Blinking Lights (and other revelations)

14 novembre 2017

HELLO DARKNESS + KALL - Vendredi 10 Novembre 2017 - Bar des Capucins - LYON

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Suivant le point de vue, on pouvait voir cette date au Bar des Capucins comme un troisième concert de l’année (un record) ou un retour  sur scène après plus de 9 mois d’absence. Notre dernière prestation datait en effet du 3 février, où nous avions partagé un très bon moment au Toi Toi avec E-Grand et Kall.   Nous avions d’ailleurs gardé contact avec le trio Lyonnais, se promettant de partager une nouvelle fois l’affiche à l’occasion. Promesse tenue, en particulier grâce à Snoop, inimitable bassiste de Kall, qui non content d’organiser le concert réalisera aussi la superbe affiche le promouvant. De notre côté, nous avions repris un rythme de répétitions hebdomadaire bien suivi, avec beaucoup d’idées de nouveaux morceaux. En l’honneur des fidèles potes nous encourageant sur la plupart de nos dates et constituant l’essentiel de notre public, nous essayons à chaque concert d’en placer au moins un dans la setlist : au diable l’avarice, il y en aura même deux pour cette fois, ce qui confirme notre bonne dynamique. 

 

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Trop occupé pour stresser durant la semaine, je commencerais à flipper un peu le vendredi du concert, où j’avais pris congé  pour me transformer, comme d’habitude, en déménageur de matos. Murphy nous fait une petite blague avec des bouchons phénoménaux pour sortir de Lyon vers la salle de répète, ce qui nous inquiéteras un bon moment, tant Damien et moi coincés dans nos bagnoles que le reste de la troupe en attente au Bar. Au final, ce bon vieux Murphy aura été petit joueur par rapport à de nombreux autres concerts que nous avons fait, et l’heure de retard prise sur le programme sera assez facilement compensée par des balances rapides et efficaces. Nous retrouvons Charles, Snoop et JB de Kall ainsi que nos compères Julien et Seb pour décharger batterie et amplis (garés à l’arrache, l’accessibilité et surtout l’absence de stationnement étant le seul défaut du Bar des Capucins) ainsi que pour l’installation au petit sous-sol vouté faisant office de salle de concert. Nous sommes étonnement au large, surtout en comparaison des souvenirs qu’on avait de notre unique date en ces lieux, le mythique concert que nous fîmes en première partie d’Harold Martinez, qui était aussi le premier de Seb avec Hello Darkness. Bref je suis bien à l’aise et assez confiant vu les conditions en terme d’espace et de son, et vu la bonne ambiance qui règne dans notre petite troupe. Pour fêter ça, nous filons tous bouffer à l’Indien du coin, et le simple fait que j’ai pu avaler un sandwich au bœuf épicé montre bien que toute trace de stress avait disparu de mon côté.

 

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C’est open bar pour les musiciens, premier geste généreux des deux patrons du Bar des Capucins qui seront d’une gentillesse incroyable tout au long de la soirée. Je n’en profite que peu afin d’assurer au maximum, ayant souvenir que les nombreuses bières bues avant le concert au Toi Toi m’avaient joué quelques tours derrière les futs (les tambours, pas les barriques, vous aviez compris…) J’assure la caisse avec Seb lors de la prestation de Kall, ce qui fait que je n’en profiterai pas autant que la dernière fois, mais j’en entends suffisamment pour me confirmer que le trio n’a rien perdu de sa maitrise, tant au niveau du son que de l’interprétation. Déjà auteurs de très belles compos dont on reconnait sans peine une bonne partie malgré les mois écoulés depuis notre dernière date commune, on sent que Charles, Snoop et JB sont parfaitement rodés pour la scène, eux qui par l’entremise de leur bassiste assurent une bonne dizaine de concerts chaque année. Je profite de ce moment pour discuter avec les habitués qui se sont déplacés, Ben, Arnaud, Jimmy, Fred (venu avec Aline, ce qui fera au moins une spectatrice qui ne nous connait pas encore). Toujours agréable d’être ainsi soutenu, je regrette un peu la relativement faible affluence (1) - une trentaine d’entrées, une vingtaine de personnes pour nous écouter- mais en même temps cela donnera un côté répétition en public sympathique et détendu à la soirée.

 

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Après l’inévitable changement de plateau, toujours un peu chaud, surtout lorsque je tente péniblement de retrouver mes réglages parfaits de la balance (et ce alors que JB s’est employé à ne dérégler qu’un minimum d’éléments), nous nous lançons sur « the Beat », un titre rapide et assez casse gueule qui passe sans accrocs, suivi sur la même dynamique d’un « Katrina Ghost » qui me rassure toujours. Nous avions ensuite prévu d’apaiser une setlist spécialement adaptée à un concert avec Kall, dont l’ambiance musicale est la plupart du temps plus feutrée que la nôtre. C’est un petit plaisir d’avoir assez de compositions qui tournent aujourd’hui pour faire une telle sélection, c’est en tout cas quelque chose qui m’amuse bien. Tout comme ma marotte de ressortir de temps en temps un de nos vieux morceaux, c’est le genre de truc qui me plait beaucoup quand je vais voir un concert alors pourquoi ne pas jouer à ça nous aussi ? J’avais proposé de ressusciter « to Know Who I am », qui est un morceau faussement calme assez facile à mettre en place (2) et qui fait toujours mouche.

