Blinking Lights (and other revelations)

17 septembre 2017

# 054 / 221

 

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Je parlais cassette précédente d’album carrefour,  le terme est sans doute un peu pourri mais l’essentiel est que l’idée soit comprise.  Voici un autre de ces disques qui m’a ouvert sur des tas d’artistes, bien que je réalise que la gestation a pris pas mal de temps : on retrouvera lesdits groupes sur ces cassettes bien plus tard, au-delà du numéro 100 pour la plupart. Je pense que je suis loin d’être le seul de ma génération à avoir fait plein de découvertes grâce au Tibetan Freedom Concert, tout d’abord parce que l’évènement avait fait grand bruit à l’époque, mais aussi parce que quasiment toutes les stars de la scène alternative figuraient à l’affiche. Ne manquaient peut être que mes chers Smashing Pumpkins  et les Red Hot Chili Peppers, programmés respectivement à l’édition précédente et à la suivante, les deux plus grosses en terme d’affluence d’ailleurs. Mais c’est bien la deuxième édition, celle de 1997, qui donnera lieu à l’enregistrement du triple CD Live qui nous occupe aujourd’hui, et que j’avais sans doute emprunté en premier lieu pour le « Fake Plastic Trees » de Radiohead, mais aussi pour quelques autres grands noms de l’époque, dont Ben Harper.

 

Voilà qui date d’ailleurs tout de suite l’enregistrement : c’est donc Ben Harper qui, en sa qualité de plus grand artiste rock du moment, a l’honneur d’ouvrir le bal (après des prières de moines tibétains dont, moi comme l’immense majorité des spectateurs, n’avaient rien à branler, même s’ils étaient officiellement la raison d’être de ce concert). Le guitariste est à son apogée, d’ailleurs tout le monde aime ses albums, tout le monde l’écoute, et personne ne se doute que dix ans après seuls quelques acharnés s’y intéresseront encore (bon moi j’ai tenu jusqu’en 2006, c’est déjà pas mal). Bref, ce « Ground on down » tiré pourtant du relativement acoustique Fight for your Mind contient déjà peut être les germes de cette improbable chute : intro ultra saturée à la Hendrix, chant démonstratif au possible, le morceau reste bon mais sa version live fait un peu tiquer aujourd’hui. Pas comme le blues déchiqueté « About a Boy » (pourtant d’une incroyable puissance) psalmodié pendant 7 mn par la grande prêtresse Patti Smith,  dont j’avais déjà acquis en vinyle et fortement apprécié le séminal Horses. Comme prévu, ou plutôt encore plus que prévu, le « Fake Plastic Trees » de Radiohead est énorme. Il faut dire que c’est l’un de leurs meilleurs titres, qui garde sa force émotionnelle intacte encore aujourd’hui, après des centaines d’écoutes. La version live, sans s’écarter énormément de son pendant studio, amplifie cependant le contraste entre la basse précise et imposante d’un côté,  les mélodies de guitares délicates et le chant sur le fil de l’autre, jusqu’à la rupture saturée qui colle irrémédiablement le frisson.

 

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Inutile de dire qu’après ça, U2 fait pâle figure. Je sais, ça fait un peu snob de dire ça. Pourtant je ne suis pas hostile sur le papier au groupe de Bono, il ne m’a jamais intéressé mais j’ai toujours apprécié la plupart de ses tubes, au premier rang desquels un « One » que je trouve systématiquement émouvant quand je tombe dessus à la radio. Sauf que malheureusement la version enregistrée ici est foirée, notamment à cause d’un chant vraiment limite. Manque de bol pour U2, « One » est coincé sur cette cassette entre deux des meilleurs extraits du disque. Mais on va faire durer un peu le plaisir et se garder Sonic Youth pour plus tard. Puisqu’on a évoqué Ben Harper et Radiohead, enchainons rapidement sur les autres noms que je maitrisais relativement à l’époque. Foo Fighters et Rage Against the Machine viennent asséner leurs tubes respectifs « This is a Call » et « Bulls on Parade » sans faire de fioritures, concluant chacun une face de la cassette sur un bon poing dans la gueule. Alanis Morissette, autre artiste à s’être irrémédiablement perdu après les 90’s (beaucoup plus vite que Ben Harper en fait), profite de ses derniers instants de notoriété sur le funk acoustique de « Wake Up », beaucoup moins sympa que la plupart des tubes de son célèbre Jagged Little Pill, mais dont le titre militant était sans doute plus adapté à la tonalité de l’album. Voire, puisque le Tibetan Freedom Concert réserve quelques pistes à de belles ballades acoustiques, autrement plus intéressantes que ce qui vient juste de précéder.

 

 

Plus intéressantes, car elles mettent en lumière un coté relativement méconnu des trois artistes auxquels je pense.  Il y a d’abord R.E.M, ou plutôt le duo Michael Stipe / Mike Mills pour une version piano voix splendide du titre « Electrolite ». R.E.M, je l’ai dit plusieurs fois sur ce blog, est un groupe que j’ai loupé à quelques années près à sa grande époque, mais dont j’aurai aimé être fan. On verra d’ailleurs par la suite dans cette rubrique que j’ai emprunté pas mal de leurs disques, et j’ai encore insisté longtemps après, fréquentant un fan ultime en la personne de Julien, guitariste de mon groupe. Malgré un intérêt sincère et de belles découvertes, je n’ai jamais complètement accroché à R.E.M, mis à part peut-être sur le minimaliste Up (on vérifiera ça dans quelques temps). Minimaliste, le mot est lâché : les compos sont belles, mais il doit y avoir quelque chose dans la production, dans les arrangements (et sans doute dans le jeu de batterie), qui me dérange, puisque les fois où je suis vraiment bouleversé par R.E.M, c’est dans ces enregistrements spéciaux en formation restreinte. Je pense au « So. Central Rain » acoustique des tournées Document, ou à ce « Electrolite » dont je n’ai du coup jamais osé écouter la version studio sur l’album New Adventures in Hi-Fi.  Avec Pearl Jam, ce n’est pas tout à fait la même chose, puisque je connais bien mieux le groupe et qu’un de leurs disques fait même partie de mes classiques (Vitalogy). Je dois cependant dire que je ne suis pas un grand fan de Ten, et que j’ai de toutes manières quasiment toujours préféré leurs ballades. Et ce n’est bien sûr pas ce duo guitare / chant sur « Yellow Ledbetter », B-Side si splendide qu’elle est devenu un classique de concert aussi attendu que les tubes du groupe, qui me fera changer d’avis. La voix d’Eddie Vedder n’est pourtant pas bien plus assurée que celle de Bono, mais  mêlée aux arpèges de Mike McCready elle dégage une émotion autrement plus vivace. Dernier artiste à avoir délaissé pour mon plus grand plaisir l’électricité (et son tube matraqué « Loser »), Beck nous gratifie d’une jolie ballade tristounette tirée du méconnu One Foot in the Grave. J’ai de même essayé plusieurs fois de m’intéresser à l’artiste sans trop y parvenir, jusqu’à ce qu’il finisse par sortir en 2002 Sea Change, un album entier de compositions de ce style, qui reste le seul de Beck à m’avoir entièrement accroché (enfin je ne crois pas avoir beaucoup suivi la suite de sa discographie il faut avouer).

