Blinking Lights (and other revelations)

23 octobre 2018

ACID MOTHERS TEMPLE - Mardi 16 Octobre 2018 - Le Sonic - LYON

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Je ne me rappelle plus la dernière fois que je suis allé en concert en mode découverte totale. Il y a beaucoup plus de groupes que je connais et apprécie qui s’arrêtent à Lyon que de temps que j’ai à leur consacrer, j’évite donc de griller un de mes bons de sortie sans savoir si j’ai une bonne chance de passer une agréable soirée. Mais j’atteignais les 4 mois d’abstinence scénique, aussi me décidais-je à faire un tour au Sonic pour voir Acid Mothers Temple, groupe dont je n’avais jamais entendu la moindre note mais dont Maxime avait fait un retour enthousiaste lors de leur dernière venue (assez récente) en ces mêmes lieux, citant notamment une reprise de Can.

 

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C’est en solitaire que j’abordais le quai où est amarrée la célèbre péniche, tenant contre vents réactionnaires et marées petit-bourgeoises, au son d’une troupe de sonneurs de cors de chasse, qui, s’ils ont bien choisi leur coin pour répéter (au milieu d’un énorme réseau d’échangeurs auto routiers), n’en font pas moins un boucan à faire passer les concerts du Sonic pour des après-midi thé dansant. La date affiche tellement complet que les noms sont scrupuleusement vérifiés à l’entrée, mais pour le moment les gens sont plutôt à discuter dehors, alors que la première partie débute son set devant quelques curieux. Savarin balance une electro assez rêche à l’aide de deux claviers et une boite à rythme.  Les deux composantes essentielles à ce type de musique sont là, à savoir des sons de basse bien puissants qui remontent par les jambes et font résonner le bide, et des rythmiques qui actionnent directement les muscles du cou via les oreilles. Savarin porte un T-Shirt bien trouvé d’une silhouette s’évadant au travers une succession de portes vertes fluo, il est par la force des choses assez statique, je ferme donc les yeux pour m’évader moi aussi. Une intense fatigue et quelques gorgées de bière feront le reste, et je rentre facilement dans la musique, assez sombre au début, évoluant dans un registre plus dansant par la suite. Quand elle est réussie, l’electro est l’occasion de se connecter, à soi, à Dieu, au monde - mais malheureusement pas au public du Sonic, qui ne fera son apparition en masse qu’à l’arrivée sur scène des têtes d’affiche.

 

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Les voici d’ailleurs, les cinq japonais d’Acid Mothers Temple, qui titubant, qui hilare, tel autre s’appuyant sur une canne. Il y a les deux anciens, assez sobrement vêtus en noir : le claviériste zen, debout au centre de la scène, tel le pilier du groupe qu’il semble être, et le guitariste flamboyant, sorte de Jimmy Page asiatique, qui s’occupera d’une large  part du volume sonore de la soirée. Et les trois jeunes, aux tenues surprenantes : le discret bassiste pirate, le tonitruant batteur en short débardeur fluos multicolores, et le chanteur tout à gauche, à l’improbable look de ménestrel (chemise jabot, cape bleue et or, coupe au bol long façon Brian Jones et même une mandoline électrique sur le premier titre). Bref, une association des plus incongrues, mais une réelle synergie musicale, dans des registres aussi variés qu’opposés. On alterne hard rock, folk spatial, rock psyche, ambient planante, kraut rock, disco,  chaos total, avec suffisamment de turn over pour éviter toute lassitude. On aura pensé tour à tour au déjantés Gong, aux Doors de « the End », à Led Zep, au Mercury Rev des débuts, et à mille autres références. Makoto Kawabata, leader de la formation, aura bien sur de longs moments pour s’exprimer, en vieux renard du branlage de manche mi- précis mi-épileptique, mais il ne tirera pas systématiquement la couverture à lui. Au contraire, entre passages en arpèges répétitifs où c’est plutôt la solide paire rythmique qui assurera les nuances, et passages psychédéliques où il s’occupera de nappes sonores avec son compère Hiroshi Higashi (le claviériste aux longs cheveux blancs), chaque membre du groupe aura eu tout loisir d’exprimer son talent. Comme ce passage débuté par un solo de batterie et enchainé en duo avec une basse fantastique pour un long temps discoïde assez irrésistible. 

 

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Les 20 ans d’expérience scénique ininterrompue des Acid Mothers Temple parlent dans un crescendo mystique, amenant un public d’abord sur la réserve dans une transe de plus en plus intense au fil du concert, jusqu’à un titre final dont l’accélération emporte tout sur son passage. La guitare saturée termine suspendue au plafond, avant que le groupe ne quitte la scène et ne se réfugie dans le minuscule espace derrière celle-ci, le temps que le public reprenne ses esprits et s’éparpille un peu. Les musiciens viendront ensuite se mêler aux gens pour discuter ou se placer derrière un des stands de merchandising les plus bizarres que j’aie vus. Entre objets ésotériques, baguettes de batterie ou cymbales dédicacées, une multitude de Cds, Vinyles ou cassettes laissent perplexe le néophyte que je suis, d’autant que Maxime m’avoue être aussi perdu dans une discographie  immense composée de centaines de live, de projets parallèles et de quelques disques studio confidentiels. Au final je me renseigne auprès du chanteur sur le duo basse/batterie qui m’avait impressionné, et achète un enregistrement live de 2016 fait maison qui reprend une bonne partie  du concert de la soirée, avec en introduction (cerise sur le space cake), une longue reprise de « Flying Teapot », titre de Gong que j’adore. De quoi revivre un concert qu’on ne qualifiera pas d’exceptionnel (puisque les Acid Mothers Temple passent régulièrement dans le coin et jouent souvent les mêmes morceaux), mais qui entrera à coup sûr dans les meilleurs de l’année. Encore une fois, merci au Sonic pour cette belle découverte ! 

 

 

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15 octobre 2018

Déçu / Pas déçu ? : Ryley WALKER, PARQUET COURTS, GIRLS NAMES

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Ryley WALKER - Deafman Glance

 

Ryley Walker a toujours navigué entre différent styles tout en gardant une base folk rock classique (guitare érudite et chant clair et appliqué). C’est un peu la même chose sur son dernier album mais, si j’avais facilement accroché aux développements psychédéliques de Golden Sings that have been Sung, j’avoue avoir eu beaucoup de mal aux premières écoutes de Deafman Glance (on pourrait même parler de grosse déception à sa découverte). C’est que Ryley Walker va cette fois encore plus loin dans l’expérimentation, proposant plusieurs longs titres aux parties différentes dont certaines aux accents progressifs indéniables (du folk progressif ?), tandis que d’autres semblent complètement déstructurées, voix désolée sur notes isolées. Sans doute « Spoil with the Rest », splendide titre final bien plus raccord avec les précédents disques m’aura-t-il encouragé à multiplier les écoutes, ce qui finira par me convaincre de la beauté de l’ensemble. Car au creux de ces chansons se cachent des trouvailles remarquablement amenées, qu’on savoure d’autant plus qu’elles ne se dévoilent souvent qu’à l’auditeur attentif. L’une des plus évidentes est ce passage électrique qui survient par surprise à la fin de « Can’t Ask Why » et qui évoque les éclairs géniaux de Radiohead.  Ryley Walker aura donc réussi une jolie prouesse en m’amenant hors de mes sentiers d’écoute habituels alors que je n’avais pas forcément au départ une envie folle de le suivre. Raison de plus pour ne plus lâcher le prolifique songwritter.

 

 

 

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PARQUET COURTS - Wide Awake !

