Blinking Lights (and other revelations)

23 septembre 2016

Malcolm MIDDLETON - Summer of '13

 

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Malcolm Middleton est un surdoué, et comme beaucoup d’artistes talentueux c’est aussi un sale gosse qui s’ennuie vite. Après Arab Strap, après des disques solos de plus en plus complexes et performants, il était reparti sur des bricolages dépouillés et ambiant sous le nom d’Human don’t be Angry. Chacun de ces virages fut autant risqué que réussi. J'avais donc énormément d’attente sur le nouvel album sous son nom, 7 ans après un Waxing Gibous comptant parmi mes albums favoris de cette décennie.

La première écoute fut un désastre, sans doute l’une des déceptions musicales les plus cuisantes que j’aie jamais connue. Cette fois, le sale gosse a laminé ses chansons sous une production catastrophique, comme s’il s’était amusé à briser ses nouveaux jouets devant un auditeur réduit à en contempler les morceaux d’un air désolé. Mentalement on recolle les parties et on imagine bien, derrière les claviers affreux et les sons technoïdes ringards à quoi auraient pu ressembler ces chansons interprétées de façon plus  classiques (les mélodies sont typiquement Malcolmiennes). Certaines ne sont pas trop abimées, comme « Like John Lennon Said » ou « Big Black Hole », seul morceau où la guitare est clairement identifiable (alors que Middleton fait partie de mes guitaristes préférés !). D’autres sont irrécupérables (« Information in the Voice »). Le comble, c’est que l’écossais ne va même pas au bout de sa démarche, proposant on ne sait pourquoi  un très beau « Little Hurricane » qui eut pu figurer sans problèmes sur les disques précédents.

De quoi alimenter des regrets ? Sans doute, puisque j’ai du me forcer pour réécouter un peu le disque en vue de cette chronique, et que je ne le ferai certainement plus. Mais on peut aussi prendre un peu de recul, notamment à l’écoute du disque bonus fourni avec l’édition limitée de Summer of ’13. Quatre inédits et six titres de Summer of ’13 en version demo, uniquement guitare acoustique / voix. A quelques rares exceptions près, (« Big Black Hole » et « You and I » un peu répétitifs), ce bonus est bien plus agréable que l’album officiel, voire très largement supérieur (« Summer of ‘13 » y est cette fois superbe), les inédits étant assez inspirés tant musicalement que sur des textes toujours délicieusement cyniques (« some people get what its deserve, most people don’t » sur « Gone Gone Gone »). Ces squelettes déjà imaginés à l’écoute de l’album révèlent cependant le risque qu’a voulu éviter Middleton, à savoir la redite : beaucoup de ces chansons ont en effet un air de déjà entendu, à fortiori pour les fans ayant acheté les (très bons) live et albums demo publiés régulièrement par l’écossais et interprétés essentiellement en guitare/voix. Dès lors, si l’on regrette la direction prise par l’artiste (qui parle d’ailleurs de l’ennui de jouer toujours la même chose sur « Sharp Exit, Stage Right »), on peut facilement la comprendre. Ce disque bonus constitue en tout cas une petite consolation, en attendant la suite des aventures de Malcolm qui s’est plus que jamais rapproché de son compère d’Arab Strap depuis la parution de Summer of ’13.

 

 

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18 septembre 2016

# 033 / 221

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Elle s’appelait Vanessa et adorait Nirvana (ca situe d’emblée l’action dans le temps). Ce fut une de mes premières copines, qui passa comme beaucoup d’autres comme un éclair dans ma vie, mais non sans y laisser une marque (et une seule) indélébile : the Crow. Un film qu’elle adorait et que j’adorais donc sans me poser de question (1). Plus tard (bien après Vanessa), j’ai flaché sur la BD de James O’Barr, que je défendrais peut être un jour ici si je me décide enfin à ouvrir une rubrique BD sur ce blog. Le travail de James O’Barr a été énormément influencé par des groupes de post punk comme the Cure ou Joy Division dont il avait d’ailleurs reproduit certaines paroles dans sa bande dessinée. La BO (2) que j’avais enregistrée dans son intégralité rend plutôt bien hommage aux gouts du dessinateur et à l’ambiance de son histoire, d’autant que les titres présentés semblent tous des inédits composés pour l’occasion (d’où l’absence de Joy Division pour cause de mort de son leader depuis bien longtemps).

Si l’on exclue les deux derniers morceaux tout mièvres illustrant sans doute le pseudo happy end du film, le disque est séparé en deux parties. La première, est composée des 6 premiers morceaux, plutôt lents et sombres, avec une basse importante, et dessinant une ambiance plus glauque que violente.  On est dans la new wave ou l’indus, et on imagine que cela correspond à la partie de l’histoire où Eric et sa copine se font sauvagement buter par une bande de malfrats, le héros ressuscitant par l’entremise d’un corbeau mystique et s’en trouvant tout perdu et malheureux. Les 6 titres suivants vont plus chercher du côté hard rock ou Metal, avec des guitares saturées bien en avant. La violence est cette fois bien affirmée, sans doute que l’épouvantail interprété par Brandon Lee a entamé sa mission, trucider un par un les assassins de sa belle afin de pouvoir reposer en paix auprès d’elle.  

Si les morceaux de la deuxième partie sont efficaces sans être inoubliables, ceux de la première m’étaient bien restés en tête car ils sont vraiment bons. Ce qui est très étonnant, c’est que je n’ai pas cherché à en savoir plus sur les artistes découverts à cette occasion. « Big Empty » de Stone Temple Pilots a par exemple un côté Alice in Chains qui aurait dû me séduire, mais je n’ai jamais rien écouté d’autre de ce groupe pourtant assez connu. The Cure, Violent Femmes (excellent « Color me Once »), Rage Against the Machine (et son « Darkness» alternant couplets jazzy et refrains explosifs), the Jesus and Mary Chain sont tous des groupes cultes pour la plupart des gens de ma génération, mais malgré certains emprunts ultérieur à la médiathèque je n’ai jamais acheté le moindre de leur album… L’exception notable, c’est Nine Inch Nails qui, après une prise de contact timide (enregistrement d’une petite moitié seulement de leur chef d’oeuvre the Downward Spiral) deviendra progressivement l’un de mes groupes préférés. Il faut dire que « Dead Souls » est un de leurs meilleurs morceaux, même présenté ici dans une version un peu soft comparée aux interprétations en concert dont elle sera souvent l’un des piliers. Il faut croire que je n’étais pas aussi sombre que tous ces groupes gothiques et aussi désespéré que je le pensais, ce que Vanessa aura très rapidement détecté au profit d’un faux vrai rebelle quelconque…

 

(1)  C’est donc encore un de mes films fétiches. Il parait que c’est tout pourri mais bon, apparemment un bon nombre de mes films fétiche sont des navets…

(2)  On parle de l’Original Motion Picture Soundtrack, pas de l’Original Motion Picture Score composée par Graeme Revell que j’avais pour le coup acheté en CD.

