Blinking Lights (and other revelations)

19 mai 2022

MOGWAI - Dimanche 15 Mai 2022 - Le Transbordeur - LYON

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30 Juillet 2021, Mogwai passe entre les gouttes covidiennes et est le seul groupe international à l’affiche des Nuits de Fourvière. Manque de bol, je ne rentre que le lendemain de vacances, les boules, du coup je n’hésite pas trop lorsque je vois apparaitre la session de rattrapage au Transbordeur moins d’un an après. J’en profite pour proposer à Malo de m’accompagner, en attendant que ses groupes fétiches - Metallica, Guns N Roses, Alice Cooper etc… – ne passant cette année qu’au Hellfest refassent une tournée plus accessible, et il est bien motivé. Il y a 11 ans, je voyais les Écossais avec Damien dans la grande salle pour la tournée Hardcore will Never Die, cette fois c’est au club transbo qu’ils jouent, lieu plus adapté au public relativement restreint (effet dimanche soir, date trop proche de la précédente, autres concerts intéressants au même moment ? je ne sais pas). L’avantage, c’est qu’on peut facilement atteindre le premier rang, ce qui permet à Malo d’avoir une vue insurpassable sur la scène. Nous y retrouvons Bastien, présent comme à son habitude dès l’ouverture de la salle. Le set de bdrmm, quatuor anglais assurant la première partie, est déjà largement entamé, aussi ne pourrais-je porter de jugement définitif sur leur musique, mais les quelques titres entendus confortent ma définition qui sied à 90% des groupes de shoegaze : des gens qui jouent très fort et avec beaucoup d’effets pour tenter de masquer que leurs compos sont toutes molles et insipides.

 

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Petite pause, j’ai le plaisir de croiser Christophe, venu cette fois non pas avec sa moitié mais avec un pote, qui me confirme qu’il a lui aussi couru les concerts dès la fin des restrictions, mais pas les mêmes que moi. Alors que les techniciens viennent scotcher les setlists sur la scène, donc quasiment sous mon nez, je résiste à la tentation de poser mon regard dessus mais aperçois quand même du coin de l’oeil le dernier morceau qui sera joué avant le rappel : « Like Herod », soit donc celui que j’avais le plus envie d’entendre. Une bonne nouvelle, d’autant que les surprises à forte charge émotionnelle vont pleuvoir ce soir, ce petit spoil n’était donc pas dramatique, mais n’anticipons pas. Pour l’heure, le groupe fait son entrée sur le premier titre du dernier album, le tranquille « To the Bin My Friend, Tonight We Vacate Earth ». De droite à gauche, quasiment alignés, nous avons Stuart Braithwaite, guitariste et meneur assez sérieux ce soir, puis le toujours aussi statique Dominic Aitchison tenant une basse au son incroyable, derrière un masque noir qui lui couvre quasiment tout le visage. Bien au centre, pile devant nous, l’exceptionnel Martin Bulloch à la batterie, puis Barry Burns qui restera majoritairement assis derrière son clavier, à part en fin de set où il se lèvera pour saisir une guitare sur les vieux morceaux et se révelera curieusement fébrile sur l’instrument, assurant sans faillir sa partie mais jetant régulièrement des regards inquiets à ses copains. Enfin à l’extrême gauche, un nouveau venu, le jeune Alex Mackay qui récupère la guitare autrefois tenue par John Cummings (démissionnaire depuis bien longtemps), même si pour le moment il fait face à Barry Burns sur un deuxième clavier.

 

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Premiers frissons à l’intro de l’inespéré « Yes! I Am a Long Way From Home », l’un de mes titres favoris qui ouvre le mythique Young Team, puis le récent « Ritchie Sacramento », chanté sur la pointe des pieds par Stuart Braithwaite, ramène Mogwai sur un terrain plus classique et dynamique, exercice auquel il s’adonnent à mon sens trop peu, les rares titres du genre dans leur discographie étant fort réussis. On aurait par exemple bien savouré « Party in the Dark », sur l’album précédent Every Country’s Sun, mais celui-ci sera le grand absent de la setlist, l’un des rares regrets qu’on puisse avoir tant celle-ci sera impeccable, chacun des albums étant représenté par un excellent si ce n’est son meilleur extrait. Pour Come on Die Young, le phénoménal « Ex-Cow boy », pour Rock Action, les arpèges irrésistibles de « 2 Rights Make 1Wrong » en entrée de rappel, pour Happy Song for Happy People, ne contenant quasiment que des perles, c’est le mélancolique « Killing all the Flies ». Sans compter « New Paths to Helicon, Pt. 1 », au menu depuis 25 ans, proclamée titre favori de tous les temps de votre serviteur vu qu’elle me met les poils à chaque fois, ce qui ne manqua pas d’arriver encore en ce dimanche soir. Si Rave Tapes fut sans doute le seul album de Mogwai à vraiment me décevoir à sa sortie, il contient un « Remurdered » si terrible qu’il est d’ores et déjà devenu un grand classique des setlist, et nous aurons droit à une interprétation ultra puissante qui transportera l’ensemble du public, notamment un gars à mes côtés, lui aussi batteur fan de Martin Bulloch. Le jeu de charley sur « Remurdered » symbolise assez bien ses trouvailles caractéristiques, pas forcément ultra techniques mais toujours précises et au service de la chanson. Les exemples foisonnent de ces riffs qui marquent, cette patte immédiatement reconnaissable sans trop en faire, je ne me lasserais pas pendant tout le concert de les noter avec admiration, très heureux que Malo puisse si bien en profiter aussi, faisant le compte de tout ce que mon propre jeu de batterie lui doit. Pour ne donner qu’un autre exemple, Martin Bulloch tient à lui seul tout le morceau « Midnight Fit » (1), assez fascinant ce soir sans les bizarres violonades de la version studio. Toutes les bonnes choses ont une fin, et Mogwai lance déjà un « Like Herod » qui, bien qu’écourté de moitié par rapport à l’épique version des Government Commissions, reste toujours l’un des titres de post rock les plus marquants, d’autant plus en live et à un mètre du groupe.

 

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Au moment de quitter la scène dans un tourbillon de larsens, Martin Bulloch prend bien soin de donner une baguette à Malo et une autre au jeune garçon à sa gauche, écartant les mains avides des autres spectateurs. Le groupe revient assez rapidement, en formation 3 guitares, et après le délicat « 2 Rights Make 1 Wrong », rappelle à mon bon souvenir « Ceiling Granny ». La setlist m’a fait tellement plaisir que j’en avais en effet oublié que je tenais absolument à entendre ce titre, de loin le meilleur de leur dernier album As the Love Continues, et dont l’équilibre entre mélodie et énergie, bien évidemment renforcée sur scène, constitue un final parfait à ce concert. Je fais d’ailleurs grimper Malo sur mes épaules pour délirer et profiter au maximum de ces dernières minutes. Me contentant habituellement de prendre en photo la setlist chopée par le vainqueur d’une bataille un peu pénible, j’ai cette fois bien envie de garder ce souvenir et utilise éhontément mon fiston pour la récupérer, le roadie le choisissant bien évidemment parmi les bras tendus vers lui. Alors que nous prenons un dernier verre avec Bastien, je constate avec surprise que l’ensemble du public a déserté la fosse, sans cette fois y avoir été poussé par les videurs. Remarquant qu’un simple rideau nous sépare du backstage et que Martin Bulloch est venu brièvement récupérer quelques affaires sur scène, je me dis qu’il serait facile pour lui de venir nous rejoindre 2 minutes pour une petite photo, et en fait la demande auprès d’une dame de la sécurité postée au rideau qui, un peu désarçonnée, avise un trio en grande discussion faisant probablement partie des responsables du Transbordeur. Un monsieur jovial nous demande de patienter alors qu’il va porter la demande auprès du groupe, et lorsqu’il revient c’est carrément pour nous inviter backstage à rencontrer Martin !