 

Je ne me souvenais plus du tout de Human Performance, et encore moins de l’avoir chroniqué (ce n’est pourtant pas si vieux, Juin 2016). A la relecture de mon article, je me suis dit que j’aurai pu en recopier une bonne partie pour le Parquet Courts de cette année, ce qui n’est déjà pas très bon signe.  Et pourtant, je reconnais de nombreuses qualités à ce Wide Awake !, à commencer par un  réel talent d’écriture. Après s’être un peu reposés sur leurs lauriers, les membres de Parquet Courts se sont mis au boulot et ont ciselés de véritables perles dans des styles assez différents, mais toujours avec leur patte tantôt énervée tantôt nonchalante, lorgnant plus que jamais vers les joyeux cyniques de Pavement (« Mardi Gras Beads »). La production est aussi remarquable, entre riffs de basse bluffants bien mis en avant et des chœurs réguliers qui sont un véritable atout sur le disque. Il y a même une chorale d’enfants qui vient accompagner « Death Will Bring Change », chant naïf et tango tranquille pour paroles bien acides. Les textes, encore un atout à mettre au crédit du groupe, qui dresse un constat lucide de l’état de notre planète, balançant l’air de rien de sévères considérations politiques (terrible morceau garage « NYC Observation » sur la pauvreté à New York) ou écologiques (« What’s it worth all the money we made / Floating idly in a newborn lake? / Far above financial centers / Cities sink like market rates »,  sur « Before the Water Gets too High »). 

Malgré tout, j’ai du mal à être complètement emporté par Wide Awake ! dans son ensemble. Les passages par le funk (« Wide Awake ! ») ou même le reggae ne m’accrochent pas, les chansons d’amour sont moins convaincantes, quant aux titre plus garage/punk pour lesquels Parquet Courts reste toujours aussi efficace, je les trouve handicapés par un chant un peu trop brut et bavard. Si la mise en avant dans ma discographie n’est donc pas gagnée, Parquet Courts s’est néanmoins légitimement fait une belle place dans la liste des groupes qui comptent aux USA, ainsi que, gageons le,  dans de nombreux Tops albums de 2018.

 

 

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GIRLS NAMES - Stains on Silence

 

On les avait découvert en 2015 avec un Arms around a Vision dont l’efficacité, tenant sur un dynamisme général associé à des riffs hyper bien foutus, ne se dément pas 3 ans après. C’est dire si Stains on Silence nous a surpris tant son rythme, lent et flottant, envahissant progressivement l’auditeur comme le brouillard une route à la nuit tombée, est à l’opposé de ce à quoi on s’attendait. Passé la déception initiale, il faut reconnaitre que le style gothique sied assez bien à Girls Names, s’appuyant sur une basse toujours aussi solide et des claviers / piano bien produits. Reste que le chant, soudain propulsé en charpente de ces titres relativement dépouillés, n’a ni le charisme ni la justesse suffisante (sans parler du mixage), à l’exception d’un ultime morceau où perce l’émotion. Malgré des qualités d’écriture et une cohérence d’ensemble bienvenues, Stains on Silence reste assez insaisissable, me laissant lentement dériver sur le bas-côté, à la recherche d’albums plus piquants.

 

 

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07 octobre 2018

ECOSSE - 19 / 26 Septembre 2018 - Part 2

 

Samedi 22 Septembre - Inverness / Oban

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Ballade le long du Glen Affric

Une belle route nous attend vers le Sud-Ouest jusqu’à Oban. Plutôt que de longer directement le Loch Ness depuis Inverness, nous faisons un écart vers l’Ouest en direction de Cannich, par une petite route serpentant dans la foret. Nous accédons à un lieu de ballade semble-t-il assez connu, longeant le Glen Affric jusqu’à des chutes d’eau (Dog Falls) puis rebouclant par les hauteurs de la Fasnakyle Forest. Un parcours d’une heure et demi de toute beauté que nous ferons majoritairement sous le soleil, même si trois averses l’auront cependant émaillé.

 

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Urquhart Castle et le Loch Ness

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Arrivée de la Mariée au son d'une cornemuse

 

Nous récupérons le Loch Ness à hauteur du célèbre Urquhart Castle, qu’après quelques hésitations nous décidons de visiter. C’est un lieu très fréquenté, arrêt obligatoire pour tous les cars de touristes, mais cela est tout à fait justifié. Bénéficiant d’une position idéale dominant le Loch Ness, le vaste Urquhart Castle, bien qu’en ruines, est suffisamment conservé pour qu’on puisse imaginer les différentes pièces et fortifications le composant. En haut du donjon, sans doute l’endroit où la densité de population est la plus forte en Ecosse, la vue sur le Loch est remarquable. Une partie du Château (à l’emplacement de la cuisine) sera même privatisée pour un mariage et nous aurons la surprise de voir débarquer tout un tas d’invités dont quelques-uns en kilt, avant l’arrivée de la mariée devancée par un joueur de cornemuse, pour le plus grand bonheur des touristes. La visite nous a bien pris deux heures et nous voilà en retard car le plus gros de la route reste à faire. Nous prendrons le temps de nous arrêter régulièrement quand même car les paysages sont très beaux, nous longeons une quantité impressionnante de Loch : l’enfilade Loch Ness, Loch Lochy - reliés par un canal - et Loch Linnhe qui coupe quasiment en deux l’Ecosse, ainsi que les Loch Leven et Creran. Nous arrivons en début de soirée à Oban, petite ville portuaire comme on peut en voir en Bretagne ou sur la côte Atlantique.  Nous hallucinons en avisant sur la colline surplombant la ville, comme Photoshopé, une réplique du Colisée de Rome aussi à sa place dans le paysage qu’un palmier sur la banquise. Renseignement pris, il s’agit d’une lubie d’un riche banquier du coin ayant décidé aux environ de 1900 de filer du boulot aux maçons chômeurs de la ville tout en érigeant un monument en l’honneur de sa famille, dont la construction s’en tiendra aux murs extérieurs suite au décès dudit McCaig.

 

Dimanche 23 Septembre - Oban et l'Ile de Kerrera 

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L'ile de Kerrera et le Gylen Castle

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Quelques photos de l'Ile de Kerrera parmi la centaine que nous avons prises....

 

J’avais envisagé de prendre le ferry et de visiter l’Ile de Mull en voiture, celle-ci étant riche en paysages et châteaux remarquables (sans parler de l’Ile sacrée d’Iona toute proche). Hélas, le ferry était complet depuis bien longtemps pour les voitures et sans celle-ci, le programme s’avérait difficile à tenir, à moins d’avoir recours à des cars touristiques pressés et très chers. Nous options donc pour le plan B, c’est à dire une randonnée sur l’Ile Kerrera, beaucoup plus petite et proche d’Oban. Nous prenions tranquillement un petit bateau avec quelques randonneurs perdus pour une traversée d’une dizaine de minutes en direction de Kerrera, essentiellement peuplée de moutons et de quelques fermes isolées. Le tour de l’ile, effectuée en quatre heures de marche ensoleillée (mis à part les inévitables averses écossaises), sera probablement l’un de nos meilleurs souvenirs du séjour. L’arrêt à un donjon dominant la mer, seul reste du Gylen Castle, donnera lieu à un moment d’histoire Ecossaise instructif ainsi qu’à un concours de la meilleure photo de vacances. Plus inattendu, alors que nous entamons la partie Ouest faisant face à l’Ile de Mull, nous pourrons observer longuement de nombreux rapaces au rang desquels une famille d’aigle Royaux, une première impressionnante pour moi !  

 

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Le Dunstaffnage Castle et sa chapelle hantée

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Le Port d'Oban, dominé par la Mc Caig's Tower, une imitation du Colisée

 

Seul incident de la journée, un double décollement semellaire arrière pour moi, alors que Mélaine marche avec des élastiques tenant l’avant de ses semelles depuis un problème similaire au Glen Affric. Pas de quoi gâcher une si belle journée que nous prolongeons en conduisant jusqu’au Dunstaffnage Castle, curieux fort posé sur une marche rocheuse surgissant d’une colline au nord d’Oban. Une toute petite partie semble rénovée mais il est trop tard pour visiter, nous nous orientons vers la chapelle en ruine au milieu de la forêt attenante. De belle taille, elle réveille forcément quelques souvenirs à quiconque ayant déjà joué à des jeux video d’aventure Fantasy, et l’on s’attend à tout moment à voir surgir des tombes amoncelées dans un minuscule cimetière collé au mur du bâtiment quelques squelettes hargneux. Il parait que cette chapelle est hantée, mon avis est que tout chasseur de fantômes devrait commencer sa quête par une nuit dans ses murs…  C’est l’heure du diner, et comme à chaque fois que j’en ai l’occasion en vacances, j’ai décidé de me payer un plateau de fruits de mer, autre spécialité locale. Direction Ee-Usk, institution trônant sur le port assaillie par tous les étrangers du coin (heureusement que nous avions réservé). Au final une bonne adresse, même si j’ai eu de la place pour un Sticky Toffee Pudding en dessert là où je bloque au trois quart des plateaux bretons, incapable d’avaler une demi crevette grise supplémentaire.

