Blinking Lights (and other revelations)

13 août 2018

Laetitia SHERIFF - Games Over

DSC_3451

DSC_3450

10 ans déjà pour l'album Games Over de Laetitia SHERIFF, et il est toujours aussi bon. C'est d'ailleurs sans doute le meilleur album de cette trop rare artiste, en tout cas en solo (elle multiplie les collaborations et autres projets musicaux). Cerise sur le gateau, cet artwork magnifique et mystérieux. L'album contient, dans une pochette dont le recto et le verso sont présentés ci dessus, douze feuillets indépendants, tous dans ces couleurs sombres soulignées par des cadres et touches argentées. Ce n'est guère pratique à manipuler, mais la collection de cartes symboliques (un de mes dadas) est superbe. Chaque feuillet présente le dessin d'une carte au recto, et les paroles de la chanson associée au verso.

 

01 - the Story won't Persist in being a Closed Book

R-1528133-1366665975-7252

02 - Let's Party !

R-1528133-1366666001-2377

03 -  Hullabaloo (my T.V. ratings)

R-1528133-1366666014-2971

04 - Black Dog 

R-1528133-1366666029-3919

05 - Memento, put her in the Picture 

 

R-1528133-1366666046-5086

06 - Cosmosonic

R-1528133-1366666061-7606

07 - Like Ink in the Rain

R-1528133-1366666074-1814

08 - Easily Influenced

R-1528133-1366666085-9218

09 - the Evil Eye

 

R-1528133-1366666096-4669

10 - Solitary Play

R-1528133-1366666120-7246

11 - Lockless

R-1528133-1366666144-8949

12 - There, High

R-1528133-1366666156-8359

 

 

Exemple de Verso d'un Feuillet

IMG_20180813_0001

DSC_3452

 

Posté par Hello-Darkness à 23:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


07 août 2018

Hors Série #04 - ÇA

115809

 

 

DSC_3558

 

Je n’y connais pas grand-chose en littérature, et ça ne m’intéresse pas trop. J’aime bien lire, j’ai d’ailleurs passé mon enfance  à ne faire quasiment que ça, mais cela reste un loisir dont je me dispense par périodes. Je picore des bouquins un peu par hasard, ils me plaisent plus ou moins mais je ne saurais trop juger de leur qualité dans l’absolu, connaissant très peu de classiques. De ceux que j’ai étudiés à l’école, quelques uns m’ont plu mais aucun ne m’a durablement marqué, à l’exception des Dix Petits Nègres d’Agatha Christie, lu au collège, que j’ai trouvé génial  (j’ai ensuite dévoré une bonne partie de l’immense œuvre de la célèbre créatrice d’Hercule Poirot). Lorsqu’on me demande quel est mon livre favori, je réponds immanquablement ÇA de Stephen King. ÇA n’a pas été mon premier King, j’avais au moins lu les splendides Différentes Saisons (mon 2eme livre préféré ?) et Minuit 2 avant. Mais j’ai été fasciné comme jamais par cette histoire que j’ai dévoré en quelques quasi nuits blanches en pleine période d’examens à la Fac (Juin 1995 ?). En 1997, j’ai réemprunté ÇA à la Médiathèque pour le relire, mais surtout pour le décortiquer et réaliser un projet assez fou : mettre en musique le Livre, Chapitre après Chapitre (1). Un truc que j’ai toujours adoré chez Stephen King, c’est le découpage maniaque de ses bouquins en diverses parties et sous parties dûment numérotées et intitulées. ÇA comprend 5 grosses parties (séparées par autant d’intermèdes), découpées en 23 chapitres, chacun intégrant un certain nombre de sous chapitres (une dizaine en moyenne). A chacun de ces sous chapitres j’avais associé l’extrait d’une chanson dont le Titre, l’Ambiance ou les Paroles me semblaient représentatives. J’avais répertorié pour chaque sous chapitre dans un carnet fait main un petit extrait du livre, suivi de tous les renseignements sur la chanson associée et parfois une partie des paroles si elles collaient spécialement au sujet. A quelques reprises une chanson pouvait couvrir plusieurs sous chapitres ou l’inverse, mais la plupart du temps chacun avait son extrait musical propre, ce qui donna cet enchainement de 211 extraits musicaux courant sur trois cassettes de 90 mn, entre le « Sing Swan Song » de CAN dont l’intro ruisselante suggérait le caniveau entrainant le bateau en papier de Georgie et le « Forever Free » de WASP évoquant les dernières pensées du héros Bill avant qu’il s’en retourne chez lui Libéré Délivré.

 

ca01        ca02

 

ca03     DSC_3390

 

Je ne sais pas ce que vous faisiez à 20 ans, mais c’était surement des trucs plus intéressants que passer des heures à caler avec précision des cassettes pour capter tout pile ces extraits désirés - j’avais très peu de CDs à l’époque, l’essentiel de ces cassettes ÇA a été enregistré à partir de celles présentées dans cette rubrique - ou écrire en tout petit sur des feuillets à carreaux des passages de votre bouquin préféré. Il faut dire que l’année de mes 20 ans a été l’une des pires de ma vie : j’étouffais chez mes parents, pas de permis de conduire, pas d’argent, pas de copine, peu d’amis, et un avenir plus qu’incertain, sous la menace de tripler ma 2eme année de Deug. C’est sans doute pour ça que je fantasmais sur mon enfance, et que mon Leitmotiv d’alors était de garder une part d’enfance en moi, de ne jamais devenir complètement un de ces connards d’adultes qui m’entouraient. La plupart de mes artistes, livres ou films fétiches de cette époque sont marqués par cette thématique, et en premier lieu ÇA, qui présentait en plus une équipe de Losers magnifiques auxquels je m’identifiais (la notion d’équipe, avec des personnages aux caractères et compétences très différents est aussi quelque chose que j’ai toujours adoré). La Maxime du livre, réécrite à l’envie - Enfants, la fiction n’est que la vérité que cache le mensonge, et la vérité cachée dans ce récit est suffisamment simple : la Magie existe – je m’y suis accroché pendant de longues années. Des Promesses avaient été faites à ce sujet, et Kitty Kat serait surement déçue de savoir qu’elles ne furent pas tenues (et je préfère éviter de penser à l'alternative…) Mon syndrome de Peter Pan a peut-être cessé à la naissance d’Héloïse, mais en réalité il était déjà condamné en Juin 2001. 25 ans, c’est un bon âge pour devenir adulte... Comme le pense Bill Denbrough lorsqu’il retrouve ses copains d’enfance au début de la 3eme partie, Nous avons grandi. Nous ne pensions pas que cela nous arriverait, pas à nous. Mais si je rentre dans cette pièce, la réalité me rattrapera définitivement  (ceci illustré par la chanson « 10 Years » de ce bon vieux Duff McKAGAN). Depuis, je n’ai pas relu ÇA. Je me suis d’ailleurs rendu compte au cours de quelques discussions avec des amis lors de la sortie récente du film d’Andres Muschietti, que j’avais complètement oublié certains passages, pas forcément anodins en plus. Je voulais relire ÇA avant de chroniquer ces cassettes, pour pouvoir mieux juger de leurs pertinence, mais je tiens absolument à acheter l’édition en un seul Tome, le pavé quasi Biblique que j’avais lu dans ma petite Mezzanine à l’époque, et je ne l’ai encore jamais vu. Donc la réécoute a plutôt été l’occasion de voir si cela faisait remonter en moi des souvenirs de lecture ou pas (avec l’aide indispensable du livret, quand même…)

 

DSC_3392            b

a           c 

 

Quand j’ai  mis en musique  ÇA, je devais en être environ à la cassette 030. Ce n’était pas mes tout débuts de passionné de musique, mais j’avais encore très peu de connaissances. Il y a beaucoup trop de GUNS N’ROSES dans ces cassettes, sans que cela soit souvent pertinent, beaucoup trop de WASP et de métal en général. Cela dit, en ce qui concerne l’ambiance générale de ÇA, peur, cauchemars, meurtres, monstres, on la retrouve bien plus dans le Heavy Metal que dans le Rock ou la Pop, par exemple. Et puis j’avais pas mal de concept albums assez adaptés, genre le début de the Crimson Idol de WASP, qui raconte comment un couple détruit par la mort de leur fils en vient à délaisser complètement le second : la même histoire que celle de Bill Denbrough et ses terres désolées. Il y a évidemment beaucoup de SMASHING PUMPKINS, la variété des styles qu’ils abordaient se prêtant bien aux diverses émotions décrites dans le livre, et Billy Corgan ayant beaucoup abordé le thème de l’Enfance et de l’Adolescence, au moins sur Siamese Dreams et Mellon Collie and the Infinite Sadness. Pas mal de Johnny THUNDERS, qui a je trouve un coté  enfant brisé, et dont certaines paroles vont comme un gant à ce projet (dans « Children are People Too », il balance presque un résumé du livre en une phrase : « Children live with Hostility, they better learn to fight »). Il y a énormément d’ALICE COOPER, ce qui se comprend aisément, la musique du groupe ayant ce côté malsain vaguement camouflé par des oripeaux Pop Rock qui est pile dans le ton du bouquin. J’ai littéralement pillé les deux premiers albums tout bizarres, le Killer (pour le sang), le Love it to Death (pour la folie), le School’s out (pour l’enfance) mais aussi Welcome to my Nightmare (une évidence) et the Last Temptation (dont le concept, un petit garçon faisant face à ses peurs incarnées par un Coop Clownesque semble bien inspiré par ÇA) et quelques autres, bref, ALICE / ÇA même maquillage même combat. Tout ceci semble assez éloigné des gouts de Stephen King, grand amateur de Rock, mais un brin plus classique. J’ai bien réussi à caser « Tutti Frutti », « Pipeline » ou « Green River » (cités dans le livre) voire quelques RAMONES, dont le fameux  Hey Ho ! Let’s Go !  est un refrain capital dans Simetierre, ce qui provoquera la rencontre de l’écrivain et des Faux Frères, au cours de laquelle Dee Dee écrira le tube « Pet Semetary ». Dans le Chapitre 11 intitulé Promenades, où chaque personnage adulte est confronté à nouveau à sa terreur enfantine (partie du livre où j’avais enchainé les B.O de films d’épouvante, ce qui fonctionne bien mais est un peu facile), Richie Tozier tombe sur des affiches d’un groupe constitué de célèbres musiciens morts, annonçant assez clairement les gouts de King : Jimi Hendrix guitare solo John Lennon guitare d’accompagnement Phil Linott guitare basse Keith Moon percussion Chanteur invité Jim Morrisson. De cette liste on ne trouvera dans mes cassettes que quelques BEATLES, aucun THIN LIZZY et seulement trois titres des WHO dont j’étais pourtant un immense fan. Mais les WHO ont un coté fun et délirant qui ne colle pas trop à l’univers de ÇA. Idem pour les DAMNED d’ailleurs, qu’on entend très peu (essentiellement pour leur épique « Curtain Call » qui fait une bonne bande son pour la bataille finale).

