Blinking Lights (and other revelations)

07 juillet 2020

the Correct Use of Sax: SEX SWING, LONKER SEE

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SEX SWING - Type II

 

Type II est un album urbain et désespéré, un condensé de post punk lancinant aux vagues puissantes qu’on entend venir de loin sans pouvoir les éviter. La guitare semble une sirène d’ambulance (« Skimmington Ride »), le chant est monocorde, le saxophone hurlant lance des appels fous à la révolte. On dirait Joy Division réinterprétant le Fun House des Stooges en plus glauque, pas besoin des paroles pour comprendre que le « Valentine's Day at the Gym » se passe mal. Les chansons s’éternisent, entêtantes, et l’on se sent délicieusement coincé dans cet univers gris, à la limite du Krautrock. Limite franchie sur le dernier titre, magistral « Garden of Eden - 2000 AD » de 8 minutes où la voix se traine tel un zombie entre des murs d’autos fracassées, que l'on quitte à regret sur un ultime vacarme . Sex Swing compose un album qui, comme sa pochette, révulse autant qu’attire. Et qui, une fois goutté, ne nous lâche plus.

 

 

 

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LONKER SEE - Hamza

 

One Eye Sees Red, précédent disque des  Polonais Lonker See, nous avait déjà ravi les oreilles avec ses deux longs titres d’ambient psyche rock d’une vingtaine de minutes, mais ils font encore mieux cette année sur Hamza, album qui, tout en gardant l’exigence expérimentale du groupe, est à la fois plus varié et plus abordable. Débutant sur un morceau calme, presque folk indé, Hamza accélère progressivement sa rythmique répétitive, basse profonde et batterie au riche jeu de caisse claire, jusqu’à un « 3-4-8 » plus noisy et brutal évoquant nos chers compatriotes de Trunks. Le saxophone amène toute une palette d’ambiances, entre dissonances et accents orientaux qui font l’originalité de cette première face. « Hamza » est d’ailleurs assez apaisée, voyage mélodique avant une deuxième partie plus intense. La durée des titres s’allonge encore, et on entre de plein pied dans un post rock où les digressions et éruptions bruyantes contrastent avec un chant féminin plutôt mélodique. On pense alors à Godspeed you Black Emperor !, spécialement sur « Earth is Flat » où la puissante marche forcée des instruments provoque une tension forte ne cessant que dans un chaos noisy assez insoutenable. Lonker See nous offre là une belle occasion de sortir des sentiers battus.

 

 

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02 juillet 2020

# 119 / 221

 

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C’était il y a environ 100 épisodes : je chroniquais le deuxième album de Rage against the Machine, Evil Empire. Je n’avais que peu gouté au premier album culte, pour des raisons que j’ai exposé en cassette  #11, et pourtant voilà que j’enregistrais ce disque au moment de sa sortie, bizarre non ? En réalité je m’en suis souvenu après coup, c’est un pote qui avait fortement insisté pour me le prêter. Aurélien faisait partie de l’inénarrable troupe de copains de mon club de judo dont j’ai parlé longuement dans les premiers temps de cette rubrique, et il habitait tout près de chez moi, ce qui nous laissait l’occasion de discuter longuement deux fois par semaine en rentrant à pied de notre entrainement. Aurélien avait les cheveux longs, des chemises de bucheron à carreaux, un grand poster du Che dans sa chambre, et c’était un fervent militant du parti communiste (1). Et, logique, il était ultra fan de Rage Against the Machine. Autant dire un véritable ovni pour moi, même si je pense que la plupart d’entre vous, chers lecteurs, avez eu des potes de ce style au Lycée, voire avez-vous-même arboré un T-Shirt jaune floqué du jeune superman de Evil Empire. 

Bien qu’Aurélien n’ait jamais réussi à me convertir ni au communisme ni à RATM, j’empruntais tout de même à la médiathèque the Battle of Los Angeles, 3eme et dernier véritable album de Rage Against the Machine, ce qui situe cette cassette aux environs de l’année 1999. Une fois encore je faisais la fine bouche en ne retenant qu’une petite moitié du disque, ce qui n’est guère étonnant vu que le groupe n’avait pas changé d’un iota sa formule. C’est cependant tout à leur honneur d’avoir gardé cette énergie et cette créativité 7 ans après leurs débuts, ce dont le violent introductif « Testify » confirme d’emblée. Toujours basé sur les sons de guitare étranges de Tom Morello, la rythmique funk de Tim Commerford et Brad Wilk et surtout le chant ultra agressif de Zack de la Rocha, la musique de Rage Against the Machine garde sa puissance, notamment sur « Sleep Now In The Fire » doté d’un riff de guitare  très efficace. Si « Born Of A Broken Man » calme le jeu sur ses couplets avec une partie inhabituellement mélodique, la tension reste palpable et l’explosion inévitable sur les refrains. Une explosion inévitable pour le RATM aussi, malgré la qualité et le succès de the Battle of Los Angeles : c’est un peu le destin des groupes aussi engagés. Mais nous verrons ca un peu plus tard puisque contre toute attente, leur baroud d’honneur posthume figure aussi sur ces cassettes.

 

(1)    Croyez-le ou non, Aurélien poussait la caricature jusqu’à posséder un papa prof d’histoire qui portait un collier de barbe et fumait la pipe…  bon à l’époque j’avais voté Chirac parce que sa marionnette des Guignols de l’Info me faisait marrer (ce qui faisait bondir de rage Aurélien) donc je vous laisse juger qui était le plus ridicule de nous deux…

 

 

 

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En prolongation du Goo dernièrement chroniqué, l’EP Dirty Boots de la même période contenant 5 titres live dont trois seulement retenus ici. Pas grand-chose d’extraordinaire sur ces versions captant bien l’énergie de Sonic Youth sur scène, si ce n’est le chant très rageux de « Dirty Boots » (est-ce vraiment la voix de Kim Gordon ?) et la dissonance de l’inédit instrumental « the Bedroom ».