J’aime bien aussi l’idée d’intégrer une reprise à nos setlist (et je ne suis pas le seul, puisque Kall aura délivré une jolie version de « Never Let me Down Again »), et l’idéal pour moi serait d’en changer chaque année. Hélas, nous n’avons encore jamais pu nous mettre d’accord sur un titre, si bien que pour ce soir ce sera encore le « Disorder » de Joy Division - seul titre que je n’ai d’ailleurs pas bien senti, j’ai attaqué beaucoup trop tôt la phase intensive et je n’entendais pas bien les guitares, je pense aussi qu’il venait un peu tôt dans la setlist. Mis à part une hésitation sur « Our Anthem », tout le reste s’est bien déroulé, « Stasis » et « Pluie de Flèches » apportant d’autant plus la nouveauté que l’un est la première compo de Seb pour Hello Darkness et l’autre notre première chanson en Français.  « Or Sleeping » et « Beating Heart », deux titres assez piégeux (on plante régulièrement le premier en répète alors que c’est un de nos plus vieux morceaux) concluent le set sans encombre.

 

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Ambiance à la cool avec les potes, avec qui on a discuté régulièrement pendant le concert. J’ai résisté tout le concert à la tentation de me mettre torse nu malgré la chaleur (sous les spots et sans bière, malheur !) pour faire honneur à nos nouveaux T-Shirt, floqué d’un dessin fantasmagorique tout en ombres évoquant le nom Hello Darkness (dommage, nous n’avons pas pensé à faire une photo de groupe avec, on est vraiment des amateurs…). Nous n’avions pas prévu de rappel, à peine répété vaguement « Zembria » au cas où, mais puisqu’on a eu l’honneur d’une « requête », j’ai décidé les autres à se lancer dans notre antédiluvien « Explosion of You », qui n’est pas trop mal passé, pour faire plaisir à Fred. Il le méritait bien, vu qu’il a largement contribué aux finances du concert : preuve que la théorie du ruissellement peut parfois s’avérer juste, les nombreux Picon Bière qu’il a ingurgités auront laissé des traces sonnantes et trébuchantes dans notre caisse. Ceci parce que les patrons du Bar des Capucins laissent un pourcentage de leur caisse aux musiciens, ce qui est vraiment classe, et nous rapportera bien plus que les tickets vendus. De quoi nous payer des nouveaux T-Shirts (toujours plus sympa qu’un mois de répète…)

 

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Cas unique, c’est la satisfaction unanime chez Hello Darkness quand à la qualité de notre prestation, et en plus on s’est bien amusé, ce qui nous fait dire que nous avons donné là notre meilleur concert. Je discute brièvement avec les amis pour avoir leur retour et quelques conseils toujours bons à prendre, mais il est déjà l’heure de ranger et d’aller chercher la bétaillère. Moment très frustrant de la soirée où je dois faire trois fois le tour du quartier avant de réussir tant bien que mal à me garer pour récupérer la batterie : j’aurais mieux aimé prolonger les discussions avec les amis et nos collègues de Kall, et profiter à fond du bar… Mais c’est la dure loi de l’amateurisme, et je pense qu’Hello Darkness au complet signerai sans problème pour d’autres soirées de ce genre ! D’ailleurs nous espérons organiser un nouveau concert avec un autre groupe ami en début d’année prochaine.  D’ici là, répétitions, travail sur les nombreuses nouvelles idées que nous avons en stock et pourquoi pas notre arlésienne : l’enregistrement de quelques chansons. 

 

(1)    A croire que la qualité de nos prestations est inversement proportionnelle au nombre de spectateurs….

 

(2)    pour moi, pour Julien qui en assure l’essentiel c’est une sans doute autre paire de manche

 

 

Setlist : the Beat – Katrina Ghost – Endless Rain – Young (Lullaby) – Disorder – Our Anthem – Stasis – Pluie de Flèches – to Know Who I am – Or Sleeping -  Beating Heart // Explosion of You

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10 novembre 2017

W.A.S.P - Mardi 07 Novembre 2017 - Le Transbordeur - LYON

 

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Ceux qui suivent ma série Tape Story savent que j’ai commencé (tardivement) mon éducation musicale par le Metal dans sa plus pure tradition chevelue. WASP entre autres, dont il ne me serait pas venu à l’idée d’aller raviver les souvenirs en allant renifler des effluves de poil transpirant et de cuir quadragénaire dans une fosse si mon regard, balayant rapidement la programmation du Transbordeur, n’était tombé sur l’affiche de la tournée reIDOLized. Pas de doute, ce bon vieux Blackie Lawless, pour fêter les 25 ans de la sortie de the Crimson Idol, allait rejouer en concert l’intégralité de ce cultissime concept album. Enfin, cultissime, pour moi – rappelons que c’était une des pièces majeures de ma participation au Hall of Shame organisé par Guic – et pour très peu de mes potes actuels. En fait, je ne pouvais compter que sur un seul d’entre eux : Fred, aka Chtif. Je n’ai même pas eu à utiliser mon joker (1) vu sa motivation, mais j’étais bien content qu’il ait magistralement ignoré tout un tas d’obligations professionnelles pour m’accompagner, car je n’aurais pas poussé le vice jusqu’à y aller tout seul.