 

 

 

Avec ces noms que je connaissais de près ou de loin, j’ai retenu aussi sur cet enregistrement quelques chansons s’éloignant du style que j’écoutais habituellement. Bon, n’exagérons rien, on ne trouvera pas traces des stars de hip hop pourtant nombreuses à l’affiche du festival, puisque j’étais encore plus hermétique à ce style à l’époque que je ne le suis aujourd’hui (les Beastie Boys, pourtant organisateurs du concert, en feront notamment les frais). Mais il y a quelques titres festifs, du Ska avec les Mighty Mighty Bosstones ou Rancid, du Blues relevé aux cuivres avec Taj Mahal and the Phantom Blues Band, de la free pop tibétaine (Dadong) et une espèce de rock alternatif jazzy plein de basse, de percus et de cuivres avec Porno for Pyros, dont le seul groupe que je connaisse à s’approcher vaguement est les Red Hot Chili Peppers. S’il n’est pas étonnant que je ne sois pas allé chercher plus loin que ces sympathiques titres pour les autres groupes, j’aurai pu un peu plus creuser celui-ci attendu que son leader, Perry Farrell, fut aussi celui de Jane’s Addiction, l’un des groupes fondateurs du mouvement alternatif, qu’on citait souvent en compagnie de Pearl Jam et des Smashing Pumpkins. Cela dit, si Jane’s Addiction comme Porno for Pyros ont vendu quantité d’albums et ont sur le papier une aura culte du à leur statut de précurseurs, je n’ai jamais croisé un de leurs fans, pas plus que je n’ai vu un de leurs disques cités en référence sur les très nombreux blogs musicaux que j’ai pu parcourir depuis des années. Il arrive parfois qu’un groupe  soit plus inventif que bon, mais nous en jugerons bientôt puisque j’avais quand même emprunté un best of de Jane’s Addiction à la médiathèque.

 

 

Mais nous voici arrivé au dernier paragraphe, pour lequel j’ai réservé mes meilleurs superlatifs, pour trois artistes qui vont sur le Tibetan Freedom Concert se révéler à moi. Les Sonic Youth, on les a déjà croisés à trois reprises dans ces cassettes, et jusqu’à présent le bilan est mitigé. J’ai apprécié la personnalité du groupe, une bonne partie de leurs compositions, mais mon véritable attachement commence là, sur ce magistral « Wildflower » de presque 10 minutes. Débuté dans un déluge noise, le morceau se poursuit dans une construction post rock qui verra notamment un passage où les deux guitares se répondent devenir l’un de mes extraits musicaux préférés de tous les temps, avant une accélération énorme se terminant dans l’explosion noise initiale. Sonic Youth aura désormais un autre statut pour moi, ce que confirmera l’écoute des albums à partir de Washing Machine : je suis clairement un afficionado de leur deuxième partie de carrière. Pour Pavement, ce sera plus long. La première fois que j’ai entendu parler du groupe, c’est en effet dans un magazine consacré aux Smashing Pumpkins où j’apprendrais qu’un couplet de leur plus grand tube, « Range Life », massacre avec mépris mon groupe fétiche d’alors. Une légitime méfiance m’aura alors tenu éloigné de Stephen Malkmus et ses potes, mais le nom m’est resté en tête et l’affaire aura attisé ma curiosité, vivement relancée par la présence sur ce disque de « Type Slowly », à jamais l’un de mes favoris. L’ironie veut qu’avec ses superbes arpèges de guitares entremêlées enchainé avec un passage lourd et violent survolé d’un bon gros solo saturé, cette version live soit un exemple typique du rock alternatif délivré à longueur de disques par les Smashing Pumpkins. Seul le chant incroyablement faux vient apporter le décalage habituel chez Pavement (et encore certaines mauvaises langues diraient que la seule différence avec Billy Corgan c’est que là, c’est volontaire…) Il me faudra encore un moment avant de franchir le pas (cassette 120, faut prendre son mal en patience), mais j’avais d’ores et déjà intégré qu’on peut être une belle bande de frimeurs cyniques en même temps que des musiciens géniaux. Et puis finissons par le mystère Bjork. Auraient-ils sélectionnés un autre titre que, peut-être, je ne me serais jamais intéressé à l’Islandaise la plus connue au monde. Mais voilà, la première fois que j’écoutais Bjork ce fut sur ce disque, et ce fut « Hyper-Ballad ». De très loin mon titre préféré de l’artiste, mais aussi l’un des plus marquants que je connaisse de manière générale. Par la suite, je n’ai eu de cesse de retrouver dans la discographie de Bjork ce concentré d’émotion, ne pouvant me résoudre à ce qu’elle n’est pas récidivée à quelques occasions ce coup de génie. J’ai emprunté pas mal d’albums, acheté des bootlegs, écouté des remixes, j’ai fait de belles découvertes, mais n’ai rien retrouvé qui puisse se rapprocher d’ « Hyper-Ballad ». Je crois que finalement, Bjork restera pour moi l’artiste d’une seule chanson.