 

 

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Is this Desire ? est sans doute l’album de PJ Harvey que j’ai le plus réévalué avec le temps, et cette réécoute l’a confirmé.  La chanteuse accentue encore la diversité de production entamée sur l’album précédent, le célèbre To Bring You My love, utilisant en plus des sons electro et flirtant à plusieurs reprises avec le trip hop (« the Garden » évoque presque Portishead). C’est sans doute ce qui m’avait perturbé à la découverte du disque, mais aujourd’hui je trouve que cela se marie fort bien avec les titres plus acoustiques comme les splendides « Angelene »  et « Is this Desire ? », alpha et omega d’un album globalement très sombre, semblable à ces cieux orageux chargés de tension lourde qui se fendent parfois d’un éclair soudain. Ainsi le chant de PJ Harvey, la plupart du temps très grave, s’envole-t-il parfois en brusques cris révélant une maitrise vocale impressionnante, avec en titre emblématique un redoutable « the Sky Lit Up ».  Coincé entre deux albums beaucoup plus faciles d’accès,  Is this Desire ? a été moins mis en valeur par la critique mais reste d’un très bon niveau, à la hauteur de cette insurpassable année 1998.

 

 

 

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Depuis que j’avais découvert les Pixies, j’étais devenu un grand fan du légendaire label 4AD. Cela m’avait valu quelques belles découvertes (ah, Kristin Hersh, Lisa Germano !), mais je n’avais pas encore rencontré son côté obscur (ou plutôt son coté mou). J’avais eu quelques aperçus avec Dead Can Dance, mais le groupe était si original et bon que rien ne laissait entrevoir le drame à venir : Cocteau Twins.  C’est vraiment un groupe culte qui m’a emmerdé au possible, j’ai bien insisté car il avait aussi quelque chose de beau dans cette musique mais rien à faire, j’ai très peu écouté les extraits retenus en ces cassettes. Commencer par une compile d’EP, à savoir Tiny Dynamine et Echoes in a Shallow Bay n’était sans doute pas le plus judicieux, mais je doute que les albums originaux de cette époque (milieu des 80’s) ne m’aient plus enthousiasmé. Ce son vaporeux, ces mélodies lointaines et cette batterie rikiki, bref, cette production typiquement 80’s, voilà bien tout ce que je n’aime pas en musique. Et ce malgré la voix assez fascinante d’Elizabeth Frazer, parfois proche de celle de Lisa Gerrard (« Plain Tiger »). Quelques titres, au tempo plus soutenu et à la tonalité plus agressive, sortent du lot (« Pale Clouded White ») et laissent entrevoir un réel potentiel rock, mais ils souffrent terriblement de la prod et ne laissent que peu d’empreinte dans la mémoire de l’auditeur. On verra si les choses ont évolué avec le temps, puisque la cassette suivante enchaine directement avec l’un des derniers albums du trio. J’en doute fort, et je crains même le pire…

 

 

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23 juin 2020

# 118 / 221

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The Virgin Suicides a immédiatement fait partie de mes films fétiches, tant il incarnait le plus grand mystère de ma vie : ça fait quoi d’être une adolescente ? Si aujourd’hui j’ai quelques éléments de réponse - d’après ce que j’en sais, c’est la même période toute pourrie que pour les mecs mais avec tout un tas de contraintes supplémentaires qui en réduisent considérablement l’insouciance – lors de la sortie du film de Sofia Coppola la question occupait une large part de mon imaginaire et de mes préférences culturelles, alors qu’à 23 ans les quelques filles que je fréquentais étaient déjà adultes depuis belle lurette. Las, les pièces manquantes manquent à jamais, et n’ayant jamais été un Trip Fontaine (1), je ne m’identifiais que trop aux gamins tentant désespérément d’en savoir plus sur les jolies sœurs Lisbon au travers d’un journal intime volé ou de quelques scènes entraperçues avec une longue vue. Cette parfaite retranscription de l’adolescence (de mon point de vue masculin, mais le film étant réalisé par une femme, j’ose espérer que cela soit encore mieux du point de vue féminin), mélangeant quotidien tristement réaliste à fantasmes les plus improbables, s’appuie énormément sur une BO non moins parfaite. 

Si Air avait fait un carton avec Moon Safari, il ne m’avait pas vraiment attiré avant le choc de ce disque que j’avais évidemment intégralement enregistré. Toutes en pulsations mystérieuses et mélodies éthérées, ses compositions hors du temps nous plongent dans un rêve moite où même l’habituellement honni saxophone langoureux trouve sa place (« Playground Love »). Des Sirènes nous attirent irrésistiblement de leur chant lointain couvert par des orgues lancinants, des fantômes passent qui lient amour et mort (incroyable son de « Ghost Song »). Mais ce que j’adore par-dessus tout dans cette BO, c’est (on ne se refait pas) les interventions ponctuelles de la batterie, tenue par un ébouriffant Brian Reitzell, notamment sur le seul titre au tempo bien rock, « Dead Bodies », l’un de mes instrumentaux favoris. Allié à l’excellent jeu de basse de Nicolas Godin (le point fort de Air), cela donne des titres superbes comme un « Dirty Trip » qui se prolonge pour mieux nous hypnotiser (la plupart des autres morceaux sont courts, ce qui n’est peut-être pas un défaut).  En conclusion de cette œuvre mélancolique, la voix ralentie de « Suicide Underground » accentue l’impression d’être dans un rêve, un endroit sombre traversé de rayons lumineux, un moment triste et doux qui semble éternel et passe pourtant si vite. Chef d’œuvre de la musique française, la BO de the Virgin Suicides me propulsera fan du duo Versaillais pendant un bon moment, avant qu’il n’ait tendance à se reposer sur ses acquis et ne plus proposer que de pales resucées de sa glorieuse période.   

