait connu, « Pour que tu m’aimes encore », que JJG avait  offerte au diable en personne pour tout amateur de musique qui se respecte (Céliiiiiiiiiiiiiine Dion, of course). Ici présentée en version guitare acoustique/voix et adressée avec gourmandise au public, qui entre évidemment dans le jeu, elle me semble tout à fait écoutable. En 1999, il m’avait pris l’envie de faire une bonne blague à mon moi de 2018. Etait-ce un bien, un mal ? C’est ainsi….

 

(1)    « Le Rapt », qui aurait certainement valu à son auteur une avalanche de polémiques si elle était sortie aujourd’hui. Pas sûr que le gendre idéal eut été mieux traité que des artistes actuels cloués au pilori virtuel des réseaux sociaux par des censeurs 2.0 moutonniers qui n’ont jamais ouvert un bouquin de leur vie. 

 

 

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Lassé de rechercher en vain un morceau à la hauteur de « Hyperballad » dans la discographie de Bjork, j’empruntais Telegram, une compilation de remixes sorti juste après Post. J’ai essayé régulièrement de reprendre « Hyperballad » en version acoustique guitare / voix, mais il est beaucoup trop dur à chanter. Sur Telegram le chant n’est évidemment pas pris en défaut, mais la version quatuor à cordes est assez crispante : peut-être que ce titre fait partie des morceaux si parfaits qu’une réinterprétation ne peut que le desservir ? Le reste des remixes que j’avais retenu ne présente aucun intérêt.

 

 

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29 octobre 2018

# 077 / 221

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Où l’on en termine avec le Live at Leeds des Who, par les trois (fabuleux) derniers titres, dont un prétendu medley sur « My Generation », prétexte à revisiter 5 ans d’une déjà brillante carrière. Et c’est toujours aussi bon.

 

 

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Pas grand-chose à dire sur ce Dream of Life de Patti Smith, d’une tranquillité pas désagréable mais assez lisse, dont il ne restera dans ma mémoire (outre le tube « People have the Power » présent sur la cassette précédente) que le joli son de la guitare sur le titre « Dream of Life ». Un son très Knopflerien (donc bien ancré dans les 80’s, comme l’ensemble de l’album), alors que ladite guitare est tenue par Fred « Sonic » Smith, ex-artificier chez les proto punk MC5 : c’est tout dire…  Papa Fred et Maman Patti coulent des jours heureux en 1988, tant mieux pour eux, et tant pis pour nous.

 

 

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Viens l’étranger, assieds-toi à ma table. Paye ton coup et écoute mes histoires, tu ne le regretteras pas. Une telle invitation, un tel concept album (Murder Ballads, tout est dans le titre), avait peu de chance de fonctionner avec quelqu’un d’autre que Nick Cave. Mais l’auditeur, la curiosité piquée, sera ferré dès les premières secondes de « Song of Joy », et ne reviendra à la réalité qu’une fois les dernières notes du disque évaporées dans l’atmosphère enfumée et les relents d’alcools des nombreux verres enfilés machinalement en écoutant les terribles histoires clamées par le conteur et poète de première catégorie qu’est M. Cave (1). Le fil conducteur est annoncé en ouverture, lors du glaçant massacre de Joy et ses trois filles : All Things move toward their ends, et cette fin qui nous attend tous, c’est la mort. Pauvres jeunes demoiselles naïves trouvées gisant près de rivières, tueurs courant dans le vent glacial, femmes fatales et fous furieux à la gâchette facile, la tragédie rode au détour d’un refrain, les voix pudiques contant fleurette (ah, ce featuring de Kylie Minogue sur « Were the Wild Roses Grow ») sont tranchées d’une sanglante lame. Chères mères gardez vos filles à la maison, dehors tout n’est que fourberie ou brutalité, et la « Kindness of strangers » cache forcément quelque chose… 