 

 

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Curieux (ou stupide) découpage des enregistrements qui voient Superunknown et un best of de Blue Oyster Cult éparpillés et mélangés sur cette cassette et la suivante. Commençons donc par l’album de Soungarden au nom si mensonger, puisqu’il fut, tous les gens de ma génération s’en souviennent,  l’un des disques les plus vendus des 90’s, porté qu’il fut par le single « Black Hole Sun » qu’on réécoutera au prochain épisode.

Les trois premiers titres présents ici sont assez raccord avec le début de la cassette, et auraient pu aisément figurer dans la deuxième partie de la BO de the Crow. « Let me Drown » par exemple (notez le titre guilleret), avec ses grosses guitares bien en avant, est bien dans l’ambiance. On oscille entre le grunge (chant rauque) et le rock alternatif, cette alternance de riffs très lourds (« 4th of July ») et de parties plus calmes laissant parfois la place à un peu d’acoustique. « Half » s’orne d’ailleurs de couleurs indiennes sympathiques, l’enchainement des deux titres sus cités m’ayant fortement évoqué les Pumpkins période Mellon Collie. Du bon son donc (du moins à mes oreilles), mais on attendra les extraits suivants pour une conclusion définitive.

 

 

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Puisqu’on parle des Smashing Pumpkins (ils ne sont encore jamais bien loin en cette période de ma vie), les voilà qui, reprenant lors de leurs premiers concerts (1) le titre « Godzilla », m’amènent à emprunter cette compilation de Blue Oyster Cult constituée d’une bonne partie d’enregistrements live. Le « Godzilla » en question est un rock 70’s typique doté d’un très bon riff de guitare, mais exécuté un peu lentement à mon gout (ou disons que les Pumpkins en faisaient une délectable version punk). En revanche « the Red and the Black », autrement plus relevé, évoque le hard rock primaire de Motorhead. De quoi attendre avec impatience les extraits de Career of Evil sur la prochaine cassette…

 

(1)  Période Gish, j’ai même un bootleg qui s’appelle Tribute to BOC.

 

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15 septembre 2016

the ROLLING STONES - Sticky Fingers

Salut les mioches, pour le grand retour de la rubrique Artworks, rien de mieux qu'un immense classique de la pochette originale, sans doute l'une des plus connues: celle du Sticky Fingers des Rolling Stones, imaginée par Andy Warhol himself...

 

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La pochette représente la photo d'un jeune homme bien charpenté, remarquablement cadrée au niveau de l'entrejambe. Qu'importe si le modèle n'est pas Mick Jagger, l'essentiel est que tout le monde l'ai cru, notamment les jeunes filles forcément intriguées à l'idée de découvrir ce qui se cachait derrière cette vraie braguette qu'on pouvait ouvrir comme sur un jean normal.

 

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Hop! Ouverture de braguette !

 

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L'astuce consistait en un deuxième carton collé derrière celui de la pochette, figurant donc le jeune homme en question en sous vetement, en l'occurence un slip de coton blanc siglé Andy. Seule une faible partie du carton inférieur était visible (au niveau de la braguette), tout effort pour en voir plus risquant d'abimer la pochette, arracher la braguette ou décoller les deux cartons. Trouver un vinyle d'origine avec la pochette en excellent état n'est d'ailleurs pas facile, et celui ci se monneyera forcément un bon prix.

 

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Photo d'un vinyle dont les deux cartons ont été décollés, et qui révèle la fabrication de la pochette.

 

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Le verso ne devait pas non plus laisser les demoiselles indifférentes (et certains messieurs aussi, évidemment...). On y remarque pour la première fois le logo en forme de bouche tirant la langue qui est depuis lors le logo officiel des Stones.

 

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Pochette intérieure. Deux versions légèrement différentes du logo bouche.

 

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Recto de la pochette intérieure, sur laquelle les Rolling Stones jouent aux sales gosses.

 

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La pochette inspira évidemment les Rolling Stones, qui n'eurent pas à chercher bien loin pour promouvoir leur disque.

 

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Terminons par cet artwork, déjà évoqué sur le Hors Série consacré aux pochettes censurées. La braguette étant décidément trop douteuse pour le régime Espagnol des années 70, la pochette originale est remplacée dans le seul pays Ibérique par cette délicieuse boite de conserve aux doigts coupés, bien plus Franco Compatible. Ces dictateurs sont vraiment des hommes de bon gout...

 

Allez, on se donne rendez vous très bientot pour un autre grand classique !

 

 

 

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12 septembre 2016

# 032 / 221

 

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Sur les 221 cassettes qui vont m’occuper un moment, une seule a disparu : la 032, ce qui est mystérieux vu qu’elle est relativement anecdotique. Une fois n’est pas coutume, j’ai donc délaissé le charme de la bande magnétique et de la pochette fait main pour me reconstituer la setlist originale en mp3, et vous fournir quand même cette indispensable chronique.

 

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Poursuite de l’étonnant Instinct de l’Iguane, sur les mêmes bases que les extraits de la cassette précédente : du hard rock basique mais bien troussé, la paire Steve Jones / Iggy Pop se complétant à merveille. Rien à redire sur ces trois nouveaux morceaux, avec une préférence pour l’efficace « Tuff Baby » évoquant furieusement AC DC. Un fan saurait peut être expliquer cette bizarre galette testostéronée coincée entre Blah-Blah-Blah et  Brick by Brick, autrement plus FM compatibles dans mon souvenir, et le pourquoi de cette collaboration (unique ?) entre le parrain du punk et son filleul des Sex Pistols…

 

 

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Subterranean Jungle est le dernier album de la deuxième période des Ramones. Celle-ci avait commencé avec l’arrivée de Marky Ramones à la batterie sur l’anecdotique Road to Ruin, puis sur le End of the Century vu il y a peu, disque très particulier dans l’histoire des faux frères et catalyseur d’une explosion interne qui couvait depuis quelque temps. D’où un Pleasant Dreams dont j’ai déjà dit le mal que j’en pensais et enfin ce Subterranean Jungle, qui ne s’annonce donc pas sous les meilleures auspices.