 

(1)    Personnage semblant valider le fait que les meneurs d’hier sont les losers de demain, mais ça je l’avais zappé à l’époque. 

 

 

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Du Mercury Rev première période, leur inaugural Yerself is Steam est de loin mon préféré. Démarrant sur un « Chasing a Bee » complétement barge, associant le chant vaporeux de David Baker (1), les guitares hyper saturées très inspirées par My Bloody Valentine, et une flute qui se balade tranquillement par-dessus le brouhaha, l’album ne déposera jamais les armes de l’expérimentation démente, quand bien même il se termine sur plus de 12 minutes de « Very Sleepy Rivers », psychédélisme opiacée au titre fort bien trouvé. Que ce soit dans les vagues de l’épique « Sweet Oddysee Of A Cancer Cell T' Th' Center Of Yer Heart », à dominante très rock, ou dans la douceur acoustique et lointaine de « Frittering », Yerself is Steam (dont les deux faces distinctes étaient baptisées Rocket et Harmony) garde une cohérence noisy et onirique qui en font un album aussi fascinant qu’indispensable.

 

(1)    Comme quoi il n’y a pas que Malkmus pour chanter faux avec classe

 

 

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Puisque nous avons remonté dans le temps la maigre discographie « officielle » du regretté Jeff Buckley, il est logique que nous le quittions sur sa toute première publication, l’EP Live at Sin-é sorti en 1993, juste avant le grand classique album Grace. Quatre titres enregistrés en concerts donc, deux compos et deux reprises, qui affichent sans aucun bémol le talent insolent de Buckley. Quelques minutes de « Mojo Pin » suffisent à se mettre à la place des privilégiés ayant assisté aux concerts de Jeff Buckley avant le gigantesque buzz du premier album, qui auront sans nul doute pressenti la légende en devenir à l’écoute de cette voix unique et d’une interprétation dont l’intensité n’a eu depuis que peu d’égale. Si j’aime beaucoup ses concerts en groupe, force est de constater que l’animal est tout aussi percutant en solo. Et si je préfère largement quand il paye son tribut à Led Zeppelin, sa reprise d’Edith Piaf en mode romantique a dû humidifier pas mal de petites culottes (en particulier françaises) à l’époque. L’Ep s’achève sur « the Way Young Lovers Do », longue reprise de Van Morrison qui consacre cette fois Buckley comme un excellent guitariste doublé d’un très bon performeur. A se demander si le Live at Sin-é n’est pas son meilleur disque… Pour ses dix ans il est d’ailleurs ressorti dans une version gigantesque, 21 titres et 13 monologues qui ont surement ravis les fans ultimes. Sans l’avoir écouté, j’ai le pressentiment que cette somme handicape plutôt l’impact du projet original…

 

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15 juin 2020

This is a Sad Come Back: Nadia REID, Joanna STERNBERG, Nick CAVE & the BAD SEEDS

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Nadia REID – Out of my Province

 

Nadia Reid use avec assurance de sa très jolie voix pour me ramener 10 ans en arrière quand, à la suite du carton d’Alela Diane, je m’étais entiché de nombreuses chanteuses au chant pur et à la guitare sèche. Alternant entre folk aux arpèges classiques que j’apprécie toujours autant et pop tranquille au tempo légèrement relevé, Nadia Reid n’invente rien mais s’inscrit sans trop en faire dans la lignée de mes championnes mélancoliques louées en ses pages la décennie précédente, ce qui n’est pas une mince affaire tant le style qu’elle développe ne m’a plus accroché depuis bien longtemps. La production est épurée, avec des arrangements précis apportant assez de diversité pour ne pas laisser s’installer un quelconque sentiment  de lassitude chez l’auditeur. Out of my Province est un joli disque, de quoi passer un bon moment en agréable compagnie.

 

 

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Joanna STERNBERG – Then i try some more

 

Beaucoup plus aride que le disque précédemment présenté, Then I try some more est un court recueil de ballades tristes à l’enregistrement minimaliste. Si l’on supporte la voix légèrement aigrelette de Joanna Sternberg, on se laissera séduire par des ritournelles très bien écrites dont les mélodies simples font systématiquement mouche. Accompagné tantôt de piano ou de guitare, la plupart du temps sans aucun arrangement ou instrument supplémentaire, Joanna Sternberg imprime sa poésie timide dans le cœur de l’auditeur qui a alors l’irrésistible envie de lui administrer un câlin consolateur. Par contraste, Then i try some More recèle donc une force d’attraction insoupçonnable au premier abord.

 

 

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Nick CAVE & the BAD SEEDS – Ghosteen

 

Nick Cave et Warren Ellis (Ghosteen est bien plus l’œuvre d’un duo que d’un groupe) composent un double album très difficile à aborder. Pour ma part, je n’ai réussi à m’y intéresser pleinement qu’en prenant le parti de n’écouter que le premier CD, les deux très longs titres composant le deuxième n’apportant que trop peu et rendant l’ensemble trop long et impossible à digérer. Ceci fait, il reste quand même à trouver le courage de se plonger dans cet ambient arythmique où le chant désolé de Nick Cave surnage sur un brouillard sonore de claviers, de piano et de chœurs antiques lugubres. De l’ensemble, très homogène, on aura peine à soutirer un passage ou un extrait accrocheur. Qu’importe, c’est à une expérience mystique et poétique que nous convie Nick Cave, et celle-ci atteint son paroxysme sur le bourdon profond de « Galleon Ship » et ses quelques notes en suspension. Ghosteen est ainsi un album réussi à défaut d’être enthousiasmant, pour peu qu’on soit dans l’état d’esprit adéquat et surtout dans les bonnes conditions (silence complet, assurance de ne point être dérangé, 1h devant soi etc…) : pas vraiment un disque pour moi, donc.