En empruntant Murder Ballads à la médiathèque, je faisais un bon de 10 ans dans la discographie de Nick Cave et sautait pas moins de 5 albums, au cours desquels le rocker avait fait un peu plus de place au crooner à peine entrevue sur Your Funeral… My Trial. Qu’importe, j’avais trouvé mon Nick Cave, et ce chef d’œuvre (pas réécouté depuis un moment) m’accroche toujours autant. Pour l’ambiance extrêmement réussie (on en a parlé), pour le piano et la voix (c’est évident), mais aussi pour le groove qu’insuffle sur pas mal de morceaux des Bad Seeds tout à la fois flamboyants et discrets, notamment la remarquable basse de Martyn Casey (« Stagger Lee », « Lovely Creature »).  En plus de ce groupe essenciel, Nick Cave invite de très nombreux amis à interpréter les personnages de ses histoires dans des featuring vocaux irréprochables, dont le plus fameux est évidemment celui de PJ Harvey. Leur intense duo sur « Henry Lee » donnera lieu à l’une des histoires d’amour les plus fantasmatiques du rock, qu’on peut quasiment voir s’embraser en direct sur un clip se passant de commentaires. Mais All Things move toward their ends, en amour comme en tout n’est-ce pas…  D’ailleurs c’est la fin de l’album, le public subjugué qui s’est progressivement attroupé autour du conteur réclame une dernière histoire, et celle-ci, emprunté à Bob Dylan, vient en écho contredire la fameuse maxime d’ouverture. « Death is not the End » annonce le prophète, et c’est bien la seule touche d’espoir de Murder Ballads, même si elle n’est pas de ce monde. Un titre choral jouant sur l’opposition entre les  voix des différents invités, chanteuses délicates ou rockers fracassés, et qui vient clôturer de superbe manière l’un de mes albums favoris.

 

(1)    On remarquera cependant que je n’avais pas retenu le massacre du « O’Malley’s Bar », un quart d’heure de balles qui sifflent et de cadavres qui s’amoncellent dans un saloon…

 

 

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23 octobre 2018

ACID MOTHERS TEMPLE - Mardi 16 Octobre 2018 - Le Sonic - LYON

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Je ne me rappelle plus la dernière fois que je suis allé en concert en mode découverte totale. Il y a beaucoup plus de groupes que je connais et apprécie qui s’arrêtent à Lyon que de temps que j’ai à leur consacrer, j’évite donc de griller un de mes bons de sortie sans savoir si j’ai une bonne chance de passer une agréable soirée. Mais j’atteignais les 4 mois d’abstinence scénique, aussi me décidais-je à faire un tour au Sonic pour voir Acid Mothers Temple, groupe dont je n’avais jamais entendu la moindre note mais dont Maxime avait fait un retour enthousiaste lors de leur dernière venue (assez récente) en ces mêmes lieux, citant notamment une reprise de Can.

 

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C’est en solitaire que j’abordais le quai où est amarrée la célèbre péniche, tenant contre vents réactionnaires et marées petit-bourgeoises, au son d’une troupe de sonneurs de cors de chasse, qui, s’ils ont bien choisi leur coin pour répéter (au milieu d’un énorme réseau d’échangeurs auto routiers), n’en font pas moins un boucan à faire passer les concerts du Sonic pour des après-midi thé dansant. La date affiche tellement complet que les noms sont scrupuleusement vérifiés à l’entrée, mais pour le moment les gens sont plutôt à discuter dehors, alors que la première partie débute son set devant quelques curieux. Savarin balance une electro assez rêche à l’aide de deux claviers et une boite à rythme.  Les deux composantes essentielles à ce type de musique sont là, à savoir des sons de basse bien puissants qui remontent par les jambes et font résonner le bide, et des rythmiques qui actionnent directement les muscles du cou via les oreilles. Savarin porte un T-Shirt bien trouvé d’une silhouette s’évadant au travers une succession de portes vertes fluo, il est par la force des choses assez statique, je ferme donc les yeux pour m’évader moi aussi. Une intense fatigue et quelques gorgées de bière feront le reste, et je rentre facilement dans la musique, assez sombre au début, évoluant dans un registre plus dansant par la suite. Quand elle est réussie, l’electro est l’occasion de se connecter, à soi, à Dieu, au monde - mais malheureusement pas au public du Sonic, qui ne fera son apparition en masse qu’à l’arrivée sur scène des têtes d’affiche.