En témoin, cette pochette extraordinaire, cas unique où le membre d’un groupe est humilié en une d’un album. Les trois Ramones historiques, assez peu complices et souriants (c’est le moins qu’on puisse dire), posent ensemble à la porte du Metro New Yorkais. Marky Ramone, alors sévèrement alcoolique, est puni, relégué en fond de wagon, son visage triste se repérant difficilement dans une fenêtre encadrée de tags. Quel symbole de l’ambiance régnant dans le groupe, et du caractère de ses protagonistes !

Musicalement, évidemment, ce n’est guère plus flamboyant que le Pleasant Dreams. J’avais été généreux en enregistrant une grosse partie de l’album (la deuxième face dans son intégralité), mais entre les reprises, les ballades chiantes de Joey, cet incorrigible amoureux, et les titres de Dee Dee passables (du déjà entendu en moins inspiré), rien de marquant à se mettre sous la dent. Même « Psycho Therapy », seul titre du disque à ne pas avoir sombré dans l’oubli, et description précise et navrante du quotidien du bassiste, semble ramollo. Les Ramones sont fatigués, et cela s’entend. Inutile de dire que Marky sera bientot viré, remplacé par Richie officiant sur le Too Tough To Die suivant. Un renouvellement qui fera du bien au groupe et inaugurera une période flirtant souvent avec le hardcore. Too Tough to Die, seul album que je ne trouvais pas en médiathèque et qui ne sera donc pas chroniqué dans cette rubrique. Il est donc temps de mettre un point final à une saga qui m’aura bien fait plaisir…

 

 

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Tient, en parlant de groupes mythiques sous tension, nos chers Pixies viennent eux aussi tirer leur révérence avec leur dernier album, Trompe le Monde. Un véritable miracle que ce disque, Frank Black, excédé que Kim Deal ne soit pas à ses ordres et ose publiquement se rebeller, ayant déjà plus ou moins envisagé d’arrêter le groupe et donné des concerts en solo pour se faire un peu d’argent de poche. Mais finalement Kim Deal retourna docilement en studio pour enregistrer un album assez éloigné des précédents, et qui préfigure déjà dans le son agressif et la présence importante du clavier d’Eric Drew Feldman les débuts de la carrière solo de Frank Black.

Si quelques titres comme « Alec Eiffel » s’appuient encore sur la basse et s’ornent des fameux solos épileptiques de Joey Santiago, beaucoup s’affranchissent de ces bases historiques des Pixies en mettant en avant de grosses guitares saturées ou des parties mélodiques inhabituellement complexes. Que dire des structures des morceaux, qui n’ont plus rien à voir avec les quelques accords basiques tournés en boucle des débuts. Dès l’introductif « Trompe le Monde », le ton est donné, et des titres comme « the Sad Punk » ou « Space (i believe in) » (que je n’avais pas retenu à l’époque tellement il est barré) avaient de quoi perturber le fan, surtout après un Bossanova relativement apaisé. Je trouve encore aujourd’hui assez bizarre que certains considèrent cet album comme un Pixies pur et dur tandis qu’ils taxent Indie Cindy de Frank Black solo déguisé. Les accointances entre Trompe le Monde et (au moins) les trois premiers albums solo de l’enrobé leader sautent pourtant aux oreilles (1). Seul argument recevable, une basse absente du disque de 2014 alors qu’elle bénéficie encore d’une présence relativement importante sur Trompe le Monde. Témoin ce « Distance Equals Rate Times Time » expéditif où une Kim Deal magnifique sublime les trois accords en boucle et les beuglements du dictateur de chanteur, comme à la grande époque. L’une de mes chansons préférées des Pixies, sur laquelle nous quittons ce groupe, référence et influence majeure de l’auteur de ces maladroites lignes.

 

(1)   Je précise que ce n’est pas du tout un défaut pour moi. J’adore Trompe le Monde du début à la fin, cela va mieux en le disant…

 

 

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Bon, on ne va pas réinventer la poudre, j’ai déjà écrit ce que je pensais du Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band lors du Beatles Beginner’s Challenge. Pour ceux qui auraient la flemme de lire ce long article, j’y expose mon admiration pour le génie inventif des Beatles (les trouvailles sonores, d’enregistrement, les audaces, les instruments, les enchainements…) tout en regrettant le coté à mon sens très inégal des compositions, de pures merveilles (dont l’inestimable « A Day in the Life ») y côtoyant des trucs bien trop classiques et proprettes pour m’enthousiasmer (« She’s Leaving Home »). Ce qui est marrant, c’est que mon avis n’a pas changé depuis l’enregistrement de cette cassette : je sélectionnerai exactement les mêmes morceaux aujourd’hui. Si la demi-heure réécoutée pour cet article ne souffre d’aucune critique, le Sgt Pepper dans sa globalité n’entre même pas sur mon podium Beatles. J’abandonnerai donc là le prétendu meilleur groupe de rock de tous les temps aux vioques et retournerai à mon Hard et mon Rock Indé pour quelques années encore. Ce n’est qu’une fois devenu vieux à mon tour que, conscient de mes lacunes, j’entamerai l’étude approfondie de la discographie des Fab Four, et laisserai traces de mes impressions et découvertes sur ce blog.

 

 

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Remarquez mon honnêteté : j’aurai pu passer outre, faire comme de rien… mais non, je me dois de réécouter ce titre de Tai Phong, un « Fields of Gold » de plus de 7 mn tout de même. Pour ceux qui l’ignorent, Tai Phong est un groupe de rock progressif français des 70  connu pour avoir été le premier groupe de Jean Jacques Goldman. A l’époque de cet enregistrement, j’étais surement en train de composer mon best of de Goldman que j’ai toujours, mais que je ne pense pas avoir le courage de chroniquer en hors-série (deux cassettes de 90 mn, vous me pardonnerez…) Bref, j’avais poussé la curiosité (ou le vice) jusqu’à voir ce que donnait le début de carrière de notre JJG national, et donc… ben du prog  symphonique avec des voix sur-aigues, plein de claviers et de solo de guitare qui tuent. Pour les masos qui veulent écouter, je mets le titre en lien…

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05 septembre 2016

# 031 / 221

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 Premier album de la fin de carrière de Can, où Rosko Gee a remplacé Holger Czukay à la basse, Saw Delight ne compte que 5 titres, dont deux seulement ont été sélectionné sur cette cassette. On évacue rapidement « Fly Night », pop funk un peu ridicule (on imagine que les titres non retenus sont de cet acabit) pour se concentrer sur la pièce maitresse du disque, un « Animal Waves » de 15 minutes. C’est une composition assez intéressante, qui, sur un fond ambient bien marqué et une basse quasi transe tellement elle est répétitive, mélange rythmes africains (beaucoup de percussions) et violon oriental. Can explore d’autres territoires, mais a depuis quelques albums abandonné toute tension ou folie au profit d’une musique intello bien lisse …