 

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Nous longeons un couloir qui mène à la grande salle puis aux loges, où j’aperçois le groupe qui se repose. Martin est venu à la porte pour discuter, on se présente sous le regard bienveillant de membres de l’organisation qui m’aideront pour un peu de traduction, mais quasiment pas car Martin n’a pas trop d’accent et est facilement compréhensible. L’un d’eux a même la gentillesse de me prendre la setlist et faire le tour de tout les membres du groupe pour une dédicace, tandis que d’autres faciliteront la petite séance de photo souvenir. Je fais part de mon admiration à Martin, et explique que Malo est batteur depuis 5 ans et qu’il travaille dur, il me montre sur son téléphone son fils Leo qui s’entraine régulièrement à la batterie le dimanche dans le studio du groupe, le veinard. Nous discutons de la tournée, Martin conserve des photos du théâtre Antique de Fourvière où il adore jouer, même s’il nous avoue que le concert de 2021, 2eme après la pause pandémique, a été de son côté très mauvais, la seule fois de sa carrière professionnelle où il ait laissé échapper une baguette en jouant. Après cette sympathique discussion, nous nous quittons chaleureusement, Mogwai sera le lendemain en Allemagne avant un retour en France pour une date à Lille. Ce moment privilégié clôture une soirée magnifique qui restera spéciale pour moi et Malo. Le lendemain, un collégien et un ingénieur auront bien du mal à se concentrer sur leur travail respectif…

  

(1)    Comme autrefois le « Superheroes of BMX » des Government Commissions 

 

Setlist : To the Bin My Friend, Tonight We Vacate Earth - Yes! I Am a Long Way From Home - Ritchie Sacramento - Take Me Somewhere Nice - Killing All the Flies - Ex-Cowboy - Midnight Flit - New Paths to Helicon, Pt. 1 - Dry Fantasy – Remurdered - Drive the Nail - Like Herod // 2 Rights Make 1 Wrong - Ceiling Granny

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12 mai 2022

KRAKEN - Samedi 07 Mai 2022 - Le Farmer - LYON

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12 ans après le premier concert d’Hello Darkness au Farmer, me revoici Montée des Carmélites pour le premier concert de Kraken. Le clin d’œil est savoureux, mais les circonstances sont assez différentes. D’abord parce qu’entre temps, le Farmer est passé d’un bar PMU amateur occasionnel de musique à une vraie salle de concerts, à la programmation internationale pointue et régulièrement alléchante. Ensuite parce que cette soirée est le fruit d’un enchainement heureux d’évènements pas forcément planifiés. Développant par amusement quelques compos pour compléter nos occasionnelles répètes d’Hello Darkness en duo, nous fumes confrontés avec Damien à une bonne période où pour diverses raisons les copains Seb et Julien furent indisponibles. De fil en aiguille un répertoire de chansons pas forcément adaptées à notre quatuor d’origine émergea, d’où l’idée de les pérenniser au sein d’un deuxième groupe, et de recruter un bassiste pour ce faire. Nous n’avions pas prévu que nous trouverions aussi rapidement notre troisième larron en la personne de Didier, ultra chaud pour dégainer sa 4 cordes sur notre post rock noisy. Nous n’avions pas espéré non plus que Le Farmer nous intègre si vite à son mini Festival destiné à faire jouer des jeunes groupes amateurs de Lyon sur la base d’une simple demande par mail (Kraken n’ayant évidemment aucun enregistrement ni même à l’époque site web à son actif). La bonne nouvelle tombait d’ailleurs alors que la structure de nos titres les plus récents n’était pas encore figée, et il nous fallut rajouter quelques répètes en urgence pour être à peu près au point le jour J.

 

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C’est donc aussi fiers que fébriles que nous débarquions au Farmer sans trop d’encombres (sauf Didier qui découvrait la joie du parcours labyrinthique à la Croix Rousse en bagnole), accueillis chaleureusement par le tenancier et nos acolytes pour la soirée, le groupe Sleeping Fall. Le montage du matériel se fait tranquillement, je partage ma batterie avec Nico qui, pas chiant, s’adapte à mes réglages et pose juste quelques pieds de cymbales supplémentaires. Sleeping Fall est un groupe de 5 musiciens faisant du métal mélodique, aussi les balances nécessitent quelque temps, notamment au niveau des deux guitares qui doivent être équilibrées, et ce sur les différents sons utilisés en rythmique ou en solo. Aucun stress, le timing est large, et nous aurons tout le temps nous aussi de faire notre balance. C’est d’ailleurs à ce moment que se jouera selon moi une bonne part de la réussite de notre set, pour deux raisons : d’abord parce que le Farmer est bien équipé, avec des retours aux endroits adéquats, et un réglage de balances et d’effets exécuté depuis sa tablette par Manu, dont le professionnalisme et la patience nous permettent de jouer dans un confort sonore auquel j’avais rarement eu accès. Ensuite parce que nous nous rendons compte qu’il va falloir être un peu moins nerveux, et notamment jouer un peu moins vite, si nous voulons que ça se passe bien, leçon qui sera retenue lors de notre montée sur scène.

 

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Nous avons chacun droit à un repas et des bières gratuites, c’est royal ! Puis le public commence à arriver tranquillement, les potes et la famille de Didier sont venus en nombre et nous pouvons chacun compter sur notre amoureuse pour nous soutenir, c’est beau. Mélaine est venue avec Malo et Soline, ravis de voir leur papa et d’avoir une occasion de se coucher tard et de faire comme les grands, et je suis aussi très heureux de pouvoir jouer devant Denis et Constance ainsi que mon cher Fred. Beaucoup d’amateurs éclairés de musique voire de musiciens parmi notre public, de quoi avoir un retour pertinent sur notre performance. Un petit drone de larsen et Damien lance l’intro de « North Sentinel », à ce moment les bières aidant je suis relativement serein, je sais que le son sera bon et j’ai de la place, la scène, quoiqu’un peu décalée par rapport au public, est de bonne taille. Au-delà de quelques imprécisions, surtout sur « Crusoé » ou je foire un peu ma transition et où je perds une baguette (heureusement en toute fin de morceau), tout se passera pour le mieux. Damien, qui a la lourde tâche d’assurer l’ensemble du chant et de la guitare et porte donc beaucoup sur ses épaules, assumera fort bien son rôle, évitant les trous de mémoire qui lui faisaient peur. Idem pour Didier, calé comme jamais, avec juste un méli-mélo de pédale à un moment. L’accordage est consciencieux, et tant pis s’il est toujours difficile de meubler ces temps de silence un peu embarrassants. Mes difficultés techniques sur « Drunk Song » et celle de notre bassiste sur « the Call » sont surmontées, aucun des doutes sur la structure des morceaux survenus lors de notre piteuse répétition de la veille ne survient. « Club Coma », sur laquelle je tiens le chant, fait une bonne pause mélodique pour Kraken comme pour le public, nous lançons un blind test pour notre reprise de Joy Division, groupe d’autant plus facilement identifiable que Didier arbore un T-Shirt d’Unknown Pleasures, mais je ne sais pas si quelqu’un a reconnu « Transmission » au travers de notre version plus orientée Post Rock. Finalement, c’est sur « Ferociter » que j’aurais été le plus en difficulté, logique puisqu’il s’agit de notre dernière compo et qu’il faut vraiment que je la bosse, néanmoins cela a fait une conclusion idéalement agressive à notre set.