 

Lundi 24 Septembre - Oban / Crianlarich 

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Kilchurn Castle

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Vaches Highland

 

Il est temps de quitter Oban et le bord de mer pour se diriger vers Crianlarich, bourgade centrale dans la région des Trossachs. Première étape, un nouveau château en ruines, le Kilchurn Castle, lui aussi situé sur une presqu’ile mais cette fois en contrebas, entouré des monts habituels bordant les Loch (ici le Loch Awe). Toujours impressionnant et intéressant, en tout cas nous ne nous lassons pas. D’autant que quelques vaches Highlands, que nous avions peu croisé jusqu’à présent, broutent tranquillement dans le coin, laissées certainement à l’entrée du site à l’attention des nombreux touristes de passage. 

 

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Inveraray Castle - Environs du Glen Falloch 

Comme le trajet direct ne dure qu’une heure, nous faisons un détour par le sud jusqu’à Inveraray, petit village de carte postale posé à l’entrée du Loch Fyne, dont la principale caractéristique est de s’en tenir au noir et blanc pour la peinture des maisons et mobiliers urbains. Il y a aussi un château, mais celui-ci est du style habité avec jardins et guichet payant au bout de l’allée, donc nous nous contentons d’une photo de loin, le temps de constater qu’il est aussi moche que curieux. Nous rejoignons le Loch Lomond au niveau de Tarbet, et nous le longeons jusqu’à Luss, un petit village qui nous avait été conseillé par un couple de Lyonnais logeant au même B&B que nous à Oban. C’est un joli village offrant une belle vue sur le Loch Lomond et sur la multitude d’iles qui le parsèment, mais le lieu est connu et les quelques rues bordées de tout petit cottage sont surchargées de touristes. Nous rebroussons chemin vers le nord pour atteindre Crianlarich, non sans avoir savouré les rives du Loch Lomond puis du Glen Falloch, qui nous offrent l’un des derniers splendides paysages du séjour. Le B&B est un extraordinaire corps de ferme rénové perdu dans la montagne, tenu par un couple Suisse qui a changé complètement de vie il y a quelques années.

 

Mardi 24 Septembre - Crianlarich 

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la West Highland Way, entre Bridge of Orchy et Tyndrum 

Nous avions prévu de consacrer notre dernier jour à de la randonnée tranquille, Crianlarich étant un carrefour bien connu des marcheurs (pas grand-chose d’autre à faire dans le coin d’ailleurs). Le village est notamment situé sur la West Highland Way, parcours reconnu de 154 km allant de Fort William à Milngavie (près de Glasgow), et sur les conseils de nos hôtes nous décidons d’en faire une petite partie. Un petit coup de voiture que nous laissons à la gare de Tyndrum, pour prendre le train sur une ligne ferroviaire présentée comme l’une des plus belles au monde jusqu’à l’arrêt suivant, Bridge of Orchy. C’est avec des chaussures rafistolées à l’aide de gros scotch acheté à Oban (heureusement que le ridicule ne tue pas) que nous entamons notre ballade de 4 heures sous des nuages menaçants.  Les paysages maintenant bien connus de collines envahies de moutons, de torrent rocailleux et forets de conifère sont à la hauteur, même si nous avons le sentiment qu’on en profiterai encore mieux en marchant dans l’autre sens (impression confirmé par un nombre important de randonneurs croisés alors que nous n’en doublâmes aucun). La pluie arrive plus tôt que prévu, et cette fois c’est pas de la rigolade : nous sommes complètement trempés et le soleil a totalement disparu. Après une pause amusante pour observer un berger rassembler puis séparer en deux blocs égaux son troupeau à l’aide de deux chiens extrêmement bien dressés et efficaces, nous reprenons une route qui s’avère désormais assez maussade, le chemin longeant la route et la pluie s’intensifiant. Mes chaussures tombent en ruine au moment où nous atteignons la voiture. Pas d’amélioration dans l’après-midi, nous restons dans notre gite bien douillet à bouquiner avec du thé chaud.

 

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Il y a deux tables à Crianlarich : la veille nous avions opté pour un pub old school bien sympathique où j’avais tenté le Haggis, plat traditionnel à la recette beaucoup plus bizarre à énoncer qu’à déguster (foie, cœur et poumons de mouton haché avec de l’oignon, mais qui au gout ressemble à du hachis Parmentier au soupçon d’andouillette). Pour ce dernier soir ce sera le restaurant de l’hôtel, genre chic des années 60, avec poissons et têtes de cerfs empaillés au mur. Après un bon plat de bœuf écossais, nous avons la surprise de voir s’installer un duo de musique traditionnelle (guitare, violon, et chant à deux voix) pour une veillée à l’ancienne qui va beaucoup nous émouvoir. Dès les premières notes tous les anciens de l’hôtel sont venus occuper les banquettes entourant la salle du restaurant où nous finissons notre dessert, alors que le couple assez âgé entame des chants aux refrains semble-t-il bien connus des habitués.  Entre deux titres folks magnifiquement interprétés, le chanteur balance quelques blagues dans un accent écossais à couper au couteau ne me laissant saisir qu’un vague sens général là où l’assemblée rit de bon cœur. Il est déjà tard et nous devons partir avec regrets. Le lendemain c’est le retour vers Edinbourg, l’aéroport, puis Lyon ; Mais cette dernière soirée aura, comme l’ensemble de cette merveilleuse semaine écossaise, répondu à toutes nos attentes.

 

 

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05 octobre 2018

ECOSSE - 19 / 26 Septembre 2018 - Part 1

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Est-il courant lors d’un voyage de trouver exactement ce qu’on avait imaginé, de manière assez floue ou fantasmée ? A la question « pourquoi l’Ecosse ? » - question un peu énervante mais finalement intéressante aussi – qu’on ne manquait pas de me poser lorsque j’évoquais la destination que j’avais choisie pour dépenser la cagnotte que famille et amis m’avaient offert comme cadeau d’anniversaire pour mes 40 ans (qu’ils en soient encore une fois remerciés), j’avais fini par trouver une réponse : Tintin. Si un jour je me décide à initier une rubrique BD sur ce blog, elle commencera forcément par un article sur Tintin et vous y apprendrez que l’Ile Noire fut, lorsque j’étais gamin, mon album favori du petit reporter. Je ne sais si le génie d’Hergé était tel qu’en quelques images il me donna une envie de découvrir un pays si forte qu’elle perdura jusqu’à se concrétiser 30 ans plus tard, mais c’est bien probable puisque j’ai retrouvé exactement ces images lors de mon Road Trip Ecossais.

 

Mercredi 19 Septembre - Lyon / Edimbourg / Perth

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Le Loch Leven 

Mais n’allons pas trop vite. Pour l’heure, après un atterrissage mouvementé à l’aéroport d’Edimbourg (en pleine tempête Ali, dont nous constaterons les dégâts sur les arbres de la région), il s’agit de se familiariser avec la conduite à gauche sur notre voiture de location. Nous boudons la belle cité écossaise, non par envie mais par manque de temps : j’ai privilégié les paysages, et nous pourrons revenir facilement à Edimbourg le temps d’un gros week end. Des vacances après les vacances, sans enfants (les grands parents nous remplacent chez nous) : 7 jours c’est très peu pour l’Ecosse, mais déjà un vrai luxe. Direction Perth, où se trouve notre premier Bed & Breakfast réservé par l’agence de voyage. En chemin nous nous arrêtons un moment à Kinross, donnant sur le Loch Leven. Un premier contact avec les paysages qui nous deviendrons familiers : un lac entouré de monts, une ile avec un château en ruine dessus, vus depuis un cimetière de pelouse bien propre d’où jaillissent des stèles ou des croix celtes. Premier contact aussi avec cette luminosité si belle et spéciale, lorsque le soleil perce les nuages gris, puis avec la météo changeante car nous essuyons un grain monstrueux qui nous trempe en quelques minutes. Arrivés à Perth, petite ville exposant quelques monuments et grandes maisons en bord de fleuves, nous nous frottons à l’accent Ecossais dans le restaurant le plus chic que nous ferons du séjour. Le lendemain, c’est Scottish Breakfast pour la première et dernière fois : Œufs-Bacon-Saucisse-Champignons-Tomates-Flageolets, il fallait le faire mais mon estomac ne supporte guère à 8h30 du matin.