 

 

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Après celle de la cassette précédente, deuxième incursion dans les bootlegs aux sons douteux des Stooges en fin  de vie. La setlist de Till the End of the Night reprend d’ailleurs partiellement celle de Rubber Legs, nous n’aurons donc cette fois que deux titres à nous mettre sous la dent. Après « She Creatures of the Hollywood Hills », morceau un peu pénible sur laquelle James Williamson vient tartiner des solos alors que ses compères se contentent d’un riff répété en boucle jusqu’à la nausée (un accord pour le piano), les 8 minutes de « Till the End of the Night » se révèlent aussi surprenantes qu’intéressantes. On y trouve des Stooges plus mélodiques que jamais, se vautrant dans la torpeur d’un tempo ralenti et allant jusqu’à évoquer des Led Zeppelin si chargés qu’ils en auraient perdu les trois quart de leur technique. Inhabituel et savoureux.

 

 

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Retrouvailles bienvenues avec les sacrées gonzesses de L7, pour leur deuxième album (1), le fort bien nommé Bricks are Heavy. Pour être lourds, ils sont lourds ces accords de guitare assénés tout au long d’un disque que j’avais assez apprécié pour l’enregistrer aux 2/3. Avec le chant craché, presque vomi par moment (« Scrap »), de Donita Sparks, et sa voix spécialement grave, on est plus dans le hard rock que dans le punk, dans des contrées rarement abordées par des demoiselles à l’époque. Qu’importe, les quatre L7 y vont au bulldozer, véhicule pas forcément rapide mais tellement jouissif quand il s’agit d’écraser les convenances et les clichés. C’est dire, elles n’évoquent Hole que lorsque le chant se fait un peu plus tendre (« One More Thing ») ! Un coté grunge qu’on retrouve aussi sur « Pretend We’re Dead », single parfait au refrain clair et aux guitares plus mélodiques : du Breeders, le fun en moins, et un tube évident qui fera de Bricks are Heavy leur plus grand succès. Amplement mérité, cela va sans dire…

 

(1)   l’excellent Smell the Magic chroniqué précédemment est considéré comme un EP, quant au premier album je ne l’ai jamais écouté…

 

 

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En 2012, Can sortait à la surprise générale the Lost Tapes, un triple album issu d’une pile de cassettes enregistrées à la grande époque prétendument retrouvées par hasard à la faveur d’un déménagement. Une histoire incroyable sur laquelle j’émets quelques doutes, tant il me parait impossible que la gardienne du temple Hildegard Schmidt, manageuse du groupe et épouse du claviériste veillant de prêt aux intérêts financiers de son mari et de ses allumés de potes,  ai pu égarer un tel trésor. Surtout, le coup avait déjà été fait en 1981, 3 ans après la séparation du groupe, avec un Delay 68 compilant des titres inédits enregistrés avant la sortie du premier album de Can, Monster Movie. Dès lors vu la qualité dudit Delay 68, on eut pu craindre que the Lost Tapes ne contint que pauvres restes en regard. Que nenni, il y avait suffisamment de matière pour contenter le fan (bon, peut-être pas sur 3 disques),  mais quand même pas grand-chose qui ne fut à la hauteur de cette grandiose première sélection du Delay 68.

De cet album indispensable je n’avais conservé qu’une moitié, et encore en me plantant un peu puisque à ma grande déception, ce n’était pas le magnifique « Thief » - superbement repris par Radiohead lors des concerts du début des 00’s – que j’enregistrai mais « Man Named Joe », plus rythmé et bien moins marquant. Reste deux longs développements tendus à souhait, « Little Star of Bethleem » et « Butterfly », comptant parmi les meilleurs titres de Can et sur lesquels le chanteur Malcolm Mooney est particulièrement impressionnant.

 

 

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Instinct me semble un disque d’Iggy Pop très méconnu. Je peux me tromper, mais aucun de ses titres ne figure à priori dans les setlists des concerts les plus communs de l’Iguane. Et c’est fort dommage, au regard des morceaux enregistrés sur cette cassette, tout trois excellents (on en entendra trois autres cassette suivante). Du hard rock classique bien appuyé, paire rythmique basique agrémenté d’un clavier discret juste comme il faut, le tout embarqué par la guitare puissante et redoutable de Steve Jones. La voix inimitable d’Iggy Pop fait le reste, seyant particulièrement bien à ce son teigneux dont les regards appuyés aux motards, du titre « Easy Rider » à la pochette fleurant le clou et le cuir, ne sont pas mensongers. Une belle redécouverte.

 

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28 août 2016

NEWFOUNDLAND - the Waves they are only clapping your Death

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En parallèle du groupe HELLO DARKNESS dans lequel je suis batteur, j’avais envie de publier quelques chansons en solo sur internet, pour ne pas laisser mes guitares prendre trop la poussière, et concrétiser les nombreuses idées qui me trottent dans la tête. Ainsi est né NEWFOUNDLAND qui me permettra de présenter des reprises, des chansons qui n’ont pas réussi le casting HELLO DARKNESS ou qui ne s’adaptaient pas au style du groupe,  des relectures de titres anciens… Au niveau du style, tout sera possible, même si j’ai commencé par le plus simple pour me lancer, à savoir du bon vieux folk en guitare / voix qui nécessite peu de temps d’enregistrement et de mixage.

 

Voici donc the Waves they are only clapping your Death, EP de 6 titre que j’envisage comme le premier d’une série construite sur le même principe : 4 reprises, dont une apprise pour l'occasion (pour avoir un truc un peu récent, ou sortant de mes sentiers rebattus) + 1 nouvelle compo + 1 compo d'Hello Darkness - (je m'écarte du principe dès le début, puisqu' ici il y a deux nouvelles compos). Rien n’est figé évidemment, et j’ai pas mal d’autres idées, être seul permet une grande flexibilité, donc on verra bien ce que deviendra NEWFOUNDLAND dans le futur. En attendant n’hésitez pas à donner votre avis sur cet EP en commentaire, pour m’encourager et me faire progresser…

 

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NEWFOUNDLAND - the Waves they are only clapping your Death

1 - Yesterdays (Rose / Billy / James / Arkeen) - original des GUNS N'ROSES sur USE YOUR ILLUSION II (1991)

2 - Apple Bed (Mark Linkous) - original de SPARKLEHORSE sur IT'S A WONDERFUL LIFE (2001)

3 - the End of Me (NewFoundLand)

4 - Morning Bell (Colin Greenwood / Ed O'Brien / Johnny Greenwood / Phil Selway / Thom Yorke) - original de RADIOHEAD sur KID A (2000)

5 - Gold (Daniel Spencer / Luke Spencer / Sarah Spencer / Luke Walsh) - original de BLANK REALM sur ILLEGALS IN HEAVEN (2015)

6 - Waves (NewFoundLand)

 

BANDCAMP: https://newfoundland01.bandcamp.com/releases

 

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26 août 2016

Les Propositions d'HELLO DARKNESS #30 (Juillet - Aout 2016)

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YUNG - A Youthful Dream

 

En écoute: DEEZER

Proposé par Xavier.