 

 

Alors, parmi les lecteurs de ce trop long article, combien aussi considèrent cet album  comme une rencontre majeure dans leur histoire musicale ? Combien étaient ados en 1997 ? Si vous avez du mal à vous en souvenir, concentrez-vous et pensez à un groupe qui cartonnait à l’époque, qui avait évidemment chanté pour le ce  Tibetan Freedom Concert, mais que je n’avais pas retenu sur cette cassette. Que faisiez-vous quand les Fugees  inondaient les ondes radio avec leur « Fu-Gee-La » ? Leur « Ready or Not »? et leur « Killing me Softly with his Song », single qui fait ressurgir en moi une aventure douce-amère sur laquelle, une fois n’est pas coutume, je ne m’étendrais pas plus ici.

 

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09 septembre 2017

Les Propositions d'HELLO DARKNESS #34 (Septembre 2017)

 

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IDLES - Brutalism

En écoute: DEEZER

Proposé par Julien.

Mon avis:

Mon pote Julien m’a dit d’écouter Whores. J’ai écouté Whores. J’étais sourd de l’oreille droite mais j’ai trouvé ça bien. Je suis allé voir Julien pour lui dire. Il m’a pas entendu parce qu’il était sourd de l’oreille gauche. C’est parce qu’il avait écouté Brutalism mais je ne le savais pas encore. Il m’a demandé tu sais ce que c’est les Pixies qui auraient des abdos ?  J’ai dit non il m’a dit Idles. Bon sang j’avais encore rien compris à sa blague. Il a relancé direct tu sais ce que c’est des Protomartyr plus violents que nonchalants ? J’ai dit non il m’a dit Idles. Du coup j’ai vu où il voulait en venir parce que les vendeurs de disque c’est comme les arracheurs de dents ils en veulent qu’à ton or. Alors j’ai acheté Idles et c’était un truc de fou, genre du Post Punk qui serait plus Punk que Post (aujourd’hui c’est plutôt l’inverse mais là non). Y avait le chanteur qui voulait t’enfoncer ses paroles dans le crane, il les répétait il les répétait comme ça paf ! C’est pas grave parce qu’elles sont terribles ses paroles, ça faisait bien longtemps que je m’étais pas autant intéressé à des textes. Je sais qui est Rachel Khoo, c’est dire (indice : c’est pas une punk). Y avait une basse. Enfin, je veux dire que c’est le bassiste qui a fondé le groupe (avec le chanteur), je le savais pas au début mais je l’ai quand même entendu. Tu comprends pas ? « Benzocaine », quoi ! A un moment je suis tombé à la renverse parce que nom de Dieu je sais encore reconnaitre un titre de l’année quand j’en entends un (« 1049 Gotho », qu’il s’appelle). Et les mecs, tranquilles, ils t’atomisent la gueule pendant une demi-heure, et à la fin ils te font un petit bisou, tout classe, t’en pleurnicherait presque.  « I’m the worst lover you’ll ever have », ha ha tu m’étonnes…  Sacré Julien, des fois il dit bien des conneries, genre que le dernier Grandaddy il est super et tout, mais c’est pas pour ça qu’il faut pas lui tendre l’oreille (gauche). J’étais pas vraiment remis de mes émotions, mais je suis quand même allé voir mon pote Damien. Je lui ai demandé (en criant parce que Damien il écoute Shellac et Sonic Youth depuis sa plus tendre enfance) tu sais ce que c’est Future of the Left qui sort un putain d’album en 2017 ? il m’a dit non j’ai dit Idles. 

 

 

 

 

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PISSED JEANS - "Why Love Now"

 

En écoute: DEEZER 

Proposé par Xavier. 

Mon avis:

Pour aller à la salle de répète les mercredi soir, on covoiture en alternance, une fois ma caisse, une fois celle de Damien. Tous les 15 jours, j’ai donc droit à la musique de mon guitariste, trouvaille récente parmi les arrivages de la médiathèque où il bosse, ou vieillerie noisy exhumée de ses étagères à CDs. Cela fait des années que ça dure, et c’est ainsi que j’avais découvert Pissed Jeans, lors de la sortie de Honeys, sans être séduit plus que ça par cet album (d’autant que le nom du groupe n’est pas franchement du genre à donner envie d’être fan). Je ne sais pas si c’est moi qui aie changé ou le groupe (je n’ai pas réécouté Honeys pour en avoir le cœur net) mais quatre ans plus tard, sur ce même siège passager du même véhicule roulant tranquillement vers le domicile du sieur Julien, Why Love Now m’a beaucoup plus accroché, ce que confirmeront les écoutes bien plus attentives qui suivront.

Le « Waiting on my Horrible Warning » d’introduction avait pourtant instantanément fait ressortir mes réserves, avec sa lourdeur et son chant malsain, comme un Nick Cave qui aurait viré clodo plutôt que crooner. Mais  « the Bar is Low » voyait les Pissed Jeans accélérer pour se caler sur un mid tempo plus efficace, Why Love Now alternant dès lors entre hard rock direct, stoner agressif ou grunge bien sale, bref du bon gros rock à riff saturé si on veut éviter de pinailler sur des nuances aussi subjectives. Le chant reste bestial, à l’exception peut-être de l’excellent « Love without emotion » qui se démarque en proposant un peu de mélodie dans ce monde de brute, ou « Activia » sur laquelle l’auditeur en manque pourra toujours espérer avoir trouvé un peu de groove. Pour le reste, Why Love Now racle consciencieusement les esgourdes au papier de verre, et tant pis pour les délicats…

 

 

 

 

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 DOWNTOWN BOYS - Cost of Living

 

En écoute: DEEZER 

Proposé par Damien. 