 

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Après un trajet en Tramway à peine perturbé par l’évanouissement d’une jeune étudiante qui nous montrera que les gens sont solidaires tant qu’ils ne loupent pas leur arrêt,  nous voilà en position devant une bière au bar du Transbo pour attaquer ce qui sera l’une de nos principales activités de la soirée : mater. D’abord les looks, blousons de cuir ou en jean floqués de noms surgis du passé, Queensryche, Cradle of Filth, Manowar, j’en passe et des plus drôles, ainsi que quelques inquiétants paramilitaires. Et puis les métalleuses évidemment, toujours tant minoritaires qu’attirantes, mystère adolescent resté éternellement à l’état de fantasme dans la mesure où je n’ai jamais eu l’ombre d’un début d’histoire avec l’une d’entre elles. Pour les gars le cheveu est rare ou, quand il demeure, grisonnant : ce n’est pas une surprise, il n’y a quasiment aucun jeune dans le public, même si pris par l’ambiance et le fond musical à base de Skid Row beaucoup auront eu la sensation d’avoir à nouveau 20 ans. Coup de bol, la première partie est annulée, ce qui permet de passer un agréable moment et de se placer tranquillement dans une salle loin d’être complète, même si l’affluence reste honorable. Les arpèges de la terrible introduction du disque, « the Titanic Overture » (2), annoncent l’entrée en scène de Blackie Lawless, seul rescapé du groupe d’origine (3), et lancent le concert à 21h précises. On remarque d’emblée les trois grands écrans qui, derrière le groupe, diffusent un film en noir et blanc illustrant les chansons de the Crimson Idol. Le résultat est de qualité, WASP s’est bien employé à recréer visuellement cette histoire qui m’avait tant marqué.

 

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Soit donc celle de Jonathan, gamin élevé à coups de ceinture dans le droit chemin de la Sainte Bible par des parents réactionnaires, traumatisé par la mort accidentelle de son grand frère, et qui finit par s’enfuir à l’adolescence vers la ville, ses plaisirs et ses dangers. Alors que l’épique « Chainsaw Charlie », morceau phare du disque, réjouit l’ensemble du public, on voit un jeune homme, arrivé timidement en portant son étui à la main, se transformer en redoutable rock star grâce à l’aide d’un manager aussi efficace que moralement douteux. Thème identique au clip de « Welcome to the Jungle » des Guns N Roses et à tant d’autres, essence même du Hard Rock : affronter ses démons en montrant les muscles, tout en récoltant au passage gloire, filles et pognon. Les détracteurs du style passent sans doute à coté de cette composante majeure, là où beaucoup de fans y voient, consciemment ou pas, une catharsis. Bref, emballé jusque-là par le concert, me voici de surcroit touché.  Comme le fut certainement Blackie Lawless à l’écoute des Who, dont les WASP reprennent régulièrement  le titre « the Real Me » (pas entendu ce soir malheureusement) et dont les références foisonnent, ce qu’en bon fans Fred et moi ne manqueront pas de remarquer. Il y a cette batterie contenant deux fois plus d’éléments qu’ordinaire, bien symétrique autour des deux grosses caisses, dont le batteur usera avec quantité de roulements de toms en imitant ouvertement le jeu de Keith Moon. Et puis le scénario de l’opera rock, dont la trame dans son évolution évoque en filigrane celle de Tommy, avec ce miroir si difficile à briser et ses personnages récurrents, dont la Gitane (« the Gypsy meets the Boy ») et sa mystérieuse prophétie : « be careful what you wish for because it may comes true ». Une phrase sur laquelle j’avais beaucoup  réfléchi, entre deux méditations sur les paraboles du Nouveau Testament, avant d’en saisir tardivement toute la portée. Dans l’histoire, c’est bien sur  la prise de conscience par Jonathan, devenu une immense Rock Star, que le tant rêvé Sex, Drugs and Rock N Roll n’est pas si fantastique à vivre et qu’il lui manque l’essentiel. Pourchassé par les images violentes de son enfance maltraitée jusque sur scène, rejeté par ses parents avec qui il avait courageusement essayé de reprendre contact, Jonathan finit par se pendre avec les cordes de sa guitare. On aimerait savoir à quel point Blackie Lawless se raconte, s’il est aussi hanté par son passé alors qu’il se tient devant nous vaillamment à plus de 60 ans, ou s’il est juste au boulot, en mode automatique. S’il a échappé au destin de son personnage à force de se répéter le mantra Christique (décidemment) « Only Love set me free ». J’ai lu en tout cas qu’il a retrouvé la foi depuis une quinzaine d’années, d’où la relative et bienvenue sobriété du spectacle : pas de films pornos en fond,  pas de scie circulaire, de jaillissement  d’étincelles ou de sang, évité le Grand Guignol qui aurait fortement nuit à l’ambiance réclamée par the Crimson Idol.

 

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Sobriété qui était aussi de mise pour la tenue du leader, assumant son âge, avec un simple T-Shirt noir ne planquant pas son bide et le minimum syndical en termes de maquillage. Si je craignais le chant de Blackie Lawless, déjà peu harmonieux du tant de sa jeunesse, j’ai été très agréablement surpris, allant jusqu’à me féliciter des très rares écarts signalant que je n’avais pas affaire à un Play Back. La voix est juste et porte loin, beaucoup moins éraillée ou agressive que dans mon souvenir. Les solos de guitare, passage obligatoire mais savoureux (et pas envahissant) de chaque titre, étaient confiés à un branleur de manche sympathique, assurant ce qu’il faut de spectacle sans pour autant donner dans la surenchère. Le son de batterie est assez chaud, plus proche du tambour que de la caisse claire tranchante, ce qui me permettra d’écouter le concert sans protection auditive, le bassiste étant lui aussi dans ce juste dosage d’attitude rock s’arrêtant avant que n’apparaisse le ridicule. Bon, il nous fera quand même marrer parce qu’il ressemble à Francis Lalanne. Faut pas déconner non plus, j’ai beaucoup fait mon sérieux jusqu’à présent, mais on s’est aussi bien amusé. Qui ne peut sourire en entendant la balade « Hold on to My Heart », aussi sympa que caricaturale ? Et l’on s’en donnera à cœur joie lors des inévitables passages dis du « Jean-Michel A Vous ! », ceux où le public est invité à beugler le refrain en lieu et place de l’artiste. Public très calme (on s’en serait douté) mais bien enthousiaste et participatif. C’est surtout lors du rappel, me confortant dans l’idée que n’eut été l’interprétation de cet album fétiche je n’aurais pas forcément gouté à un concert complet de WASP, que l’on va lâcher les saillies avec Fred. Il faut dire que pour les trois tubes interprétés, extraits des deux premiers albums (milieu des 80’s), WASP fera l’erreur de diffuser en arrière-plan les clips, mettant cruellement en avant l’effet des décennies écoulées sur le physique du chanteur, mais surtout nous plongeant dans le pire cliché Glam Metal des années 80. Pas grave, on prend plaisir à écouter ces efficaces tranches musicales du passé, mis à part un improbable slow nommé comme le dernier album en date (Golgotha, 2015) qui nous permettra de nous soulager des binouzes ingurgitées dans la soirées avant de revenir pour un « I Wanna be Somebody » bien prolongé en point final d’un concert ayant tenu toutes ses promesses (4). 