Mon avis:

Découverts en première partie de Ought, les danois de Yung avaient livré un concert qui, bien qu’un peu brouillon par moments, s’était révélé plus enthousiasmant que la prestation un peu trop scolaire de la tête d’affiche. A la suite d’une discographie confidentielle et limitée, A Youthful Dream vient confirmer que l’énergique trio n’était pas qu’un éphémère coup de cœur scénique mais surtout un excellent pourvoyeur de chansons directes et addictives.

A une base fleurant bon le rock alternatif 90’s (1), c’est-à-dire usant de guitares très mélodiques sur des tempos relevés, Yung ajoute une morgue évoquant des groupes garage comme Thee Oh Sees (« Blanket ») et un chant écorché à la Jeremy Enigk (2). Autant dire que A Youthful Dream n’a rien de révolutionnaire, mais qu’il semble avoir été composé pour moi, et qu’on le retrouvera donc logiquement placé sur mon podium de l’année. Avec sa demi-heure ne souffrant d’aucun temps mort, il est d’ores et déjà le disque ayant le plus tourné à la maison comme dans ma voiture. Il faut dire que l’enchainement « the Hater » / « A Mortal Sin » du début est un stimulant génial pour commencer une journée pied au plancher.

 

(1)   « Pills » évoque inévitablement « Tonight Tonight » des Smashing Pumpkins

(2)   Qui est apparement l’initiateur du mouvement EMO, que je ne connais donc qu’à travers lui…

 

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YAK - Alas Salvation

 

En écoute: DEEZER

Proposé par Xavier.

Mon avis:

Rien à dire, le concert de Yak au TINALS était renversant. On y avait certes détecté pas mal d’esbroufe, mais le show avait été mené avec suffisamment d’aplomb pour que cela participe plus à magnifier le concert qu’à l’affaiblir. Afficher clairement l’ambition de se mesurer avec Iggy Pop sur scène peut vite tourner à l’irritant, voire au ridicule, si on n’a pas le charisme suffisant : fort heureusement le groupe Londonien, et notamment son leader Oli Burslem, ont du charisme à revendre. Mais savoir à merveille exciter une foule et assurer le spectacle à partir de quelques titres bien trempés épuisés jusqu’à la moelle ne sert à rien sur disque, et l’on craignait que Alas Salvation agisse en révélateur et ne catalogue uniquement Yak comme une vaste fumisterie aux oreilles de ceux ne les ayant pas vu live.

J’en fus le premier agréablement surpris, mais Yak réussi avec intelligence à conserver l’esprit rock de leurs show tout en restant attrayant sur la longueur du disque. Son brut, voire crados, énergie juvénile, brûlots suintant l’attitude bravache, construction volontairement fouillie avec des pauses blues impromptues et des interludes inutiles, mais morceaux sans fioritures à l’efficacité optimisée (« Alas Salvation » et « Victorious » durent moins de deux minutes), la formule fonctionne bien. On pense aux Stooges - l’enchainement violent des trois expéditifs premières chansons, mais plus encore ce « Smile » malsain aux refrains explosifs – ou à quelques fameux faux branleurs, tels les Dandy Warhols sur le blues crasseux « Roll Another » ou les Libertines sur le nonchalant « Doo Wah ». Si l’ensemble peut paraitre bordélique, Yak prend soin de laisser quelques indices indiquant que tout est maitrisé. On s’en doutait en s’apercevant que l’ensemble des morceaux joués à Nîmes nous revenait instantanément à l’esprit lors de la première écoute d’Alas Salvation, et le très beau « Take it », aux arpèges quasi Radioheadiens, nous le confirmera : le anglais sont tout autant bons songwritters qu’hargneux bruitistes. Reste à savoir s’ils sauront à l’avenir conserver ce brillant équilibre ou si, emportés par le tourbillon du succès ils céderont à la facilité et rejoindront la cohorte de jeunes groupes perdus pour le rock leur premier album passé.

 

 

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the MYSTERY LIGHTS - the Mystery Lights

 

En écoute: DEEZER

Proposé par Julien.

Mon avis:

Comme on l’avait craint, les Mystery Lights ne nous ont pas plus passionnés sur disque qu’au TINALS (et même moins, vu le final détonnant de leur concert). En cause non leur qualité d’écriture, mais un classicisme extrême et un manque de folie qui rend le disque très redondant, à l‘exception de quelques titres plus marquants : « Too Many Girls », choisi sans surprise comme single, ou « Melt » dont le tempo rapide et l’agressivité dénotent. The Mystery Lights (l’album) est la plupart du temps à l’image de la chanson « Before my Own » : sympathique mais tellement entendue qu’on passera vite à autre chose…

 

 

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Michel CLOUP DUO - "Ici et Là-bas"

 

En écoute: DEEZER

Proposé par Damien.

Mon avis:

Tout en reconnaissant sa qualité, je n’avais pas adhéré à Minuit dans tes bras, précédent disque du Michel Cloup duo, hormis sur quelques titres. Il est difficile de rentrer dans l’univers du Toulousain, plus encore aujourd’hui. Ici et là-Bas partait donc pour récolter la même chronique que son prédécesseur, teintée de respect mais de distance, malgré « Qui je suis » et sa musique post rock si raccord avec mes gouts (le batteur est excellent). « Ici et Là-Bas », seul titre faiblard du disque, aurait même pu me faire abandonner la partie. Mais c’était sans compter les « Deux minutes Vingt-Cinq » de grâce absolue, d’une mélancolie apaisante qui m’a fait penser à mon cher Tiersen récent (c’est encore plus flagrant sur « D32W »). A chaque écoute, tout se débloque sur ce titre, à partir de là je suis paré à me prendre la dureté des paroles, ces textes racontés plus que chantés sur une musique distillant sa violence sourde en echo, éclatant souvent d’une rage trop longtemps contenue. Jusqu’au choc « Une Adresse en Italie », un quart d’heure d’histoire prenant aux tripes, trouvant chez chacun un point d’accroche. Quand finirais-je par la zapper, je ne sais… La musique me sert habituellement à fuir le monde, l’anglais m’est un artifice précieux pour éviter de le regarder en face. Aussi je ne sais si j’aurai le courage de revenir régulièrement à ce miroir sans filtre, à ce portrait parfait d’une actualité déprimante et anxiogène. L’avenir le dira. Mais plus que jamais, il est incertain.