 

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Les voici d’ailleurs, les cinq japonais d’Acid Mothers Temple, qui titubant, qui hilare, tel autre s’appuyant sur une canne. Il y a les deux anciens, assez sobrement vêtus en noir : le claviériste zen, debout au centre de la scène, tel le pilier du groupe qu’il semble être, et le guitariste flamboyant, sorte de Jimmy Page asiatique, qui s’occupera d’une large  part du volume sonore de la soirée. Et les trois jeunes, aux tenues surprenantes : le discret bassiste pirate, le tonitruant batteur en short débardeur fluos multicolores, et le chanteur tout à gauche, à l’improbable look de ménestrel (chemise jabot, cape bleue et or, coupe au bol long façon Brian Jones et même une mandoline électrique sur le premier titre). Bref, une association des plus incongrues, mais une réelle synergie musicale, dans des registres aussi variés qu’opposés. On alterne hard rock, folk spatial, rock psyche, ambient planante, kraut rock, disco,  chaos total, avec suffisamment de turn over pour éviter toute lassitude. On aura pensé tour à tour au déjantés Gong, aux Doors de « the End », à Led Zep, au Mercury Rev des débuts, et à mille autres références. Makoto Kawabata, leader de la formation, aura bien sur de longs moments pour s’exprimer, en vieux renard du branlage de manche mi- précis mi-épileptique, mais il ne tirera pas systématiquement la couverture à lui. Au contraire, entre passages en arpèges répétitifs où c’est plutôt la solide paire rythmique qui assurera les nuances, et passages psychédéliques où il s’occupera de nappes sonores avec son compère Hiroshi Higashi (le claviériste aux longs cheveux blancs), chaque membre du groupe aura eu tout loisir d’exprimer son talent. Comme ce passage débuté par un solo de batterie et enchainé en duo avec une basse fantastique pour un long temps discoïde assez irrésistible. 

 

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Les 20 ans d’expérience scénique ininterrompue des Acid Mothers Temple parlent dans un crescendo mystique, amenant un public d’abord sur la réserve dans une transe de plus en plus intense au fil du concert, jusqu’à un titre final dont l’accélération emporte tout sur son passage. La guitare saturée termine suspendue au plafond, avant que le groupe ne quitte la scène et ne se réfugie dans le minuscule espace derrière celle-ci, le temps que le public reprenne ses esprits et s’éparpille un peu. Les musiciens viendront ensuite se mêler aux gens pour discuter ou se placer derrière un des stands de merchandising les plus bizarres que j’aie vus. Entre objets ésotériques, baguettes de batterie ou cymbales dédicacées, une multitude de Cds, Vinyles ou cassettes laissent perplexe le néophyte que je suis, d’autant que Maxime m’avoue être aussi perdu dans une discographie  immense composée de centaines de live, de projets parallèles et de quelques disques studio confidentiels. Au final je me renseigne auprès du chanteur sur le duo basse/batterie qui m’avait impressionné, et achète un enregistrement live de 2016 fait maison qui reprend une bonne partie  du concert de la soirée, avec en introduction (cerise sur le space cake), une longue reprise de « Flying Teapot », titre de Gong que j’adore. De quoi revivre un concert qu’on ne qualifiera pas d’exceptionnel (puisque les Acid Mothers Temple passent régulièrement dans le coin et jouent souvent les mêmes morceaux), mais qui entrera à coup sûr dans les meilleurs de l’année. Encore une fois, merci au Sonic pour cette belle découverte ! 