 

 

01 juin 2020

# 117 / 221

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Très forts ces Lynyrd Skynyrd , je dois avouer que j’ai eu « Tuesday’s Gone » dans la tête pendant toute la semaine qui a séparé la rédaction de cette chronique et la précédente. On l’avait terminée  sur la crainte d’y avoir grillé les meilleures cartouches du groupe, et de n’avoir rien à se mettre sous la dent sur cet épisode 117, ce qui aurait été fort dommage vu que le best of (the Definitive Lynyrd Skynyrd Collection) en occupe une très large part (17 morceaux tout de même). Il n’en est rien, d’ailleurs nous commençons par une version demo du célèbre « Free Bird » qui, amputée de son solo et de ses montées en tempo progressives qui en ont fait la renommée, se révèle bien plus digeste et, à mon sens, meilleure. Dans le registre où le groupe excelle, ces chansons groovy avec des intros en arpège à tomber par terre et des riffs de guitare énormes, il y a encore de quoi faire avec « Junkie » ou « the Needle and the Spoon », tube dans la lignée de « Sweet Home Alabama » (des pistes bien entrainantes pour parler de drogue, un sujet que je ne savais pas si important pour les musiciens sudistes). Quant à « Trust », elle consacre les qualités techniques des guitaristes, bien sûr, mais aussi d’une paire rythmique irréprochable et d’un chanteur à la voix légèrement éraillée mais très précise.

 

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Les balades ne sont pas en reste, des trucs bluesy, avec de la slide guitar, ou bien les accords les plus connus du rock (« All i can do is write about it »), cela fonctionne bien même si aucune n’arrive à la cheville de « Simple Man », qui est l’une de mes balades favorites. Et puis du pur Rock N’Roll, « I know a little » et ses guitares ahurissantes, ou « Call me the breeze », reprise de J.J. Cale qui convie des cuivres inhabituels et un pianiste une fois de plus survolté. Ce qui est étonnant, c’est qu’il ne semble pas y avoir de progression linéaire dans les styles développés par Lynyrd Skynyrd. La logique voudrait qu’ils passent du blues au rock puis au hard rock, mais ils alternent ces styles à la base commune tout au long de leur carrière. Pour le hard, on retiendra « Searchin’ » (ici présentée dans une version live) avec son riff à la Stooges, qui évoque tellement les Guns N’Roses qu’on se demande comment ces derniers ne citaient pas Lynyrd Skynyrd dans leurs références, à l’inverse de Metallica leur ayant payé tribut dans leur album de reprises Garage Inc. (leur « Tuesday’s Gone » étant d’ailleurs l’une des rares chansons potables du disque New Recordings). Il faut attendre les trois derniers morceaux pour que Lynyrd Skynyrd baisse de régime et s’enferre dans un blues rock bien plus banal que ce qui a précédé. Quoiqu’il en soit, dans un genre qui est loin d’être mon favori, le groupe de Ronnie Van Zant est à tout prendre l’un de ceux que je garderais sans hésiter. 

 

 

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Ah j’en ai fait des Hall of Shame, j’en ai avoué des plaisirs coupables, mais le fait est qu’ils restent bien plus plaisirs que coupables, et que parmi mon innombrable collection de disques, il n’y en a peut-être que deux dont j’ai un petit peu honte. Le premier est un vestige d’une relation amoureuse qui, contre toute attente, a pris un peu de valeur. Quant au deuxième, je m’en vais te le révéler, toi fidèle lecteur, pour te récompenser d’être encore là, rare rescapé en ce 117eme épisode. Il s’agit d’une boite de camembert du groupe Les Bidochons,  contenant un CD Best of, leur album parodique de Téléphone (Cache ton Machin), le single « Gobzilla » et un authentique mesure zizi. En songeant que j’ai écouté « Pas d’papier Water »  ou « Jeune Pine Chatte Flasque » avant leurs illustres versions originales des Beatles ou des Rolling Stones, le rouge me monte au front. Car le talent technique et la passion musicale de ces joyeux lurons franchouillards n’avait d’égale que leur beauferie.  Il faut croire que je n’en eu pas assez de mes 32 titres moulés à la louche,  puisque j’empruntais un autre best of, Radio Bidochons, dont j’enregistrais les titres que je n’avais pas pour finir quelques cassettes. Sans doute fus je motivé par « Cuite », transformant le tube de Radiohead en hymne au cannibalisme, ou « Zobi », punkisant de manière pas dégueu le lourdingue tube des Cranberries. Mais finalement à la réécoute, je trouve que « Son Dernier Round », parodie de Chuck Berry atomisant un Johnny Halliday lifté comme une starlette prenant sa retraite à Las Vegas, a beaucoup plus de panache. Un terme qu’on utilisera peu pour qualifier Les Bidochons, dont on feindra dorénavant de ne pas remarquer les restes retenus sur les cassettes suivantes.