 

Jeudi 20 Septembre - Perth / Inverness

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La Cathédrale de Dunkeld et son jardin

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Vue depuis la route entre Dunkeld et Blair Atholl

Une jolie route vers le Nord nous attend jusqu’à Inverness, et j’ai prévu pas mal d’arrêts, mais nous avons largement le temps de faire un détour par le Scone Palace, Grand Château aux jardins magnifiques faisant la renommée de Perth. J’avais prévu une promenade dans les jardins et un simple tour de l’extérieur du Château, mais nous nous heurtons à un écueil qui sera récurrent pour les Châteaux habités ou rénovés : une fois la grille et la maison du gardien passé, et après un bon trajet en voiture au travers un immense parc, nous tombons sur un parking obligatoire. Pour accéder au jardin et donc apercevoir le château, il faut bourse délier (et ce n’est pas donné, environ 10 livres l’entrée en moyenne). Nous rebroussons chemin sans avoir vu le moindre bout de tourelle, et attaquons la route. Premier arrêt à Dunkeld, bourgade entourée d’immenses forêts de conifères, dont la cathédrale est à juste titre louée par notre guide Lonely Planet. Située sur un très agréable terrain en bord de Tay planté de magnifiques arbres, la Cathédrale est curieusement composée d’une partie détruite (en cours de restauration) et d’une autre rénovée qui sert encore aujourd’hui pour les offices.  Outre une belle charpente et un anecdotique musée du lieu, on y trouve la tombe du Loup de Badenoch, noble excommunié pour avoir répudié sa femme au profit de sa maitresse et qui pour se venger incendia quelques villages et monastères (du coup on se demande bien ce qu’il fout gisant derrière l’autel d’une des églises d’Ecosse les plus renommées mais bon…). Après une petite promenade ensoleillée le long du fleuve et dans la charmante bourgade, nous reprenons la route vers notre seconde étape de la journée. C’est sur cette portion de route, entre Dunkeld et Blair Atholl  (aux environs de Pitlochry), que nous verrons le plus beau paysage du séjour selon moi. Depuis la route, faisant face à des montagnes à la rase végétation mêlant différents tons de verts et d’ocre, nous dominons une vallée constellée de centaines de moutons laissant passer fleuve et chemin de fer et s’ouvrant brusquement sur un Loch aux faux airs de mer intérieure, le tout sous un ciel changeant qui nous offre inévitablement un arc en ciel somptueux.

 

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Ruthven Barracks

Les jardins du Blair Castle sont payants, nous nous contentons donc d’un aller-retour dans l’allée boisée jusqu’à la barrière (ce que nous apercevons du coin de l’œil du Château, une sorte de Disneyade blanche, ne nous convainc pas d’allonger la monnaie), puis d’un agréable pique-nique dans le seul coin sympa du village : le cimetière entourant l’Eglise (il y a des bancs partout en Ecosse). Prochaine étape, à l’entrée du Parc National des Cairngorms : Kingussie et ses Ruthven Barracks, auxquels on accède par une route détournée. L’endroit est fascinant : sur une butte entourée d’eau (quasiment une ile, vu les inondations qui semblent sévir dans la région), d’imposants murs de pierre envahis de corbeaux nous accueillent dans un silence simplement brisé par les croassements et le souffle du vent (seuls au début, nous serons quand même rejoints par quelques familles de touristes par la suite). Deux hauts bâtiments identiques (anciens logements de garnisons) séparés par une cour se font face, le fond de la presqu’ile étant occupée par les anciennes écuries. Un lieu que nous aurions adoré visiter de nuit, pour le frisson, puisqu’il est ouvert en permanence et apparemment joliment éclairé. 

 

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Carrbridge

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Le Chateau d'Inverness

C’est au cœur des Cairgorns que nous nous arrêtons une nouvelle fois, aux environs d’Aviemore, haut lieu touristique de la randonnée pédestre. Nos ambitions sont bien modestes, le simple tour du Loch Morlich dominé par une chaine de montagnes dont certaines sont enneigées, et encore devons-nous les revoir à la baisse quand nous apprenons qu’il nous en coutera non pas une mais deux heures de marche. Tant pis, de toutes manières le temps est au brouillard crachouillant et, mis à part quelques beaux spécimens de champignons, l’endroit ne nous laissera pas un souvenir impérissable. Excepté une rapide pause photo pour le très joli et ancien pont de pierre enjambant le Dulnain à Carrbridge, nous filerons dès lors tout droit vers notre douillet B&B d’Inverness et sa propriétaire si attentionnée. Après avoir patienté en rigolant dans une boutique touristique où je m’aperçois à ma grande déception qu’un Kilt coute très cher, nous dinons à the Kitchen, restaurant aussi beau que bon surplombant le Ness, fleuve autour duquel s’étale la ville d’Inverness.

 

Vendredi 21 Septembre - Inverness

 

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Inverness et le Ness

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Promenade au bord du Ness

 

Le lendemain, nous avons prévu une visite de la ville, et nous arpentons les deux rives du Ness fréquemment reliées par des ponts de diverses époques et bordées de clochers en tout genre. Il y a énormément de religions différentes représentées, et toutes ont leur lieu de culte officiel. Rien n’est vraiment exceptionnel, d’autant que le temps pluvieux rend le tout un peu tristoune. Nous nous rabattons sur des boutiques (où Mélaine achète gants et écharpe), notamment un vieux marché couvert qui abrite surtout… des coiffeurs. Nous montons ensuite au château, qui ne se visite pas car il sert de tribunal, mais qui offre une jolie vue sur la ville. Alors que le soleil revient, nous longeons le Ness vers le Sud, nous éloignant de la ville en direction de deux ilots sur le fleuve, par lesquels on peut rejoindre l’autre rive grâce à des petits ponts piétons. La promenade est très jolie et calme, on se verrait bien revenir le soir lorsque seront éclairés lampadaires et guirlandes lumineuses disposés sur le chemin sous les arbres.

 

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Cawdor Castle et ses Jardins

 

Pour le moment, nous avons décidé d’explorer les environs d’Inverness. Parmi la multitude de choix, c’est la Baie de Moray, s’élargissant progressivement depuis Inverness jusqu’à la mer du nord, qui nous tente. Sur le chemin, nous nous arrêtons au Cawdor Castle et, comme le château semble joli, qu’il fait beau et que nous avons le temps, nous nous payons l’accès aux jardins. Bonne idée, ceux-ci sont magnifiques, entre labyrinthe de buis, nombreux passereaux attirés par les mangeoires, parterres fleuris et arbres multicolores. Des sculptures modernes et fontaines se fondent dans le décor, et une ballade dans les bois derrière le château est même possible pour ceux qui voudraient partir à l’aventure.

 

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Fort Georges

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Moray Firth

Direction le Fort Georges en fin d’après-midi, lieu stratégique qui ferme la Baie de Moray avec le Chanonry point qui lui fait face. Nous n’avons pas prévu de visiter ce Fort type Vauban qui est d’ailleurs encore utilisé en partie par l’armée, mais comptons observer la Baie aux jumelles pour apercevoir quelques dauphins ou autres animaux marins - des sorties touristiques sont organisées au départ d’Inverness mais cette solution nous semble stressante pour les animaux et pas géniale au niveau écologique. Revers de la médaille, nous ne verrons pas plus de dauphins que de Nessie, mais profiterons d’un splendide paysage marin sous une lumière assez extraordinaire.  Retour à Inverness où, en attendant le restaurant qui me servira un traditionnel Fish & Chips ait une place de libre, nous patienterons dans le pub d’en face où Stevie Rebel reprend des chansons folkloriques ou de pop moderne avec un accordéon boosté par de multiples effets et boucles enregistrées.