 

(1)    Vous vous souvenez qu’il m’en devait une depuis l’épisode Magma…

 

(2)    Sans doute une référence au premier titre du premier album d’Alice Cooper, autre légende du Hard dont nous recauserons très prochainement dans cette rubrique.

 

(3)    WASP fête aussi ses 35 ans d’existence, d’où le T-Shirt arboré par le leader mais aussi bon nombre de spectateurs

 

(4)    et son timing, puisqu’il est 22h30 précises

 

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Setlist : The Titanic Overture - The Invisible Boy - Arena of Pleasure - Chainsaw Charlie (Murders in the New Morgue) - The Gypsy Meets the Boy - Doctor Rockter - I Am One - The Idol - Hold on to My Heart - The Great Misconceptions of Me // L.O.V.E. Machine - Wild Child – Golgotha - I Wanna Be Somebody

 

 

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03 novembre 2017

# 056 / 221

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Suite de Stoned & Dethroned avec 4 nouveaux extraits dans la continuité des bons morceaux de la cassette précédente. On commence avec quatre accords Velvetiens pour un tube langoureux nommé « Save Me », l’un des meilleurs des Jesus & Mary Chain, et l’on poursuit tranquillement avec encore pas mal de jolies mélodies de guitare sur un lit acoustique plaisant. Rien de neuf sous les lunettes noires donc, mais un excellent album. Enfin, une excellente moitié d’album, parce que Stoned & Dethroned contient en fait pas moins de 17 titres soit, comme j’en avais jugé à l’époque, deux fois trop….

 

 

 

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J’aurai pu venir aux Breeders par les Pixies ou, comme tout le monde, par l’album Last Splash, sorti depuis belle lurette lorsque j’enregistrai cette cassette. Mais non, pour une raison que je vous expliquerai dans une trentaine d'épisodes,  c’est en explorant la discographie de Tanya Donelly que j’empruntais ce déroutant Pod. J’avais hâte de redécouvrir ce disque et ressentais une certaine frustration en m’apercevant que je n’en avais retenu qu’une moitié. J’ai cependant vite compris pourquoi : Pod est beaucoup plus difficile d’accès que je l’imaginais. On ne retrouve éventuellement l’esprit des Pixies que sur « Opened » et la pop entrainante attendue sur « Doe ». Le reste est abrupt, avec un son bien râpeux et une voix cassée très en retrait : bref, encore un disque marqué de l’empreinte de Steve Albini, qu’à l’époque je goutais beaucoup moins qu’aujourd’hui. Quand on sait que la « batteuse » Shannon Doughton est en fait un pseudonyme pris par Britt Walford, cogneur de Slint, pour faire croire à un véritable Girl Band, on finit par comprendre d’où vient cette version aux dénivelés Post Rock du « Happiness Is A Warm Gun » des Beatles. Si la basse est souvent aux avant-postes sur les titres lents (l’introductif « Glorious »), quelques extraits comme « Lime House » laissent entrevoir le futur des Breeders, toutes guitares dehors et chanson tranchée pour s’octroyer autant de redémarrages  en trombe. Un album étonnant qu’il serait peut-être temps de racheter en CD, histoire de creuser un peu et surtout de profiter de certains titres honteusement écartés ici, comme « Iris », « When i was a Painter » ou « Hellbound ».

 

 

 

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Après l’enregistrement de Pod, Tanya Donelly a quitté les Breeders et fondé son propre groupe. En 1993, la même année que Last Splash, sort donc le premier album de Belly. On pourrait croire à un mauvais calcul de la part de la guitariste, qui loupait le jackpot  que fut le second disque de Kim Deal et ses copines, mais outre le fait qu’elle avait enfin les mains libres et le rôle de compositrice exclusive, Tanya Donelly eut aussi un très beau succès avec Star, décrochant même un hit avec le titre « Feed the Tree ». Pas étonnant, ce gentil rock semble taillé pour les radios 90’s. Le son général de Star est d’ailleurs opposé à celui du disque qui a précédé (à l’Anti-Pod, donc…), avec un son très propre, des arrangements léchés (et souvent assez datés, il faut bien le reconnaitre), et pas mal de reverb dans la voix. On est ici au croisement du rock alternatif, du shoegaze, du rock FM, avec suffisamment d’accroche cependant pour être à mes oreilles largement à la hauteur de certaines productions dites culte de groupes à la reformation récente. Certes, tout comme sur le Lovesong for Underdogs, mes deux titres favoris sont les très énergiques et électriques rocks « Angel » et « Dusted » placés en début d’album. Mais les références inévitables à la frangine Kristin sur les titres acoustiques (« Every Word », « Witch ») ou à l’indie rock des Throwing Muses (« Gepetto ») ne sont évidemment pas pour me déplaire non plus. Bourré d’arpèges rapides comme je les affectionne, sachant varier les ambiances au gré des sons de guitare (dissonances d’un « Low Red Moon » original, électricité psyché de « Sad Dress »), Star est un album réussi mais manquant souvent du soupçon de tension ou de personnalité qui aurait pu me le rendre indispensable. Il reste à priori le sommet de la carrière de Tanya Donelly, qu’on retrouvera épisodiquement dans cette rubrique, au gré des sorties de ses albums solo.