Mon avis: 

Downtown Boys, c’est un nom qui fleure bon le punk, vous ne trouvez pas ? Le ton est revendicatif, les chansons parfois expéditives, les compositions sont directes, il y a indéniablement du punk sur Cost of Living (ne serait-ce que son titre), mais il serait assez réducteur d’en rester là.  La paire rythmique, très en avant, évoque bien plus le post punk, tandis  que claviers et cuivres apportent des  nuances d’autant plus bienvenues qu’elles sont utilisées avec parcimonie. Le saxophone, honni si souvent sur ce blog, est ainsi tout à fait savoureux dans ses apparitions abrasives, et puis la guitare sait aussi régulièrement se faire discrète et subtile. On flirte donc parfois avec le festif style Mano Negra, d’autant que certains titres sont hispanophones, mais le chant hargneux de la Rrriot girl Victoria Ruiz, véritable liant d’un disque plus original et hétérogène que prévu, met les choses au point une demi-heure durant : on n’est pas là pour rigoler. A Wall is a wall, and nothing more at all. 

 

 

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03 septembre 2017

# 053 / 221

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Alors là attention. Après Hips and Maker de Kristin Hersh (cassette 043) et What Would the Community Think de Cat Power (cassette 046), voici le dernier chef d’œuvre de ma sacro sainte trilogie des folkeuses torturées, et non des moindre : Geek the Girl de Lisa Germano, un des albums les plus bouleversants que j’ai pu écouter. Je dois encore faire référence à la compilation présentant les sorties de 4AD en 1998 et intitulée Anakin, dont je vous ai déjà rebattu les oreilles. Mais que voulez-vous, il y a des disques comme des carrefours où l’on revient sans cesse pour emprunter une autre route, pleine de nouvelles promesses. Non content de m’avoir amené à Kristin Hersh grâce à la magnifique chanson « Gazebo Tree », Anakin me proposa d’aller à la rencontre de Lisa Germano via « Reptile », de l’album Slide à venir. Celui-ci n’étant probablement pas encore disponible à la médiathèque, j’empruntais les deux précédents, Geek the Girl et Excerpts from a Love Circus.

 

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J’ai consacré un de mes derniers récapitulatifs discographiques à Lisa Germano, en m’attardant particulièrement sur Geek the Girl, je ne vais donc pas me répéter inutilement (le lien est ici). En résumé, on  sent dès les premières minutes de l’album (évidemment enregistré en son intégralité, c’est un bloc cohérent qu’on ne peut mutiler) les profondes blessures de l’artiste, de celles que ni un disque ni un public ne pourront guérir. Le bien nommé « My Secret Reason » expose la tristesse sourde qui va peser sur l’ensemble de l’album, cet espèce de mal être aux origines mystérieuses, mais qu’on devine tragiques. La liste des intitulés est d’ailleurs éloquente : « Trouble », « Geek the Girl », « Cry Wolf », « Phantom Love », « Cancer of Everything » (1) … que du bonheur, pour reprendre un insupportable  slogan télévisuel. Ne pas se fier à « … of Love and Colors », c’est un rêve irréaliste, tandis que « Stars » évoque les étoiles d’une manière unique et qui m’a marquée à jamais : de vulgaires pierres inaccessibles et immortelles, dont le seul souhait qu’elles seraient à même de réaliser est de nous emmener aussi loin qu’elles, allusion à peine voilée au suicide. Musicalement, Geek the Girl est comme ces personnes qui s’efforcent de paraitre joyeuses, mais dont le faux sourire ne masque absolument pas la détresse. Il y a de belles mélodies, du piano, des arpèges de guitare, mais tout est rempli de dissonances, de larsens, de violon menaçant, de tempo lourds. La voix est douce, la voix est cassée, la voix est très triste, elle nous susurre des histoires de violence, de rejet, de trahison. Bien sûr il y a « … a Psychopath », un morceau glaçant sur le kidnapping d’une fille dont on entend les cris apeurés, une piste qui hante à vie dès la première écoute. Mais il y a aussi «  A Guy like you », mon morceau favori, toute la frustration et la douleur d’une amoureuse constatant qu’elle est éprise de la mauvaise personne. Lisa Germano, tout au long de Geek the Girl, se révèle comme quelqu’un  qui a terriblement envie d’être aimée, quitte à crier au loup, quitte à se faire « Sexy Little Girl Princess ». Et qui n’est qu’une Geek, rejetée par tout le monde, une de ces filles comme je n’en avais vu que dans les films, genre the Breakfast Club (2). Parce que dans mon univers, les filles étaient toutes puissantes, c’est elles qui décidaient qui était digne d’intérêt ou non, qui ferait partie des mecs à suivre, qui partagerait leurs secrets. J’aurai tant aimé connaitre une Geekette, elle m’aurait forcément compris, puisque j’aurais été comme elle, et peut être…  Mais je devais me contenter de musique. D’où sans doute le petit cœur collé sur cette cassette, à l’adresse de Lisa Germano. Un fait unique dans cette rubrique, il me semble.

 

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(1)    Comment ne pas penser au « Cancer for the Cure » de Eels, et son album Electro-Shock Blues, évoluant dans le même registre.  Sauf que E manie à la perfection l’humour noir, là où il n’y a aucune trace d’humour chez Lisa Germano.

 

(2)    La plupart des photos de Lisa Germano sont d’ailleurs plutôt raccord avec ce portrait musical. Et ce n’est pas l’ami Julien qui me contredira : la seule fois où il croisa l’artiste il y a fort longtemps, c’était pour la voir complètement saoule se vautrer de tout son long dans les escaliers du Transbordeur.