 

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01 octobre 2018

# 076 / 221

 

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Pour rentrer chez moi depuis le Metro Castellane, je passais tous les jours devant la boutique de musique de la rue de Rome, et tous les jours je jetais un regard à la guitare que je convoitais. Elle était aussi simple que belle, avec un corps en bois clair que j’adorais, et surtout, elle avait un prix très raisonnable. Quand j’étais en Terminale, j’ai enfin eu la somme nécessaire : 1500 francs, si je me souviens bien. J’ai demandé au vendeur si la Gibson du même prix n’était pas mieux, il m’a dit que c’était de la merde qui n’avait comme qualité que sa marque facilement revendable, et m’a vivement conseillé la Yamaha Pacifica 112 qu’il avait mis en vitrine (la moins chère avec des vraies mécaniques à bain d’huile, et dotée d’un double micro). Il avait raison, je pense qu’en rapport qualité prix il ne doit pas y avoir grand-chose de mieux, et j’ai joué dessus pendant de longues années avant qu’elle ne tombe en ruine. Je suis resté fidèle à Yamaha, une marque qui ne se la pète pas et qui est donc, à qualités égales, souvent moins chère que ses concurrentes. Pour d’obscures raisons, j’ai fait croire à mes parents que Julien (mon pote guitariste des Toads) me l’avait vendue d’occasion.  Une éducation sévère pousse souvent à ce genre d’auto censure ou de dissimulation non justifiée. Julien s’étonnait que mes parents ne s’enthousiasment pas à l’idée que j’aie une passion, et moi je m’étonnais de son étonnement. Mais peut être que j’avais tort…

 

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Après avoir découvert Bowie avec Ziggy Stardust, je poursuivais l’exploration de sa discographie par un autre concept album, beaucoup plus récent celui-ci : 1. Outside. Initialement, la première face de cette cassette devait donc contenir l’enregistrement de ce disque, mais je flashais tellement dessus (c’est resté mon préféré de Bowie) que je l’achetais en CD dès que mes économies me le permirent. Du coup lorsque je décidais d’enregistrer mes premières compos, je le fis par-dessus Bowie pour économiser de la bande, véritable crime de lèse-majesté, surtout quand on entend la teneur desdits enregistrements. 

Il s’agit de versions instrumentales (une seule piste de guitare électrique, prise en live) de chansons qui pour la plupart avaient pourtant un texte à la base (probablement trouvable quelque part dans de vieux cahiers conservés dans mon meuble d’adolescent) : d’ailleurs en les réécoutant je pouvais presque chanter par-dessus, comme au karaoké. On peut juste entendre un chant lointain et forcé sur le petit morceau « Exocet », l’un des rares extraits à peu près sauvable de la liste. D’abord il est court, et ensuite assez répétitif, sans prétention, ce qui est le moins qu’on puisse demander à un guitariste aussi médiocre. Je n’étonnerais personne en disant que l’écoute de compos de plus de 5 minutes à la seule guitare ne fut guère passionnante, d’autant que celles-ci mettaient en avant de sérieux problèmes rythmiques. Les reprises de « Bones » (Radiohead) et « Thru the Eyes of Ruby » (Smashing Pumpkins) sont à ce titre particulièrement abominables.

Les compositions sont assez marquées par Eels, avec des arpèges simples dans les aigus (avec un capot placé assez haut sur le manche) pour les couplets, et des accords simples eux aussi pour les refrains. D’ailleurs croyez-le ou non, mais « the Grey Sun always Shines » (1) a exactement les mêmes arpèges que « Elizabeth on the Bathroom Floor », premier titre d’un Electro-Shock Blues que je n’entendrais que quelques temps après (l’enregistrement date de 1999, mais pas la compo). J’avais halluciné quand j’avais écouté le chef d’œuvre de Eels, bien après sa sortie (les sous, toujours les sous…).  

Bon, j’avoue que j’ai été fortement déçu à la réécoute de ma première œuvre, même si cela permet de mesurer les progrès réalisés depuis. Je pensais garder la cassette en souvenir, mais je vais plutôt faire disparaitre les preuves ! Je ne regretterais peut être que « Vanille-Fraise », un intitulé débile qui planquait en fait un double sens au sujet d’une jeune fille qui était tombée amoureuse de moi. Elle était incroyablement jolie, mais avait 16 ans et moi 21, donc j’avais préféré décliner ses avances. Hé oui, j’étais un jeune homme avec des principes ! (quel con ! pas étonnant que je sois resté puceau si longtemps….) Bref, la cassette se termine sur une reprise de la magnifique ballade « Stumbleine », un peu moins ratée que les autres. Après des arpèges appliqués et laborieux, je m’étais fendu d’une accélération saturée dont j’étais si fier que j’avais intégré cet enregistrement à un Best of des Smashing Pumpkins confectionné pour mon frangin. Le pauvre ! 

(1)    Je n’ai pas trouvé de photos de ma toute première guitare, une classique usée sur la tête de laquelle j’avais collé une boucle d’oreille de Kitty Kat que j’adorais, et qui représentais un soleil gris souriant. 

 

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Un large extrait du Live at Leeds des Who, dans sa version étendue mais simple CD, puisque le double album avec supplément Tommy n’était pas encore sorti à l’époque. J’ai déjà expliqué ICI que cette réédition de 1995 était la meilleure, notamment parce qu’elle permettait de profiter du terrible « Amazing Journey / Sparks » sans se farcir tout l’opera rock. Je me rends compte aussi, pour avoir récemment réécouté la réédition 2001 pour mon article sur le Live at Fillmore, que les dialogues d’introduction aux chansons y ont été virés. C’est malheureux, notamment en ce qui concerne la description très drôle faite par Pete Townshend du mini opera « A Quick one while he’s away », où il détaille le rôle de chaque membre du groupe devant un public hilare (dialogue que je n’avais pas manqué de retenir sur ma cassette). Et un argument de plus en faveur du Live at Leeds version 95 !

 

 

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Patti Smith, je l’avais découverte avec Horses grâce au vendeur de ma boutique favorite, à Marseille (pour l’anecdote sur la pochette de cet album, c’est ici). J’avais bien aimé Horses, aussi m’étais je intéressé au reste de la discographie de Patti Smith, qu’on retrouvera peu dans ces cassettes : ses vinyles coutaient si peu cher à l’époque que je les avais acquis sans réfléchir. A l’exception de Dream of Life, album contenant l’un de ses plus grand tubes, « People have the Power », que j’avais du fortement apprécier puisqu’il est enregistré quasiment intégralement (le gros du disque est sur la cassette suivante). Les deux titres retenus ici, dont le fameux tube, sont des power pop assez banales au son un peu vieillot (enregistré en 1988, pas la meilleure période pour la production…) Rien de scandaleux, mais pas de comparaison possible avec le punk lettré des débuts. On verra si la suite m’emballe plus….

 

 

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24 septembre 2018

40 ANS / 40 DISQUES

Il y avait un moment que je ne m'étais pas amusé à ce petit jeu de lister un album favori par an depuis ma naissance. Les 40 ans sont une bonne occasion de mettre à jour la liste que j'avais établi il y a quelques années.Pas énormément de changements évidemment, mais j'ai quand même bien mis à jour les années 80, et j'ai un peu bidouillé pour faire apparaitre quelques artistes chers à mon coeur.