 

 

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29 octobre 2017

Some Folk: Raoul VIGNAL, Kevin MORBY

 

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Raoul VIGNAL - the Silver Veil

 

Il y a eu un moment où j’ai écouté énormément de folk. Y avait-il spécialement d’artistes doués dans ce style, ou y étais je plus sensible je ne sais, quoi qu’il en soit cette période s’est achevée aux alentours de 2014, après un dernier flash sur the Tallest Man on Earth. Mes écoutes se sont progressivement porté sur du rock plus violent, le seul album tranquille ayant jusqu’à présent trouvé grâce à mes oreilles cette année étant celui des Marquises. C’est dire la qualité de ce premier album de Raoul Vignal (un autre français, comme son nom l’indique assez bien), qui a réussi à m’accrocher d’emblée malgré une formule très basique en guitare - voix. Mais quand les compositions sont de ce niveau, il n’est pas besoin d’arrangements luxuriants, ce que démontre un album très homogène à peine rehaussé par instants d’un peu de batterie ou de flute traversière. 

Intégralement interprété en arpèges, alternativement très rapides ou un peu moins relevés, les chansons de the Silver Veil séduisent par un sens de la mélodie indéniable, une voix posée et agréable et une technique assez redoutable, tout guitariste amateur sachant la difficulté à interpréter aussi rapidement de semblables pickings sans s’emmêler les pinceaux. On pense au Humbling Tides de  Stranded Horse, autre disque au potentiel dépaysant et onirique inépuisable, à Jose Gonzalez (« Under the Same Sky »), coup de foudre musical d’il y a (déjà !) une quinzaine d’années, voire aux premiers disques de Leonard Cohen lorsque le tempo galope sereinement (« One ») à la manière du classique « the Partisan ». Autant dire de sacrées références pour un jeune artiste (26 ans), mais le Lyonnais a en fait un sérieux bagage de songwritter à l’ancienne, ayant trainé sa guitare notamment à Berlin où il a composé cet album il y a déjà deux ans. Espérons que le retour dans sa ville d’origine soit suffisamment long pour que je puisse le voir en concert autrement que pour des premières parties guères alléchantes.

 

 

 

 

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Kevin MORBY - City Music

 

Kevin Morby avait signé avec Singing Saw, porté par un très bon début d’album et un tube magistral (« I have been to the Mountain »), une des belles surprises de l’année dernière. L’américain revient promener sa nonchalance Velvetienne sur les 11 titres de City Music, qui, à l’exception d’un hommage amusant et réussi aux Ramones (« 1234 »), reste homogène dans un classicisme tranquille, voire langoureux (le bluesy « Dry your Eyes »). Bien que remarquablement maitrisé, City Music souffre de quelques longueurs (notamment sur le titre du même nom) et de l’absence d’un ou deux morceaux vraiment percutants (le plus évident, « Crybaby », n’étant pas vraiment de la trempe des singles imparables). Suivant l’humeur, on pourra donc apprécier cette petite heure de musique paisible ou s’y ennuyer un peu. 

 

 

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24 octobre 2017

GODSPEED YOU ! BLACK EMPEROR - Vendredi 20 Octobre 2017 - Le Toboggan - DECINES

 

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Deux concerts d’affilé en ce week end, il m’est arrivé de le faire mais cette fois ce ne sera pas possible : un difficile choix entre Godspeed You Black Emperor et Micah P Hinson se présente à moi. J’ai déjà vu les Canadiens il y a deux ans, j’avais beaucoup aimé leur concert et leur dernier album promet une nouvelle bonne soirée. Quant au songwritter américain, auteur d’une très belle trilogie  entre 2004 et 2008, il ne m’a plus intéressé depuis à tel point que je n’ai toujours pas écouté l’album qu’il a sorti cette année, mais je ne l’ai jamais vu sur scène et il est très rarement de passage chez nous. Apprenant qu’il tournait en formation solo, soit un risque non négligeable d’ennui total, j’optais pour le post rock au détriment du folk, pour la sécurité au détriment de la découverte. 

Découverte il y aura quand même, puisque c’est la première fois que je me rends au Toboggan, salle de Décines qui, d’aspect extérieur et au niveau de la programmation très éclectique, ressemble assez au Radian de Caluire (un lieu de spectacle moderne, quoi). A l’intérieur de la salle en revanche, c’est de dimension plus restreinte et places exclusivement debout, style Epicerie Moderne, soit donc la configuration parfaite pour voir Godspeed You Black Emperor. Pour l’instant je ne suis pas à fond dans la soirée, j’ai un grand besoin de calme en cette fin de semaine fatigante, à tel point que j’ai opté pour me tenir compagnie pendant le long trajet en voiture pour le dernier album de Eels, pas écouté depuis sa sortie, et d’un style beaucoup plus proche de Micah que de Godspeed. Et ce n’est pas le coup d’oreille jeté à la première partie  qui me motivera, puisqu’il s’agit d’une saxophoniste expérimentale jouant en solo (1). Une binouze et un sandwich vegan plus tard, c’est l’heure de se placer au milieu d’un public relativement nombreux (même si on est loin d’être serrés) et très hétérogène (2).