 

 

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15 octobre 2018

Déçu / Pas déçu ? : Ryley WALKER, PARQUET COURTS, GIRLS NAMES

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Ryley WALKER - Deafman Glance

 

Ryley Walker a toujours navigué entre différent styles tout en gardant une base folk rock classique (guitare érudite et chant clair et appliqué). C’est un peu la même chose sur son dernier album mais, si j’avais facilement accroché aux développements psychédéliques de Golden Sings that have been Sung, j’avoue avoir eu beaucoup de mal aux premières écoutes de Deafman Glance (on pourrait même parler de grosse déception à sa découverte). C’est que Ryley Walker va cette fois encore plus loin dans l’expérimentation, proposant plusieurs longs titres aux parties différentes dont certaines aux accents progressifs indéniables (du folk progressif ?), tandis que d’autres semblent complètement déstructurées, voix désolée sur notes isolées. Sans doute « Spoil with the Rest », splendide titre final bien plus raccord avec les précédents disques m’aura-t-il encouragé à multiplier les écoutes, ce qui finira par me convaincre de la beauté de l’ensemble. Car au creux de ces chansons se cachent des trouvailles remarquablement amenées, qu’on savoure d’autant plus qu’elles ne se dévoilent souvent qu’à l’auditeur attentif. L’une des plus évidentes est ce passage électrique qui survient par surprise à la fin de « Can’t Ask Why » et qui évoque les éclairs géniaux de Radiohead.  Ryley Walker aura donc réussi une jolie prouesse en m’amenant hors de mes sentiers d’écoute habituels alors que je n’avais pas forcément au départ une envie folle de le suivre. Raison de plus pour ne plus lâcher le prolifique songwritter.

 

 

 

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PARQUET COURTS - Wide Awake !

 

Je ne me souvenais plus du tout de Human Performance, et encore moins de l’avoir chroniqué (ce n’est pourtant pas si vieux, Juin 2016). A la relecture de mon article, je me suis dit que j’aurai pu en recopier une bonne partie pour le Parquet Courts de cette année, ce qui n’est déjà pas très bon signe.  Et pourtant, je reconnais de nombreuses qualités à ce Wide Awake !, à commencer par un  réel talent d’écriture. Après s’être un peu reposés sur leurs lauriers, les membres de Parquet Courts se sont mis au boulot et ont ciselés de véritables perles dans des styles assez différents, mais toujours avec leur patte tantôt énervée tantôt nonchalante, lorgnant plus que jamais vers les joyeux cyniques de Pavement (« Mardi Gras Beads »). La production est aussi remarquable, entre riffs de basse bluffants bien mis en avant et des chœurs réguliers qui sont un véritable atout sur le disque. Il y a même une chorale d’enfants qui vient accompagner « Death Will Bring Change », chant naïf et tango tranquille pour paroles bien acides. Les textes, encore un atout à mettre au crédit du groupe, qui dresse un constat lucide de l’état de notre planète, balançant l’air de rien de sévères considérations politiques (terrible morceau garage « NYC Observation » sur la pauvreté à New York) ou écologiques (« What’s it worth all the money we made / Floating idly in a newborn lake? / Far above financial centers / Cities sink like market rates »,  sur « Before the Water Gets too High »). 

Malgré tout, j’ai du mal à être complètement emporté par Wide Awake ! dans son ensemble. Les passages par le funk (« Wide Awake ! ») ou même le reggae ne m’accrochent pas, les chansons d’amour sont moins convaincantes, quant aux titre plus garage/punk pour lesquels Parquet Courts reste toujours aussi efficace, je les trouve handicapés par un chant un peu trop brut et bavard. Si la mise en avant dans ma discographie n’est donc pas gagnée, Parquet Courts s’est néanmoins légitimement fait une belle place dans la liste des groupes qui comptent aux USA, ainsi que, gageons le,  dans de nombreux Tops albums de 2018.