 

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26 mai 2020

# 116 / 221

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Come était signé chez Matador, et deux de ses morceaux figuraient sur la fameuse compilation du label sur laquelle je découvrirais tant de merveilleux groupes (What’s up Matador, 1997). Ayant aimé ce que j’avais entendu, j’empruntais leur premier album à la médiathèque, Eleven : Eleven, sorti en 1992, que j’appréciais au point de l’enregistrer en intégralité (il comporte, bien sûr, 11 titres). Il faut dire qu’il avait beaucoup de points communs avec le rock alternatif que j’écoutais à l’époque, un duo de guitares alternant des arpèges saturés et des explosions d’accords impromptues, une batterie très lourde et présente, flirtant avec le post rock, un chant féminin intense évoquant le grunge. Le tempo est relativement lent tout au long d’un disque extrêmement homogène, avec parfois des accélérations soudaines assez rock, style Led Zeppelin. Après tout, la base bien planquée derrière les grosses guitares reste le blues, comme en témoigne la reprise très personnelle du morceau des Stones clôturant l’album. Mais les passages plus rapides sont souvent interrompus rapidement par des coupures noise, une structure hachée qui pourrait évoquer le Math rock des origines, style Shellac. Toutes les compositions sont vraiment bonnes, et la présence et l’intensité du chant de Thaia Zedek achèvent de donner une personnalité forte à Eleven : Eleven, disque qu’on n’oublie pas de sitôt. Seul manquait sans doute quelque respiration, un ou deux morceaux plus accrocheurs, pour que je l’intègre à ma discothèque à l’époque (l’unique  titre s’approchant d’un single, « Bell », est quand même bien noisy). Mais là n’était pas le propos, et l’album conserve sa noirceur et son ambiance oppressante du début à la fin, ce qui pour un album des 90’s (donc assez long) à tendance à un peu étouffer l’auditeur, ou du moins à sévèrement le malmener. Si Eleven : Eleven fut acclamé à sa sortie par la critique et bon nombre de stars de l’éphémère règne grunge, par sûr donc qu’il fut un succès commercial (1). J’en veux pour preuve que ce premier album sera le seul de Come que je trouverais à la médiathèque, et les trois autres, sortis chacun à deux ans d’intervalle, ne figurent donc pas dans ces cassettes. Je trouverais Don’t Ask don’t Tell et Gently Down the Stream bien plus tard dans les bacs à soldes, deux bons disques mais assez loin du niveau d’Eleven : Eleven. Celui-ci, je l’aurais acquis lors de sa réédition en 2013, agrémenté d’un très bon CD live de 1992, qui fait honneur à cet exceptionnel album. 

(1)    mais c’est possible, à l’époque il suffisait que Kurt Cobain annonce qu’il avait aimé un groupe pour que celui-ci vende dans la foulée à tour de bras… 

 

 

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Est-ce parce que j’ai toujours aimé les coffrets CDs ? Ou bien parce que Metallica m’avait mis la puce à l’oreille en reprenant « Tuesday’sGone » ? Quoi qu’il en soit, me voilà empruntant cette copieuse Definitive Lynyrd Skynyrd Collection, 47 titres sur trois CDs, dont j’avais enregistré une grosse moitié.  Sur cette cassette, on a logiquement les débuts du groupe, avec quelques démos qui nous mettent tout de suite dans l’ambiance. Etrangement, c’est d’abord le piano qui s’impose, pour le boogie « Truck Drivin’ Man » ou les blues « Poison Whiskey » et « Things Goin’On », qui nous envoient direct dans un bar poussiéreux de Floride. Mais c’est les riffs de guitare qui consacrent le groupe, celui de « I ain’t the one », titre blues hyper groovy, et évidemment celui du tube « Sweet Home Alabama » qu’on ne présente plus.  Et puisqu’on parle guitare, il faut évidemment évoquer le solo de « Free Bird », extrêmement long et complexe, prolongeant  indéfiniment un titre ainsi devenu blague récurrente à chaque rappel de concert. Si on rajoute la ballade « Tuesday’s Gone », qui reste mon titre favori, il semble qu’on ait fait le tour des chansons les plus célèbres de Lynyrd Skynyrd. Un moment agréable donc, mais du coup, en sera-t-il de même pour la suite ?

 

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16 mai 2020

# 115 / 221

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Cassette précédente, nous avions repris contact rapidement avec Dream Letter, qui se poursuivait par un long medley jazz folk aux envolées vocales dans la lignée d’un début d’album écouté en épisode 113. Le deuxième titre était lui plus marquant, avec un mélange étrange d’arpèges vaguement inquiétant et de folk médiéval, un très joli « Troubadour » dont on sentait d’emblée qu’il faisait partie des morceaux emblématiques de Tim Buckley. Mais l’entame de cette cassette allait porter l’album à un niveau supérieur qu’il ne quitterait guère par la suite. Ce magnifique medley « Carnival Song / Hi Lily, Hi lo » d’une grande délicatesse nous plonge dans le rêve annoncé sur le titre du live, me faisant immédiatement penser à Mercury Rev. J’étais d’ailleurs persuadé qu’ils en avaient fait une reprise, mais en fait c’est tout simplement la même mélodie que le « Dark is rising », qu’on retrouve aussi en toute fin de l’album All is Dream (on y revient !) jouée au xylophone. Peut-être que Jonathan Donahue a cité cet emprunt dans une interview, il ne sera certainement pas passé inaperçu chez les fans de Tim Buckley. Après avoir fait marrer tout le monde en faisant n’importe quoi avant d’entamer le bien nommé « Hallucinations », Tim Buckley se lance dans deux nouveaux longs medleys débutant par le très mélancolique « Dream Letter »  enchainé avec un « Happy Time » plus rythmé, et se poursuivant avec le grand classique « Wayfaring Stranger ». Sa version est aussi bonne que personnelle, avec des accords assez agressifs à la guitare associés à un chant plaintif et habité, et une digression sur un « You got me »  à deux accords qui lui permet quelques improvisations vocales à sa manière. Le concert se termine sur un morceau plus concis, très Dylannien, mais avec de savoureuses envolées au chant. Un très bon moment musical qui vaudra certainement un investissement futur.