 

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19 août 2016

the WHO - Live at the Royal Albert Hall

 

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L’un des premiers articles de cette chronique avait bien sûr été consacré au Live at Leeds, indispensable album à qui aime le rock et témoignage fabuleux d’un des meilleurs groupes scénique que la terre ait porté. Mais il est un autre live des Who, beaucoup plus personnel, que je voulais citer ici : le Live at Royal Albert Hall. Enregistré en 2000, soit à une période où les tournées recommencent à être régulières pour les Who, ce triple CD efface le souvenir douloureux du Join Together qui retranscrivait la première tournée de reformation en 1989, marquée par un gigantisme douteux. Ce concert, donné au profit d’une association luttant contre le cancer, voit en effet les Who revenir à une formation traditionnelle à 5,  même si  quantité de guest star viennent leur prêter main forte pour la bonne cause, ce qui ajoutera de la diversité à un set qui n’en manquait déjà pas.

 

Retour à un son pur donc, le claviériste Rabbit Bundrick préférant le piano au synthés moisis, et Pete Townshend étant d’une grande pertinence dans ses interventions. Zak Starkey réussit à évoquer Keith Moon sans être dans la vaine imitation, John Entwistle est incroyable comme d’habitude (« Anyway, Anyhow, Anywhere », « the Real Me »), quant à Roger Daltrey, s’il se fait piquer pas mal de chansons par les invités, cela le met souvent indirectement en valeur : Bryan Adams ne démérite pas sur « Behind Blue Eyes », mais est loin d’atteindre la justesse et l’intensité du chanteur des Who sur SON titre. Daltrey doit d’ailleurs probablement se rabattre sur la guitare acoustique, car celle-ci est souvent à l’honneur, ce qui contribue en plus à l’originalité et la légèreté inhabituelle du concert. Le groupe déploie une énergie  telle qu’on a pu l’entendre sur le Live at Leeds, tout en consacrant une large part de sa setlist à des titres sortant de l’ordinaire, cumulant ainsi les avantages des deux live précédemment chroniqués sur ce blog. A côté de tubes imposés au cahier des charges réalisés avec application mais sans grosse surprise (« I Can’t Explain », « Won’t Get Fooled Again », « My Generation »), et limitant fort heureusement le Tommy à ses passages obligés, les Who remettent en lumière quelques chansons moins exploitées, comme un « Relay » magistral qu’on eut dit joué par des Who trentenaires, ou de très vieux morceaux aussi charmants que calmes (« Mary Anne with the Shaky Hand », « So Sad About Us »). Cela vaut en particulier pour l’album Who’s Next : considéré par certains comme le début de la fin des Who, par d’autres comme un album très inégal, je fais partie des rares personne l’aimant dans sa globalité, aussi suis-je ravi de retrouver sur ce live, en plus de ses trois inévitables succès, trois autres extraits rarement joués : « Getting in Tune » dont la mélancolie va bien à Eddie Vedder, un « Bargain » bien rock et « My Wife », titre d’Entwistle sur lequel il est particulièrement brillant.

 

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Les Who retracent l’ensemble de leur carrière, depuis leurs premières chansons (« the Kids are Alright », assez touchante dans le contexte et joliment prolongée par, une fois n’est pas coutume, une impro au chant) jusqu’à leurs derniers single (« You Better you Bet »). Pete Townshend est bien en forme, présentant longuement certains titres, notamment « Magic Bus » dont l'interprétation est de son propre aveux de qualité variable (très bien ici, mais inférieur à l’exceptionnelle version du Live at Leeds), ou agrémentant de fioritures guitaristiques inédites et réussies les grands classiques comme « Who are You ». Ma partie favorite du Live at the Royal Albert Hall est une séquence unique où le guitariste s’autorise quelques titres en solo. Deux extraits fabuleux de Quadrophenia, « I’m One » et « Drowned » (Townshend y montre l’étendue de sa technique, que ce soit mélodique ou rythmique), et la ballade « Heart to Hang Onto » prouvant que dans sa discographie solo aussi imposante que dispensable se cachent quelques pépites méconnues. Les invités apportent plus ou moins leur touche aux chansons sur lesquelles ils participent. On entend peu Noel Gallagher à la guitare, mais les voix d’Eddie Vedder et Kelly Jones sont reconnaissables entre mille, la palme revenant à Nigel Kennedy qui vient de son violon agressif dynamiter le final d’un « Baba O Riley » bien classique. Pour prolonger ce concert atypique, un troisième disque propose quatre morceaux enregistrés au même endroit deux ans plus tard, pour la même cause. On en retiendra surtout le « Young Man Blues » que les Who s’approprient toujours d’une éclatante manière. John Entwistle y est impressionnant, sa basse vrombissante lui assurant une présence scénique suffisante, sans qu’il n’ait besoin de bondir dans tous les coins ou de fracasser son instrument. Ce sera le dernier concert des Who avec le légendaire bassiste. Ce prétendu timide mourra quelques mois plus tard de la façon la plus rock n roll qui soit, adressant là un dernier salut symbolique à la cohorte de ses admirateurs.

 
 

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15 août 2016

Hors Série #01 - the TOADS

the Toads

 

Petit interlude dans mes chroniques de cassettes pour évoquer the Toads, groupe Guest Star du dernier épisode grâce auquel j’ai indirectement découvert Can. Et comme j’ai retrouvé la cassette de demos que m’avait refilé mon pote Julien (1), voici un petit clin d’œil à cet obscur combo Marseillais. Obscur mais pas complètement anonyme, car si les Toads n’ont à priori rien sorti de professionnel, ils ont laissé quelques traces sur le net, à commencer par une biographie qui me permet de situer la cassette qui m’intéresse dans le contexte. Les Toads ont été fondé en 1995, et le concert que j’ai vu était en 1996. Cette année est aussi la seule ou Julien  (Prana Toad) a officié dans le groupe, dont il n’était en fait qu’un occasionnel second guitariste pour les concerts (je ne m’en souvenais plus). La cassette de demos ici présentée (6 titres pour une demi-heure environ) a été réalisée en 1998.