 

1977 

1977 - the DAMNED - Damned Damned Damned

 

1978 

1978 - Johnny THUNDERS - So Alone

 

1979 

1979 - JOY DIVISION - Unknown Pleasures

 

1980 

1980 - the DAMNED - the Black Album

 

1981 

1981 - CAN - Cannibalism

 

1982 

1982 - Bruce SPRINGSTEEN - Nebraska

 

1983 

1983 - METALLICA - Kill'Em All

 

1984 

1984 - DEAD CAN DANCE - Dead Can Dance

 

1985 

1985 - Nick CAVE & the BAD SEEDS - the First Born is Dead

 

1986 

1986 - METALLICA - Master of Puppets

 

1987 

1987 - GUNS N'ROSES - Appetite for Destruction

 

1988 

1988 - Leonard COHEN - I'm your Man

 

1989 

1989 - PIXIES - Doolittle

 

1990 

1990 - L7 - Smell the Magic

 

1991 

1991 - RAMONES - Loco Live

 

1992 

1992 - MANO NEGRA - in the Hell of Patchinko

 

1993 

1993 - SMASHING PUMPKINS - Siamese Dream

 

1994 

1994 - Kristin HERSH - Hips and Makers

 

1995 

1995 - the SMASHING PUMPKINS - Mellon collie and the Infinite Sadness

 

1996 

1996 - CAT POWER - What would the Community Think

 

1997 

1997 - YO LA TENGO - I can hear the Heart beating as One

 

1998 

1998 - EELS - Electro-shock Blues

 

1999 

1999 - AIR - the Virgin Suicides

 

2000 

2000 - RADIOHEAD - Kid A

 

2001 

2001 - MERCURY REV - All is Dream

 

2002 

2002 - Gemma HAYES - Night on my Side

 

2003 

2003 - MOGWAI - Happy Songs for Happy People

 

2004 

2004 - ARCADE FIRE - Funeral

 

2005 

2005 - Vale POHER - Mute

 

2006 

2006 - Alela DIANE - the Pirate's Gospel

 

2007 

2007 - Malcolm MIDDLETON - A Brighter Beat

 

2008 

2008 - Laetitia SHERIFF - Games Over

 

2009 

2009 - JERRI - Jerri

 

2010 

2010 - Yann TIERSEN - Dust Lane

 

2011 

2011 - PJ HARVEY - Let England Shake

 

2012 

2012 - SWANS - the Seer

 

2013 

2013 - Nick CAVE & the BAD SEEDS - Push the Sky Away

 

2014 

2014 - SHELLAC - Dude Incredible

 

2015 

2015 - CALEXICO - Edge of the Sun

 

2016 

2016 - RADIOHEAD - A Moon Shaped Pool

 

2017 

2017 - IDLES - Brutalism

 

Et là je me rend compte qu'il y a 41 disques. Ca doit vouloir dire que j'ai 41 ans ....

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17 septembre 2018

# 075 / 221

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Cette cassette débute par l’enregistrement d’une composition personnelle. Il est très étrange d’écouter une de ses propres chansons dont on n’a plus le moindre souvenir ! C’est un instrumental à la guitare acoustique, dont les arpèges mélancoliques fonctionnent assez bien jusqu’à une accélération en accords maladroite. En tout cas ça vaut largement le dernier album de Papa M ….

 

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Immédiatement après Homogenic, j’empruntais le premier album de Bjork, logiquement intitulé Debut. Un titre trompeur tout de même, puisque malgré son jeune âge Bjork a déjà une longue carrière musicale derrière elle en 1993, au sein de groupes de styles très variés dont certains connurent un beau succès international. Ceci explique donc la solidité des compositions et l’assurance de la chanteuse, autant qu’un éclectisme assez incroyable qui, s’il me déroute un peu aujourd’hui, était certainement une des raisons qui m’avaient fait enregistrer l’album dans son intégralité à l’époque. Electro teinté de jazz, pur electro club (un « Violently Happy » irrésistible), pop arrangée, bluette romantique à la harpe, trip hop orchestral, la plupart des morceaux nous plongent dans des ambiances variées avec une réussite éclatante. En favori, le fameux « There’s more to life than this »  dont je louais l’inventivité (où comment être projeté dans une soirée étudiante en 10 secondes), « the Anchor Song », sorte de pré « Hyper-Ballad » dépouillée devenue un classique malgré elle, et surtout « Human Behaviour », condensé groovy des talents de la belle. « Venus as a Boy », avec ses arrangements de violon sur rythmique electro, ou « Aeroplane », doté de quelques reflets plus sombres, préfigurent quant à eux la suite de la carrière de l’Islandaise la plus célèbre du monde. Lancée par un tel Debut, il ne faisait guère de doute qu’elle serait riche et fort suivie…

 

 

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Témoignage bruyant et jouissif d’un concert de l’âge d’or des Breeders, groupe injustement boudé par l’auteur de ces lignes pour des raisons que j’exposerai prochainement… 

 

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Outre Apocalypse Now, dont j’avais évoqué la BO en épisode 043, l’ami Lionel, en passionné d’histoire moderne et de thématique militaire, avait bien sur parmi ses références filmographiques favorites le Full Metal Jacket de Stanley Kubrick. Film marquant si l’en est,  son unique visionnage remonte néanmoins à de si nombreuses années que je n’ai pas réussi à associer dans ma mémoire le moindre des titres retenus sur cette cassette à la scène correspondante. Reste le découpage spécial en trois parties, qu’on retrouve sur la BO. La première partie, correspondant à l’entrainement des jeunes recrues sous les ordres du terrible instructeur Hartman, n’est ici représentée que par le long titre d’ouverture « Full Metal Jacket », sorte de marche assez caractéristique avec ses beuglements absurdes du chef répétés par les bidasses à l’unisson. La deuxième partie,  la vie des soldats dans leur camp au Viet Nam, avec cette camaraderie virile qui faisait tant fantasmer mon pote, est illustrée par des tubes de rock n roll plutôt entrainants et joyeux (avec souvent des sous-entendu sexuels à peine masqués), que les GI écoutaient certainement sur leur poste radio en attendant l’offensive. On y entend Nancy Sinatra clamer de sa voix dédaigneuse « These Boots are made for Walking » à l’adresse de n’importe quel mec qui voudrait l’emmerder, et les Trashmen balancer leur tube garage « Surfin’ Bird », quasi punk avant l’heure (les Ramones n’y auront pas apporté grand-chose, 13 ans plus tard, sur leur Rocket to Russia). Enfin la troisième partie, correspondant à la très longue traque du sniper dans les ruines d’une ville Vietnamienne, et qui occupait toute la deuxième face du vinyle, est une vraie musique originale composée par une certaine Abigail Mead, en fait le pseudonyme de Vivian Kubrick, la fille de. Piston ou pas, l’ambiance incroyablement tendue de ces scènes est parfaitement palpable au travers de ces quelques morceaux lents et minimalistes. Percussions, gouttes sonores et cordes soutenues en sourdine laissent entrevoir la menace, et l’issue dramatique…

 

 

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Témoignage flamboyant et jouissif d’un concert des Who dont je n’ai que trop parlé en ce blog (et encore la semaine dernière), mais que j’avais bizarrement éclaté sur trois cassettes différentes…

 

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10 septembre 2018

Old Pals: the WHO, the DAMNED

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the WHO - Live at the Fillmore East 1968

 

La sortie du Live at Fillmore East 1968 était, selon les quelques articles que j’ai parcouru, soit disant assez attendue. Sans doute pas par les fans hardcore, qui possédaient le Bootleg depuis belle lurette, encore moins par les simples amateurs pour lesquels le Live at Leeds est amplement suffisant. La question était de savoir si ce disque avait le moindre intérêt pour les fans se situant entre les deux, dont je suis. Le journaliste de Rock N Folk, qui décrivait de belle manière la captation d’un moment clé de l’histoire des Who, me convainquis d’investir. 

Sans surprise, le Live at Leeds (aka le meilleur live de l’histoire du rock) est largement supérieur à ce Fillmore East, ne serait-ce qu’en comparant leur large répertoire commun (1). On évoquera trois raisons principales à cela : un son meilleur (2), un groupe plus rodé (deux ans de concerts incessants séparent les deux enregistrements). Quant à la 3eme raison, elle est hypothétique : le Live at Leeds aurait été tout ou partie enregistré en studio, comme cela se faisait beaucoup à l’époque (3). Bref, bien qu’inférieur, le Fillmore n’est pas pour autant dénué d’intérêt. Si le jam improvisé à la suite de « My Generation » du Leeds consistait en fait en une succession décousue de plusieurs petites pièces plus ou moins improvisées (dont des parties d’ « Underture » ou  l’embryon de ce qui deviendra plus tard le morceau « Naked Eye »), celle du Fillmore est un développement d’un bloc assez homogène de plus d’une demi-heure. John Entwistle porte tout l’ensemble avec son jeu de basse phénoménal, le groupe naviguant à vue pour une véritable improvisation ne pouvant se finir qu’en queue de poisson et dans les débris de divers instruments. Certes, RNF  n’a pas tort lorsqu’il dénonce la longueur indécente d’un morceau qui s’éternise d’autant plus inutilement que les Who avaient déjà jammé précédemment de manière plus inspiré et succincte sur « Relax », l’une des pistes justifiant l’achat de cet album. Mais là où il voit les prémices de la mort des Who qu’il aime (on y perçoit quelques mesures de ce qui deviendra le concept album Tommy honni par les fans de la première heure), j’y entends plutôt une renaissance.