 

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Sleeping Fall par Shin Photos

 

Comme d’habitude le concert est passé en un clin d’œil, c’est tout transpirant que je rejoins les copains après un démontage de cymbales et caisse claire. Une autre bière (la Slash à la pression, décidément le Farmer est parfait) et nous discutons du set, les retours sont positifs, le son était bon et les compos ont plu, d’ailleurs si quelques-unes font l’unanimité chacun aura eu sa préférence pour l’une ou l’autre, ce qui est plutôt bon signe. C’est au tour des Sleeping Fall de monter sur scène, c’est seulement leur deuxième concert mais ça joue carré, du moins de ce que j’ai entendu car j’ai été préposé à la caisse lors de leur passage. Assez inculte dans le style qu’ils proposent, je n’aurais reconnu dans leurs reprises que « the Unforgiven » de Metallica, que Malo en grand fan s’empresse d’aller écouter attentivement (il a travaillé un moment ce titre à la batterie). En tout cas le groupe additionne les talents, Mako la bassiste met son expérience de Cosplay au service des tenues scéniques dont nous aurons eu un aperçu ce soir, Ana la chanteuse est graphiste et dessine les logos du groupe, quant à Jorick le guitariste il est aussi ingénieur du son, et ils ont même leur photographe attitré, ça laisse rêveur. Le concert terminé je peux réintégrer la salle et discuter avec pas mal de monde, notamment un couple venu du sud pour une sortie concert et qui a choisi Le Farmer : toujours intéressant d’avoir un avis extérieur à nos connaissances, et en plus ils ont fait pas mal de photos qu’on espère récupérer (même si apparemment la lumière rouge sur scène est le cauchemar de tout photographe). Pour achever symboliquement cette première expérience scénique, notre trio trinque au Kraken, rhum au léger gout de vanille qui passe ma foi très bien. Accueil au top, que des gens sympas derrière le bar, dans la salle ou sur la scène, et un concert encourageant, voilà de quoi repartir heureux chez nous et motivés à bloc pour la suite des aventures de Kraken.

 

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LE FACEBOOK de KRAKEN, avec un extrait de "Cold Blood" en video.

Setlist: 

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05 mai 2022

# 165 / 221

 

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Après la fabuleuse trilogie Radio Gnome vue en épisode #121, Daevid Allen quitte Gong et emporte avec lui tout le coté délirant et space rock du groupe. Il laisse les clés au batteur de l’époque, Pierre Moerlen, qui va orienter le style vers du jazz progressif uniquement instrumental. Gazeuse ! est le deuxième album sous ce format, après un Shamal que je n’ai jamais écouté il me semble. On y trouve beaucoup de vibraphone et de percussions diverses, et l’intervention d’un branleur de manche nommé Allan Holdsworth qui vient donner un petit côté Yes à l’ensemble (« Night Illusion »). Pour la technique, c’est impressionnant (Le « Percolations part 2 » est un solo de batterie assez phénoménal), mais pour moi tout ce qui faisait le sel de Gong a disparu, aussi ce sera le dernier album du groupe que j’emprunterais à la médiathèque. Après Gazeuse !, il s’éparpillera sous diverses entités, l’une d’entre elles prenant officiellement le nom de Pierre Moerlen’s Gong, tandis que Daevid Allen revenu au bercail continuera à sortir avec Gong de nouveaux albums, dont l’excellent Shapeshifter en 1992 (voir épisodes #110 et #111), et ce jusqu’à sa mort en 2015. Bien évidemment, le groupe lui a survécu.

 

 

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Emprunté par curiosité, ce best of de the Birthday Party, groupe où officiait Nick Cave au début des années 80 avant de fonder les Bad Seeds, ne m’aura pas laissé de souvenir impérissable. Il faut dire que les Hits promis ne sont pas vraiment facile d’accès, la musique brute et répétitive, toute en tensions et coups de poings malsains, se révélant assez fatigante à la longue. Recrachant le punk Stoogien en boucles poisseuses et divagations fracassantes, the Birtday Party piétine l’idée de mélodie jusqu’à un « Jennifers Veil » plus lent et mélancolique. Le lien est assez évident avec le début des Bad Seeds, même si Nick Cave n’en est qu’aux balbutiements de son talent. 

 

 

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Parcourant la discographie de Yo La Tengo, il me fallait déterminer quel fut le point de basculement entre le groupe d’indie rock prometteur entendu sur Fake Book et  l’auteur d’une ribambelle d’albums merveilleux au sommet desquels trône le célèbre I Can Hear the Heart Beating as One. Et, remontant la piste,  j’arrivais finalement à ce May I Sing with Me de 1992, année à laquelle le bassiste James McNew intègre le groupe et où celui-ci se stabilise en un trio inchangé depuis 30 ans, donc. Sur ce disque, tout est déjà là en germe, les alternances d’indie rock bien rapide, les mid tempo aux accents pop rehaussés de superbes arpèges, les solos erratiques de guitare bien noisy s’excitant en compagnie d’une paire rythmique imperturbable, le doux chant de Georgia Hubley, l’interminable boucle instrumentale si belle qu’on aimerait qu’elle aille au-delà de ses 10 minutes habituelles. et les premiers grands classiques, « Detouring America with Horns », indie surf rock faussement acoustique jusqu’à l’apparition surprise de la batterie, « Some Kinda Fatigue » et son riff magique, et « Satellite », petite merveille pop pour conclure. La première pierre d’une décennie de disques chers à mon cœur déjà chroniqués (plusieurs fois !) en ces pages.

 

 

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28 avril 2022

Avr 22: WET LEG, RANK-O, PLOSIVS, CALEXICO

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WET LEG - Wet Leg

 

L’histoire de Wet Leg est tellement belle qu’elle semble construite à l’avance par des professionnels du marketing musical. Deux jeunes filles, amies depuis le Lycée, venues d’un lieu mythique pour les rockers (l’ile de Wight), décident de fonder un groupe après avoir vu un concert d’Idles (1) et cartonnent avec un premier titre ultra efficace et frais, « Chaise Longue ». Dès lors, il était logique que le premier album du groupe soit attendu au tournant, et qu’il suscite bon nombre de déceptions, voire de rejets par principe. Epargné par ce buzz qui court apparemment depuis bientôt un an, c’est sans autre a priori que l’enthousiasme provoqué par ledit single découvert quelques jours plus tôt que je posais les oreilles sur Wet Leg. Si pour certains il semble que faire de la musique juste fun aujourd’hui soit un crime, ce n’est pas du tout mon cas, je suis au contraire ravi de pouvoir m’éclater sur du rock au parfum adolescent du moment qu’il soit efficace. De ce point de vue-là, Wet Leg est une réussite quasi parfaite et rejoint l’album de Johnnie Carwash au rayon des réjouissances 2022 d’un revival 90’s auquel je suis forcément bien sensible.