 

 

 

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Scary Monsters ne fait pas partie de mes David Bowie favoris, et la sélection ici enregistrée le prouve. De là à ne pas retenir des titres comme « Fashion » ou « Ashes to Ashes », quand même ! Surtout pour leur préférer des titres bonus à l’intérêt discutable, mis à part le dernier. Tout ceci accentue le coté hétéroclite de l’album, qu’on pourra juger pertinent (la palette de tout ce que savait faire Bowie en 1980) ou gênant (grands écarts incontrôlés). Je me rends compte surtout que les titres retenus ne sont pas vraiment géniaux, excepté bien sur un « Scary monsters (and super creeps) » bien rock que Robert Fripp assaisonne de savants solos de guitare. La suite est moins brillante, « It’s no Game (part 2) » est de la brit pop tiède, « Teenage Wildlife » lorgne vers « Heroes » mais se révèle poussive, les accents hard rock de « Scream like a baby » ne font guère mieux. Seul le riff de guitare sur le refrain du discoïde « Because you’re Young » m’a un peu fait frétiller l’oreille. Mais pas autant que le dernier titre bonus, « Crystal Japan »,  instrumental aux accents sombres période Trilogie Berlinoise sorti en 45T au Japon (évidemment). Vous allez dire que j’entends des récupérations partout, mais que je sois pendu si cette mélodie n’a pas grandement inspiré Trent Reznor pour « A Warm Place » (the Downward Spiral), l’un de mes titres favoris de Nine Inch Nails. Ces deux-là étaient fait pour s’entendre, et  Bowie s’inspirera à son tour de NIN pour son splendide Outside, sorti en 1995, album qui signera la fin de sa période pauvre, justement entamée sur le successeur de Scary Monsters.

 

 

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Il y a une dizaine d’épisodes, je redécouvrais Garbage au travers de leur deuxième album, et si je n’en avais enregistré qu’une faible partie, j’avais plutôt été agréablement surpris par certains titres. Et bien le multi platiné Garbage, sorti en 1995, m’a fait la même impression. Là encore, il sera difficile d’avoir un véritable avis en n’écoutant qu’une grosse moitié du disque, et à priori la meilleure, mais le groupe de Shirley Manson est assez loin de la pop naïve et commerciale dont j’avais le souvenir radiophonique avant de réécouter ces cassettes. Si on en retrouve cette couleur sur les morceaux « Stupid Girl » (un peu irritant, car sans doute trop entendu) et « Fix me Now », plutôt sympathique au demeurant, on retrouve les différentes ambiances entendues sur Version 2.0, les deux disques étant musicalement très proches malgré les 3 années les séparant. Ainsi le rock alternatif pêchu (« Supervixen »), flirtant parfois avec l’indus 90’s et sa noirceur technoïde (« as heaven is wide ») côtoie donc quelques titres plus légers mais aussi  d’étonnants passages tristes, à l’image de la ballade conclusive « Milk ». Une fois de plus Garbage nous apparait comme indéniablement emblématique d’une époque, et valide un succès amplement mérité que je lui contestais un peu facilement.

 

 

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04 mai 2020

# 114 / 221

114

 

 

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Mince, j’ai déjà grillé l’anecdote savoureuse sur cet album pour la chronique du 666 667 Club, en épisode #036. J’y expliquais que si ma découverte de Noir Désir se fit lors d’une écoute mouvementée de ce Dies Irae, je ne raccrochais vraiment au groupe que par ses deux albums suivants. Comme souvent, la parution du premier live de Noir Désir intervient à un moment charnière,  conclusion en forme de best of d’une époque bien rock qui aura vu les Bordelais passer rapidement de l’ombre à une lumière éclatante. Pas le sommet d’une carrière, (la suite sera juste … différente), mais sans doute celui du rock français. Quiconque en doute se doit d’écouter Dies Irae qui, en 22 titres, ne relâche jamais la pression. La setlist commence par « La Rage », et il n’y a là nulle esbroufe,  l’heure et demi qui suit est là pour le prouver. « Here it comes slowly », en anglais ou en français Noir Désir rivalise avec la crème du rock alternatif international. Les Pixies ? pan, « What i Need ». Et bien sur des reprises risquées, mais sublimées haut la main. Il peut y avoir du groove, mais jamais sans tension (« One Trip One Noise »). Le tempo peut ralentir, mais jamais sans tension non plus (exceptionnel « Oublié »), ou alors dans une pesanteur moite (« Le Fleuve »). Quasiment tout est expéditif, sans fioritures, le groupe est parfait, avec mention spéciale à Serge Teyssot-Gay, dont la guitare vient tour à tour exploser les contours  de chansons malsaines ou balancer incessamment des riffs inoubliables, dont celui de  « Tostaky » évidemment. Ca vire punk, qui peut résister à l’aller-retour « La Chaleur » / « A l’arrière des Taxis », qui a fait mieux depuis ? « Marlène » n’est en aucun cas une respiration, Cantat n’exprime alors sa violence que sur scène, et c’est pour ça qu’on l’aime. Et pour ses textes aussi, bien sûr. Le rappel et, alors seulement, quelques changements. « Lolita nie en bloc », c’est presque apaisé, calme, mais la guitare vient encore en saturation folle bousculer la quiétude et révéler l’envers du décor. Et en conclusion, Noir Désir s’autorise enfin à prolonger un titre, sans doute pour faire durer le plaisir, pour tout donner jusqu’au dernier larsen. C’est  « En route pour la joie ». S’ils savaient.

 

 

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25 avril 2020

Mes Disques de la Décennie (Part 3/3)

3 Disques de retour radical

03 swans 

Swans – the Seer – 2012

Après une quinzaine d’années de hiatus, Michael Gira ressuscitait Swans sous une nouvelle forme pour un magnifique coup d’essai, My Father will Guide me up a Rope to the Sky. Mais c’est avec l’album suivant, the Seer, que Swans signait son œuvre définitive, l’une des rares à avoir changé ma vision de la musique (aidé en cela par une performance inoubliable à l’Epicerie Moderne). Très bons aussi, les albums suivants ne pouvaient dès lors n’ajouter que quelques pièces supplémentaires à ce monument labyrinthique hanté par des compositions capturées à un certain moment de leur constante évolution, monument qu’une vie entière ne suffirait pas à explorer complètement.