 

 

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GIRLS NAMES - Stains on Silence

 

On les avait découvert en 2015 avec un Arms around a Vision dont l’efficacité, tenant sur un dynamisme général associé à des riffs hyper bien foutus, ne se dément pas 3 ans après. C’est dire si Stains on Silence nous a surpris tant son rythme, lent et flottant, envahissant progressivement l’auditeur comme le brouillard une route à la nuit tombée, est à l’opposé de ce à quoi on s’attendait. Passé la déception initiale, il faut reconnaitre que le style gothique sied assez bien à Girls Names, s’appuyant sur une basse toujours aussi solide et des claviers / piano bien produits. Reste que le chant, soudain propulsé en charpente de ces titres relativement dépouillés, n’a ni le charisme ni la justesse suffisante (sans parler du mixage), à l’exception d’un ultime morceau où perce l’émotion. Malgré des qualités d’écriture et une cohérence d’ensemble bienvenues, Stains on Silence reste assez insaisissable, me laissant lentement dériver sur le bas-côté, à la recherche d’albums plus piquants.

 

 

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07 octobre 2018

ECOSSE - 19 / 26 Septembre 2018 - Part 2

 

Samedi 22 Septembre - Inverness / Oban

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Ballade le long du Glen Affric

Une belle route nous attend vers le Sud-Ouest jusqu’à Oban. Plutôt que de longer directement le Loch Ness depuis Inverness, nous faisons un écart vers l’Ouest en direction de Cannich, par une petite route serpentant dans la foret. Nous accédons à un lieu de ballade semble-t-il assez connu, longeant le Glen Affric jusqu’à des chutes d’eau (Dog Falls) puis rebouclant par les hauteurs de la Fasnakyle Forest. Un parcours d’une heure et demi de toute beauté que nous ferons majoritairement sous le soleil, même si trois averses l’auront cependant émaillé.

 

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Urquhart Castle et le Loch Ness

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Arrivée de la Mariée au son d'une cornemuse

 

Nous récupérons le Loch Ness à hauteur du célèbre Urquhart Castle, qu’après quelques hésitations nous décidons de visiter. C’est un lieu très fréquenté, arrêt obligatoire pour tous les cars de touristes, mais cela est tout à fait justifié. Bénéficiant d’une position idéale dominant le Loch Ness, le vaste Urquhart Castle, bien qu’en ruines, est suffisamment conservé pour qu’on puisse imaginer les différentes pièces et fortifications le composant. En haut du donjon, sans doute l’endroit où la densité de population est la plus forte en Ecosse, la vue sur le Loch est remarquable. Une partie du Château (à l’emplacement de la cuisine) sera même privatisée pour un mariage et nous aurons la surprise de voir débarquer tout un tas d’invités dont quelques-uns en kilt, avant l’arrivée de la mariée devancée par un joueur de cornemuse, pour le plus grand bonheur des touristes. La visite nous a bien pris deux heures et nous voilà en retard car le plus gros de la route reste à faire. Nous prendrons le temps de nous arrêter régulièrement quand même car les paysages sont très beaux, nous longeons une quantité impressionnante de Loch : l’enfilade Loch Ness, Loch Lochy - reliés par un canal - et Loch Linnhe qui coupe quasiment en deux l’Ecosse, ainsi que les Loch Leven et Creran. Nous arrivons en début de soirée à Oban, petite ville portuaire comme on peut en voir en Bretagne ou sur la côte Atlantique.  Nous hallucinons en avisant sur la colline surplombant la ville, comme Photoshopé, une réplique du Colisée de Rome aussi à sa place dans le paysage qu’un palmier sur la banquise. Renseignement pris, il s’agit d’une lubie d’un riche banquier du coin ayant décidé aux environ de 1900 de filer du boulot aux maçons chômeurs de la ville tout en érigeant un monument en l’honneur de sa famille, dont la construction s’en tiendra aux murs extérieurs suite au décès dudit McCaig.

 

Dimanche 23 Septembre - Oban et l'Ile de Kerrera 

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L'ile de Kerrera et le Gylen Castle

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Quelques photos de l'Ile de Kerrera parmi la centaine que nous avons prises....