 

 

 

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Difficile de succéder à ce monument, et Excerpts from a Love Circus, paru deux ans après, en fait les frais. S’il conserve quelques pistes emplies de la tension douloureuse du précédent disque (« A Beautiful Schizophrenic »), toujours grâce au violon, instrument de prédilection de Lisa Germano, la majorité de l’album semble en apparence plus apaisée. Les jolies mélodies de piano et d’une foule d’autres instruments (dont encore le violon, comme sur « Singing to the Birds ») prennent le dessus, et seule la voix toujours aussi fragile de la chanteuse nous fait hésiter à qualifier la plupart des titres de pop. Coté paroles en revanche, l’ambiance est à peine plus gaie que sur Geek the Girl, le titre annonçant bien la couleur : l’amour est une mascarade, et Lisa Germano  ne se privera pas d’exprimer clairement les faux semblants du couple, de ceux qu’on tente en général de bien planquer sous le tapis pour faire bonne figure. Excerpts from a Love Circus est rempli de non-dits, d’alcool, d’hypocrisie, d’égoïsme,  de lâcheté (une autocritique frisant le masochisme par moments, par exemple sur « We Suck »)  et, au final, de ce sentiment courant sur toute l’œuvre de Lisa Germano : la solitude, malgré voire amplifiée par le conjoint (« Small Heads »). Dans ses meilleurs passages, il annonce le magnifique disque sorti l’année suivante en collaboration avec Giant Sand sous le nom d’OP8, dont certains titres ont d’ailleurs été composés au même moment. Mais aussi, pour les extraits les moins tendus et mélodiques (« Bruises »), une suite discographique relativement déclinante. 

 

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29 août 2017

LES MARQUISES - A Night Full of Collapses

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Les Marquises est un archipel musical dont l’ile principale, Jean Sébastien Nouveau, s’entoure d’ilots changeant au gré des albums pour l’assister dans l’habillage sonore des savantes compositions qu’il imagine. On croisera entre autres sur A Night full of Collapses son frère Julien, Matt Elliott, Olivier Mellano ou Christian Quermalet, tous venant apporter leur pierre à ce qui est l’identité et l’immense talent du groupe : Le Mystère. Sur Pensée Magiques, l’album précédent, les Marquises nous invitait à explorer une jungle fourmillant de dangers, de cris d’animaux et de percussions épileptiques. Avouons-le, nous avons rarement eu le courage de nous attaquer à un univers si riche et si dense, après des journées forcément fatigantes. A Night full of Collapses (au titre remarquablement choisi) nous propose la version nocturne de cette aventure.

 

Si les boucles hypnotiques sont encore importantes, tout y est plus feutré, à l’image d’une contrebasse omniprésente et d’une caisse claire frottée plutôt que frappée. Dans ce monde à mi-chemin entre le jazz, l’electro et l’ambient, on avance à tâtons, entre appréhension et émerveillement. Malgré des paroles assez sombres, l’ensemble dégage une impression plutôt apaisante. Jean Sébastien Nouveau n’est pas un grand chanteur, mais sa voix a la douceur et la fragilité qui conviennent parfaitement à l’instant, tout comme le chant grave de Matt Elliott dont le featuring sonne comme une évidence. Les morceaux s’étirent tels des fleuves dans l’obscurité, appelant à la contemplation, s’accrochant parfois sur des mélodies de marimba ou les notes éparses d’un piano majestueux. Cette exploration finalement, n’est-elle pas intérieure ? Ce Mystère, si remarquablement mis en musique, n’est-il pas celui de notre personnalité, avec ses démons, ses menaces, et ses coups d’éclat ? Qu’importe alors la fatigue de la journée, on aimera s’y replonger pour trouver, peut-être, quelque chose de nous dans cette nocturne traversée. Une œuvre fascinante, l’un des disques majeurs de l’année. 

 

 

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22 août 2017

# 052 / 221

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Quand je pense au film the Doors d’Oliver Stone, je pense à Daniel. Oui oui, celui  de Daniel & JP, le fantastique duo du blog Next, perdu codes et âmes lors de l’apocalypse de musicblog dont blinkinglights ne se releva uniquement parce que j’avais passé quelques mois à le cloner sur canalblog avant la date fatidique. Non que je connu Daniel lors de l’enregistrement de cette cassette  (ca se fera environ 15 ans plus tard),  mais ses coups de gueule contre ce film étaient aussi virulents   que répétés.  Songez que Daniel fut fan des Doors jusqu’à son service militaire, où il fut dépité de constater que bon nombre de ses compagnons de dortoir bas du front s’étaient emparés de son groupe adoré à la faveur du visionnage unique de cette hagiographie romantique. Et de pester contre ceux qui louaient le poète maudit, là où il admirait essentiellement le groupe de rock. Comble de malheur, il semblait que l’intégralité des gens de sa génération connaisse le film en question, ce que tendrait à prouver le fait que je l’ai moi-même  vu (ma culture cinématographique était et est restée proche de zéro), bien que je ne me rappelle plus du tout à quelle occasion. 

Cela dit, ce n’est pas moi qui aurait gonflé Daniel avec Jim Morrison, d’abord parce que j’ai Dieu merci échappé de justesse au service militaire, mais surtout parce que je n’ai jamais apprécié les Doors plus que ça (j’avais déjà eu l’occasion d’en parler en cassette 043, pour une autre BO de film, celle d’Apocalypse Now). Je les ai longtemps considérés comme un groupe Best Of, mais en fait c’est surtout pour moi le groupe de deux disques, le premier (the Doors) et le dernier (LA Woman). Une chose assez rare que vient confirmer cette sélection qui ne compte qu’un seul titre n’étant pas issu de ces deux albums. Il s’agit de « Roadhouse Blues », un morceau qui comme son nom l’indique sonne assez classique, avec une guitare à l’honneur (pas souvent le cas chez les Doors), mais dont l’excellence tendrait à donner raison à Daniel : et si c’était dans le pur rock n roll, sans fioritures psychédéliques, que le groupe était le meilleur ? Le terrible « LA Woman » en rajoute une couche, mais c’est bien « Break on Through » qui voit le groupe à son sommet équilibrer chaque musicien pour un tube splendide. Groove énorme, chant inoubliable, et le riff de guitare qui s’impose sur le refrain, le tout en moins de 3 minutes. Insurpassable, la première chanson des  Doors ? Voire, car il ne faudrait pas enterrer trop vite leur versant plus expérimental, celui qui a fait sa renommée, n’en déplaise à Daniel. D’abord avec le titre d’ouverture, ce « Riders on the Storms » où guitare et batterie en sourdine jouent les faire valoir d’un superbe  clavier pour mieux transporter l’auditeur dans une ambiance menaçante. Voilà un mystère sur lequel je me suis interrogé pendant des années : d’où provenait cette incroyable basse, puisque le groupe n’avait officiellement pas de bassiste. Y avait-il un musicien de studio caché ? Mais pour quelle raison le cacher ? et surtout comment reproduisaient ils l’effet en Live à quatre ? Encore aujourd’hui, je suis ébahi par la rigueur rythmique et le son produits par la main gauche de Ray Manzarek,  tandis que sa main droite brode des arabesques et des mélodies complexes : deux musiciens en un, il faut le faire… 