 

05 shellac 

Shellac – Dude Incredible - 2014

Si Steve Albini est l’un des acteurs les plus importants du rock des 90’s, il aura fallu attendre 2014, soit 20 ans après leur premier disque, pour que je découvre son groupe Shellac. Mais quelle baffe que ce Dude Incredible, leur meilleur album selon moi, dont la formule trio au minimalisme revendiqué  est compensé par une écriture tranchée à l’équilibre rare. Une radicalité qu’on retrouve lors de concerts aussi rageurs que fascinants. Todd Trainer a depuis rejoint le cercle de mes batteurs les plus influents.

 

 

07 future of the left 

Future of the Left – How to stop your Brain in an Accident – 2013

L’un des rares disques de ce top à ne pas avoir eu droit à sa chronique sur mon blog, d’ailleurs je n’en possède qu’un exemplaire promo acquis un peu par hasard au grès d’une commande groupée. Ca ne l’empêche pas d’avoir été parmi ceux qui ont le plus tourné dans ma voiture cette décennie. Véritable OVNI indescriptible en quelques lignes, How to stop your Brain in an Accident déconstruit avec délectation des compos violentes en y ajoutant des parties bien accessibles, le tout avec un humour qu’on imagine déjà en voyant l’artwork et la liste des titres. Résultat : une Surprise au coin de chaque piste.

 

3 Disques à fond de train

30 parquet courts 

Parquet Courts – Light up Gold – 2012

Cette décennie aura vu la naissance de Parquet Courts et sa transformation d’obscur combo de garage braillard en tête d’affiche du rock indé. Si sa maturité nouvelle en fait effectivement un solide porte drapeau de l’intelligentsia musicale New Yorkaise, j’ai une préférence pour ses débuts et ce Light up Gold tonitruant, que nous avions pu savourer au Marché Gare en version live inoubliable.

 

32 amyl a 

Amyl & the Sniffers - Amyl & the Sniffers - 2018

Bien au-dessus de la beauté, il y a le Sex Appeal. Amyl vient réveiller des émois adolescents qui sommeillaient en moi depuis longtemps, bien épaulée par son trio de redoutables artificiers jouant avec délectation les males soumis. Ah, Amyl, je n’irais peut être pas jusqu’en Australie mais je parcourrais bien des kilomètres pour t’entendre me hurler à la figure « GFY » !!

 

33 savages 

Savages – Adore Life – 2016

Menées par la fascinante Jehnny Beth, les Savages soufflent le chaud et le froid pour un rock charnel et intense. Le groupe bouffe la vie entre passion et rupture, aurons-nous droit à un autre rendez-vous ?

 

3 Disques calmes pour solitaires

11 neil halstead 

Neil Halstead – Palindrome Hunches – 2012

Plus connu pour être le leader de Slowdive ou de Mojave 3, c’est pourtant avec ses disques solo que Neil Halstead me semble le plus brillant. Du folk classique, agrémenté d’un peu de piano ou de violon, pas besoin d’en écrire des tartines, il suffit de savourer cette petite heure de beauté pure.

 

27 j

J Mascis – Several Shades of Why - 2011

Moi mon J, je l’aime pur, juste une guitare acoustique, une voix légèrement cassée, quelques beaux arrangements à la marge et un grand talent de compositeur. Sans solo de guitarosaurus ajouté, ou juste un soupçon, pour la forme.

 

 

35 moffathubbert 

Aidan Moffat & RM Hubbert – Here Lies the Body – 2018

Des deux compères d’Arab Strap, Malcolm Middleton avait toujours eu ma faveur, et son chef d’œuvre Waxing Gibbous trônerait d’ailleurs dans les hauteurs de ce top s’il n’était sorti un an trop tôt. Aussi quel bonheur que de voir Aidan Moffat trouver enfin en RM Hubbert un autre alter ego classieux, dont la guitare minimaliste aux accents flamenco vient avec douceur équilibrer l’acidité de notre chanteur à l’inimitable voix fatiguée pour une poignée de belles chansons où il étale sa fascinante poésie de gueule de bois. Une grosse demi-heure de déprime tranquille.

 

2 Disques parfum psyché

17 oh sees 

Thee Oh Sees – Mutilator Defeated at Last – 2015

A partir de Mutilator Defeated at Last, le groupe mené par John Dwyer prend une autre dimension et enrichit son garage psyche de touches krautrock et de compositions plus longues redoutablement maitrisées. La productivité énorme des Oh Sees  ne dessert dès lors pas la qualité de disques dont les deux derniers en date sont merveilleux.

 

38 korto 

Korto – Korto - 2017

Un premier album de rock psyché à la sauce post rock exécuté brillamment par un très jeune trio Français. On leur souhaite la carrière des Oh Sees !

 

En bonus, mon Top dans l'ordre, dans le sens de lecture du n°1 (Idles) au N°38 (Korto) - (le Malkmus est à part, car c'est un album de reprises):

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18 avril 2020

Mes Disques de la Décennie (Part 2/3)

3 Disques madeleine 90's  

13 Mastersystem Dance_Music

 

 

 

 

 

 

Mastersystem – Dance Music – 2018

Ce n’est pas ma faute si l’un des meilleurs disques de rock alternatif 90’s est sorti en 2018… Pour compléter le tableau, le leader Scott Hutchison (connu notamment pour avoir fondé les Frightened Rabbit) s’est suicidé juste après la parution du mal nommé Dance Music, ce qui est triste pour ses proches, dommage pour ce groupe prometteur mais renforce le poids de leur premier album qui demeurera donc unique. 