Loin d’être l’arbre cachant la broussaille, « Chaise Longue » est en effet accompagné de nombreuses pépites de pop rock dansantes avec basse irrésistible et petits gimmicks de guitare entêtants, tels « Wet Dream » ou « Ur Mum » pour ne citer que les tubes, ou encore « Being in Love » qui fait une ouverture parfaite de l’album. Mot d’ordre de ces joyeusetés, Drague Bière et Rock n Roll, avec le lot de désillusions, d’ennui et de ruptures qui constituent la face moins sympathique de ces jeunes années (« I don’t Wanna go out »). Car Wet Leg parsème aussi son disque de titres plus calmes, teintés de mélancolie ou d’aigreur, avec une maitrise des reliefs qui indiquent un groupe bien plus solide qu’il n’y parait à la première approche (« Angelica »). Ajoutons au tableau un excellent final, avec le nonchalant « Supermarket » que n’aurait pas renié Pavement et le terrible « Too Late Now », condensé des qualités de Wet Leg avec une touche bien rock qui figurera certainement dans mon podium des titres de l’année, et l’on conviendra que si tout les prétendus Next Big Thing avaient ce talent on perdrait moins de temps en écoutes inutiles. Tant que de tels albums viendront bousculer la routine de groupes établis, je me dis que le rock n’a pas de soucis à se faire, et qu’il pourrait même revenir arpenter les playlists des jeunes squattées depuis trop longtemps par le rap ou l’electro.

 

(1)    On sait déjà que Rhian Teasdale est loin d’être une débutante, elle qui a déjà sorti des chansons sous le nom de Rhain en 2016 avec, excusez du peu, John Parish à la batterie…

 

 

 

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RANK-O - De Novo

 

Cessons de guetter outre-manche la nouvelle sensation Post Punk, puisque le meilleur album du genre en 2022 nous vient de Tours, Rank-O faisant preuve de l’originalité et du sens de l’équilibre faisant défaut à bon nombre des groupes ayant fait l’affiche ces derniers temps. Si l’on trouve trace des inévitables références à Joy Division ou Idles, il est tout autant question de Wire, de rock touareg, de pop 80’s ou même de rock progressif, le tout dans des compositions en trompe l’oreille qui ne s’orientent jamais dans la direction indiquée au départ. Surtout, Rank-O évite le trop entendu texte aboyé « à la the Fall » et balance un chant évoquant les délirants Devo, idée réjouissante qui accompagnée de sons de synthés improbables sans être envahissants confère à De Novo un attrait irrésistible. Fun, mais pas trop (voir la fin ultra intense de « Humans », morceau emblématique de l’album), 80’s mais pas trop, post punk mais bien plus, Rank-O propose une leçon de créativité d’une demi-heure à diffuser largement.

 

 

 

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 PLOSIVS - Plosivs

 

Si la pandémie a beaucoup fait souffrir le secteur culturel, en particulier les musiciens privés des revenus des concerts, elle a engendré quelques bénéfices collatéraux. Ainsi la création récréative de Plosivs, association improbable de Rob Crow et de potes issus du milieu hardcore Californien, dont John Reis, leader des remuants Hot Snakes (entre autres). Leur premier album est une parfaite synthèse de l’énergie et la concision punk, et du sens de la mélodie vocale du leader de Pinback. En résulte un disque aussi explosif que le suggère le nom du groupe et la pochette, avec assez peu de nuances, une homogénéité qui passe bien compte tenu de sa durée assez courte (une demi-heure). On imagine que le projet n’a pas forcément vocation à se prolonger, mais il aura permis d’ajouter une bonne œuvre dans la palette discographique déjà gigantesque de Rob Crow, pour le grand plaisir de ses fans.

 

 

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CALEXICO - El Mirador

 

Calexico livre avec El Mirador un album très axé latino, trompettes, percussions et rythmiques cumbia sont plus que jamais de la partie et habillent plus ou moins subtilement des chansons toujours impeccablement composées. A l’exception de « the El Burro Song » qui se vautre trop dans le cliché mariachi, la balade est plaisante en compagnie de la voix posée de Joey Burns et de parties de guitares vraiment superbes si on prend soin de les écouter avec attention. Bien sûr, ayant toujours préféré l’aspect rock indé du célèbre duo, je reste un peu sur ma faim, seul le titre « Then you Might See », à l’étroit entre deux Cumbia, étant à la hauteur des chefs d’œuvre passés Algiers et Edge of the Sun. On notera aussi l’onirique instrumental « Turquoise » et le final endiablé « Caldera » pour varier un El Mirador maitrisé et sympathique, ayant surtout le mérite de prouver que oui, l’insignifiant album de Noel le précédant n’était bien qu’un unique faux pas dans l’impeccable discographie de nos Arizoniens favoris. 

 

 

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21 avril 2022

# 164 / 221

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Dans la célèbre (en ces pages) compilation What’s up Matador qui fit une grande part de ma culture musicale, se trouvait un titre amusant d’un groupe Japonais, Pizzicato Five. De quoi attiser ma curiosité et emprunter, pour voir, un album à la médiathèque lorsque je tombais dessus. Ce fut Happy End of the World, titre assez révélateur de cette joyeuse pop foutraque et déjantée, comme un dernier baroud d’honneur avant l’extinction des lumières au nouveau millénaire arrivant. Amplifié par le chant en Japonais, l’impression clichée de couleurs criantes, de télé achat frapadingue et d’inventivité délirante prend le pas sur l’indéniable génie musical de Konishi Yasuharu. Irrésistible envie de se trémousser avec un large sourire, mais point trop n’en faut pour le mélancolique jeune homme que j’étais alors. Après avoir quand même enregistré un titre pop variété aux faux airs de France Gall et un Electro Dance théâtral (en tout un petit tiers du disque), je laissais définitivement les Pizzicato Five et revenait à mon rock dépressif favori.

 

 

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Dans la foulée de the Idiot j’empruntais New Values, dont la réécoute fut surprenante. Certes je n’en avais même pas retenu la moitié, mais j’ai été emballé par ces 5 morceaux. Est-ce donc un album inégal, ou suis-je passé à l’époque à côté d’un très bon disque ? – ce dont on ne saurait me blâmer, tant il me semble que New Values, contrairement à ses deux ainés réhabilités, n’est jamais mis en lumière dans la discographie d’Iggy Pop ; et puis la pochette n’est guère engageante. Je ne le saurais qu’en l’écoutant intégralement, ce que j’ai d’ores et déjà programmé. Au menu « the Endeless Sea », lent post punk fascinant dans la lignée de the Idiot, et du rock n’ roll sacrément entrainant aux guitares affutées (terrible « Tell me a Story » que j’avais complètement oublié), lorgnant même vers le punk Stoogien (« Five foot One »). Un vrai plaisir, mais frustrant par sa sélection trop drastique (on en jugera donc d’ici peu).