 

d      e

f      DSC_3391

 

Après le premier Chapitre décrivant le meurtre de Georges Denbrough par le Clown ÇA (comprenant bien sur « Pour Elise » de BEETHOVEN), figure un chapitre de mise en place pas aussi interminable que celui du Seigneur des Anneaux, mais bien long quand même, celui de la mort d’Adrian Mellon que j’ai résumé en foutant « Under the Bridge » des RED HOT CHILI PEPPERS (le seul titre que j’ai mis en entier). Heureusement, le Chapitre suivant (Six coups de fil) est génial, parmi mes pages favorites tout auteur confondu. C’est celui où Mike appelle l’un après l’autre ses anciens camarades, qu’on découvre alors. Stanley Uris prend un bain est illustré par « Suicide Note Pt I » de PANTERA. Richard Tozier prend la poudre d’Escampette par « Scared to Death » de WASP (on ne pouvait mieux faire). Ben Hanscom prend un verre par « Don’t Follow » d’ALICE IN CHAINS, surtout pour les paroles « scared to death no reason why do wathever to get me by ». Beverly Rogan prend une raclée par « Hand in my Pocket » d’Alanis MORISSETTE, ce qui est assez raté. D’une manière générale je suis un peu passé à côté du personnage de Beverly, bien qu’on ait quelques points communs je ne me suis pas identifié à elle, et j’en ai assez peu de souvenirs ce qui rend une relecture d’autant plus indispensable. J’aimais bien Richie, mais mon personnage à moi c’était Eddie. Eddie Kaspbrak prend ses médicaments, illustré de manière presque évidente par « Mother » de PINK FLOYD. Et enfin Bill Denbrough s’accorde un congé par « Babe i’m gonna leave you » de LED ZEPPELIN. Le premier intermède est représenté par « Wave of Mutilation » des PIXIES. Il y a des titres comme ça, qui semblent fait pour cet exercice. « Race with the Devil » de GIRLSCHOOL, « Only Women Bleed » d’Alice COOPER, « the Thing that should not be » de METALLICA, « Floaty » des FOO FIGHTERS, « Ed is Dead » des PIXIES, « Silver Rocket » de SONIC YOUTH … Bref, dans l’ensemble on retrouve bien l’esprit du livre, même s’il y a quelques passages moins inspirés (la 2eme face de la cassette 2 par exemple, il faudrait que je vérifie si cela correspond à un petit creux dans le bouquin). A l’inverse certains épisodes étaient encore très vivaces dans mon esprit, par exemple l’affrontement contre le ÇA Loup Garou (« of Wolf and Man » de METALLICA et « the Wolf » de MOTORHEAD), et bien sur la mort de ÇA dans son épouvantable dernier Avatar, « the Black Widow ». Ne restait plus qu'à être  « Forever Free » comme dirait Blackie Lawless ou Bill Denbrough. Un Mensonge, bien sûr. On reste entouré de Fantômes jusqu’à la fin de sa vie, et ne plus y croire n’y change rien.  

(1)    Sans compter l’autre projet complètement fou, voire inconscient, de baser tout l’imaginaire d’un camp de Louveteau sur ÇA, j’en parle épisode 037

 

DSC_3359

Posté par Hello-Darkness à 01:13 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

30 juillet 2018

# 072 / 221

072

 

 

 

R-407865-1356551938-4982

 

Je connais relativement bien la discographie de Nick Cave à partir du Let Love In, je ne sais pas si on peut l’appeler sa deuxième partie de carrière (en omettant ce qu’il a fait avant les Bad Seeds) mais bon, en tout cas j’étais persuadé de m’être intéressé à lui en le découvrant sur le superbe Murder Ballads. Première erreur : c’est bien the Firstborn is Dead qui introduit le grand Nick en cette rubrique, sans que je sache pourquoi (je n’étais pas loin de faire les choses dans l’ordre, à un From Her to Eternity près, que du coup je n’ai jamais écouté). Et je connais fort mal sa première partie de carrière, vu qu’avant la sortie d’un Live Seeds en forme de best of je n’écoutais pas de musique. D’ailleurs je pensais n’en avoir apprécié que quelques titres éparts. Deuxième erreur : the Firstborn is Dead est quasiment intégralement enregistré sur cette cassette (bravo jeune Xavier de 20 ans, je te félicite).

Surprise, alors que je croyais le disque écrasé par la supériorité du « Tupelo » introductif présenté à l’épisode précédent, il n’en est rien. Certes, cela reste le meilleur titre de l’album, mais pas mal de ses condisciples n’ont pas grand-chose à lui envier. De ce blues ancestral, le groupe tire le meilleur en y ajoutant une tension dont on attend en vain qu’elle se relâche à la faveur d’une quelconque explosion, tout comme on attend que l’orage éclate pour rafraichir la pesante moiteur d’une nuit d’été. Tout ceci avec une économie de moyen qui force le respect, de traits de slide guitare en basse minimaliste lugubre, sans compter un jeu de batterie étonnant où la caisse claire n’intervient que sporadiquement, comme autant de coups de feu matérialisant une menace rampante. Les chansons sont aussi longues et répétitives que l’attente d’une chose qui ne vient jamais. Et par-dessus, évidemment, les incantations de Nick Cave, et les échos plaintifs de sa troupe désenchantée. Ces chœurs sont sans doute l’apport le plus fascinant des Bad Seeds, pour le reste on est sous le joug du chant de l’homme au regard pénétrant scrutant l’auditeur depuis cette magnifique pochette. Du tempo le plus lent (lugubre piano bar « Knockin’ On Joe ») au plus rapide (le « Train Long Suffering » déboulant à toute vapeur) en passant par « Wanted Man », une reprise de Dylan si magistrale qu’on n’a aucune envie de découvrir l’originale, the Firstborn is Dead est un chef d’œuvre dont je mesure l’influence sur beaucoup d’artistes majeurs de ma discothèque (à commencer par David Eugene Edwards), et que j’inscris donc tardivement, mais sans plus attendre, sur ma liste d’albums à acquérir.

 

 

 

R-4286290-1497819524-1289

 

Changement de style, certainement, mais changement d’ambiance ? Le chant tout à fait fascinant de Lisa Gerrard sur « Yulunga (Spirit Dance) », quasiment a capella sur un drone de cordes indéterminées, maintient la cassette dans une ambiance étrange et menaçante. C’est un nouveau voyage qui s’annonce, exit les marécages insalubres du Mississipi, le bouzouki et les percussions nous transportent dans un orient un brin artificiel, avec ces cris d’animaux et ses tribus inconnues. L’écart est très grand entre cet enregistrement live (mais composé essentiellement de morceaux inédits) et le premier album aux accents post punk présenté en cassette 062. 10 ans et quasiment toute une carrière, au cours de laquelle le duo Brendan Perry / Lisa Gerrard aura exploré des univers et des sonorités bien différentes au fil de disques singuliers qu’on retrouvera périodiquement dans mes cassettes. Mais pas forcément sur cet album, qui présente (du moins les deux tiers que j’en avais retenu), trois types d’ambiances différentes. D’abord les morceaux aux accents arabisants déjà cités, auquel il faut ajouter le bien nommé « Oman » (dont on retiendra surtout les percussions qui finissent par occuper toute la fin du titre), morceaux qui semblent accorder une place égale aux deux membres du duo. Il y a ensuite trois curieuses chansons folk plutôt sympathiques (« I Can See Now », « American Dreaming » et « Don’t Fade Away »), mais qui s’éloignent assez fortement du Dead Can Dance que l’on imagine. En réalité on dirait des titres solos de Brendan Perry, puisqu’il y chante accompagné presque seulement d’une guitare acoustique : le genre d’indices qui présagent d’un avenir assez cours à un groupe. Et puis il y a les titres qui ont ma préférence, ceux où le chant de Lisa Gerrard est l’élément dominant, voire unique. Je connaissais le « Cantara » issu de Within The Realm Of A Dying Sun, enchainant une partie calme et une accélération vaudou,  je redécouvre le superbe chant médiéval « Tristan » et surtout l’incroyable « Sanvean », où le chant mystique de Lisa Gerrard atteint des sommets de beauté. L’une des plus belles chansons de Dead Can Dance, confortant Toward the Within comme un très bon album qui compense un côté un peu hétérogène par une très bonne setlist et un son qui n’a pas trop vieilli.

 

 

R-258552-1362082265-4745

 

Une remarque sur le son pas anodine, puisque la cassette enchaine Toward the Within avec l’album studio l’ayant précédé un an auparavant, Into the Labyrinth (1993), dont les claviers font un peu tiquer l’oreille aujourd’hui. S’ils n’arrivent pas à gâcher la mélancolie joliment mise en place sur « the Carnival is Over » ou le coté hypnotique du classique « How Fortunate the Man with None », « Ariadne » par exemple semble assez cheap par rapport à tout ce que l’on a pu écouter du groupe auparavant. Un album en demi-teinte qui a le mérite de proposer le très beau « Emmellia », interprété a capella par Brendan Perry et Lisa Gerard. Un chant à deux voix qu’on est étonné et déçu de ne pas retrouver plus souvent dans la discographie de Dead Can Dance tant il fonctionne bien sur ce court morceau. La suite des aventures du duo Australien, complètement dans le désordre, c’est dans pas longtemps…

 

Posté par Hello-Darkness à 15:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

09 juillet 2018

du Bon Son pour les Vacances: SAY SUE ME, MASTERSYSTEM, AMYL & the SNIFFERS, KORTO

 

a2050608331_10

SAY SUE ME - Where we were Together

 

Where we were Together est un disque de gentil shoegaze ou pop mélancolique dans la lignée des Pains of Being Pure at Heart, autant dire un album mineur comme il en est sorti plein depuis une dizaine d’année, même si celui-ci fait certainement partie des plus sympathiques que j’aie écouté. Sa seule originalité tient au fait que Say Sue Me est un groupe Sud-Coréen, ce qui ne peut vouloir dire qu’une chose : c’est une Lemarchandise (soit donc un album déniché par l’estimable Stéphane Lemarchand au sein d’un groupe facebook dont je vous parlerai quand j’aurai plus de temps). Dans cette succession de chansons aux guitares ultra mélodiques et au chant féminin tout doux, Say Sue Me évite la plupart du temps l’ennui pour venir régulièrement rappeler à notre bon souvenir le Yo La Tengo pop du temps où ils écrivaient encore des chansons. Et c’est bien pour les nostalgiques du groupe d’Hoboken s’étant comme moi endormis en sursaut à chaque  écoute du récent There’s A Riot Going On que j’évoque ce Where we were Together. S’ils ne frémissent aux ballades « Ours » ou « Here », ils savoureront assurément les solos erratiques et saturés du rock n roll « B Lover », et surtout le long morceau final à la rythmique minimaliste nous rappelant le bon vieux temps de Painful, quand Yo La Tengo savait encore être émouvant.