 

 

Autre morceau fleuve, l’inévitable  « the End », qui me ramène à la scène du film qui m’a le plus marquée : celle où un patron de bar ayant programmé les Doors se montre plutôt séduit jusqu’à la fameuse phrase oedipienne du titre (« Mother i’d like to fuck you»), qui le choque tellement qu’il entre dans une colère noire et vire le groupe de son établissement. Comble d’ironie, cette phrase n’est pas du tout intelligible sur la chanson enregistrée : sans doute que la maison de disque n’avait pas très envie d’assumer ca non plus… Une autre scène du film qui me revient en mémoire est celle où Jim Morrison se frite avec ses collègues lorsqu’il se rend compte qu’ils ont autorisé une marque à faire de la pub au son de la chanson « Light my Fire ». Je dois dire que l’intro guillerette aux claviers s’y prête bien, d’ailleurs c’est sans doute le titre que j’ai le moins apprécié à la réécoute sur cette cassette : l’orgue est trop présent, et l’ambiance beaucoup moins prenante que « the End », auquel il succède (pas facile, j’en conviens).  Pas grand-chose d’autre ne me reste du film : de vagues souvenirs de la scène de rencontre entre Jim Morrison et Ray Manzarek sur une plage, le pétage de plomb de John Densmore sur scène lors d’un pseudo discours politique et embrumé du chanteur pendant un concert (je m’identifie assez à ce mouvement d’impatience), et la tristesse calme de Meg Ryan découvrant Morrison mort dans sa baignoire. 

Deux titres non signés par les Doors figurent aussi au menu de cette BO (et de cette cassette). Il y a l’introduction de Carmina Burana de Carl Orff (« O Fortuna »), si démonstrative qu’une publicité assez marquante en avait été faite sur fond de foule de festival avec ce slogan : « mais que reste-il au Rock ? »   Je dois avouer que c’est une des premières œuvres classique que j’ai appréciée (avec le Peer Gynt d’Edvard Grieg parce que les Who avaient pondu une folle version de « Hall of the Mountain King »). Et puis le non moins célèbre titre « Heroin » du Velvet Underground, un groupe qui a ça en commun avec les Doors que j’en comprends le culte sans en être fan le moins du monde.  Cela dit j’aime beaucoup « Heroin », qui a le mérite en plus de démontrer tout le génie du groupe de Lou Reed. Car factuellement, on est en présence d’une chanson basée sur deux accords, avec un vieux tambour même pas en rythme et un violon tout crissant au fond de la salle. Tout est dans la construction, l’histoire, le cœur qui bat. Pas vraiment tentant au départ, et pourtant terriblement addictif. « Heroin »…. Ah ben c’est sûr que c’est pas le morceau qu’ont retenu les bidasses de la chambrée de Daniel. Dommage pour lui, ou peut être tant mieux : il a ainsi pu tranquillement continuer d’écouter le Velvet Underground sans être emmerdé. Quoi que le connaissant, il a surement trouvé un moyen de gueuler. L’a pas joué avec Metallica, le père Lou ? 

 

 

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18 août 2017

BIG BLACK - Songs About Fucking

"Dans la Série J'ai Acheté Ce Disque Juste Pour La Pochette"

 

J’inaugure ici une petite série d’Artworks qui m’ont tapé dans l’œil et sans lesquels je n’aurai probablement jamais acheté le disque en question. Cela dit, cette série devrait s’appeler j’ai  acheté ce disque - en vinyle bien sûr, même s’il pourrait y avoir quelques exceptions -  principalement pour la pochette, car il y a toujours une raison supplémentaire qui m’aura, de manière plus ou moins importante, décidé. Ici, c’est évidemment aussi parce que je m’intéresse beaucoup ces temps-ci à la musique Noise, en particulier celle de Steve Albini que j’ai acquis ce magistral Songs About Fucking (j’avais d’ailleurs déjà un autre album de Big Black). En attendant je trouve cette pochette aussi attirante que malsaine, exactement comme la musique de Big Black. Quant à Songs About Fucking, c’est un album qui, comme on pouvait s’y attendre, est plus qu’abrasif : boite à rythme brutale et scies circulaires suraiguës en guise de guitares, avec des aboiements comme chant. La source marécageuse à laquelle viendront s’abreuver tous les groupes de musique industrielle.

 

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Evidemment, de nombreuses boutiques censurèrent le titre en collant une étiquette aux habituels signes de remplacement pour le "F World". Mon exemplaire n'aura pas été épargné.

 

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11 août 2017

PAPA M - Highway Songs

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La Carrière de David Pajo est difficile à suivre, et surtout difficile à appréhender. Tour à tour précurseur du Post Rock avec Slint, auteur d’un chef d’œuvre purement folk (l’album Whatever Mortal) ou recrue de luxe pour le surprenant succès de Tortoise, mais aussi perdu dans l’éphémère super groupe Zwan  avec Billy Corgan ou pigiste à la basse chez Interpol, rien ne semble vraiment cohérent chez cet artiste complet. Génial, dépressif, opportuniste, perché, passionné, j’m’en foutiste ? On ne sait pas, sans doute tout et bien plus encore. Difficile à suivre disais-je, la sortie de ce nouvel album sous le patronyme de Papa M fut donc une véritable surprise. Et plus encore aux premières écoutes, tant il différait de son prédécesseur. 