 

 

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Désirant toujours découvrir la discographie de R.E.M, sans avoir encore eu de coup de cœur, je fis la classique erreur de l’ignorant en empruntant un album qui se révéla être une compilation, mélange de singles, de chansons inédites et de versions différentes. De quoi brouiller la piste rendue déjà difficile par la disponibilité hasardeuse des albums à la médiathèque. Eponymous a l’avantage, du moins à la réécoute, d’être un résumé ordonné des premières années de REM, ce qui offre un bel aperçu de l’évolution du groupe. Débutant par un tonitruant « Radio free europe » énergique et groovy, toute basse dehors, avec une petite touche the Clash, la setlist s’assagit progressivement pour s’orienter vers ces fameux mid tempo sympa mais sans véritable attrait à mes oreilles (« Fall on Me »). Comme souvent, c’est dans les titres plus mélancoliques que le groupe me touche plus, telle « Talk about the passion » dotée de très beaux arpèges. Reste les tubes, je veux parler bien sûr de « It's the end of the world as we know it (and i feel fine) », bien rapide, surtout au niveau d’un chant complexe qui prouve une fois de plus l’inimitable talent de Michael Stipe.

 

 

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Cette fois, j’avais pas fait dans la demi-mesure : enregistrement de l’intégralité du 2eme album d’Elliott Smith. On passe agréablement une grosse demi-heure à écouter le génial songwritter sur des compositions enregistrées très sobrement, une guitare folk, le chant beau et chargé de mélancolie d’Elliott Smith, et parfois un peu de batterie ou de clavier. Je devrais trouver ca bouleversant, je trouve ça joli : c’est mieux que rien. Et de tendre l’oreille surtout pour capter l’impeccable technique du guitariste, comme sur ce redoutable « Southern Belle ».

 

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14 avril 2022

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Comme je le disais lors de la chronique du Laser Guided Melodies, je suis bizarrement un peu passé à côté de Spiritualized à l’époque de ces cassettes, et ce Let it Come Down ne fait pas exception. J’ai depuis racheté le CD, dans sa version à l’étonnante pochette en relief, et l’ai bien apprécié mais je n’en avais enregistré lors de son emprunt à la médiathèque qu’une petite moitié. On y retrouve ce mélange de rock psyche, de chœurs, de musique symphonique et de rock alternatif caractéristique du groupe, avec une incursion dans le punk Stoogien sur le démarrage de « the Twelve Steps » (je n’avais bizarrement pas retenu tout le début du disque). Un bon moment sans trop de surprises, jusqu’à son habituel final en gospel s’intensifiant jusqu’à explosion électrique (« Lord can you hear me »).

 

 

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Lodger est  considéré comme le 3eme album de la trilogie Berlinoise de David Bowie, mais je n’ai jamais trop compris pourquoi, mis à part peut-être le backing band de luxe qui reste identique. Il me semble bien différent, et bien inférieur aussi, à ses deux prédécesseur, amorçant un virage 80’s dont les effluves commencent à transparaitre sur certains titres, comme ce « Red Sails » aux curieux accents asiatiques dans les mélodies de chant. Difficile d’en juger sur une sélection aussi restreinte (surtout que « I Pray, Ole » est un bonus ajouté aux rééditions 90’s), mais on frise quand même Village People sur « Boys Keep Swinging », sauvé par la guitare experte de Carlos Alomar. Et puis il reste ce tube rock imparable, « Look Back in Anger », fort justement intégré au menu de nombreuses tournées du Thin White Duke. 

 

 

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3 ans après leur très savoureux premier album éponyme, Fountains of Wayne reviennent avec Utopia Parkway, et le bilan n’est pas du tout le même. Sur la moitié de disque retenue, figurent toujours ces morceaux oscillant entre power pop et punk à roulette, pastilles ado parlant de gonzesses nous ramenant à nos années fac, avec encore de belles mélodies de guitare à l’image du dynamique titre d’ouverture. Rien cependant pour marquer autant que les pépites de Fountains of Wayne, et lorsque le tempo ralenti le groupe devient carrément ennuyeux. Il parait qu'ils ont fait un tube sur leur 3eme album, sorti en 2003, mais j’avais laissé tombé suite à cette déception, ne gardant qu’un premier disque frais et largement suffisant.

 

 

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J’avoue que je connais assez mal le premier album solo cultissime d’Iggy Pop, the Idiot, mais cette rubrique me donne l’heureuse occasion de me le remettre en mémoire puisque j’en avais enregistré une grande partie. De cette réécoute me viennent deux réflexions. Tout d’abord est-on vraiment là en présence d’un album de l’Iguane ? On a plutôt l’impression qu’il fait un featuring vocal sur un disque de David Bowie et de son groupe de luxe l’accompagnant sur la fameuse trilogie Berlinoise évoquée un peu plus haut. C’est surtout vrai au début, Iggy Pop annonant quelques mots en boucle sur les deux premiers titres et chantant en duo avec son mentor sur « Funtime », piano rock ultra typique des compos de Bowie de l’époque. Ensuite, the Idiot est pour moi avant tout un disque de Blues (le riff de « Dum Dum Boys », on est pas loin de Lynyrd Skynyrd…). Mais du blues modernisé avec génie, malaxé avec de la proto musique électronique, forgé avec du Krautrock, un blues dont on aurait concentré toute la noirceur, le chant désabusé ou plutôt complètement parti d’un Iggy drogué jusqu’à la moelle titubant après l’aiguille sur une spirale noire semblant interminable. Le « Nightclubbing » sans joie, annonçant la New wave. Dernier clou enfoncé avec le crépusculaire « Mass Production », plus de 8 mn où cette fois Iggy Pop le chanteur se rebelle, mais sur une musique si plombante qu’on ne s’étonne guère qu’elle fut choisi comme bande son par Ian Curtis pour sa pendaison. Le problème après avoir écouté the Idiot, c’est qu’on se rend encore mieux compte qu’une bonne partie de la discographie d’Iggy Pop (surtout la récente) est indigne. 

 

 

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07 avril 2022

the LIMINANAS - Mercredi 30 Mars 2022 - Le Transbordeur - LYON

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Emballé par les deux derniers albums des Liminanas, j’avais pris mes places très tôt pour leur venue au Transbordeur. Du coup ce mercredi soir ne tombait pas forcément bien, et je fus surtout victime d’un début de soirée poissarde qui ne me mis pas dans de bonnes dispositions, d’autant que contrairement à ce que j’avais pensé pas un seul de mes collègues habitués des salles lyonnaises ne s’y rendais. Départ du boulot beaucoup trop tardif et sous une pluie battante (en trottinette), frustration de ne voir ma famille qu’en coup de vent, blocage à l’entrée (j’ai bien cru que je n’allais pas pouvoir rentrer, j’ai dû retrouver une preuve d’achat de mon billet dans mes mails sur mon téléphone), transparence absolue au bar où la moitié de la salle a été servie en me passant devant, je me retrouve enfin dans une fosse relativement clairsemée quelques minutes à peine avant l’entrée des musiciens sur scène (1) : ils vont devoir être sacrément bons pour renverser la vapeur. Disons le d’emblée, si le groupe n’a pas démérité c’était mission impossible à cause de la principale déception du concert : le public. Là encore je m’étais fourvoyé puisque le spectateur type était un mec, vieux, fumeur de joint et surtout incroyablement statique. Aller voir Les Liminanas pour ne pas danser, surtout après un disque tel que De Pelicula (en collaboration avec Laurent Garnier), voilà qui me dépasse un peu, aussi irais je bien vite rejoindre aux avants postes les deux ou trois couples remuants de la fosse.