 

 

105514

MASTERSYSTEM - Dance Music

 

Voici un album qui en une grosse demi-heure embrasse une décennie de rock alternatif, entre Dinosaur Jr (« Proper Home ») et les regrettés Arcade Fire (« Must Try Harder »). Faites l’essai, prenez un groupe de ce style que vous aimiez dans les 90’s, il y a de fortes chances pour que vous en retrouviez un bout dans ce Dance Music (et oui, ça marche avec les Smashing Pumpkins). Revers de la médaille, Mastersystem n’a pas une personnalité folle (comme le prouve son nom, le nom de l’album voire l’artwork d’une neutralité confondante). Mais ce n’est pas une raison pour passer à côté de ce groupe qui, à l’image de Cloud Nothings lors de la sortie de Attack on Memory, apporte du sang neuf à un genre pollué ces derniers temps par le retour pléthorique d’anciennes gloires. Ça fait du bien, et ça s’écoute en boucle : une des meilleures sorties de l’année pour ma part.

 

 

39362988420054

AMYL & the SNIFFERS - Big Attraction & Giddy Up

 

Scoop ! Johnny Thunders, Jerry Nolan et Arthur Kane se sont réincarnés en australiens arborant d’improbables coupes mulets. Ils ont recruté la plus charismatique de leurs nombreuses groupies au chant, et sont repartis comme en 70, balançant en 20 minutes 10 chansons de rock n’roll bordélique et sauvage, avec cette dose d’agressivité qui préfigurait le punk. Nous voilà transporté à New York au temps des Dolls, avec ces paroles portées par la gouaille irrésistible d’Amyl, la seule liste des titres étant suffisamment éloquente : « I’m not a Loser », « 70’s Street Munchies », « Blowjobs »,  sans oublier « Pleasure Forever », hymne revendicatif auquel on souscrit évidemment de bon cœur. Et en conclusion aussi excellente qu’expéditive, un vol de trottinette qui rend l’Amyl rageuse. C’est juste du Rock N Roll, mais bon sang que j’aime ça !!

 

 

R-11245090-1512639172-1495

KORTO - Korto

 

Acheté suite à l’excellent concert donné au Marché Gare en première partie de Protomartyr, le premier album de Korto n’a cessé de tourner chez moi depuis. Mélange bien dosé de rock psyché à la Thee Oh Sees et de Post Rock moderne, l’album est redoutablement bien construit et produit pour un groupe aussi jeune. L’équilibre est omniprésent, surtout entre les instruments avec un trio guitare/basse/batterie où chacun s’exprime sans écraser les autres, mais aussi dans des morceaux adoptant la juste dose de variations et de répétitivité, évitant les classiques écueils de l’ennui et de la surenchère. Les longs développements ne sont ainsi pas un passage obligatoire, certains titres ne nécessitant pas d’excéder les 4 minutes quand d’autres prennent plus leur temps. Korto navigue avec aisance entre format chanson rock énergique (l’ouverture « Hot Rock ») et titres plus tendus et complexes à l’image de « Oi », conclusion résumant les compétences et sonorités déployés sur l’album et évoquant L’Effondras, autre trio français qui nous avait enchanté l’année dernière. Décidément, l’hexagone regorge de pépites à suivre, révélées par des salles de concert à la programmation judicieuse. Une des raisons pour lesquelles on essaye, si possible, de ne jamais rater les premières parties….

 

 

02 juillet 2018

# 071 / 221

071

 

 

2657486070_small_2

 

Ainsi donc, j’avais moi aussi cédé à cette mode lamentable du marketing nostalgique,  en empruntant un disque de génériques de Dessins Animés (probablement à l’ami Cyril, féru de ce genre de trucs). Même s’il m’arrive de temps à autres de me rappeler le bon vieux temps (et cette rubrique peut en être un exemple), je pense ne pas trop verser dans le sentimentalisme, ayant encore en mémoire combien ce vieux temps était loin d’être systématiquement bon. C’est d’autant plus ridicule concernant les Dessins Animés, puisque nous n’avons eu la télévision que très tardivement à la maison, et que son usage fut par la suite extrêmement contrôlé et restreint : contrairement à la plupart des gens de ma génération, je n’ai jamais vu des grands classiques comme Albator, Ulysse 31 ou les Mondes Engloutis.

Des génériques ici enregistrés, me reviennent quelques bribes de « Chapi Chapo » (aussi débile que la chanson, dans mon souvenir) ou de « Pacman », et ne faites pas l’erreur de vouloir regarder sur youtube l’inénarrable clip chanté par William Leymergie, vous ne pourriez plus vous sortir cette ritournelle de la tête. Je le sais, mes enfants sont tombés sur un vieux vinyle chez leurs grands-parents et m’ont demandé pendant des semaines à le revoir sur internet ! Autant dire que je n’étais pas spécialement ravi de me retaper tout ça sur ces cassettes. Au final les deux dessins animés figurant sur celle-ci que j’avais suivi plus assidument sont l’excellent « Tom Sawyer » (très drôle excepté Joe L’indien qui foutait bien la trouille)  et « Rémi Sans Famille ». Un vrai chef d’œuvre mais bon sang, est ce qu’on montrerait ca à nos gosses aujourd’hui ? Rappelons que Rémi, après avoir été vendu par son père adoptif alcoolique quand sa mère avec qui il vivait heureux avait le dos tourné, verra l’ensemble de ses amis (pour la plupart de gentils animaux faisant la manche avec lui) crever tragiquement au fil de la série. 45 épisodes de douleur et de misère sur 50, bonjour le traumatisme ! Cela dit quand aujourd’hui je vois un épisode de Pokemon ou des Totally Spies (les trucs qui tournent chez nous en ce moment), je suis tenté d’aller voir sur le bon coin, mais bon, je vais attendre un peu avant de passer pour un vieux con réac auprès de mes mômes…

 

 

R-4655708-1480777731-2875

 

Ah, merveilleuse cassette qui réalise le rêve de tout adulte sain d’esprit après l’écoute imposée d’un album de génériques de dessins animés : pousser un hurlement primaire et tout péter autour de lui. L’enchainement avec le Broken de Nine Inch Nails n’est pas évident, mais il fait un bien fou. Broken est un mini album (classé comme un EP, mais bien trop complet et important pour en être un) qui est sorti entre Pretty Hate Machine et the Downward Spiral, qu’il préfigure largement. En réalité seul le dernier titre, « Suck », est groovy et plutôt tourné vers le passé. Les autres, y compris les deux plages de mise en tension que sont « Pinion » et « Help me i am in Hell », sont d’une extrême violence et d’une production bien moderne pour l’époque. « Wish », « Gave Up » (sans compter « Happiness In Slavery » que pour une obscure raison je n’avais pas retenu) font partie des plus gros poings dans la gueule que Trent Reznor aura composé, et auront à ce titre une place de choix dans la plupart des setlist des concerts, encore aujourd’hui. Concis et uniquement composé de tubes en puissances, Broken est un classique au même titre que les 3 premiers glorieux albums de Nine Inch Nails. Si je connaissais très bien l’ensemble de ces morceaux, j’ai quand même redécouvert la terrible reprise d’Adam and the Ants « Physical », le genre de surprise qui justifie la réécoute appliquée et hebdomadaire de ces vieilles bandes…

 

 

R-1086030-1191009954

 

Un rendez-vous raté. Dinosaur Jr était un groupe culte, cité par nombreux journaux musicaux que je commençais à consulter frénétiquement, aussi tentais-je une approche, en choisissant l’album qui avait la pochette la plus cool, Green Mind. Je n’étais pas prêt. Pas prêt pour ces solos égrillards et interminables, pas prêt pour cette voix éraillée et affreusement fausse ornant la pourtant jolie « Flying Cloud » acoustique.   On ne m’y reprendra plus, jusqu’à un très récent et sympathique concert. Seuls les albums solo de Jay Mascis figurent chez moi, et tant pis pour le reste. Trop tard…

 

 

R-382574-1404203916-2725 

 

Un peu difficile de parler de Silverchair aujourd’hui. C’est un groupe qui appartient vraiment à une époque, qui a cartonné comme peu d’autres l’ont fait pendant sa période d’activité (1) et qui a été complètement oublié depuis. Aucun jeune groupe pour les citer comme influence, pas même une publication parmi les innombrables chansons marquantes ou albums chéris publiés à longueur de blog ou de fil Facebook par mes virtuels amis. Sans doute ont-ils aussi été victimes d’un certain snobisme, eux qui arrivaient après la bataille avec Frogstomp (1995), mélange de Nirvana et de Pearl Jam à un moment où le grunge avait déjà tout dit. Et j’écris ça en n’ayant plus aucun souvenir de Frogstomp, pas même si le fait de ne le voir apparaitre qu’en cassette 188 (bien après les autres) était dû à mon propre snobisme ou simplement parce que je ne l’avais pas trop apprécié. Ce qui est sûr, c’est que je lui ai toujours préféré Freak Show, seul album du groupe que je possède en CD, même si cela faisait très longtemps que je ne l’avais pas écouté et que cette cassette a été pour beaucoup une redécouverte. 

Le démarrage, quoi que bien bon, semble donner raison aux vagues souvenirs d’étiquette de groupe de suiveurs, avec ces accents d’un grunge calibré, notamment un « Lie to Me » d’une simplicité Nirvanesque. Et puis, au fil de plusieurs excellents riffs Zeppeliniens (sur « the Door » par exemple), on sent la personnalité du groupe, et notamment de son charismatique leader Daniel Johns, s’affirmer, par les reflets arabisants sur la ballade « Petrol & Chlorine », ou par la tentation des cordes sur la sirupeuse « Cemetery ». Les textes semblent un peu faciles, genre adolescence torturée, avant qu’on ne se rappelle que le trio n’était même pas majeur à l’enregistrement de Freak Show, qu’ils effectuaient tout en révisant leur bac. Et d’être impressionné par la solidité de l’ensemble, et du titre fleuve « Nobody Came », aux longs développements alternatifs. Pas encore débarrassé de certains clichés, mais faisant déjà preuve par moment d’une belle audace, Freak Show est la photographie d’une mue, d’un jeune groupe fan de grunge vers un Neon Ballroom qu’on imagine plus  alambiqué, et moins efficace (mais en fait je ne m’en souviens pas plus que Frogstomp). Un sommet ? L’avenir proche le dira. Un  disque que je réécouterai plus régulièrement dorénavant, ça c’est sur…  

(1)    Essentiellement 1995 - 2002, on ne compte pas le dernier album de 2007 dont seuls les Australiens ont entendu parler il me semble

 

 

 

R-407865-1356551938-4982

 

En règle générale, je ne présente pas un titre isolé sur une cassette, j’attends la cassette suivante figurant le gros de l’album. Sauf que là il s’agit de « Tupelo ». Le premier titre de Nick Cave and the Bad Seeds présent sur ces cassettes (à ma grande surprise). Tout un symbole ! 7 minutes entêtantes de marche forcée, d’une espèce de non musique à la basse vaudou, comme cet instrument devrait toujours l’être dans le rock. Et les harangues du prêcheur maudit, et l’appel du blues, et les loups du Cave hurlant dans le lointain des refrains, « Tupelo-o-o-o-o-o-o-o » ! La naissance d’un mythe.