 

J’avais envisagé de prendre le ferry et de visiter l’Ile de Mull en voiture, celle-ci étant riche en paysages et châteaux remarquables (sans parler de l’Ile sacrée d’Iona toute proche). Hélas, le ferry était complet depuis bien longtemps pour les voitures et sans celle-ci, le programme s’avérait difficile à tenir, à moins d’avoir recours à des cars touristiques pressés et très chers. Nous options donc pour le plan B, c’est à dire une randonnée sur l’Ile Kerrera, beaucoup plus petite et proche d’Oban. Nous prenions tranquillement un petit bateau avec quelques randonneurs perdus pour une traversée d’une dizaine de minutes en direction de Kerrera, essentiellement peuplée de moutons et de quelques fermes isolées. Le tour de l’ile, effectuée en quatre heures de marche ensoleillée (mis à part les inévitables averses écossaises), sera probablement l’un de nos meilleurs souvenirs du séjour. L’arrêt à un donjon dominant la mer, seul reste du Gylen Castle, donnera lieu à un moment d’histoire Ecossaise instructif ainsi qu’à un concours de la meilleure photo de vacances. Plus inattendu, alors que nous entamons la partie Ouest faisant face à l’Ile de Mull, nous pourrons observer longuement de nombreux rapaces au rang desquels une famille d’aigle Royaux, une première impressionnante pour moi !  

 

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Le Dunstaffnage Castle et sa chapelle hantée

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Le Port d'Oban, dominé par la Mc Caig's Tower, une imitation du Colisée

 

Seul incident de la journée, un double décollement semellaire arrière pour moi, alors que Mélaine marche avec des élastiques tenant l’avant de ses semelles depuis un problème similaire au Glen Affric. Pas de quoi gâcher une si belle journée que nous prolongeons en conduisant jusqu’au Dunstaffnage Castle, curieux fort posé sur une marche rocheuse surgissant d’une colline au nord d’Oban. Une toute petite partie semble rénovée mais il est trop tard pour visiter, nous nous orientons vers la chapelle en ruine au milieu de la forêt attenante. De belle taille, elle réveille forcément quelques souvenirs à quiconque ayant déjà joué à des jeux video d’aventure Fantasy, et l’on s’attend à tout moment à voir surgir des tombes amoncelées dans un minuscule cimetière collé au mur du bâtiment quelques squelettes hargneux. Il parait que cette chapelle est hantée, mon avis est que tout chasseur de fantômes devrait commencer sa quête par une nuit dans ses murs…  C’est l’heure du diner, et comme à chaque fois que j’en ai l’occasion en vacances, j’ai décidé de me payer un plateau de fruits de mer, autre spécialité locale. Direction Ee-Usk, institution trônant sur le port assaillie par tous les étrangers du coin (heureusement que nous avions réservé). Au final une bonne adresse, même si j’ai eu de la place pour un Sticky Toffee Pudding en dessert là où je bloque au trois quart des plateaux bretons, incapable d’avaler une demi crevette grise supplémentaire.

 

Lundi 24 Septembre - Oban / Crianlarich 

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Kilchurn Castle

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Vaches Highland

 

Il est temps de quitter Oban et le bord de mer pour se diriger vers Crianlarich, bourgade centrale dans la région des Trossachs. Première étape, un nouveau château en ruines, le Kilchurn Castle, lui aussi situé sur une presqu’ile mais cette fois en contrebas, entouré des monts habituels bordant les Loch (ici le Loch Awe). Toujours impressionnant et intéressant, en tout cas nous ne nous lassons pas. D’autant que quelques vaches Highlands, que nous avions peu croisé jusqu’à présent, broutent tranquillement dans le coin, laissées certainement à l’entrée du site à l’attention des nombreux touristes de passage. 

 

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Inveraray Castle - Environs du Glen Falloch 