 

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C’est un groupe imposant de 7 personnes qui investissent la scène, avec en son centre le duo original des Liminanas, attaquant directement le set avec « Saul », introduction tranquille de l’album De Pelicula. Marie, la Meg White made in France (musicalement, pas physiquement), n’a que trois éléments sur sa batterie : au moins pas d’esbrouffe, on sait qu’une bonne partie de la rythmique sera faite par les machines du gars sur sa gauche, qui apportera aussi quelques parties de percussion et tiendra le chant sur certains morceaux, plutôt efficacement. Lionel, le Warren Ellis made in France (physiquement, pas musicalement), avoinera ses boucles d’accords sur sa guitare électrique et s’assurera de la cohésion du groupe avec quelques signes de la tête, notamment pour la fin des morceaux, mais ne pipera mot. C’est un autre guitariste, à sa droite, qui récupèrera le chant de pas mal de titres, mais ce n’était pas forcément judicieux car sa voix, trop jeune et trop aigue, ne convenait pas vraiment aux compositions du groupe (pour les reprises, c’était bon). En particulier sur « dimanche », superbe tube qui perd une très grosse partie de son accroche sans le chant spécial de Bertrand Belin. Au deuxième plan, on trouve un barbu aux claviers et guitares, un bassiste efficace et au milieu un grand bonhomme naviguant entre accordéon, guitare, machines, mais qui semble surtout être un pote embarqué dans l’aventure pour avoir son quota d’intermittence.

 

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Les Liminanas poursuivent avec l’instrumental « Je rentrais par le bois... BB », et on pense un moment qu’ils vont jouer leur dernier album dans l’ordre, mais le titre suivant, plus rock dans l’esprit, est extrait de l’album de L’Epée, leur collaboration avec Anton Newcombe et Emmanuelle Seigner. De De Pelicula ils retiendront la meilleure moitié pour leur setlist, agrémentée d’une belle sélection de titres plus anciens, comme ce très plaisant « the Gift » issu de Shadow People évoquant les Jesus and Mary Chain, et quelques reprises qui apportent un peu de variété. Suite à ce très bon premiers tiers consacré aux productions récentes du groupe, le concert marque un peu le pas avec quelques extraits plus anciens ou dispensables, avant de repartir de plus belle pour ce qui sera le meilleur moment de la soirée. Encadrant les plus intenses morceaux de De Pelicula, « Que Calor ! » et « Steeplechase », imparables electro rocks hypnotiques qui feraient danser un paralytique (mais apparemment pas un Lyonnais), se trouve l’excellente surprise que constitue la reprise de « Mother Sky » de Can, que l’ensemble du groupe (avec le jeune au chant et tambourin) se réapproprie de belle manière et a l’intelligence de prolonger jusqu’à transe. Quand les Liminanas saluent une première fois le public, après une reprise des Undertones un peu pourrie, je suis surpris, n’ayant pas vu le temps passer. C’est l’heure d’un rappel mérité, si on en juge par les applaudissements et les cris, Marie passe au chant, laissant les machines officier seules à la rythmique, et l’on se dit que ce serait peut-être la formule idéale pour les Liminanas, tant ce « My Black Sabbath » est charmant, l’absence de batterie ne se faisant nullement sentir. Un long instrumental hypnotique se terminant par une accélération comme on les aime fait un beau final à ce concert sympathique, mais qui ne m’aura pas transcendé. Les Liminanas sont plutôt un groupe à voir en festival, ou tout du moins avec une bonne bande de potes. Tout seul, ça le faisait moins…

 

(1)    J’étais donc très loin de voir la première partie, d’ailleurs je ne sais même pas ce que c’était. 

 

Setlist : Saul - Je rentrais par le bois... BB - Last Picture Show (L’Épée cover) - Istanbul Is Sleepy - Shadow People - Juliette dans la caravane – Dimanche - The Gift - Down Underground – Crank (The Beach Bitches cover) - One of Us, One of Us, One of Us... - Que Calor! - Mother Sky (Can cover) – Steeplechase - Teenage Kicks (The Undertones cover) // My Black Sabbath - Je m'en vais / the Train Creep A-Loopin

 

 

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01 avril 2022

Mars 22: BIG THIEF, EELS, BLACK COUNTRY NEW ROAD

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BIG THIEF -  Dragon New Warm Mountain I Believe in You

 

Coup de cœur surprise de 2019 avec deux albums qu’on écoute toujours régulièrement avec plaisir, Big Thief sort cette année Dragon New Warm Mountain I Believe in You, copieux disque présentant pas moins de 20 nouvelles chansons. Le groupe reprend globalement la formule d’un folk rock accessible porté par la guitare et la voix d’Adrianne Lenker, charismatique leadeuse assistée par une paire rythmique mesurée et la guitare précise (et, parfois, l’appréciable seconde voix) de Buck Meek.  Evidemment la durée de l’album dilue un peu sa force, et quelques titres plus dépouillés de la setlist passent à la trappe malgré leur qualité, mais il contient de manière assez remarquable que très peu de passages dispensables (un seul en ce qui me concerne, l’ennuyeux « Sparrow »). Un songwritting de grande classe qui maintient notre attention grâce à une variété de traitement et de production, entre country rock agrémenté du violon qui va bien (« Red Moon »), folk mélancolique au chant un peu brisé, petits morceaux fragiles ou folk rock à la batterie plus présente, quasiment chaque extrait cache une petite surprise. Le revers de la médaille, c’est qu’on attendra en vain un titre de la trempe de « Not » (ou « Jenni », ou « Contact »), la tension éclatant parfois sur les albums précédents étant ici assez réduites au profit des mélodies. La guitare électrique sur « Little Things », pop rock dynamique, ou de « Simulation Swarm », les percussions originales de « Time Escaping » ou l’intensité de « Love Love Love » dessinent les moments forts d’un album dont la seconde moitié est plus marquante (On aime aussi le parti pris electro dépouillé de « Blurred View » ou la boite à rythme de « Wake me up to Drive »). Fidèles à leur simplicité, donnant à leurs chansons des allures de demos avec ces fins ou ces démarrages hasardeux et une production souvent brute, parfois maladroite, Big Thief ajoute une agréable pierre à son impeccable discographie avec Dragon New Warm Mountain I Believe in You sans parvenir nous faire oublier Two Hands et U.F.O.F.