 

Posté par Hello-Darkness à 22:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


26 juin 2018

RANK + HELLO DARKNESS - Samedi 16 Juin 2018 - La Triperie - LYON

32675146_1701647136580885_7839784799605620736_n

 

Cela faisait un petit moment qu’on parlait d’un co-concert avec les amis de Rank, que nous croisons de temps en temps à l’Hôtel de la Musique, lieu de répètes commun.  Nous avons attendu que se termine  la série de dates qu’ils ont fait pour accompagner la sortie de leur dernier album, Fake Memories, et avons commencé à démarcher quelques salles Lyonnaises. Jouer avec Rank, groupe Lyonnais reconnu à la discographie impeccable et doté d’une bonne fanbase locale, c’était pour nous à la fois très motivant et aussi une bonne occasion de se produire sur une scène plus importante et professionnelle  que d’habitude.  On pensait au Toi Toi notamment, où nous avions de très bons souvenirs d’un concert avec E-Grand et Kall, malheureusement nous ne reçûmes aucune réponse ici ou ailleurs, quand bien même Sayba (bassiste chanteur de Rank) s’était chargé de ce démarchage. Alors certes, vu nos emplois du temps respectifs, nous n’avions pas énormément de choix dans la date, mais on s’y était pris bien en avance. Il semble que les salles pouvant accueillir du rock bruyant à Lyon, peu nombreuses, se permettent de programmer au dernier moment, au cas où un groupe plus intéressant se profile. Impossible pour nous d’être aussi flexibles, aussi avions nous le choix suivant les caractères de chacun de manifester notre mécontentement devant ce qui est un manque de respect assez clair au risque de nous griller auprès des rares salles en question, ou ronger notre frein en espérant une meilleure chance les années suivantes.

 

00

 

Voyant les semaines défiler, nous contactions François, tenancier de la Triperie, certains cette fois d’avoir une réponse, et c’est ainsi que nous nous préparions à jouer pour la 5 eme fois dans ce sympathique bar bien planqué à la Croix Rousse.  Unique inconvénient de retourner dans ce lieu que nous connaissons par cœur, les horaires stricts imposés par François, assez prudent quant au voisinage, et on le comprend vu le nombre de lieux qui ont fermé dans le coin sous les plaintes pour nuisance sonore. Arrêt du gros son à 22h30 obligatoire, ce qui veut dire un début pour Hello Darkness à 20h00, et une installation de matériel dès l’ouverture des lieux, à 17h30. Nous nous y retrouvons plutôt en forme, à l’exception de Julien qui somatise à mort : en complément de l’habituelle grosse laryngite qui l’a empêché de chanter à la dernière répète, voilà qu’il a carrément mis sa main dans un grille-pain le matin même ! De mon côté, j’ai comme souvent pas mal stressé qu’il y ait un empêchement de dernière minute, mais comme ce n’est visiblement pas le cas je respire, bien que le destin farceur ait quand même réussi à me mettre les nerfs lorsque Damien se perdra pendant plus d’une heure dans les embouteillages avec une partie du matériel. Tout est rapidement prêt pour les balances, Rank envoie du lourd et, en habitués de la scène se règlent assez facilement. Nous aussi d’ailleurs, on joue sur notre matos ce qui facilite la chose. J’entends assez mal la guitare de Damien qui est de l’autre côté de la scène, mais on doit couper  l’enceinte de retour qui fait larsenner les micros,  tant pis, je me repérerai au chant (j’ai la sono en plein dans l’oreille gauche).

 

01

 

Horaire précoce, rude concurrence des Nuits de Fourvière (Dominique A nous chipe deux de nos plus fidèles spectateurs) voire de la Coupe du Monde, il n’y a pas foule mais le public remplira progressivement la Triperie jusqu’à une soixantaine de spectateurs pour la tête d’affiche. De bons copains sont revenus nous soutenir, ça fait toujours plaisir, avec Mélaine et Malo en Guest Stars pour moi. Nous attaquons tranquillement par notre éternelle reprise de Joy Division, dont je pensais qu’elle pourrait plaire au public de Rank (mais il ne devait pas y en avoir beaucoup en début de set !). On avait décidé d’orienter la setlist un peu plus rock que pour la date avec Kall, et Seb avait proposé un  tempo croissant, depuis nos titres les plus calmes pour finir sur nos morceaux bien pêchus. Cela nous a beaucoup plu en répète, et on était assez enthousiastes de tester ca sur scène. Tout s’est très bien déroulé, que ce soit nos titres les plus récents, avec comme nous nous obligeons à le faire une nouveauté pour cette date (« the Long Road ») qui est passée nickel, ou les plus rapides comme « Steam Roller ». J’ai paumé une baguette au début de « Our Anthem » qu’on a du recommencer, jonglé un peu sur « Katrina Ghost » et coincé une baguette sous la cymbale plusieurs fois sur « Or Sleeping » en me rattrapant comme je pouvais, bref du classique qui n’a pas gêné outre mesure. Seul foirade pour moi, le décalage en fin de « the Beat » entre Damien et moi, il faut dire qu’on ne s’entendais pas l’un l’autre et que j’avais certainement, sans m’en rendre compte accéléré le tempo comme à chaque fois en concert (la video de « Katrina Ghost » est assez édifiante sur ce point-là).Concentré sur ma partie,  j’ai pas trop entendu les autres, ce qui veut dire qu’il n’y a pas du trop y avoir de pains. En tous cas ils étaient ravis (notre meilleur concert selon Damien !), même si Julien a souffert le martyre avec ses doigts abimés. Coté public les commentaires des potes étaient bien positifs, Fred a trouvé qu’on avait bien plus avoiné qu’aux Capucins. J’aurai aimé avoir aussi quelques retours du public de ceux qui nous voyaient pour la première fois,  essentiellement ceux venus voir Rank.  Ces derniers semblaient bien contents de leur première partie, et nous ont encouragé à enregistrer, on n’était pas peu fiers !

 

02

 

Rank a poursuivi la soirée avec un set d’une heure carré, efficace et puissant. Tout au plus aurons-nous vu que perdre un mediator pour un bassiste, c’est comme perdre une baguette pour un batteur : éliminatoire. Pour le reste, avec une setlist quasiment identique à celle qui m’avait enchanté fin mars au Farmer, je ne pouvais qu’apprécier la prestation, au même titre que les fans venus en nombre ce soir. L’association des qualités de chacun des membres fonctionne toujours aussi bien, avec l’énergie de Gilles (batterie minimaliste, mais frappe précise et ultra régulière), la rigueur de Sayba à la basse, l’explosivité de Fabrice à la guitare et le soutien posé des nappes de claviers de Guillaume. L’ambiance fut excellente que ce soit entre musiciens, dans le public ou au bar, je pense que François aura été content de nous avoir fait confiance. Pour terminer, une petite séance photo avec les copains en T-Shirt Hello Darkness en souvenir. Seb nous aura même fait la surprise d’une deuxième édition bien marrante, avec dates de tournée au verso, celle de cette soirée comprise ! Ça valait la peine qu’on s’est donné pour l’organisation, merci aux copains, merci à la Triperie et merci à Rank, quand vous voulez pour remettre ça !

 

03 

 

Setlist Hello Darkness : Disorder – Pluie de Flèches – Endless Rain – the Long Road – Stasis – Or Sleeping -  Our Anthem - Steam Roller – Katrina Ghost – the Beat - Beating Heart

 

Setlist Rank : Tonight – Braindead – Dirty Poem – Phalenes – Soul Crash – Draw the Line – War is Declared – Sixteen – Awsome - Over it – Wired // Taste of Last Time

 

34963236_600557900317961_1443782230399778816_n               36087813_600557846984633_4207172976149266432_n

 

Posté par Hello-Darkness à 00:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

18 juin 2018

Thom YORKE - Mercredi 13 Juin 2018 - Le Transbordeur - LYON

DSC_3084

 

Thom Yorke de passage à Lyon, l’occasion ne se représenterait pas de sitôt, surtout dans une salle comme le Transbordeur, de bonne taille pour le commun des mortels mais à la jauge fort limitée pour quelqu’un de la stature du leader de Radiohead. Pour des raisons pas toujours évidentes à comprendre, il est en effet devenu une légende bien au-delà de ce que sa musique, loin d’être facile d’accès, ne le laisserait supposer. Et j’allais encore le vérifier en manquant de peu de me retrouver le bec dans l’eau au moment de la mise en vente des places, écoulées en 5 minutes, ne choppant la mienne que grâce aux conseils via facebook d’une amie (je suis lamentable dans ce genre d’exercice). Pas le temps de tergiverser donc, on pèserait le pour et le contre plus tard. Car j’avais bien conscience que  ce concert pouvait tout aussi bien m’emballer que m’ennuyer à mourir, avec toute la palette de sentiments entre les deux. Côté positif, de bonnes raisons (j’ai beaucoup aimé le premier album, the Eraser, et plutôt apprécié l’album d’Atoms for Peace) et d’autres plus discutables (y aller pour ne pas regretter de ne pas y être allé, espérer quelques reprises de Radiohead). Côté négatif, outre le prix, le fait que j’ai trouvé son dernier album en date, Tomorrow’s Modern Boxes, complètement inintéressant et le fait de savoir que, souvent, il n’y a aucun morceau de Radiohead dans la setlist.