 

Les Toads ont crânement enregistré leurs titres en prise directe, avec un son pas trop mal équilibré. Ça reste de l’amateur enregistré sur cassette, donc pas exceptionnel, mais bien suffisant pour apprécier les chansons à leur juste valeur, et ça convient bien au style. Si j’avais cité de mémoire Marilyn Manson sur le dernier article, ce n’était pas très approprié, mis à part peut-être pour le sens de la mise en scène du chanteur. Les références musicales saisies sur ce court EP sont plus à chercher chez des allumés plus anciens comme the Birthday Party, le Captain Beefheart du Trout Mask Replica ou la période Zappa du Alice Cooper Band (album Pretties for You). Ce dernier notamment dans le chant déclamatoire et les cris de « the Sinister Road » et la guitare dissonante de « Mother Mayhem ». On y retrouve aussi le coté jazzy et expérimental de Can (l’erratique « Black Man on the Loose » et sa basse omniprésente) ou le chant perché de Damo Suzuki (« the Scaring Creeping Possessor », bien rythmé). Pas mal d’originalité dans ce court aperçu du groupe, comme ce « Man from Germany » alternant passages reggaes et punkoïdes, mais surtout beaucoup de personnalité et un univers bien affirmé, ce qui manque le plus souvent aux groupes de ce calibre. Cela est sans doute dû au charisme et au sens artistique (particulier, il est vrai) du chanteur, dont on peut juger sur les quelques videos qu’il a posté assez récemment sur Youtube (et plus encore en visitant le profil Jonn Toad sur Facebook…)

 

En résumé, parmi les multiples enregistrements auto produits qu’on m’a refilé, cette cassette des Toads est sans doute l’une des plus intéressante, les morceaux sont bons et auraient pu prédire un avenir moins confidentiel au groupe (2). Encore eut-il fallu qu’il ne soit pas établi à Marseille, qui à l’époque était le degré zéro de la culture. Côté musique, seul le rap avait une bonne fanbase marseillaise, avec un peu de rock festif style ska ou de punk au Cours Julien. Donc proposer une musique si difficile d’accès avec un univers si glauque au pays du soleil, du pastis et du MIA était l’assurance de ne pas attirer les foules. Les Toads ont cependant été à l’affiche de pas mal de concerts dans les lieux underground de la ville, dont la célèbre Machine à Coudre (un peu l’équivalent de la Triperie Lyonnaise), et on trouve des comptes rendus de concert sur le site ConcertandCo, plutôt dans les dernières années du groupe, qui a quand même existé jusqu’en 2002. On trouve même un live enregistré en 2001 sur soundcloud, l’occasion de voir l’évolution du groupe en 5 ans. Pas pour le meilleur selon moi, le groupe s’étant adjoint les services d’un percussionniste et d’un claviériste trop envahissant. Certes dans les meilleurs moments à moitiés improvisés cela rajoute d’autant plus un effet Can, mais le style a évolué vers des rythmes plus latinos ou ska et le son du clavier a quelque chose de forain, je préférais leur son plus rock et cru de la cassette demo. Quoiqu’il en soit, le groupe n’existe plus que sur ces enregistrements, et je garderai bien précieusement celui-ci. Et si Julien a raccroché la 6 cordes depuis bien longtemps, m’est avis que Jonn Toad sévit encore sous une forme ou une autre…

 

(1)   Je n’ai en revanche malheureusement pas retrouvé les photos que j’avais prises à ce concert, ce qui est très dommage. Du coup l’article manque un peu d’illustrations….

 

(2)   Dommage qu’ils ne soient devenus stars, cette cassette vaudrait de l’or aujourd’hui…

 

« Cherry Black », ce qui ressemble le plus à un tube chez les Toads :

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07 août 2016

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Entamé sur une cassette précédente déjà bien chargée, ce Rubber Legs est l’ultime disque des Stooges (on ne compte évidemment pas les disques post reformation), ou plutôt aurait-il dû l’être si ceux-ci, minés par de sérieux problèmes de drogues, n’avaient pas explosé avant. Il s’agit donc d’un EP de demos qui ressemblent encore fortement à des jams : les titres sont longs, répétitifs, Iggy Pop y improvisant à moitié de sa voix de chien galeux des paroles insaisissables. Le groupe, composé alors de James Williamson à la guitare et des frères Asheton en paire rythmique, renforcés par le piano martelé de Scott Thurston qui est un peu la marque de fabrique des titres enregistrés à cette époque, se connait cependant suffisamment bien pour suivre son leader sans encombre et anticiper des accès rageurs qui font tout le sel de ces morceaux. La plupart d’entre eux seront des classiques de concert, comme le délicieusement pervers « Open up and Bleed » absent de cette cassette mais figurant sur Metallic 2xKO, enregistrement épique du dernier concert donné par les Stooges. Mais seul « Johanna », mon favori, sera officiellement publié par la suite, sur le successeur de Raw Power, Kill City, enregistré par Pop et Williamson.

 

 

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Voilà une soirée dont je me souviens particulièrement bien. C’est Julien qui l’avait organisée. C’était un gars sympa de mon Lycée, il était une classe en dessous de moi mais on se connaissait parce qu’on avait fait ensemble des convois humanitaires en Roumanie via l’aumônerie du Lycée. C’est d’ailleurs dans le cadre de cette Association qu’on se voyait toujours, et qu’il m’avait invité à sa fête, la première du genre à laquelle j’assistais : un concert privé. J’étais comme un fou parce que je sortais rarement et que là, c’était vraiment trop cool. On était une trentaine à boire des canons dans le jardin, et puis un groupe avait commencé à jouer, en première partie. Il y avait notamment un guitariste chevelu que je connaissais de loin, et une chanteuse blonde, et ils avaient fait des reprises dont « Violet » de Hole et « Today » des Smashing Pumpkins, deux de mes groupes favoris. J’étais trop content et un peu jaloux aussi, parce que moi je pourrais jamais faire de musique comme ça. Ensuite, c’était au tour du groupe de Julien, qui s’appelait the Toads. Encore aujourd’hui je pense qu’ils avaient un bon  niveau (ils avaient notamment joué à la Machine à Coudre, j’avais gardé longtemps placardé sur le mur de ma chambre l’affiche démente que le chanteur avait dessinée pour l’occasion), ils jouaient des compos toutes torturées et avaient un univers spécial, ils étaient maquillés et glauques. Le plus impressionnant était le chanteur, il se tordait les mains, portait un marteau en plus de son micro et avait un air malsain. Je ne devais pas connaitre Marilyn Manson à ce moment-là, je pense qu’il s’en inspirait vachement. Julien (alias Prana Toad) tenait la guitare, le déguisement marchait moins sur lui, parce qu’il avait une longue chevelure blonde frisée, et qu’en fait, je savais que c’était un putain de blagueur en vrai, pas un gothique. Je sais qu’il m’a donné plus tard une cassette de demos des Toads, faudrait que je la retrouve, ça me donne envie de la réécouter voir avec le recul ce qu’il en est vraiment…