 

16 bill ryder jones 

Bill Ryder-Jones – Yawn – 2018

Des arpèges, un mec qui marmonne plus qu’il ne chante, des gros éclairs de saturation, le tout nappé d’un grand seau de mélancolie. Il y en a certainement qui trouvent ca écœurant, mais pour moi Yawn est typiquement le disque addictif.

 

 

20 yung 

Yung – a Youthful Dream – 2016

a Youthful Dream est sorti en 2016, ce qui veut dire que ça fait un moment qu’on n’a plus de nouvelles de Yung, et que ça fait 4 ans que l’album tourne sur ma platine. Si Yung est un groupe mineur, c’est juste que nous ne vivons pas au bon endroit. Dans l’univers parallèle de mes rêves, leurs titres de garage expéditif squattent les radios, les Danois remplissent le Transbo et on joue « Morning View » à la guitare pour séduire  une fille. 

 

3 autres Anciens qui assurent encore

02 tiersen 

Yann Tiersen – Dust Lane – 2010

Après avoir tenté de diverses manières, de la chanson au rock pur et dur, de se débarrasser de l’encombrante ombre d’Amélie Poulain, Yann Tiersen trouve enfin la juste mesure et réinvente son art dans un post rock autant solitaire que collectif, laissant une large part aux chœurs. Chronique d’un monde qui s’effondre, Dust Lane n’en oublie pas pour autant l’espérance et inaugure une décennie de disques et de concerts passionnants. 

 

09 nick cave 

Nick Cave & the Bad Seeds – Push the Sky Away – 2012

Quand les Bad Seeds cisèlent un écrin clair-obscur pour faire profiter idéalement l’auditeur d’un Nick Cave au sommet de son talent de conteur.

 

39 stephen malkmus 

Stephen Malkmus and Friends – Can’s Ege Bamyasi - 2013

La classe de Malkmus. Tous les disques de reprise devraient être comme celui-ci. Et tous les disques du Record Store Day devraient être de ce niveau. 

 

3 Disques de Folk intense

14 err 

Emma Ruth Rundle – Marked for Death – 2016

Entre Folk et Post-Rock, Marked for Death est un disque d’une grande intensité dont la noirceur laisse deviner quelques blessures profondes chez son autrice. On sent cependant chez Emma Ruth Rundle un désir de lumière et d’apaisement, qu’elle pourrait trouver dans la musique. C’est en tout cas le mal qu’on lui souhaite,  et nous resterons attentifs à ses prochaines sorties qui devraient forcément compter dans le paysage sonore de la décennie à venir. 

 

21 pj harvey 

PJ Harvey – Let England Shake – 2011

Avec l’aide d’une équipe restreinte, PJ Harvey publie un disque relativement dépouillé mais fourmillant de trouvailles sonores qui lui donnent tout son relief. Let England Shake réussi l’exploit d’être un album lettré sur un sujet difficile (la  guerre) tout en restant accessible au plus grand nombre.

 

 

26 harold m 

Harold Martinez – Birdmum – 2012

Chacun fait face à un deuil comme il peut, Harold Martinez a sorti un disque, comme un cri de colère et de douleur. Son folk blues des grands espaces, pas forcément destiné au public initialement, a fini par toucher le cœur de tous ceux qui ont écouté Birdmum, attentifs dès lors à la suite des aventures du cow boy Nîmois et son acolyte batteur.

 

3 Francais trop bien cachés

08 trunks 

Trunks – on the Roof – 2011

Inclassable poing dans la gueule noisy exécuté par un redoutable collectif de musiciens français expérimentés, dont Laetitia Sheriff (ici à la basse et au chant), On the Roof me donne l’occasion de citer cette géniale artiste trop méconnue à mon avis, et de montrer que je n’ai rien contre le saxophone du moment qu’il est aussi bien utilisé…   

 

15 b r oad way 

B R OAD WAY – Solo System Revolution – 2012

Tout ce qu’a fait ce groupe Stéphanois est excellent, mais Solo System Revolution est sans doute leur disque le plus accessible, electro pop rock aux mélodies soignées avec une maitrise de la langue anglaise rare dans notre pays. Dès lors on ne comprend pas trop leur confidentialité, si ce n’est la volonté de privilégier le ciselage musical collectif à la lumière qu’aurait pu leur apporter un single comme « Pure Gold » ; aux dernières nouvelles, Fabb, leur leader, avait entamé une tournée des bars américains avec sa guitare sur le dos.

 

31 erwan pinard 

Erwan Pinard – Obsolescence Programmée – 2015

Notre Moffat régional dézingue l’époque avec un cynisme précis, mais est encore plus sévère avec ses propres lâchetés et compromissions. Chacun se reconnaitra plus ou moins dans le sombre miroir qu’il se tend, et si l’obsolescence programmée de l’amour ne nous touche, ce sera de toute manière celle de la vie qui nous aura. Multi instrumentiste talentueux, Erwan Pinard fait mouche aussi bien dans le rock tendu (aidé par une belle paire d’Auburnon) que dans les ballades joliment arrangées, nous tirant à l’envie rires (à voir sur scène plutôt qu’un quelconque autoproclamé comique) ou larmes.

 

2 Disques bien tendus

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It It Anita – Laurent – 2018

Les Belges conduisent un rouleau compresseur noise mais qui, loin d’être monolithique, va aussi chercher du côté de la pop ou du rock alternatif. Ecriture intelligente et interprétation puissante font bon ménage sur Laurent, on attend la suite avec impatience.

 

25 cloud nothings 

Cloud Nothings – Attack on Memory – 2012

En 8 pistes de rock indé ultra tendu, Cloud Nothings imposait sa force de frappe au début de la décennie. Sans démériter, le productif quatuor américain n’a pas fait mieux depuis Attack on Memory.  Il reste l’un des rares groupes de ce top que je n’ai toujours pas eu l’occasion de voir en concert, ce qui doit certainement être une expérience intense.

 

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