 

42003141664_8cd4f6b2f6_k

 

Me voilà donc assez tardivement arrivé dans un Transbordeur blindé, pour constater que le contrôle d’identité annoncé régulièrement par les organisateurs pour limiter la revente à prix d’or des places sur le net n’était pas du flan (c’est la première fois que je vois ça). La première partie a déjà fini son concert qui a du être bien limité dans le temps, comme j’en ai maintenant pris l’habitude dans cette salle. Je vais donc me placer tranquillement avec une bonne pinte dans une fosse déjà aux trois quart pleines, mais j’ai une vue suffisante sur la scène à mon gout. Un peu plus d’attente que prévu, mais voici donc Thom Yorke qui se présente sous les acclamations d’un public qui commençait à s’impatienter, accompagné par Nigel Godrich et un jeune homme qui s’occupera uniquement des projections visuelles assez réussies sur le triptyque géant disposé en fond de scène. Les deux musiciens alterneront entre claviers, machines, basse et un peu de guitare par moment.  Le set commence très calmement par « Interference », un des bons morceaux de Tomorrow’s Modern Boxes (le seul dont je me souvenais vraiment), et se poursuit par deux autres titres récents. On comprend rapidement que le concert est pensé comme un set electro, tous les titres sont enchainés et il parait bien improbable d’y glisser une reprise de Radiohead, mais ce n’est pour l’instant pas gênant : les projections colorées, la voix bien connue et la présence du chanteur, tout ceci est assez fascinant et le temps passe agréablement. Mention spéciale en cette première moitié de concert pour « Black Swan », où Thom Yorke montrera une maitrise redoutable (que je ne lui connaissais pas) de la basse et pour « Nose Grows Some »,  autre titre du dernier album qui montre que le délicat mélange d’une electro minimaliste et du chant quasi a capella de Thom Yorke peut parfois se révéler superbe.  Après ce moment hors du temps, l’enchainement de deux excellents titres de the Eraser, « Cymbal Rush » et « the Clock », constituera le sommet de la soirée. Seuls ces morceaux sembleront d’ailleurs capables de tirer le public de l’attention polie qu’il manifestera tout au long du concert. A croire que la plupart étaient là, un peu comme votre serviteur, plus pour l’évènement que pour la musique. Je n’en suis pas absolument certain, reste que Thom Yorke aura été de loin celui qui aura le plus dansé  en ce Mercredi soir.

 

28847526088_c881c52f97_k

 

Mais le tournant du concert a eu lieu, et son gros dernier tiers va se révéler assez ennuyeux. Composé de titres de  Tomorrow’s Modern Boxes et de tout nouveaux morceaux du même genre (qui ne laissent présager rien de bon pour le futur album), le set se perd dans une electro assez fade dont même le premier extrait d’Atoms for Peace ne relèvera pas le niveau. L’effet de fascination du début s’est estompé, le show tourne en rond et j’attends en vain un morceau connu pour me remettre dans le spectacle. Et ça ne viendra pas pour la fin du set, conclu par un titre d’electro pure assez pénible (« Twist »), pas plus que pour le début du rappel, à ma grande déception. Heureusement, celui-ci se poursuivra par un bon extrait de the Eraser (« Atoms for Peace ») et l’un des meilleurs titres joués ce soir, « Default », tiré de l’album d’Atoms for Peace, super groupe dans lequel officient Nigel Godrich et Thom Yorke. Ce dernier revient seul pour un ultime rappel et, en guise de cadeau pour cette foule bien sage, offre un court mais savoureux « Glass Eyes », extrait de A Moon Shaped Pool (dernier album de Radiohead) en piano voix. Sympa mais j’aurai bien pris, à la place, un « Like Spinning Plates » ou « Sail to the Moon ». Ainsi se termine un concert qui, avec ses 19 titres,  aura été généreux pour les fans (mais y en avait-il beaucoup ?), un peu long pour les autres. J’aimerai vraiment savoir ce qu’en ont sincèrement pensé les Lyonnais qui se sont battus pour y être. Pour moi ce fut en demi-teinte, mais je ne regrette pas d’avoir pu en juger personnellement, en Live.

 

Setlist : Interference - A Brain in a Bottle - Impossible Knots - Black Swan - I Am a Very Rude Person - Pink Section - Nose Grows Some - Cymbal Rush - The Clock - Two Feet Off the Ground - Amok - Not the News - Truth Ray – Traffic – Twist // The Axe - Atoms for Peace – Default // Glass Eyes

 

 

Posté par Hello-Darkness à 23:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

11 juin 2018

This Is Not A Love Song Festival (Part 3) - Dimanche 03 Juin 2018 - NIMES

DSC_3050

 

C’est plein d’enthousiasme que j’attaque cette dernière journée de concerts, avec pour commencer le deuxième et dernier clash du programme. Je serais bien allé voir par curiosité ce que donne Deerhunter sur scène, mais l’écoute de Fading Frontier (et le souvenir du pourtant très coté Halcyon Digest) aura été loin de me convaincre de rater la prestation en son territoire de l’ami HAROLD MARTINEZ. Je le retrouve dans le Patio, toujours souriant malgré la fatigue : le duo en cours de tournée vient en effet de se taper 14h de route depuis la Bretagne. Alors qu’Harold et Fabien s’installent sur la petite scène, la pluie commence à tomber, heureusement assez calme et intermittente pour permettre de profiter du concert sans être complètement trempé. C’est devant un public relativement peu nombreux, quoique croissant, qu’Harold Martinez exécute son folk-blues-rock appuyé, avec l’aisance que permettent l’expérience scénique récente et le fait de jouer à La Paloma, lieu que le duo connait par cœur pour y avoir régulièrement travaillé. Si le concert est moins renversant que lors de leur passage à Lyon il y a quelques semaines, ce n’est pas tant du à la fatigue (le chant est toujours aussi prenant, la batterie toujours aussi puissante) qu’à une durée de set très restreinte, les obligeant à couper court des titres qu’ils avaient intensément prolongé au Kraspek Myzik. Le concert aura cependant assurément suffit à convaincre des spectateurs de passage dont certains manifestèrent leur frustration quant à sa fin prématurée. Il faut dire que le dernier titre joué, « Jim Crow Laws » (appelé à devenir un classique des setlist, comme le déjà ancien « the Killer Crows »), est magistral et donnait vraiment envie d’en avoir plus.

 

cas

 

Je file juste à côté pour mon premier concert du week end dans la grande salle, qui accueille CIGARETTES AFTER SEX, déjà à l’œuvre depuis quelques minutes. C’est l’occasion rêvée de découvrir ce groupe dont tout le monde parle et de me faire ma propre idée, même si les descriptions lues depuis quelques mois laissent supposer que je vais m’ennuyer à mourir. Je me cale au bar avec une bière et écoute tranquillement les titres langoureux qui défilent devant un public nombreux et attentif. Rapidement je suis gagné par cette ambiance chaleureuse. Certes le fait de jouer en intérieur (indispensable), la semi pénombre bien étudiée, et l’état dans lequel je suis (légèrement fatigué et alcoolisé) n’y sont pas pour rien, mais le talent du groupe est indéniable. Je comprends tout à fait leur succès (1) en me laissant progressivement envahir par le pouvoir apaisant et vaguement érotique d’une setlist extrêmement monolithique (un ou deux titres m’ont quand même plus particulièrement touché). C’est bien simple, j’ai eu subitement envie de danser un slow, un truc qui ne m’était pas arrivé depuis les Boom ENIM au début des années 2000. Sans surprise, les chanceux couples dans la fosse ne se privent pas, normal c’est absolument irrésistible. Le nom du groupe apparait dès lors plus judicieux que ridicule, tout au plus auraient-ils pu se baptiser Cigarettes Before Sex, leur musique s’adaptant plutôt à de tendres préliminaires. Je m’arrache à regret de ces Barry White indé puisqu’il est temps d’aller se placer du côté de la grande scène extérieure où des légendes 90’s sont annoncées.

 

(1)     Peut-être pas dans de telles proportions. Et ce que je ne comprends pas du tout, c’est le plaisir qu’on les musiciens sur scène. Le bassiste doit horriblement s’emmerder avec sa note à la minute, non ? 

 

breeders

 

On ne sait jamais à quel point l’histoire a été réécrite lors de la séparation des Pixies, mais c’est comme ça : Frank Black a toujours été le gros con égocentrique, Kim Deal la victime brimée s’envolant vers une légitime émancipation. Tout le monde s’est réjoui lorsque « Cannonball » (une scie pourtant rapidement insupportable) a fait un carton et a propulsé Last Splash a des niveaux de vente que Frank Black n’a jamais approché, malgré un début de carrière génial. Kim Deal est cool, elle est restée cool après un Title TK anecdotique (dont le seul extrait ce soir, « Off You », sera aussi le seul gros raté du concert), et même après un Mountain Battles lamentable (évidemment absent de la setlist). Beaucoup ont apprécié All Nerve, dernier né des Breeders sorti cette année, en assortissant leurs louanges de quelques taquets aux nouveaux Pixies, alors que bon, l’album ennuie sa première moitié passée bien qu’il ne dure qu’une demi-heure… Mais c’est un fait que j’ai constaté par moi-même à Nîmes : Kim Deal est cool. Elle a le sourire jusqu’aux oreilles, charrie sa frangine qui lui répond sur le même ton,  blague avec le public subissant une ondée soutenue, bref tout le monde s’amuse bien mis à part Josephine Wiggs qui fera la gueule tout le concert. the BREEDERS ont beau avoir plus de 25 ans d’existence et des centaines de concerts derrière eux, on dirait un groupe de lycéens découvrant le live : longues minutes de préparation entre les chansons, déplacements maladroits de Kim, concentration extrême de Kelley sur ses solos de deux notes… Forcément, la prestation dans son ensemble ne casse pas des briques, mais l’ambiance générale emporte notre adhésion, d’autant que la setlist est quasi parfaite, mis à part la faible place accordée à l’excellent Pod (représenté par le seul « Glorious »). Les chansons de All Nerve s’intègrent parfaitement (il n’y a pas de hasard, seuls les cinq premiers titres du disque ont été interprétés), pour le reste quel plaisir de savourer la douce énergie de « No Aloha » ou « Divine Hammer », de se prendre un « S.O.S » en pleine poire ou la reprise « Drivin’ on 9 », sans doute ma favorite feel good song. Après un « Cannonball » de bon aloi, je m’extrais à regret de la fosse où j’avais fini par me placer, constatant que cette fois le son y étais parfaitement équilibré. Sachant qu’il y a une jauge à l’entrée de la Paloma, je préfère être bien en avance pour ne pas louper Idles, précaution inutile si j’en juge un public semblant encore moins nombreux que la veille, mais on ne sait jamais… De loin, j’entendrais amusé que Kim Deal n’a pas pu s’empêcher d’intégrer « Gigantic » à la setlist. C’est par une version plus nerveuse de ce titre que les Pixies avaient achevé le concert de leur première reformation aux Eurocks. C’était il y a 15 ans, pourtant Kim Deal semblait paradoxalement bien plus jeune et resplendissante aujourd’hui. Comme si, entre rock et sourire, il fallait choisir…

 

idles4

 

Cette fois, j’y étais. Non seulement je voulais absolument voir Idles, mais encore avais je le sentiment qu’il fallait les voir maintenant, lors de la tournée pour le premier album, que les choses seraient forcément différentes par la suite. Et encore était-ce un peu tard, dans une salle un peu trop grande, à l’aube d’un second disque à qui la setlist réserverait sans aucun doute plus ou moins de place. Mais j’y étais, et je n’avais absolument aucun doute sur la qualité de ce qui m’attendait. En revanche, lorsqu’on attend un concert avec une telle impatience, le risque est grand d’être déçu. Il n’en a rien été. Les cinq Idles ont surgi, et le rythme de « Heel / Heal », morceau d’ouverture de Brutalism, a tabassé le public et l’a contaminé en 2 secondes. Sur scène : des psychopathes. Le guitariste de gauche, son instrument sous le menton, gambade sur scène avec un grand sourire, on dirait un faune. Son collègue se déplace plié en deux, berçant sa guitare comme un père particulièrement sadique. Plus tard, lorsqu’il aura sauté dans la foule et qu’il se sera longuement fait porter par celle-ci, on se dira en l’observant avec ses piercings et ses longs cheveux trempés que le fait que ce mec soit dentiste est l’une des anecdotes les plus étonnantes que le rock nous ait offert. Le bassiste, un géant chauve et barbu, se balance d’avant en arrière, hilare. Le chanteur se tape la tête comme un dément ou saute à pieds joints comme un gamin capricieux.  Seul le batteur, trop occupé à matraquer ses futs, semble avoir un comportement normal.