 

 

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EELS - Extreme Witchcraft

 

Après the Deconstruction, honnête album dont il ne reste déjà plus dans la mémoire des derniers fans à l’avoir écouté que les 2 ou 3 titres notables qu’il contenait, Eels avait sorti Earth to Dora, album si plat que je n’avais pas eu envie de le chroniquer, une première depuis l’ouverture de ce blog. C’est dire si je n’attendais rien de Extreme Witchcraft, et si la surprise fut bonne. Attention, rien de révolutionnaire, on est sur des chemins tracés de longue date, mais l’allant donné d’emblée à l’album par le rock n’roll bien pêchu de « Amateur Hour » ne retombe quasiment pas sur sa durée, à l’exception d’un « So Anyway » mollasson et, malheureusement, d’un dernier morceau quelconque. Pour le reste, riffs de guitare inspirés et rythmiques soutenues (qu’elles soient bien connues, comme sur « Good Night on Earth », ou atypiques comme sur « Better Living Through Desperation ») abondent sur des compositions courtes et efficaces, à l’image de l’enthousiasmant single « the Magic ». Toujours porté par le groove d’un groupe stabilisé depuis des années, en particulier la basse de Kool G Murder qui sautille sur les rocks comme sur les chansons plus calmes (« Learning while i lose »), Extreme Witchcraft balance tant d’ondes positives qu’on se prend même à apprécier le funky « Grandfather Clock Strikes Twelve » aux parties de guitare qu’on aurait détestées chez d’autres. Rappelant régulièrement les belles années passées, en particulier l’album Souljacker (« Strawberries & Popcorn » a des accents de « Friendly Ghost », et la tension du très bon « What it isn’t » évoque celle de « What is this Note ? »), ce 14eme album nous réconcilie avec E et nous donne sacrément envie de l’entendre le défendre sur scène.

 

 

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BLACK COUNTRY, NEW ROAD - Ants from up There

 

Parmi les étoiles montantes du post punk anglais, Black Country New Road avait été l’année dernière l’une des rares à se démarquer, éclatant les frontières d’un style devenant un peu trop rabaché et affichant une ambition artistique intéressante sur For the First Time. Rien ne laissait présager cependant la révolution représentée par leur second album, sorti tout pile un an après. S’il m’avait fallu un peu de temps pour apprivoiser le premier disque, il est clair que Ants from up there nécessite un très grand nombre d’écoutes, tant il rebat les cartes et s’éloigne des territoires rock pour expérimenter un registre beaucoup plus technique, dont le chant expressif devient l’élément central. Au point de me perdre. Certes les passages animés évoquant le Arcade Fire ou Clap Your Hands Say Yeah des débuts, avec un chant poignant survolant une bataille de piano, violon et guitares font vibrer ma corde sensible, un « Chaos Space Marine » ne pouvant que me plaire. Progressivement, les titres vont cependant basculer dans une grandiloquence (défaut d’ailleurs en germe dans les groupes évoqués plus haut) moins maitrisée, pistes décousues et labyrinthiques dont on peine à suivre le déroulement (« Haldern »). C’est après la petite pièce instrumentale « Mark’s Theme » que Ants from up there va basculer, les durées des morceaux enflant comme ces vagues alternant tristesse et rage expérimentale qui deviennent systématiques et un peu indigestes : trop de saxo, pas assez de batterie, trop de complexité. Black Country New Road m’a perdu depuis un moment lorsque débarque le final de « Basketball Shoes » dans une vaine tentative de me remettre en terrain plus familier. Une déception donc que Ants from up There, qui tient plus de la nouvelle direction prise par le groupe que par la qualité intrinsèque d’un album décidément trop ambitieux pour moi. Rien n’est perdu cependant, vu que le chanteur qui tient quasiment tout l’album sur ses épaules vient de se barrer du groupe, je ne suis pas à l’abri d’une bonne surprise pour la suite.

 

 

24 mars 2022

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Bonne surprise que cet album de Mark Eitzel, détenteur du label « c’est beau mais c’est chiant » en cette rubrique pour son premier album, mais dont le successeur West s’affranchit en grande majorité, à l’exception du folk mollasson « Old Photographs » qui nous remet en mémoire les travers de 60 Watt Silver Lining. Le reste est bien meilleur, entre rock acoustique de grunger assagi (« If you have to ask »), écarts jazzy sur « Three inches of wall» (avec du xylophone) et surtout un rock mid-tempo assez convainquant à défaut d’être très original. Est-ce d’avoir composé West avec l’un des maitres du genre, le guitariste de R.E.M Peter Buck, est-ce l’apport régulier d’un orgue 70’s aux interventions lumineuses (« Move myself ahead »), en tout cas on passe un bon moment sur un style qui n’a pas forcément à la base ma sympathie. Et c’est déjà beaucoup plus que ce que j’en attendais.

 

 

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Continuant ma découverte de la discographie de Grandaddy dans l’ordre, j’empruntais the Sophtware Slump à la médiathèque et l'enregistrais en grande partie. Le magnifique titre d’ouverture  annonce d’emblée les ambitions du groupe. Si « A.M. 180 » avait été le tube qui les avait fait connaitre, « He's Simple, He's Dumb, He's The Pilote » est le morceau qui les fait entrer dans une autre dimension, un peu comme « Paranoid Android » l’avait été pour Radiohead. Morceau à tiroirs débutant par un folk brut, décollant de la piste avec des claviers doux et la voix aigue de Jason Lytle, puis se perdant dans une brume ultra mélancolique après un choc déstructuré, la chanson affichant 9 mn au compteur est construite remarquablement et demeure un choc dont on ne se remet guère (je pense régulièrement à ce titre devant un responsable, qu’il soit politique ou hiérarchique). the Sophtware Slump aurait pu être complètement écrasé par ce chef d’œuvre mais la suite, sans en atteindre l’intensité, est largement à la hauteur. La production met en valeur la personnalité du groupe et de son leader, notamment ces sons de claviers bizarroïdes, tour à tour spaciaux, saturés ou simplement mélodique, mais toujours chargés d’une forte dose mélancolique. De ses accès rageurs quasi punks à ses redescentes dépouillées et lugubres,  the Sophtware Slump est avant  tout le disque de quelqu’un qui ne va pas très bien, et l’on pense d’ailleurs de temps en temps à un autre dépressif du rock alternatif, le regretté Mark Linkous de Sparklehorse. A l’image du titre le plus représentatif de l’album, « Broken Household Appliance National Forest », Grandaddy alterne passages aux guitares pesantes et denses et passages d’une fragilité émouvante. Entre deux apparitions plombantes de Jed, l’humanoïde jeté à la casse geignant sa solitude, le groupe de Modesto aura sorti une chanson pop parfaite, « the Crystal Lake », achevant de consacrer the Sophtware Slump comme l’un des albums majeurs de l’année 2000 et l’installant parmi les têtes d’affiches du rock indé. J’achèterais d’ailleurs directement Sumday en CD à sa sortie en 2003, cet article étant donc la dernière apparition de Grandaddy en cette rubrique.