En réalité, Highway Songs ressemble avant tout à une compilation de demos. Il m’a replongé à l’époque où, grand fan des Smashing Pumpkins, je tombais parfois sur des morceaux d’étude du Mellon Collie and the Infinite Sadness sur les bootlegs que j’achetais, Corgan ayant enregistré des centaines de titres ou de riffs pour ce disque (1), dont certains, lourds, un peu Sabbathien, ressemblaient beaucoup à « Flatliners » ou « Bloom ». De manière très hétérogène, Papa M balance ainsi 8 petits instrumentaux de moins de 3 minutes, aléatoirement métal, folk, ou samples bidouillés, dans un agencement à priori sans queue ni tête. 

Des demos de rock alternatif en 2017 ? Autant dire que l’affaire semblait vite pliée, et que Highway Songs se destinait à rester une curiosité fort dispensable dans le foutoir discographique de David Pajo. Et pourtant, soit parce que c’est justement lui, soit parce que ces sonorités me sont familières, je me surprends à être fasciné par certains passages, puis par le disque lui-même (d’autant qu’il est très court). Fascination pour ce même riff qu’on finit par détecter sous diverses formes sur au moins la moitié des pistes. Espoir de déterminer si ce bricolage n’est qu’un amas d’idées comme tout guitariste amateur en grave à ses heures perdues et livrées au public pour on ne sait quelle raison , ou la bande sonore murement réfléchie d’une histoire dont on n’aurait pas encore trouvé la clef. Mystère, tout comme ce « Little Girl » final, curieux mélange du fabuleux songwritting folk de Papa M, et d’un inhabituel exercice de solos hard rock que n’aurait pas renié Slash. Un titre qui vient d’abord comme une délivrance (enfin une chanson !) puis, au fil des écoutes, qui finit par déranger, tant il semble n’avoir aucun lien avec le reste du disque. A moins que ?? 

 

(1)    Certains ont été compilés sur un improbable « Pastichio Medley » de 23 mn figurant en Face B du single « Zero ». Beaucoup sortiront bien plus tard officiellement sur le coffret de la luxueuse réédition du Mellon Collie.

 

  

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06 août 2017

Hors Série #02 - DESTROYER !

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Vous me connaissez, j’assume sur ce blog depuis des années tout mon passif prétendument inavouable, et il doit y avoir en tout et pour tout 1,5 disques dans mes étagères dont j’ai un peu honte. Et pourtant, j’ai longuement hésité avant de chroniquer cette cassette de Metallica, non pour son contenu, même si certains ne manqueront pas de gloser, mais pour cette pochette faite maison qui est d’autant plus ridicule que je devais avoir au moins 17 ans quand je la produisis. Il y a là néanmoins quelque chose de typique de mon adolescence : l’envie de m’extirper d’un milieu familial jugé étouffant mais sans évidemment y parvenir le moins du monde. Songez que je fus le seul punk en mocassins de tout le multivers  - les collègues de facs, malgré quelques moqueries gentilles, me prirent plutôt en affection tellement c’était pitoyable. D’où cette tentative de subversion extrême, mais en utilisant les personnages des Triplés, soit le truc le moins rock n roll de tous les temps (découpé dans Madame Figaro, yeah !!). Bref mon fiston aimant Metallica, je vais peut-être pas balancer tout de suite cette cassette, mais je ne tiens pas trop à lui montrer la déco.

 

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La cassette présente un extrait d’une heure d’un triple CD pirate de la fameuse tournée du Black Album, en 1993. Il existe des tas d’albums du genre, le plus connu étant le mythique coffret officiel Live Shit, graal de tous les fans de l’époque, dont mon collègue judoka Lionel qui avait dû me prêter ce Destroyer. Globalement, c’est un groupe à son sommet qu’on écoute ici, les guitares ayant évidemment la plus large place même si la basse de Jason Newsted est régulièrement à l’honneur (joli solo sur l’excellent premier titre « Creeping Death »). La collection d’arpèges imaginés par James Hetfield et Kirk Hammet en introduction de la plupart des chansons reste toujours aussi impressionnante, et un marqueur fort du groupe avec le passage en saturé brutal pour les refrains. Au rayon des morceaux les plus efficaces dans le genre, on trouve « Wherever I May Roam » et surtout les inoubliables « For Whom the Bell Tolls » (ici bien accélérée) et « Enter Sandman ».

 

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Cependant,  « Four Horsemen », unique représentant du Kill ‘em All, est là pour me rappeler que le Metallica que je préfère, c’est quand même celui des débuts, plus direct, sans fioritures. D’ailleurs les deux reprises punk que sont « Last Caress » (the Misfits) et « So What » (Anti Nowhere League) vont si bien au groupe qu’on en regrette presque qu’ils n’en soient pas resté là, à bourriner des riffs expéditifs plutôt que tricoter des solos à rallonge (pas les meilleurs moments de la cassette, d’autant qu’ils sont souvent odieusement wahwahtés). L’autre défaut du live est qu’on n’entend pas du tout le public, ce qui est assez con, surtout quand James Hetfield se démène pour le faire participer (l’exemple le plus évident étant le « Seek and Destroy » qui à ce jeu-là peut parfois durer jusqu’à 20 minutes). Sa harangue pour que le public de ce concert beugle des « hey hey hey hey » sur « For Whom the Bell Tolls » est restée depuis l’une de mes favorites, que j’utilise encore de temps en temps contre certains traine savates de mon entourage : « come on you lazy fuckers !!! »

 

On retrouvera bizarrement d’autres extraits du concert sur la cassette 123 (live identique, mais titre de bootleg différent…) et nos 4 chevelus californiens bien avant, pour un album dont je ne me souviens guère : Reload. De quoi encore gloser pour certains…. So What !  

 

 

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30 juillet 2017

WEIRD TALES OF THE RAMONES

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Pour en finir avec une liste établie à la création de cette rubrique Art Works, voici une petite présentation de l'excellent coffret consacré aux Ramones, dont la simple couverture donne une envie furieuse de l'acquérir. Le titre et l'esthétique suggèrent un journal à mi-chemin entre le Pulp (magazine compilant des nouvelles fantastiques) et le Comics (magazine de Bds), publications très populaires aux USA collant bien à l'esprit des Ramones.