 

idles11          idles6

 

Dans la fosse, c’est guère mieux. Je hurle les paroles quand je les reconnais. Je gueule quand je ne les connais pas (ah, ce « Idles Chant », figurant sur leur premier EP que je n’ai jamais écouté, comme il se prête bien au poing tendu en chœur !). Je fais quatre slams (autant qu’en 20 ans de fosse), dont un qui foire lamentablement sous le regard désolé d’un videur, tandis qu’un autre s’interromps rapidement et brutalement par une chute sur le dos (ippon !). Heureusement que JC Menu n’était pas là, il se serait bien marré. Mais il n’aurait pas pu dessiner dans cette tornade informe et suante aux innombrables bras et jambes et bouches hurlantes. L’ambiance reste très bon enfant, on fait gaffe à celui qui tombe, on ramasse le portable du copain, c’est sans doute le groupe qui veut ça. Quand notre ami le Faune, embarqué par la marée humaine, et longuement porté en triomphe dans toutes les positions (même debout) peine à regagner la scène, et qu’un agent de la sécurité mouille la chemise pour l’y ramener, le guitariste s’arrêtera un moment pour le remercier et lui serrer la pince avec un grand sourire avant de retourner avoiner sa guitare et accompagner ses potes criant depuis de longues minutes Dance till the Sun Goes Round ! (« White Privilege »). C’est que Idles ne se trompe pas de cible. Le Motherfucker du titre « Mother » repris à l’unisson est adressé à la politique des conservateurs menant à l’exploitation de toute une catégorie de la population, dont la mère de Joe Talbot faisait partie avant son décès ayant inspiré une grande partie du disque. Idem pour « Faith in the City », charge contre les Evangélistes cupides, « Well Done » contre le modèle consumériste et son allié la télévision, ou « Danny Nedelko », nouveau single pro-migrants. La forme est violente, mais leur slogan reste positif : Long Live to the Open Minded ! Une raison supplémentaire de les adorer, eux qui ont nommé leur second album, à paraitre en Aout, Joy As an Act of Resistance, et qui s’emploient chaque soir sur scène à concrétiser ce sacerdoce.

 

idles10

 

Une lueur inquiétante dans le regard, les voilà qui entonnent un titre de Mariah Carey a capella, avant de repartir de plus belle dans du punk sauvage : ancien ou nouveau titre, tout est à fond pour le plus grand plaisir du public (1). Pour ma part j’aurai eu droit à ma chanson favorite de l’année dernière, « 1049 Gotho », et ne me serait même pas rendu compte dans l’ambiance de l’absence de deux autres favoris, « Rachel Khoo » et « Benzocaine ». Je sors heureux et complètement rincé de la Grande Salle ; l’heure est passée en un éclair, mais il n’en fallait pas plus…

 

(1)     ils n’ont pas joué l’inédit « Colossus », qui est assez différent

 

dead cross

 

Par curiosité, je boitille jusqu’à la Flamingo où Dead Cross est déjà en place, et observe leur concert de loin. C’est l’occasion de voir pour la première fois deux légendes officiant dans ce super groupe : Mike Patton au chant et Dave Lombardo à la batterie. Devant un immense panneau figurant un squelette aux multiples bras, un Mike Patton au look improbable (genre Bono avec une chemisette à fleurs) s’époumone dans son micro sur des titres très courts portés par le jeu exceptionnel de l’ex batteur de Slayer. Du Trash Metal donc, petite note d’originalité dans la programmation que je trouve bienvenue, même si évidemment je suis surtout fasciné par Lombardo. Si j’ai trouvé le concert sympa (1), je pars avant le rappel, vu que deux heures de routes en solitaire m’attendent pour regagner mon cher logis familial. Je me rends compte toutefois en regagnant ma bétaillère que je n’ai pas raté grand-chose : le concert n’aura duré que 40 minutes au lieu de l’heure prévue (il faut dire que l’album de Dead Cross ne dure qu’une demi-heure…)

 

(1)     C’est dire si je ne suis pas spécialiste du style, puisque toutes les critiques que j’ai lu sur ce live ont été négatives…

 

DSC_3068

 

Il est temps de quitter ce lieu formidable, où seuls quelques problèmes de son auront été à déplorer. Une fois encore, nous aurons eu notre lot de découvertes, de déceptions, de concerts mythiques. Une fois encore nous auront discuté avec Harold, croisé pogotteman dans la fosse (plus chevelu que les fois précédentes), vu des tenues incroyables (mention spéciale à la veste en jean ornée d’un gigantesque blason représentant l’album the Triumph of Steel de Manowar). Une fois encore l’inimitable Robert Gil se baladant avec son marchepied aura pris un malin plaisir à se mettre devant nous à chaque concert (mais on lui pardonne parce qu’on a plein de belles photos comme ça). Une véritable star d’ailleurs, j’ai vu des nanas le supplier littéralement de les prendre en photo. On leur donne rendez-vous l’année prochaine, avec quelques potes je l’espère, pour un plein de souvenirs et d’énergie positive, qui aide à affronter un quotidien pas souvent rock’n roll : mieux vaut hurler au milieu d’une fosse devant un groupe de punk qu’à la tronche de ses collègues de boulot…

 

 34324854_2244276115613104_8064259762092507136_o

 

Setlist the Breeders: New Year - Wait in the Car - All Nerve - No Aloha - Divine Hammer – Glorious – Spacewoman - Drivin' on 9 - Nervous Mary - S.O.S. - Off You - I Just Wanna Get Along – Cannonball - MetaGoth - Gigantic - Do You Love Me Now? – Saints

 

Setlist de Idles: Heel / Heal – Faith in the City – the Idles Chant – Mother – Samaritans – 1049 Gotho – Divide and Conquer – Danny Nedelko – White Privilege – Love Song – Date Night – Exeter – Well Done - Rottweiler

 

DSC_3064

 

PHOTOS: Toutes les Photos sont de Robert Gil ( photoconcerts.com(mais l'une d'elle contient un Moi) sauf la photo de la Paloma prise sur le Facebook du TINALS et les photos de Harold Martinez, Dead Cross de loin et Robert Gil devant Idles qui sont de Moi.

 

 HAROLD MARTINEZ:

 

CIGARETTES AFTER SEX:

 

 the BREEDERS:

 

 IDLES:

 

 DEAD CROSS:

Posté par Hello-Darkness à 23:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

09 juin 2018

This Is Not A Love Song Festival (Part 2) - Samedi 02 Juin 2018 - NIMES

DSC_3030

 

Cette journée du samedi est sur le papier la plus faible, il n’y a aucun groupe que j’attende particulièrement à l’affiche, mais je reste ouvert aux potentielles découvertes. Arrivé tranquillement en fin d’après-midi, je fais un passage rapide dans la grande salle intérieure, mais quelques minutes de John Maus suffisent à me convaincre que ce n’est pas du tout mon truc. Je m’installe donc tranquillement dans le Patio en attendant CATHEDRALE, jeune groupe toulousain dont j’avais trouvé l’album plutôt attirant. Revendiquant l’influence du Parquet Courts des débuts, le quatuor délivre un garage rock très efficace, pour un court concert sans temps mort qui aura achevé de me convertir à leur talent. Pas de look travaillé (on les dirait sortis d’une école d’ingé), c’est bien par leur énergie, des compos très carrées, et leur maitrise des pauses / reprises explosives à l’unisson qu’ils s’imposent à un public conquis. Bizarrerie, le guitariste central n’a pas de micro, entouré qu’il est par un bassiste et un leader guitariste tout deux performants en chanteurs hargneux, mais c’est lui qui apportera la nuance par des riffs et des solos travaillés à une setlist assez linéaire.

 

DSC_3031a

 

Après avoir noté mentalement d’acquérir l'album de Cathedrale (Total Rift, 2017), je traverse le site en direction de la scène Mosquito, assez curieux de voir ce que peut donner la prestation de CHOCOLAT, indéfinissable groupe Canadien auteur en 2016 d’un Rencontrer Looloo aussi délirant que son intitulé (et qui s’ouvre par une chanson appelée « On est meilleur que R.E.M », ça pose le truc). Mené par un guitariste élancé à l’improbable veste Alstom, le quintet annonce la couleur avec un style évoquant par petites touches le vieux hard rock des 80’s, entre coupes mulet, casquettes et inévitables moustaches. Contre toute attente, le premier morceau est un monument de rock psychédélique, au final démonstratif qui place la barre très haut : si l’esprit est potache, le niveau technique est impressionnant, notamment le batteur. Par la suite, et jusqu’à un dernier titre qui en remettra plein les oreilles, le groupe exécute fièrement un Hard FM régressif matiné de prog jazzy à la Gong, le tout émaillé d’interventions du leader dans un savoureux Québecquois et de solo de saxophone bien baveux. Mis à part la voix aigüe du chanteur, qu’on entend relativement peu (le volume est timide, et les titres sont majoritairement instrumentaux), le concert est très sympa, surtout dans ce contexte. Le Chocolat est décidément un vrai plaisir coupable…

 

fjm3

 

Changement d’ambiance, FATHER JOHN MISTY vient d’envahir la grande scène. Quand je dis envahir, c’est qu’il est accompagné de 9 autres musiciens, autant dire que pour quelqu’un censé faire du Folk, ça fait beaucoup. Cela dit, même si la plupart du temps ses acolytes semblent fort peu occupés, les passages plus arrangés où trompette, saxophone et autre flute traversière se font entendre sont tout à fait réussis. Pour le reste, FJM n’a besoin de personne pour occuper l’espace : classe, charismatique, et doté d’un charme fou si l’on en croit les nombreuses festivalières nous entourant, le grand barbu planqué derrière ses lunettes noires surjoue le crooner irrésistible et se la pète comme jamais, sans qu’on sache vraiment la part d’auto dérision dans tout cela, mis à part lors de l’apparition sur l’écran géant d’un faux spot de pub caricatural pour son dernier album. Au final, je trouve la plupart des chansons relativement fades sans être désagréables pour autant, et je reste volontiers jusqu’à la fin, n’ayant rien de mieux à écouter. Ce qui me permet d’être  cueilli à l’occasion par un titre plus enthousiasmant, à l’image du très beau « Only Son of the Ladiesman » ou de l’ironique « Mr. Tillman ». 