 

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Tout comme il y a deux ans au Transbordeur, les 8 membres du groupe entrent sur scène les uns après les autres sur « Hope Drone », ainsi nommé parce que le gros son continu s’amplifiant progressivement est accompagné du mot Hope projeté de diverses manières  sur l’écran géant qui soutiendra de ses videos répétitives et sombres l’ensemble des compositions interprétées. Cette entame est indéniablement spirituelle, c’est un gigantesque Mantra Primordial d’une quinzaine de minutes destiné à souder le collectif, à rassembler groupe et public dans un même lieu et un même présent. Pouvant sembler de prime abord inutile ou fastidieux, le « Hope Drone » se révèle en réalité aussi judicieux qu’efficace : à l’inverse de mon sentiment à l’arrivée, je me sens là où je devrais être, enfin en condition pour  savourer la suite. Qui sera exceptionnelle. J’ai suffisamment écouté Luciferian Towers (sorti cette année) pour reconnaitre ses deux pièces majeures qui vont être enchainées en début de set (« Bosses Hang » et « Anthem for no State »), d’autant qu’elles contiennent nombre de mélodies bien identifiables, ce qui est loin d’être le cas de tous les morceaux des Canadiens. La puissance progressivement développée par les deux batteries, les deux basses et les trois guitares emplit les corps d’un entrelacs sonore aussi complexe que maitrisé, telle la terrible marche inéluctable d’un monde devenu fou qui écraserait tout sur son passage. Le violon, comme poursuivi par cette machine, semble non seulement y échapper constamment, mais encore parvenir à la dompter, imposant sa fragile mélodie à un groupe qui n’a d’autre choix que de suivre, espérant sans doute l’écraser dans cette nouvelle évolution du morceau. Ainsi le corps du spectateur marche-t-il au pas, entrainé malgré lui par ces rythmiques souvent martiales, mais son esprit, lui, s’échappe libre en suivant les envolées du violon. J’ai été littéralement bouleversé par cette grosse demi-heure de musique, comme rarement il m’est arrivé de l’être en concert.  

Godspeed You Black Emperor accueille sur scène la saxophoniste entraperçue auparavant pour interpréter les deux titres restant de leur dernier disque, plus courts et plus expérimentaux. Cette partie est très sombre, le violon est cette fois bien étouffé au milieu des autres instruments. La séquence s’achève par le final de « Undoing a Luciferian Towers », dont la mélodie semble une sorte d’hymne national, mais un hymne à la Hendrix, torturé de toutes part, comme monstrueux. La deuxième partie du concert est consacrée à deux longs morceaux, que je ne reconnais pas mais identifie comme faisant partie du début de carrière du groupe. Beaucoup plus insaisissables, beaucoup moins captivants à mon sens, ces titres (« Moya » et « BBF3 », soit l’EP Slow Riot For New Zero Kanada), sans être désagréables, me feront sortir de l’état de grâce dans lequel j’étais jusqu’à présent, à l’inverse des fans de la première heure qui feront savoir plus tard sur les réseaux sociaux leur joie d’avoir entendu live cet EP culte du mouvement post rock original. Tant mieux pour eux, il en faut pour tout le monde et j’ai largement été comblé par l’intégralité du Luciferian Towers, même si j’espérais secrètement un bon « Mladic » en conclusion. La sortie de scène se fait en miroir de l’entrée, les musiciens la quittant l’un après l’autre sur un drone dont on viendra progressivement éteindre toutes les couches sonores jusqu’à ce que les lumières se rallument. Nous laissant avec ce mélange de bonheur et de frustration propre aux très bons concerts. 

 

(1)    Du genre de celui qu’on s’était fadé en première partie de Bonnie Prince Billy. Et oui, Mette Rasmussen, c’était encore plus inécoutable…

 

(2)    les premiers disques de Godspeed ont une vingtaine d’années, il y a donc quand même pas mal de vieux. 

 

Setlist: Hope Drone – Bosses Hang – Anthem for no State – Fam/Famine – Undoing a Luciferian Towers – Moya – BBF3

 

A lire la très bonne chronique d’El Norton sur le concert de Rennes quelques jours plus tôt : http://last-stop-this-blog.blogspot.fr/2017/10/godspeed-you-black-emperor-undoing.html

 

 

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19 octobre 2017

LONDRES - 01 / 06 Octobre 2017 - Part 2

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Mercredi 03 Octobre

 