Après les concerts on avait discuté, d’abord avec le chevelu du premier groupe qui comme moi était un fan absolu des Pumpkins, je lui avais montré un bootleg acquis le jour même au Cours Julien pour qu’il soit un peu jaloux de moi lui aussi. Ensuite Julien avait rendu à son bassiste (alias Volvo Toad), un grand type souriant, un CD qu’apparemment il lui avait emprunté depuis des lustres. C’était le Tago Mago de Can. Après ils en avaient un peu parlé, j’avais trop envie d’écouter et j’avais un peu tendu la perche au bassiste, mais vu la façon qu’il avait eu de serrer sur son cœur l’album qu’il avait cru ne jamais revoir, c’était clair qu’il allait pas le prêter à un inconnu. On s’est revu assez longtemps avec Julien - la dernière fois ce  devait être à son mariage, 5 ans après cette soirée, en 2001 - notamment parce qu’il fit ses études de kiné avec ma sœur avec qui il s’entendait bien. Julien a arrêté la guitare parce que ça lui faisait de la corne aux doigts, et que c’était incompatible avec son métier. J’ai trouvé ça complètement dément à l’époque, je rêvais tant d’en jouer ! D’ailleurs c’est vers cette période que j’ai acquis ma Yamaha Pacifica, Julien a été le premier à la voir. Il me restait plus qu’à bucher d’arrache-pied mon Mellon Collie and the Infinite Sadness…

 

 

Voilà donc comment je me suis mis en tête d’emprunter du Can à la médiathèque. Aujourd’hui c’est une petite fierté d’avoir rencontré si tôt le mythique groupe allemand (ce n’était pas gagné vu ce que j’ai présenté dans cette rubrique jusqu’à présent), mais surtout d’avoir instantanément accroché. Il faut dire que j’ai eu la main heureuse dans mes emprunts (motivé, 3 disques d’un coup !), puisque j’ai commencé par les deux albums les plus accessibles, la compilation Cannibalism I et le Ege Bamyasi. Pas sûr que le Tago Mago ai eu le même effet, car il présente surtout le versant barré/expérimental de Can, là où pour ma part j’accroche essentiellement au côté répétitif/hypnotique.  En ce sens le Cannibalism I est parfait, car il ne fait qu’esquisser les trucs tordus en coupant les morceaux originaux : « Halleluwah » n’y dure que 5 mn sur 18 (et la partie la plus accessible), « Soup » 3 mn sur 10 et « Aumgn » 7 sur 17 (et encore je n’avais pas retenu ce dernier, vraiment trop bizarre). En revanche les titres plus « rock » (ou krautrock, comme ils furent surnommés), basés sur la basse/batterie répétitive et les solos de guitare/clavier, sont présentés dans leur version intégrale (à l’exception notable et regrettable de « Mother Sky »), comme le rapide et magnifique « Father Cannot Yell » introductif ou le « Yoo Doo Right » de 20 mn occupant une face complète de vinyle (quand on songe aux économies de bande que je faisais à l’époque, il fallait bien que le titre soit génial pour que je l’enregistre dans son intégralité). Je ne vais pas m’étaler sur cette compilation, car j’ai déjà écrit un article complet dessus. Je me souviens qu’il y a eu débat dans les commentaires (engloutis avec mon ancien blog), certains trouvant inacceptable que des titres aient pu être coupés. Dans le cas de Can, attendu que les longues chansons étaient déjà des découpages et des mixes de bandes de jam sessions durant parfois plusieurs heures réalisés par Holger Czukay, cela ne me dérange pas que le bassiste ait voulu préparer ces titres sous une autre manière pour un best of. Quoiqu’il en soit Cannibalism I est une présentation assez complète des différentes ambiances explorées par Can dans son début de carrière, et la meilleure manière pour aborder le groupe. On rencontre assez peu finalement de groupes capables de nous faire changer radicalement notre manière d’envisager la musique, et Can fut le premier pour moi. Dès lors, je vais très rapidement écouter la discographie du groupe, soit par des emprunts, soit par des achats directs : c’est pour ça que pas mal de bons disques de Can n’apparaissent pas sur ces cassettes. Le Tago Mago, par exemple, m’avait été finalement gravé par un technicien de SNR à Annecy qui en possédait le vinyle (lors d’une période riche en anecdotes dont les cassettes correspondantes devraient arriver sous peu…)

J’ai aussi parlé d’Ege Bamyasi dans l’article mis en lien ci-dessus, et puis il se recoupe pas mal avec Cannibalsim. J’avais de manière assez logique enregistré en plus « Vitamin C » et « Sing Swan Song », deux excellentes chansons au format plutôt traditionnel présentant respectivement le coté furieux et calme de Can, et de son chanteur de l’époque l’incroyable Damo Suzuki.

 

 

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 Le dernier Can sur cette cassette est aussi le dernier album que le groupe a sorti avant sa séparation. Parfois appelé Can Can ou Inner Space, il est à l’image d’un groupe sans inspiration qui patine depuis déjà quelques temps. S’il y a des choses intéressantes jusqu’à Flow Motion, les trois dernier disques des 70’s sont carrément dispensables. A l’époque Holger Czukay a été remplacé à la basse par Rosko Gee et ne participe que très peu musicalement. C’est tout à son honneur, tant les pistes retenues ici font pâle figure par rapport aux extraits de Cannibalism I et Ege Bamyasi. « Sunday Jam » est un fade morceau d’ambient, surfant sur un savoir-faire entamé avec Future Days 6 ans auparavant, le très lent « Sodom » est plus original, avec des sons assez electros. Quant au reste, c’est un délire sur le French Cancan (on note le jeu de mot) d’Offenbach interrompu par l’enregistrement d’un échange de ping pong. Il était grand temps que nos compères (qui n’ont alors plus de chanteur officiel depuis bien longtemps) se séparent et vaquent à des occupations en solo qui n’ont pas marqué l’histoire de la musique…

 

(c'est le seul morceau du disque que j'ai pu trouver sur Youtube. Par contre la pochette qui illustre la video est tirée du Tago Mago, rien à voir...)

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