Il est 22h passées et il y a un gros trou dans la prog, je passe chercher mon casse dalle que je compte savourer en écoutant de loin YELLOW DAYS, groupe de Soul officiant sur la Mosquito. Je me pose tranquillement sous un arbre vers la table de mixage, mais les premières chansons ne sont pas à mon gout : je trouve la voix et la guitare trop aigues et, elles font mauvais ménage avec une fatigue et un léger mal de crane apparu au cours de la soirée. Précisons quand même que Yellow Days a été un coup de cœur pour bon nombre de festivaliers, ce que je ne pourrais commenter, ayant rapidement déménagé dans l’espace doté de coussins moelleux qui me permettra un repos salutaire.

 

DSC_3040a

   

Je suis donc prêt pour un autre concert, mais comme il est hors de question que je me retape une grosse machine commerciale, je zappe Phoenix et tente le coup pour ECCA VANDAL, décrite par mon prospectus comme faisant du punk hip-hop. Pour l’instant, un trio guitare basse batterie, tout de noir vêtu, s’est installé sur la scène et balance un gros son rock, puis Ecca Vandal s’avance, micro en main, salue le public et attaque avec assurance son concert. Quel charisme, je suis bluffé ! La jeune femme, venue d’Australie mais aux origines très diverses, a un look et des attitudes sur scènes plutôt empruntées à la scène pop grand public, mais la musique proposée est un melting pot de hip hop, de metal, de punk et de pop dansante (1), évoquant par moments le Neo Metal des 00’s, mais sans l’esbroufe et la surenchère que j’associe souvent à ce mouvement. Ce doux prénom accolé à un nom de famille brutal reflète à merveille les différentes vagues d’un set dont j’apprécierai chaque moment, avec une préférence toutefois pour les explosions punk sur lesquelles la chanteuse ne ménage pas sa voix, au top dans absolument tous les registres. Tout à la fois extrêmement sérieuse et chaleureuse, cette Riot Girl 2.0 déroule son show avec un aplomb et une maitrise incroyable, dirigeant en quelques coups d’œil et signes appuyés son groupe et ses techniciens et emmenant de son énergie incroyable le public à sa suite (le groupe n’est pas en reste, le bassiste faisant office de bras droit musical de sa leader terminera le concert en nage). Dans les premiers rangs, je ne suis pas le dernier à répondre à ses harangues, sautant ou beuglant à la demande. A la fin du concert, là où le public s’éparpille généralement rapidement pour ne rien manquer, un bon groupe d’irréductibles acclame longuement le quatuor resté sur les lieux pour aider au rangement du matériel. Le bassiste, tout sourire, descend serrer des pinces et remercier les fans, avant que Ecca Vandal elle-même cède à la ferveur et vienne les saluer, se prêtant volontiers à quelques selfies et discussions. Malgré ma tentation de faire la midinette, je laisse les vrais connaisseurs en profiter, reste que l’Australienne sera la plus belle découverte de cette édition et que je ne manquerai pas d’écouter son premier album, sorti l’année dernière.

 

(1)     J’apprendrais après coup qu’Ecca Vandal cite des influences aussi diverses que Bjork, Miles Davis et Deftones, ce qui donne une bonne idée de sa musique. 

 

viagra boys 1     viagra boys 2

 

A quelques mètres de là, les VIAGRA BOYS viennent d’arriver sur la scène Mosquito. Mené par un chanteur torturé à l’allure laissant supposer un alcoolisme avancé, le torse nu couvert de tatouages (1), le groupe suédois déroule un set dans la plus pure tradition Post Punk, basse ultra présente et gratte saturée intermittente, agrémenté de solos de saxophone éraillés évoquant ceux de Steven Mackay (Stooges). Les titres sont longs, répétitifs, complètement hypnotiques et surtout excellents. Il est dès lors impossible de résister à la tentation de dodeliner, de se trémousser, de sautiller voire de pogoter quand le public décide que la réponse donnée à un tel concert est vraiment trop sage. Ce qui ne fera que s’amplifier jusqu’à un interminable final où les cinq musiciens creuseront inlassablement le même riff tandis que le chanteur manifestera son approbation par des mouvements de tête en rythme et quelques pas de danse hasardeux. Encore une discographie (apparemment très limitée) à creuser… 

(1)     Il a même tatoué sur le front Lös, ce qui selon google trad signifie « en vrac »

 

34288801_2244246768949372_1324072163191291904_n

 

Il est donc une heure du matin quand je rejoins la grande scène pour une nouvelle prestation de Ty Segall à Nîmes, la 3eme en 6 éditions. Mes a priori se partagent entre le souvenir du concert raté de 2016 sur cette même scène, et l’agréable surprise procurée par l’écoute de Freedom’s Goblin, cru 2018 du TY SEGALL AND THE FREEDOM BAND. Malgré une longueur indécente, l’album fortement teinté de psychédélisme apporte un renouveau salutaire à une discographie que je croyais définitivement perdue après un Emotional Mugger globalement affreux et un Sans Titre 2017 inintéressant. C’est sur la rythmique lourde de « Wave Goodbye » que le groupe lance le concert. Ty Segall est à droite, de profil, ayant laissé la place centrale à un petit pianiste en chemise blanche au regard apeuré, encerclé qu’il est par la bande de rockers complété par le chevelu batteur Charles Moothart (le seul que j’aie reconnu) derrière lui, puis un bassiste et un guitariste à sa gauche. Disposition étrange, mais qui n’entache en rien la prestation, bien qu’une nouvelle fois la basse soit trop forte et couvre partiellement les solos de guitare de Ty. Au bout d’un petit moment, je décide d’en avoir le cœur net et vais me positionner tout au fond de l’esplanade, juste devant la table de mixage, et là, miracle : le son est excellent. Bon truc à retenir pour le lendemain, mais qui me fait avoir quelques regrets quant à la prestation des Jesus and Mary Chain…

 

ty2      ty3

 

Bref, Ty Segall et son groupe proposent un concert varié et plaisant, entre tubes garage (« Fanny Dog », « Candy Sam »), ambiance plus jazzy (« Every 1's a Winner”), ballade Bolanienne (“My Lady's On Fire”) et même disco (“Despoiler of Cadaver”). Je reconnais peu de morceaux mais cela a peu d’importance, d’autant plus qu’ils sont réadaptés pour le live, avec force solos de chacun des musiciens. Mention spéciale pour la longue version de “Warm Hands” où Charles Moothart fait notamment des merveilles. Pour le final, nous aurons droit à un dantesque “She”, au riff reconnaissable entre mille, évoquant Black Sabbath, avant que le titre ne mute en une demonstration Zeppelinienne mettant à l’honneur les qualités mélodiques et techniques du groupe et de son leader déchainé. Un très bon concert donc, bien que l’heure tardive (bien plus adaptée cependant que les 18h ensoleillées de la dernière fois) et la distance m’aient empeché d’ être totalement immergé dans la musique. 

C’est donc bien fatigué que je terminais cette soirée de concerts s’étant révélée plus enthousiasmante que prévue. Une bonne nuit de sommeil était de mise avant le Dimanche, journée que j’attendais avec le plus d’impatience, et qui ne me laissait entrevoir aucun répit dans l’enchainement des concerts auxquels je voulais assister. 

 

ecca vandal 

 

Setlist Father John Misty (celle du We Love Green festival, probablement très proche): Nancy From Now On - Chateau Lobby #4 (in C for Two Virgins) - Only Son of the Ladiesman - Total Entertainment Forever - Disappointing Diamonds Are the Rarest of Them All - Mr. Tillman - Please Don’t Die - Hangout at the Gallows - Pure Comedy - Hollywood Forever Cemetery Sings - Holy Shit - I Love You, Honeybear

 

Setlist Ty Segall: Wave Goodbye - Fanny Dog – Finger – Squealer - Candy Sam - Every 1's a Winner - Despoiler of Cadaver - Warm Hands (Freedom Returned) - My Lady's On Fire - Cherry Red - Love Fuzz - She

 

PHOTOS: Ty Segall 1 = Facebook du TINALS / Viagra Boys 1 et 2 - Ty Segall 2 et 3 - Ecca Vandal 2 = Robert Gil / Cathedrale - Chocolat - Father John Misty - Ecca Vandal 1 = Moi (mais l'une d'elle contient un Robert Gil)

 

CATHEDRALE:

 

 CHOCOLAT:

 

FATHER JOHN MISTY:

 

ECCA VANDAL:

 

VIAGRA BOYS:

 

TY SEGALL AND THE FREEDOM BAND:

Posté par Hello-Darkness à 23:34 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

07 juin 2018

This Is Not A Love Song Festival (Part 1) - Vendredi 01 Juin 2018 - NIMES

bandeau-site-tinals-1920x709-8bit-v2-1

 

Cette année encore, je guettais avec impatience la programmation du This Is Not A Love Song, TINALS de son petit nom. La frustration avait été grande l’année dernière de ne pas y participer tant ce festival est convivial et agréable, mais la programmation y était vraiment trop inintéressante. La première annonce 2018, quoique très loin des géniales éditions 2015 et 2016 - genre d’affiches dont il faudra, à priori, faire son deuil – contenait quelques noms intéressants qui me tentaient, mais il manquait encore le truc pour me faire craquer. Parallèlement à ça, je cherchais par tous les moyens à voir Idles en concert. Il faut savoir que Brutalism est sans doute le seul album depuis une quinzaine d’années que j’aie véritablement écouté jusqu’à l’écœurement, aussi étais je désespéré de voir que malgré une tournée gigantesque, aucune date ne passait à une distance respectable de Lyon. J’avais envisagé plusieurs voyages, découragé à chaque fois par le cout et l’organisation, et m’étais presque résolu à prendre un billet à Rock en Seine, à la programmation pourtant infecte, lorsque la nouvelle que j’attendais tomba (tardivement) : Idles était annoncé au TINALS ! Je me ruais donc sans réfléchir plus avant sur un Pass 3 Jours. Tant pis pour les têtes d’affiche moyennes, les découvertes pour lequel ce Festival est assez doué compenseraient. Tant pis si personne n’était intéressé pour m’accompagner, le but était aussi de faire un bon break, la solitude étant un luxe rare dans ma vie actuelle.