 

 

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La voix de Joey Ramone était indéniablement l’une des marque de reconnaissance les plus importantes et peut être le plus grand atout des Ramones. Si la plupart des tubes des faux frères furent écrits par Dee Dee, il était agréable au sein des albums de tomber sur quelques compositions de Joey à l’esprit assez différent, souvent plus calmes ou mélancoliques, mais on pouvait sérieusement douter de la pertinence d’un album solo complet. L’occasion nous était donné d’en juger en 2002, 5 ans après la séparation des Ramones, à la sortie de Don’t Worry about me au titre aussi sympathique que son auteur. Disons le directement, la grande réussite de l’album c’est d’abord cette version reboostée du célèbre « What a wonderful World » popularisé par Louis Armstrong, archétype de la reprise parfaite, fidèle à l’originale dans l’esprit mais complètement appropriée par Joey Ramone. Le reste s’égrène en  rock n’ roll catchy sans être renversant, entre titre naïf style Who des débuts (« Mr Punchy »), groupe qu’on retrouve sans surprise sur le T Shirt porté par Joey au dos de la pochette, ou morceaux tirant un peu plus vers le punk (« Like a drug i never did before »). Doté d’un bon refrain, « I got knocked down (but i'll get up) » aurait pu figurer sur le dernier album des Ramones, de même que la power ballade finale « Don’t Worry about me » qui touche surtout par ses paroles, révélant si besoin la fragilité du grand chanteur New Yorkais. Réalisé avec des potes de longue date (Daniel Rey et Andy Shernoff, bien connus des fans des Ramones), Don’t Worry about me est un disque plaisant mais pas vraiment indispensable, si ce n’est en testament d’un artiste bougrement attachant.

 

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17 mars 2022

Thurston MOORE BAND - Lundi 14 Mars 2022 - Ninkasi Kao - LYON

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Restant sur un très bon souvenir de sa prestation au TINALS 2015, j’avais sélectionné parmi le grand choix de concerts lyonnais celui de Thurston Moore au Ninkasi Gerland, après m’être assuré qu’il venait bien avec son groupe pour défendre le très bon By the Fire. Cela fait des lustres que je n’ai pas mis les pieds au Ninkasi, pas forcément coutumière des concerts rock et on le comprend tant la scène comme l’acoustique ne s’y prête guère. La soirée démarre par le set de Salo, un trio lyonnais que je n’avais encore jamais croisé. Assisté d’un batteur et d’une bassiste efficaces, le remuant guitariste chanteur assure avec talent un rock très noisy, saturation au maximum sur son instrument et textes en Anglais perdus dans un halo de reverb. Le son monochrome aurait pu lasser malgré le dynamisme de l’ensemble si les compositions n’avaient progressivement laissé place à quelques passages jazzy, krautrock ou juste punk. Au final des chansons de qualité inégales mais un concert bien cool et une ouverture plutôt bien choisie pour Thurston Moore, que le leader de Salo annonce avec jubilation (on le comprend).

 

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Petite pause, l’occasion de discuter un moment avec Damien, immense fan de Sonic Youth, et Alice qui l’a suivi en mode découverte. Même si la fosse est très loin d’être blindée, je les quitte pour me faufiler aux avants poste, au moment où le groupe entre nonchalamment sur la scène. « We’re so high », lance Thurston Moore à la salle amusée, sans que l’on sache s’il fait uniquement allusion à la hauteur incongrue de la scène (peut être 1m50) ou si le double sens stupéfiant est volontaire. La mise en place est en tout cas longue et détendue, avant que le batteur ne lance le concert sur la rythmique chaloupée caractéristique du long morceau expérimental « Locomotives ». Ce n’est pas Steve Shelley derrière les futs mais Jem Doulton, qui assurera stoïquement des parties assez simples techniquement bien qu’il faille être capable de les tenir sur des durées très importantes. Serré à gauche de la scène, le guitariste James Sedwards, alias Severus Rogue, exécute immobile des parties identiques à son chef comme des solos tantôt virtuoses tantôt noisy expérimentaux, mais malheureusement assez sous mixés, comme le regrettera Damien qui, assez loin de la scène, ne les aura que trop peu entendus. A ses côtés, Deb Googe joue d’un instrument qui me questionnera pendant tout le concert, et qui s’avèrera être une guitare basse ou guitare Baryton, permettant de jouer à la fois des parties de basse sur les cordes graves et des accords de guitare grâce aux cordes aigues, donnant une belle ampleur au son du groupe. S’octroyant toute la partie droite et centrale de la scène, Thurston Moore, sous ses airs souriants, semble imposer son rythme et sa loi au groupe. La première moitié du concert est consacrée au dernier album en date, le fort sympathique single « Hashish » succédant à deux titres à tiroir joués, à ce qu’il m’a semblé, de manière assez similaire aux versions studio, contrairement à la prestation assez impressionnante du Tinals. Thurston Moore, qui s’aide d’un pupitre et de grandes feuilles de papier où son probablement inscrites les paroles des chansons, va ensuite piocher des titres plus anciens, comme ce toujours aussi excellent « Speak to the Wild » dédié à Greta Thunberg. Le set se termine de manière originale et agréable avec une reprise inattendue d’un titre du Velvet Underground que je ne reconnais pas (il s’agit de « Temptation Inside Your Heart », extrait de l’album VU). Ce qui est remarquable, c’est que le chant est un mélange des intonations typiques de Lou Reed et de Thurston Moore, une belle réappropriation dont je pourrais mesurer l’étendue quand j’aurais écouté l’originale.

 

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En attendant, la fosse rappelle timidement le groupe qui ne laisse pas le suspens durer trop longtemps. S’engage une discussion sur les Rolling Stones où Thurston Moore semble le seul à s’enthousiasmer pour la tournée des 60 ans du groupe : silence embarrassé auprès du public, pourtant composé dans l’immense majorité de personnes aux 40 ans révolus, à ses questions sur les titres favoris du groupe de Mick Jagger et gêne de ses 3 comparses anglais sur la signification de « Jumpin’ Jack Flash ». Coup de bol (1), le rappel est constitué d’un « Forevermore » dantesque nous rappelant combien the Best Day était un grand disque. Pour le plus grand bonheur des photographes, moins de nos oreilles, c’est sur un final interminable de drone saturé que le long morceau s’achève, chaque musicien accroupi triturant sa guitare posée au sol, têtes jointes à la manière d’une étoile tri branche, tandis que le batteur roule consciencieusement ses mailloches sur une cymbale. L’effet perdure longuement alors que le groupe a quitté la scène, j’en profite pour acquérir une dernière bière avant la probable ruée. Amusante constatation au merchandising, le vinyle est à 40 euros, la cassette à 20 et le CD à 10 : je n’ai pas le temps de me décider à en prendre un, la sécurité nous mettant dehors avec insistance : ca commence sérieusement à me gaver d’être reconduit de la sorte (idem au Transbo), bientôt on n’aura même plus le temps d’applaudir le dernier titre de la tête d’affiche. Qu’importe, nous nous rabattons à coté avec Damien et Alice et tentons de discuter par-dessus la musique de la traditionnelle soirée salsa du lundi soir au Ninkasi. Nous ne le savions pas, mais le métro a cessé depuis longtemps, aussi nous estimons nous chanceux de chopper un des derniers bus direction Part Dieu et la maison : il est tout juste minuit, et la semaine promet d’être sportive…

 

(1)    D’autres ont eut droit à la place à « Venus », le barbant instrumental qui clôture By the Fire 

 

Setlist : Locomotives – Siren – Hashish – Cantaloupe – Aphrodite - Speak to the Wild - Temptation Inside Your Heart // Forevermore

 

Thurston MOORE BAND - Speak to the Wild (Live Ninkasi Kao 2022)

 

 

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