Rappelons en effet qu’après les merveilleux single extraits du Who Sell Out, Pete Townshend commençait à être sacrément en panne d’inspiration pour ce qui avait fait jusqu’alors le succès de son groupe : les courts tubes de pop rock n’roll à l’imaginaire savoureux. Témoin ce « Little Billy » médiocre, titre éphémère de setlist, qui ne sortira même pas officiellement comme prévu (quant au single post Who Sell Out, « Dogs », c’est l’une des chansons les plus moches des Who). 

Ainsi la transformation des Who était-elle un mal pour un bien, et si les reprises d’Eddie Cochran « My Way » et « C’mon Everybody » sont sympathiques (d’autant qu’en ce qui me concerne je ne les avais jamais entendu), je leur préfère largement celle de « Shakin’ All Over ». Dans cette version étendue (la seule supérieure à celle du Leeds), j’ai cru tomber à la renverse en entendant vers la fin le riff du titre « Vernal Equinox » de Can. Fus-ce un hasard, il était assez incroyable de voir ainsi lié les Who aux champions  du long développement et de l’improvisation live (qui sortiraient leur premier album un an après ce Concert au Fillmore). Qu’importe donc les grincheux et les snobs version c’était mieux avant, les Who en tuant leur premier tube à coup de tâtonnements saturés, de basse bondissante et de batterie épileptique étaient en route vers d’autres aventures tout aussi historiques. 

 

(1)    Ne parlons pas des titres ne figurant que sur le premier cité, les indispensables « Heaven and Hell », « Young Man Blues » et « Magic Bus ». 

(2)    A noter que « Substitute », qu’on s’étonne de ne pas trouver au menu du Fillmore, introduisait en fait initialement le concert mais n’a pas pu être retenu pour cause de son trop médiocre (mais ne chipotons pas, le reste est de bon niveau). 

(3)    Je préfère ne pas trop creuser sur le web cette théorie. Déjà que Marky Ramone prétend dans son auto biographie que, à l’exception de la batterie, toutes les prises de mon cher Loco Live ont été réenregistrées en studio… 

 

 

 

 

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the DAMNED - Evil Spirits

 

J’ai toujours adoré les Damned, véritable Objet Musical Non Identifié comptant à la base un compositeur doué, un batteur exceptionnel (parti ensuite à la recherche du Graal), un chanteur déguisé en vampire et un bassiste  rigolo s’étant rapidement révélé très bon guitariste (et ayant accessoirement fait un tube disco en solo). Pionniers du punk malgré cette improbable association, puis précurseurs du gothique, les Damned ont fait tout et surtout n’importe quoi, flirtant autant avec le génie que le ridicule, naviguant sans état d’âme entre un mauvais gout assumé et une inventivité admirable. Préférant surfer sur le culte de leur discographie passée en flattant le fan lors de tournées best of très suivies que se prendre la tête à composer des nouveautés, les Londoniens ont été fort peu productifs ces 20 dernières années, avec uniquement deux albums à leur actif. On les comprend tant, sauf erreur de ma part, personne n’a parlé de Grave Disorder (2001) ni de So, Who’s Paranoid (2008), pourtant excellents dans leur(s) genre(s). Le dernier en date notamment, fourmillant d’idées et enchainant des titres jouissifs dans un mélange de styles qui, chez tout autre que les Damned, sombrerait dans l’inaudible. 

Imaginez donc ma joie de les voir enfin à l’honneur sur le web et dans les kiosques pour la sortie d’Evil Spirits, joie qui n’eut d’égale que ma déception à la première écoute de celui-ci. A ma grande surprise, les Damned venaient en effet de sortir un album…. sans surprise. Du rock n’roll classique, énergique à défaut d’être toujours efficace, très maitrisé mais finalement assez fade. Les écoutes suivantes m’ont donné l’impression d’un bon album très homogène, avec entre autres une paire rythmique remarquable (le groove de « Sonar Deceit »), mais au Captain Sensible un peu éteint (joli riff sur « Daily Liar » cependant) et à l’originalité déficiente. Tout ceci est décidément bien trop sage, rien ne dépasse et on en vient à se réjouir des interventions d’une trompette classieuse pour épicer un peu quelques morceaux. Un comble pour les rois du solo en roue libre et du mélange disco-punk-prog-psyche-gothique. Rendez-moi mes Damned ! 

 

 

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02 septembre 2018

# 074 / 221

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J’ai découvert Belle & Sebastian tout simplement parce que leurs disques recevaient d’excellentes critiques un peu partout, et que j’étais sans doute tombé sur l’une d’entre elles qui m’avait décidé à emprunter leur dernière sortie, à savoir à l’époque de cette cassette the Boy with the Arab Strap. Un disque que j’enregistrais en intégralité, et qui entrait immédiatement dans mon panthéon personnel. Si j’avais rencontré les écossais sur If You’re Feeling Sinister (comme beaucoup), les choses auraient peut-être été différentes. Mais the Boy with the Arab Strap a ceci d’exceptionnel qu’il réussit à être complètement détendu sans jamais être mou. A l’exception d’un ou deux titres, les tempos sont relativement relevés, ce qui en faisait pour moi la porte d’entrée idéale à l’univers gentillet d’un groupe pas forcément raccord avec ce que j’écoutais alors. Ce disque, c’est avant tout un chant incroyable, d’une douceur absolue, et qui touche au sublime lorsque viennent s’entremêler deux voix mixtes. Des arrangements d’une subtilité telle que même la cornemuse se fait discrète.  Et puis une belle variété de styles, entre pop légère, pur old rock n roll, ballades, et quelques touches jazzy par ci par là. Aucun titre n’est de trop, l’album contenant même une ribambelle de tubes irrésistibles, comme « Sleep the Clock Around », « Dirty Dream Number Two » ou « the Boy with the Arab Strap », autant d’extraits dont Belle & Sebastian ne peut toujours pas se passer 20 ans plus tard en concert. Hé oui, encore un chef d’œuvre qui fête sa vingtaine cette année, et on peut dire que malgré les écoutes répétées et cet âge avancé, il n’a pas pris une ride et j’ai encore eu beaucoup de plaisir à l’écouter. The Boy with the Arab Strap, parfaite bande son d’une rêverie estivale, ode à l’insouciance étudiante, n’a qu’un seul défaut : il rendit d’emblée caduque la suite des aventures de la bande de Stuart Murdoch, une sympathique discographie dans laquelle je picorerais encore d’excellents titres, mais sans jamais retrouver d’album arrivant à la cheville de celui-ci.

 

 

 

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Bon alors, la suite de ma sélection du Neon Ballroom de Silverchair, dans quel sens va-t-elle faire pencher la balance ? Evidemment c’est dur de succéder à l’un de mes disques favoris, avec juste trois titres, mais quand on pense que je n’ai retenu que ceux que j’aimais, je crois que la messe est dite. « Point of View » est un banal rock appuyé nappé de violonades artificielles et « Paint Pastel Princess » s’approche dangereusement du metal symphonique. Du coup le grunge sauvage « Spawn Again » parait pas mal, même s’il emprunte beaucoup à « Milk It » tout en étant largement inférieur (c’est mon titre préféré  de Nirvana). Un coté brut et direct bienvenu qui clôture donc la réécoute plutôt décevante de Neon Ballroom. Rendez-vous dans une centaine de cassettes pour une petite tranche de Diorama (du diable si je me souviens de la moindre note de cet album).