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Abusés par une météo trompeuse nous ayant annoncé une superbe journée, nous avions décidé de faire un tour du coté de Westminster. Hélas, ce fut le jour le plus nuageux (ne nous plaignons pas, nous n’avons pas eu une seule goutte de pluie), ce qui ne rendait pas hommage aux superbes façades ciselées qui eussent certainement, de par leur clarté, été sublimés par un soleil plus généreux. En plus, une partie (dont toute la base de Big Ben) était sous échafaudages, et, scandale ultime, nous n’eûmes pas la joie d’entendre sonner la cloche la plus célèbre d’Europe (on ne le savait pas, mais en fait elle est en maintenance pour deux ans). Cela ne nous empêcha pas de faire le tour complet du Palace of Westminter pour admirer comme il se doit ce beau bâtiment, traversant une première fois la tamise pour la longer face au palais sur une promenade très agréable, avant de regagner Big Ben par le Westminter Bridge. Après avoir admiré de même la Façade de la Westminster Abbaye, nous décidons d’en faire le tour aussi et franchissons donc le porche du bâtiment situé à sa droite pour atterrir dans un superbe parc fermé épargné par les touristes (peut être intimidés par le garde et la barrière à l’entrée du porche). Les façades bordant le parc, très anciennes, sont magnifiques, beaucoup se révélant des écoles qui ne doivent pas être accessible à toutes les bourses. Nous y croisons donc des flopées d’élèves en uniforme, ce qui nous arrivera très régulièrement pendant notre séjour. Nous n’avons pas pu avoir la certitude que tous les écoliers Londoniens portaient l’uniforme ou si c’était réservé aux écoles privées, ni la manière dont la mixité était gérée (la plupart des groupes croisés étaient non mixtes). Après cette surprenante découverte, nous terminons notre tour du quartier par la Great College Street (encore des belles façades en brique rouge et une propreté irréprochable) pour revenir à notre point de départ, devant le Parlement.

 

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Il est temps d’aller dire bonjour à la Reine, nous filons au Palais de Buckingham et nous melons aux nombreux touristes le temps d’une photo devant les grilles ouvragées. Pas vraiment intéressant, nous quittons les lieux en passant devant une imposante fontaine solidement gardée par une grande statue de l’austère reine Victoria, puis traversons un St James Park peuplé comme de coutume par une multitude d’oiseaux et d’écureuils. Au bout de cet espace très arboré nous voilà sur une immense place bordées de grands bâtiments blancs (l’ensemble nous a semblé plus beau que le Buckingham Palace), Horse Guards Parade, qui comme son nom l’indique sert aux défilés des gardes à cheval. Nous en trouvons d’ailleurs deux à l’entrée qui, stoïques, résisterons à l’assaut d’une classe entière de collégiens venant bruyamment tester la patience des canassons. Un petit coup de metro pour nous rendre un peu plus au nord, dans l’excellent quartier de Soho, où nous nous mettons en quête de boutiques repérées au préalable sur internet. La rue de la tentation s’appelle Berwick Street, et elle abrite notamment le mythique Sister Ray, magasin de disque sur deux étages orienté Rock Indé. J’y passe évidemment beaucoup de temps, mais moins que ce qu’on pourrait croire, dans la mesure où les rayonnages des disquaires londoniens sont extrêmement bien classés : chaque groupe un peu connu a son intercalaire, chaque style est classé en sous styles très précis, ce qui permet de zapper facilement une bonne partie des disques. Pas de trouvaille magique en ce lieu (j’ai quand même résisté à quelques raretés bien chères), c’est finalement au magasin en face, Reckless Records, mieux pourvu en vinyles originaux d’occasions, que je dénicherai de bonnes affaires, le fouillant de plus en plus rapidement jusqu’à la fermeture. Pendant ce temps, Mélaine explore dans cette même rue pas mal de magasins de tissus et de vêtements (coup de cœur pour le Cloth House) avant d’aller au grand magasin Liberty, ce tissu coloré assez cher prisé des couturières modernes. Je l’y rejoins avec intérêt, car il parait que le bâtiment vaut le coup d’œil, et c’est effectivement le cas. 

 

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C’est un immense magasin sur quatre  étages, aux façades à colombages et à l’intérieur entièrement boisé. Les éclairages et présentations des vêtements, jouets, et autres souvenirs sont soignés, on se croirait dans une vaste demeure bourgeoise, ce que ne manqueront pas de rappeler des prix indécents pour la moindre bricole. Cela dit c’est vraiment un plaisir pour les yeux, et nous un moment flânons dans les rayonnages en déconnant un peu sur le luxe indécent du lieu. Un peu plus loin sur Regent Street, sorte de Champs Elysées Londoniens que nous avions déjà croisés le premier soir, nous nous rendons au Hamleys, un magasin de jouets sur 7 étages. L’endroit est plus moderne et moins intéressant, mais le gigantisme du truc est fascinant, les jouets c’est toujours marrant et il y a des figurines à taille humaine amusantes, notamment des personnages en lego qui valent la photo (batman, star wars, la reine sur son trône ou la famille royale lors du mariage de Kate et William). Il est l’heure de trouver à manger, nous partons au hasard dans les rues aux alentours, dont une Carnaby Street qui nous semble agréable. C’est ainsi que nous atterrissons à Kingly Court, une très sympathique cour fermée accueillant sur trois étages un grand nombre de restaurants, tellement fréquentée par la jeunesse londonienne que nous peineront à trouver une place. Nous nous installerons finalement peinards dans la cours devant un bon hamburger, tout contents de notre bonne fortune. 

 

Jeudi 04 Octobre

 