Comme le trajet direct ne dure qu’une heure, nous faisons un détour par le sud jusqu’à Inveraray, petit village de carte postale posé à l’entrée du Loch Fyne, dont la principale caractéristique est de s’en tenir au noir et blanc pour la peinture des maisons et mobiliers urbains. Il y a aussi un château, mais celui-ci est du style habité avec jardins et guichet payant au bout de l’allée, donc nous nous contentons d’une photo de loin, le temps de constater qu’il est aussi moche que curieux. Nous rejoignons le Loch Lomond au niveau de Tarbet, et nous le longeons jusqu’à Luss, un petit village qui nous avait été conseillé par un couple de Lyonnais logeant au même B&B que nous à Oban. C’est un joli village offrant une belle vue sur le Loch Lomond et sur la multitude d’iles qui le parsèment, mais le lieu est connu et les quelques rues bordées de tout petit cottage sont surchargées de touristes. Nous rebroussons chemin vers le nord pour atteindre Crianlarich, non sans avoir savouré les rives du Loch Lomond puis du Glen Falloch, qui nous offrent l’un des derniers splendides paysages du séjour. Le B&B est un extraordinaire corps de ferme rénové perdu dans la montagne, tenu par un couple Suisse qui a changé complètement de vie il y a quelques années.

 

Mardi 24 Septembre - Crianlarich 

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la West Highland Way, entre Bridge of Orchy et Tyndrum 

Nous avions prévu de consacrer notre dernier jour à de la randonnée tranquille, Crianlarich étant un carrefour bien connu des marcheurs (pas grand-chose d’autre à faire dans le coin d’ailleurs). Le village est notamment situé sur la West Highland Way, parcours reconnu de 154 km allant de Fort William à Milngavie (près de Glasgow), et sur les conseils de nos hôtes nous décidons d’en faire une petite partie. Un petit coup de voiture que nous laissons à la gare de Tyndrum, pour prendre le train sur une ligne ferroviaire présentée comme l’une des plus belles au monde jusqu’à l’arrêt suivant, Bridge of Orchy. C’est avec des chaussures rafistolées à l’aide de gros scotch acheté à Oban (heureusement que le ridicule ne tue pas) que nous entamons notre ballade de 4 heures sous des nuages menaçants.  Les paysages maintenant bien connus de collines envahies de moutons, de torrent rocailleux et forets de conifère sont à la hauteur, même si nous avons le sentiment qu’on en profiterai encore mieux en marchant dans l’autre sens (impression confirmé par un nombre important de randonneurs croisés alors que nous n’en doublâmes aucun). La pluie arrive plus tôt que prévu, et cette fois c’est pas de la rigolade : nous sommes complètement trempés et le soleil a totalement disparu. Après une pause amusante pour observer un berger rassembler puis séparer en deux blocs égaux son troupeau à l’aide de deux chiens extrêmement bien dressés et efficaces, nous reprenons une route qui s’avère désormais assez maussade, le chemin longeant la route et la pluie s’intensifiant. Mes chaussures tombent en ruine au moment où nous atteignons la voiture. Pas d’amélioration dans l’après-midi, nous restons dans notre gite bien douillet à bouquiner avec du thé chaud.

 

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Il y a deux tables à Crianlarich : la veille nous avions opté pour un pub old school bien sympathique où j’avais tenté le Haggis, plat traditionnel à la recette beaucoup plus bizarre à énoncer qu’à déguster (foie, cœur et poumons de mouton haché avec de l’oignon, mais qui au gout ressemble à du hachis Parmentier au soupçon d’andouillette). Pour ce dernier soir ce sera le restaurant de l’hôtel, genre chic des années 60, avec poissons et têtes de cerfs empaillés au mur. Après un bon plat de bœuf écossais, nous avons la surprise de voir s’installer un duo de musique traditionnelle (guitare, violon, et chant à deux voix) pour une veillée à l’ancienne qui va beaucoup nous émouvoir. Dès les premières notes tous les anciens de l’hôtel sont venus occuper les banquettes entourant la salle du restaurant où nous finissons notre dessert, alors que le couple assez âgé entame des chants aux refrains semble-t-il bien connus des habitués.  Entre deux titres folks magnifiquement interprétés, le chanteur balance quelques blagues dans un accent écossais à couper au couteau ne me laissant saisir qu’un vague sens général là où l’assemblée rit de bon cœur. Il est déjà tard et nous devons partir avec regrets. Le lendemain c’est le retour vers Edinbourg, l’aéroport, puis Lyon ; Mais cette dernière soirée aura, comme l’ensemble de cette merveilleuse semaine écossaise, répondu à toutes nos attentes.

 

 

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