 

 

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Il était une fois un gars qui fut fasciné par une histoire bizarre qu’il avait entendu au détour d’un recueil de live joués en faveur du Tibet. Une histoire de fée qui se levait à l’aube pour jeter des objets du haut d’une falaise, juste pour les entendre s’écraser et s’imaginer à leur place. Une histoire à la fois sombre et joyeuse, electro et pop, dansante et mélodique. Alors le gars se mis en quête, à la poursuite de cette fée venue d’Islande, aussi mystérieuse que les histoires qu’elle racontait. Il acheta Post qu’il aima beaucoup, bien qu’il n’y retrouva rien d’aussi génial que l’ « Hyper-Ballad ». Il lui fallait chercher plus loin, aussi emprunta-t-il le disque suivant, celui de la consécration : Homogenic. Il crut presque atteindre son but avec « Hunter », qui présentait la même beauté sombre. Et puis il voyagea, au sein des frontières de la pop redéfinies par Bjork, intégrant l’electro, intégrant le classique. Du rêve sculpté, un peu comme au cinéma (« Bachelorette » dont le clip était d’ailleurs réalisé par Michel Gondry). Et surtout, surtout, une démonstration de chant sur tous les titres, avec en point d’orgue « Immature ». Du chant ? il lui fallait poursuivre sa quête… 

 

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27 août 2018

# 073 / 221

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J’ai dû vérifier plusieurs fois avant d’en être sur : le grand David Bowie, pour lequel j’avais organisé un jeu collaboratif au bon vieux temps de la splendeur des blogs, a dû attendre la 73eme cassette pour apparaitre en cette rubrique. En réalité, j’avais déjà acquis The Rise And Fall Of Ziggy Stardust And The Spiders From Mars, dans le cadre de ma recherche assidue (à l’époque) des concepts albums. Je ne pouvais sans doute pas attaquer l’œuvre de Bowie de meilleure manière, tant ce disque est à la fois l’un de ses meilleurs et l’un de ses plus accessibles. Le coup de foudre fut immédiat, à tel point que le premier Bowie que j’empruntais à la médiathèque fut son pendant Live, Ziggy Stardust – the Motion Capture, enregistré un an après en clôture de tournée mais sorti officiellement en 1983 (soit la même année que Let’s Dance, ce qui est assez ironique).  

J’avais retenu logiquement l’ensemble des morceaux extraits du Ziggy Stardust. L’introductif « Hang on to Yourself » met d’emblée les choses au clair : le tempo est accéléré comme pas possible, la basse de Trevor Bolder est incroyable, puis la guitare de Mick Ronson et sa note tenue enfonce le clou, Woody Woodmansey n’est pas en reste avec sa batterie bref, les Spiders from Mars sont exceptionnels (j’ai cessé de le noter au 3eme morceau parce que c’est vrai du début à la fin) et le concert va être rock n’roll en diable. Quitte à parfois se laisser un peu déborder par son enthousiasme, comme sur un « Moonage Daydream » un peu trop grandiloquent (le delay sur le chant n’est pas du meilleur gout). Ne boudons pas notre plaisir, après tout le concept, les tenues, le maquillage et la technique redoutable du groupe sont affichés, les amateurs de sobriété étaient prévenus d’avance.  Quant aux amateurs de rock 70’s, ils en auront pour leur argent et seront plongés dans l’une des plus grande pages de son histoire. 

Gros avantage de cet enregistrement, une bonne part de la setlist est réservée aux albums antérieurs et au successeur,  Aladdin Sane, sorti lui aussi en 1973. C’eut pu être pour moi une belle porte d’entrée à ceux-ci, mais je fis sacrément le timide. Ainsi avais-je boudé (de manière totalement incompréhensible aujourd’hui) des titres comme « Space Oddity », « Time » ou « Changes ». En revanche le medley fort bien foutu de « Wild Eyed Boy from Freecloud / All the Young Dudes / Oh ! you Pretty Things » avait retenu mon attention, probablement en partie grâce au piano remarquable de Mike Garson, arrivé en renfort depuis Aladdin Sane. Retenu aussi « White Light / White Heat », hommage qui a le mérite de faire le lien entre le Velvet Underground (dont je ne suis pas fan, comme mes fidèles lecteurs le savent) et bon nombre de groupes des 90’s que je vénère. Et ce « Width of a Circle » dément, enflé d’un jam tribal et noisy qui donne l’impression d’avoir 15 ans d’avance. La fin, c’est évidemment « Rock n’roll Suicide », symbole d’autant plus fort ici que c’est l’ultime titre interprété par Ziggy Stardust. En ce 3 juillet 1973 à Londres, Bowie annonce au public la mort de son personnage et la dissolution des Spiders from Mars. Beaucoup croirons alors que l’artiste arrête sa carrière. Il n’en est évidemment et heureusement rien, et nous verrons défiler progressivement dans cette rubrique quasiment l’ensemble de sa gigantesque et passionnante discographie.

 

  

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 Emballé par la redécouverte du Firstborn is Dead de Nick Cave & the Bad Seeds, j’avais hâte d’écouter son successeur, Your Funeral… My Trial que j’avais eu l’excellente idée d’emprunter immédiatement après et dont je n’avais absolument aucun souvenir. La transition entre le rock éclatant de Bowie et le ton grave du bien nommé « Your Funeral… My Trial » se fait difficilement. Le rythme haché, bizarroïde, ne me  convient pas trop, et je n’arrive pas à entrer dans l’ambiance. Ce sera vrai pour la plupart des titres suivants, dont la teinte macabre me semble artificielle. Ce qui est quand même paradoxal pour un fan du Alice Cooper Band, grand maitre de l’hémoglobine factice et du cimetière en carton-pâte, dont on retrouve ça et là quelques touches comme sur le très long « the Carny » au rythme bancal et au squelettique xylophone. Bref ces compositions me semblent partir dans tous les sens, en rejeton modeste du Trout Mask Replica, autre disque culte auquel je n’ai jamais rien compris.

Deux titres auront quand même mes faveurs : « Stranger than Kindness », lent et menaçant (et très beau), symbole assez fort de l’influence que le Cave a pu avoir sur Noir Désir (un titre comme « Ernestine », par exemple, lui doit sans doute beaucoup). D’ailleurs Noir Désir reprendra souvent en concert « Long Time Man », ce qui fait que le seul morceau de Your Funeral… My Trial dont je me souvenais assez bien est justement l’un des rares que je n’avais pas retenu sur cette cassette… Et puis il y a « Sad Waters », superbe ballade posée de manière incongrue sur ce disque, dans la mesure où elle n’a que peu à voir avec l’ambiance des autres morceaux (elle peut même être qualifié de mélodique, c’est dire !). Une quasi découverte dans l’œuvre de Nick Cave que je m’empresse de noter sur mes tablettes. Ce qui n’est pas le cas, vous l’aurez compris, de l’album, dont je me demande s’il est dans une continuité ou isolé dans cette œuvre. Il faudra en juger par l’écoute des disques suivants qui vont se faire désirer en cette rubrique, mais le fait que la setlist du Live Seeds n’en contienne aucun extrait est déjà un petit indice…

 

 

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Ah, autre disque attendu, le Neon Ballroom de Silverchair. Souvenez-vous il y a deux épisodes, nous avions fortement apprécié Freak Show, le disque précédent où Daniel Johns tentait de s’affranchir des références grunge sans y parvenir complètement, en usant notamment de dangereux artifices, tels les développements à tiroirs et les arrangements de cordes. Autant dire qu’on craignait que le leader prenne de l’assurance et n’accouche d’une choucrouterie intersidérale, et ce n’est pas « Emotion Sickness » qui va nous rassurer (comble de malheur, elle succède à la délicate « Sad Waters » décrite plus haut). Ce titre d’ouverture, c’est Muse (1) reprenant « Kashmir » de Led Zeppelin avec un featuring de Mike Garson au piano. Un mille-feuille d’une lourdeur improbable, que je me suis empressé d’adorer. « Anthem for the Year 2000 », le tube de l’époque, réussi l’exploit d’être aussi lourd mais rien qu’avec des guitares (j’ai bien aimé aussi). Quant à « Ana’s Song (open fire) », c’est une ballade qui ferait passer les Stereophonics pour des punks, un truc de midinette que j’avais tellement aimé que sa mélodie a traversé les lustres pour me revenir instantanément en mémoire. Bon le truc avec les sucreries, c’est qu’elles écœurent vite. D’où l’astuce : je n’avais retenu qu’une moitié du disque, et j’avais séparé le tout sur deux cassettes différentes. Il était d’ailleurs temps que ça s’arrête : après avoir savouré 3 titres, j’avoue que l’over sur-arrangé « Black Tangled Heart », autre ballade qui pourtant ne lésine pas sur les arpèges, a eu du mal à passer… 

(1)    Qui sortait la même année (1999) son premier album, Showbiz

 

 

 

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