 

DSC_3000

 

En ce vendredi soir, je me retrouvais donc  sous un beau soleil en terrain connu à Nîmes, dans cette ambiance à la fois festive et paisible. Toujours ce parc joliment décoré, ces lieux arborés où se poser tranquille, ces coussins moelleux, cet indispensable vestiaire aux toujours souriantes tenancières, ces couronnes de fleurs qui parent bientôt une grosse partie des festivalières donnant au lieu un côté onirique et irréel. Le public est extrêmement hétéroclite, notamment au niveau de l’âge : on croise vraiment des personnes de 7 à 77 ans.  Seul changement apporté, la petite salle intérieure qui n’accueille plus de concerts (certainement pour des raisons de sécurité), et une nouvelle scène de taille moyenne (appelée Bamboo) en extérieur, à proximité de la petite scène déjà existante auparavant (la Mosquito). Le TINALS a appris des précédentes éditions, les légers disfonctionnements qu’on avait regrettés à l’époque ayant tous été corrigé, offrant une organisation sans aucune faille tout au long du week end.

 

mummy

 

Me voici donc avec une bonne pinte attaquant ce marathon musical devant MUMMY'S GONE, trio local de folk, batterie/guitare/violon. On est dans un registre de chanson délicate, évoquant par moment Sparklehorse, sauf pour le chant qui, loin d’être fragile, a cette chaleur qu’on retrouve par exemple chez Jose Gonzales. Les compositions ne sont pas d’une originalité folle, mais l’ensemble est assuré et plaisant, c’est en tout cas une très belle entrée en matière, histoire de se chauffer doucement les oreilles et de finir de se mettre l’esprit en vacances.

 

DYGLa

 

Direction le Patio, la bien nommée petite scène extérieure nichée au cœur du bâtiment de la Paloma,  pour assister au concert du quatuor Japonais  DYGL. Si le guitariste arbore un T Shirt Metallica et le batteur un Portishead, on ne pourrait trouver références plus éloignées de la musique proposée. En réalité, DYGL envoie un rock hésitant entre la pop et le garage, de joyeuses chansons au tempo relevé qui emporteront l’adhésion d’un public assez nombreux et participatif. Les jeunes musiciens semblent aussi surpris que ravis de l’accueil qui leur est fait, en tout cas la bonne humeur est visible tant sur scène que dans la fosse.

 

warmduscher5a

 

Pas grand-chose à suivre, on retourne vers la Mosquito pour WARMDUSCHER, groupe prétendument Punk dont l’écoute portée à l’album Whale City  ne nous avait pas vraiment convaincu. C’est typiquement le groupe qui s’appuie plus sur son look et son charisme que sur ses chansons, d’ailleurs je n’ai déjà plus beaucoup de souvenirs de ce qu’ils ont joué. Entouré par un solide bassiste et un guitariste en costard à la gueule soigneusement enlaidie par une coiffure de junkie, le chanteur arborant chapeau de cow boy, lunettes de soleil et longue gabardine gueule dans son micro et harangue la foule sur fond de saturation parfois un peu facile. Cependant suffisamment intéressant, ou fun, pour que je reste jusqu’à la fin du set.

 

beck2             beck7

 

C’est l’heure d’un des rares choix épineux de la programmation. Sur la grande scène Flamingo, le légendaire BECK, que je connais peu (pour tout dire j’apprécie surtout Sea Change) et dont les derniers disques n’ont pas soulevé l’enthousiasme, mais que je n’ai jamais vu - sur la scène Bamboo les punks de Flat Worms dont l’album éponyme sorti l’année dernière m’avait assez emballé lorsque je l’avais écouté en prévision du festival. Je choisi finalement la légende, je n’aurai peut-être pas d’autre occasion de le voir, et puis les découvertes bruyantes ne manquent pas à l’affiche les prochaines soirées. Me voici donc arrivant juste à temps pour voir un Beck chapeauté entrer sur scène juste après son groupe. Le dispositif est impressionnant, 7 musiciens (dont 4 qui ne servent pas à grand-chose, avec la choriste blonde canon de service prenant la pose avec tout plein d’instruments différents), une scène à deux étages, un affichage numérique gigantesque, bref un concert spectacle qui promet d’en mettre plein la vue. J’ai pas mal de doutes en voyant tout ce cirque, mais je suis rassuré par le « Devils Haircut » inaugural, qui a l’avantage d’être un titre que je connais et apprécie. Je vais pourtant me décomposer au fil des chansons suivantes. S’il y a un moment où je peux apprécier de la pop commerciale, c’est bien dans cette ambiance chaleureuse, entouré de jeunes filles en fleur et avec quelques pintes dans le museau. On peut dauber sur Coldplay, leur coté lisse, gentil, inintéressant : les chansons de Beck ont ceci de pire qu’elles sont vraiment moches, même avec la plus grande ouverture d’esprit possible. J’insiste, ne pouvant pas croire que celui qu’on célèbre comme un génie, qu’on présente souvent comme  le plus grand précurseur des 90’s, en soit réduit à cette prestation que seule une pension alimentaire dithyrambique pourrait excuser.

 

flat worms

 

C’est au bout d’un bon moment d’ennui et d’effarement que je me souviens soudain de FLAT WORMS, et que je bats en retraite.  Si selon le programme il me reste encore une bonne demi-heure de punk à savourer, je n’aurai de manière incompréhensible qu’un seul morceau à me mettre sous la dent. De quoi vraiment alimenter mes regrets car le trio américain termine son set, qu’on imagine intégralement relevé de la sorte, par une tuerie mettant moins de 3 secondes à m’emballer. Grosse déception d’avoir manqué ça, j’espère qu’ils passeront vers Lyon pour une prochaine tournée. Du coup je retourne vers la grande scène et écoute de loin la fin du concert de Beck. J’entends des bribes de « Miss You »  (assez emblématique qu’il ait choisi ce titre putassier parmi les tubes des Stones) et de « Once in a Lifetime », plutôt sympa mais c’est juste un extrait, avant un « One Foot in the Grave » bluesy (harmonica / guitare) démontrant que l’épure sied bien mieux à Beck.

 

moaning4a

 

Quelques mètres de côté et me voici de nouveau devant la Mosquito, pour le concert de MOANING, dont j’avais trouvé le premier album sorti cette année sur Sub Pop intéressant mais inégal. C’est un trio très jeune et assez atypique qui investit la scène, les T-Shirts arborés étant cette fois plutôt représentatifs de la musique du groupe. Le bassiste est un métis élancé avec un T-Shirt de Warsaw, pour le côté post punk.  Sur celui du batteur (un gros roux barbu) on peut lire Metz, pour le côté gros rock appuyé. Quant au T-Shirt du guitariste chanteur, il représente Bart Simpson, ce qui va bien à ce gamin plein d’arrogance, sorte de mélange entre le leader de Parquet Courts et Thurston Moore, qu’il évoque par un jeu de guitare noisy, épileptique et maitrisé. Je suis embarqué dès les premières notes de « Does This Work For You », me place direct devant la scène, et prend de plein fouet un exceptionnel « Artificial ». Couplets à la Joy Division, mélange de voix morne et de basse très en avant, refrains explosifs dans un style rock alternatif 90’s, le titre me file le frisson et sera l’un des meilleurs moments du festival.  La suite du concert, quoi que moins intense, reste de très haute volée, abandonnant progressivement le post punk pour de la pop noisy énergique et démonstrative, l’ami Bart Simpson ne ménageant pas sa peine en soubresauts et matraquage de guitare. Un des concerts les plus marquants du TINALS 2018, de quoi me donner envie d’écouter plus attentivement l’album Moaning, joué quasiment en intégralité.

 

jesus

 

Pas le temps de m’attarder, je file vite vers la Grande Scène où les premières notes des JESUS AND MARY CHAIN se font entendre. Je me demande si le TINALS a vraiment fait recette, car quel que soit le concert il est assez facile de se faufiler dans la fosse pour arriver à proximité de la scène. Les 5 musiciens sont habillés de noir et placés devant un écran géant indiquant simplement le nom du groupe. La sobriété est de mise, tant dans la tenue que dans l’interprétation des morceaux, une sobriété qui flirte avec le jansénisme. Du coup je m’ennuie un peu, surtout que je reconnais peu les titres (à l’exception évidente de « Head On »), ce qui est frustrant dans la mesure où j’ai récemment révisé Jesus au travers des chroniques de mes vieilles cassettes. A ma décharge, le son est terriblement mauvais, on n’entend que la basse et la grosse caisse, ce qui est évidemment très dommage pour un groupe fondé sur la guitare solo de William Reid et le chant nonchalant de son frangin Jim (une voix très faiblarde d’ailleurs, ce qui n’arrange rien). « Between Planets », une chanson que j’aime beaucoup, est ainsi passablement gâchée par le fait que j’entends très peu le terrible riff de guitare du refrain, qui fait une bonne partie de son sel. La fin du set est plus sympathique, par l’enchainement de tubes qu’elle propose, « Some Candy Talking », « Halfway to Crazy » et l’irrésistible « Just like Honey » passant comme une lettre à la poste. Après cette pause sucrée, les Jesus and Mary Chain remettent le potard à fond et terminent sur un déluge de décibels. « I Hate Rock N Roll », clament-ils,  et pour cette soirée on ne mettra pas leur parole en doute.

C’est sur ce concert pas vraiment enthousiasmant que se termine une journée en demi-teinte, dont on retiendra surtout la prestation de Moaning, et où le coté apaisant d’une journée ressemblant à la première d’une longue pause bien méritée et quelques concerts sympas auront rattrapé l’ennui ressenti devant les têtes d’affiche. 

 

 moaning 2

 

Setlist de Beck (celle du Titanic festival, probablement très proche) : Devils Haircut - Up All Night – Wow - Mixed Bizness – Colors – Debra - Raspberry Beret – Dreams – Girl – Loser - E-Pro - Where It's At - One Foot in the Grave

 

Setlist de Moaning:  Does This Work For You – Artificial – Close – WSU – Tired - For Now – Misheard ? - Don't Go - The Same - Somewhere In There

 

Setlist de Jesus and Mary Chain (celle du Bearded Theory festival, probablement très proche) : Amputation - April Skies - Head On - Blues From a Gun - Black and Blues - Far Gone and Out - Between Planets - Cherry Came Too - All Things Pass - Some Candy Talking - Halfway to Crazy - Just Like Honey - Cracking Up - War on Peace – I Hate Rock N Roll

 

PHOTOS: Bandeau  - Beck 1 = Facebook du TINALS / Mummy's Gone - Flat Worms - Jesus and Mary Chain - Moaning 2 = Robert Gil / Selfie - DYGL - Warmduscher - Beck 2 - Moaning 1 = Moi (mais l'une d'elle contient un Robert Gil)

 

MUMMY's GONE:

 

DYGL:

 

WARMDUSCHER:

 

 BECK:

 

 FLAT WORMS:

 

MOANING:

 

the JESUS AND MARY CHAIN:

Posté par Hello-Darkness à 23:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,