 

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Le verso du coffret, à la programmation alléchante...

 

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Lorsqu'on ouvre le coffret, on trouve à gauche une pochette - joliment illustrée d'une des nombreuses carricatures des Ramones figurant dans l'artwork -  qui contient le magazine, et à droite les 3 CDs et le DVD.

 

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A l'intérieur de la pochette, le fameux magazine (conséquent; plus de 50 pages) propose deux couvertures alternatives, un peu comme les deux facettes des Ramones : la principale, punk, et la secondaire, crooner (il y a beaucoup d'allusions sur le fait que Joey était un sacré tombeur). Rien que ces deux couvertures fourmillent de clins d'yeux marrants aux fans.

Le Menu du Coffret:

 

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La compilation, sur 3 CDs (Pas moins de 85 titres, soit une majorité de la production des 4 faux frères). Je n'ai pas vu le DVD, qui regroupe 18 clips ou videos live.

 

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Les différentes BDs ou carricatures, de tout styles, proposées dans le livret. La plupart sont assez réussies. 

Un des thèmes récurrents est le sauvetage du Rock N Roll, en mauvaise posture, par les Ramones. La première Bd figure un monde où les dinosaures règnent sur le Rock et remplissent des stades. Sont spécialement visés les vieux groupes de rock et surtout le Hard Rock (la première image montre des dinosaures Kiss). Jusqu'à la création des Ramones, illustrée par la page ci dessous, dont les membres sont présentés comme des Héros ayant chacun leurs supers pouvoirs spécifiques.

 

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Sur le même thème, la BD 3-D Tunes From the Crypt:

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Le Rock vient d'être tué par trois personnages allégoriques: le Rock Progressif (symbolisé par Rick Wakeman, le claviériste de Yes), le Hard Rock (symbolisé par Jimmy Page) et le Disco (symbolisé par éventuellement Elton John, ou un manager quelconque, genre celui des Bee Gees). Mais le Rock va revenir à la vie (sous forme de Zombie évidemment) grace à la pulsation magique des Ramones jouant à proximité, et, une fois les trois tristes sires sauvagement écrabouillés, se pointer dans le Club ou officie le Quatuor. A noter que cette BD est visible en 3D grace aux lunettes glissées dans la pochette (en même temps qu'une carte postale épitaphe).

 

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Tommy n'est pas sur la carte, à l'époque de la sortie du coffret (2005) il était encore vivant, contrairement à ses trois copains.

 

Quelques extraits marrants:

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Sur ce, à Tchao bonsoir ! La rubrique continue, alimentée dès que je retombe sur un Artwork sympa (en vrai, j'en ai quelques uns en réserve).

 

 

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20 juillet 2017

Some Noise: TELEGRAM, WHORES., KING GIZZARD AND THE LIZARD WIZARD

 

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TELEGRAM - Operator

 

Les groupes de rock ayant tenté de faire revivre le glorieux passé 60’s/70’s sont innombrables. Certains sortent du lot, sans que l’on sache très précisément pourquoi. L’efficacité des chansons est un pré requis, mais il faut aussi la voix, la prod, l’attitude. Plus encore la possibilité de ne pas se prendre la tête et balancer la sauce sans s’inquiéter des références qu’on va nous coller ou prétendre réinventer la poudre, sorte d’insouciance qu’on ne trouve en général que dans les premiers albums. Operator n’est pas de ceux qui nous hanterons, nous bouleverserons ou qu’on fera tourner en boucle. On y reviendra cependant régulièrement, avec toujours le plaisir de prendre cette bouffée de fraicheur rock n roll et l’étonnement d’avoir gardé en tête des tubes comme « Follow » ou « Taffy come home ».

 

 

 

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WHORES. - Gold.

 

Ce trio américain a choisi comme nom de groupe Whores, soit donc « Putes ».  Pas très subtil, mais cela annonce la musique, pas très subtile non plus. Basse : saturée ; Guitare : saturée ; Batterie : avoinée ; Chant : Beuglé. Style : Stoner Hardcore, ou plus simplement Noise (soit donc « Bruit »). Dix chansons, une demi-heure à se faire marteler la ganache sans aucun répit (mais avec un indéniable talent). Des fois ça fait du bien. Pas tous les jours, quand même….

 

 

 

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KING GIZZARD AND THE LIZARD WIZARD - Flying Microtonal Banana

 

Depuis que je les ai découvert avec l’étourdissant I’m in your Mind Fuzz, les King Gizzard ont sorti 4 albums, et ils en annoncent 5 pour la seule année 2017 - conséquence, le temps de faire tourner ce Flying Microtonal Banana, un Murder of the Universe vient de paraitre. Inutile de dire que tenter de suivre les Australiens se révèle complètement impossible (à moins de se consacrer à plein temps à leur groupe), et qu’il va falloir faire un tri plus ou moins aléatoire dans leur discographie. Quitte à choisir, ce Flying Microtonal Banana fera un bon prétendant, tant il vient démentir l’impression que les King Lizzard ont enclenché la photocopieuse sonore tel un vulgaire Ty Segall. Certes on reste dans le garage psychédélique pied au plancher auquel ils nous ont habitué, mais en ajoutant un filtre oriental qui s’avère bien plus original que prévu. Si l’omniprésence un peu facile de la Zurna (une sorte de guimbarde) est la plus évidente touche de couleur arabisante, on s’aperçoit rapidement que l’ensemble du groupe a sérieusement bossé le sujet. Lignes de guitare, de chant, et surtout rythmes atypiques impressionnants, King Lizzard ne fait pas que maquiller rapidement sa musique, mais il en propose une relecture qui s’avère extrêmement riche et permet à Flying Microtonal Banana, porté par l’entêtant morceau d’ouverture « Rattlesnake »,  d’avoir une durée dépassant largement celle d’un album de garage tout venant. On aura donc une poignée d’albums de retard quand on sortira celui-ci de la platine…

 

 

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