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Nous allons passer la plus belle journée du séjour dans le dernier quartier que nous voulions voir, Southwark. Nous commençons par marcher autour de la Tower of London, que je n’imaginais pas si grande (j’avais en tête le Donjon, qui n’en est qu’une petite partie). La forteresse est éclatante sous le soleil, les anciennes douves recouvertes d’un gazon anglais impeccable, la balade est agréable. Nous nous amusons surtout du contraste entre ce monument Moyen Ageux et la City toute proche, hérissée de buildings modernes (ce n’est qu’un début, le nombre de grues indiquant des immeubles à venir est assez important) qui surplombent le vieux château sur bon nombre de nos photos. Nous empruntons le Tower Bridge, au tablier suspendu entre deux immenses Tours ouvragées. Malgré sa  célébrité le Pont me fait grand effet, et j’hésite à prendre le temps d’aller voir là-haut sur les passerelles piétonnes dominant la Tamise si j’ai le cœur bien accroché, mais ce sera finalement pour une autre fois. Nous longeons alors le fleuve (encore une très belle promenade), passons l’incongru Bateau Militaire mouillant là pour des raisons certainement touristiques et, arrivés au London Bridge, bifurquons un peu vers le sud pour atteindre notre destination : Borough Market.  Situé sous un croisement de lignes de chemin de fer, le Borough Market est un marché où l’on trouve quantité de denrées alimentaires venant de tous pays, fruits, légumes, champignons, fruits de mer, charcuterie, pâtisseries, thé anglais, plats libanais, et même the French Comté : personne ne peut être dépaysé à Londres avec un tel choix. On se balade dans le quartier et on se pose dans le sympathique jardin d’une Fac de Médecine à proximité avec notre bouffe (j’ai opté pour ce qui est peut être une spécialité anglaise, le sandwich au Salted Beef, une sorte de pot au feu avec du choux rouge et du fromage fondu au chalumeau par-dessus, excellent).

 

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La marche jusqu’au Tate Museum est l’occasion de découvrir un peu plus Southwark, puis nous arrivons à la Galerie d’Art Moderne qui est une ancienne centrale électrique réhabilitée. C’est déjà là une des caractéristiques intéressantes du lieu, puisque la encore la modernisation du bâtiment s’est faite intelligemment, en gardant ses spécificités propres : hall gigantesques, poutres métalliques, pont roulant, béton à peine réparé (et pas du tout au sous-sol), on y sent toute une histoire industrielle, mais celle-ci s’efface dès que l’on entre dans les pièces où les œuvres sont exposées, semblables à n’importe quel Musée. Nous commençons notre visite par le 10 eme étage, dont l’accès est gratuit, et qui nous permet une très belle vue   à 360° sur Londres, en particulier sur la Cathédrale Saint Paul de l’autre côté de la Tamise. Puis nous visitons les 3 étages d’expositions permanentes, gratuites aussi. Difficile de comprendre les œuvres exposées sans explications philosophiques, artistiques ou historiques : on sent bien que certaines sont des actes de résistance vis-à-vis d’oppresseurs politiques ou de normes artistiques de l’époque, mais on ne peut que l’imaginer et se laisser toucher un peu au hasard quand on a peu de temps à consacrer à la visite. J’aurai été surtout fasciné par une pièce aux murs couverts de photos d’identités du même artiste dans la même attitude : il s’agit d’une performance artistique du Taiwannais Tehching Hsieh qui s’est pris en photo toutes les heures pendant un an (1980-1981) en tapant sur une horloge à l’heure pile. Il commence l’expérience le crâne rasé et l’achève les cheveux bien longs. Une caméra projette toutes les photos à la suite (ça donne un film de 6 minutes), et il y a quelques explications sur la performance, notamment le nombre d’heures loupées (seulement 133 sur 8760) et la raison (sommeil, retard ou avance) (1).

 

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Pour finir la journée, nous empruntons la passerelle piétonne traversant la Tamise, avec une belle lumière de soleil déclinant, jusqu’à la gigantesque St Paul’s Cathedral et son imposant dôme. C’est l’heure de la messe, nous n’osons donc pas entrer à l’intérieur et en faisons le tour rapidement avant d’aller se promener dans la City, encore un quartier différent de Londres, assez typique surtout à l’heure où les employés sortent du bureau pour se prendre une bière devant les Pubs entre collègues.  Il reste encore un peu de temps pour explorer une immense papeterie, avec des rayons cartes à n’en plus finir, classées par occasion et destinataire (anniversaire du fils ou félicitations pour la nièce : les anglais adorent les cartes) et un étage entier pour Noel (on est début octobre, et les produits Halloween sont déjà soldés…)  Allez, on profite de la dernière soirée pour parcourir un peu plus le quartier de notre Hôtel, et s’offrir un excellent restau Italien.

 

(1)    Un coup d’œil sur wikipedia pour me rendre compte que cette performance de Tehching Hsieh fait partie d’une belle série dont celle-ci, aussi incroyable cela puisse paraitre, n’est pas la plus dingue….

 

Vendredi 05 Octobre

 

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Le train ne part qu’à 16h, largement le temps de faire une dernière visite ! Direction Baker Street, où une file d’attente assez importante patiente devant le Musée Sherlock Holmes. Nous nous rendons en fait juste à côté, au London Beatles Store, magasin à la gloire des Fab Four où l’on trouve absolument tous les objets imaginables floqués des pochettes d’album ou visages des quatre membres du plus célèbre groupe de rock du monde (par contre la section vinyle est presque vide). L’occasion de prendre des photos marrantes, mais pas de shopping vu les prix, excepté la Hot Wheels Paul McCartney pour Malo. Bonne pause ensoleillée au Regent’s Park tout proche, on observe d’innocent touristes se faire attaquer par des hordes de piafs dès qu’ils sortent un bout de pain, ou un grand groupe de collégiens cravatés faire les cons sous l’œil tolérant de leurs profs. Un bon Sushi et c’est reparti pour un dernier Tube vers la gare. On a du temps, on se dirige vers le Granary Square situé derrière Saint Pancras et dont les fontaines sont soit disant à voir. Rien d’extraordinaire pour qui connait la place des Terreaux, en revanche il y a un endroit hyper agréable en terrasses recouvertes de faux gazons juste au bord du canal, où nous paressons jusqu’aux ultimes minutes. Et c’est sous un soleil inattendu que nous reprenons nos valises à roulettes en direction de la magnifique Saint Pancras pour un point final à ce séjour, vous l’aurez compris, parfaitement réussi. 

 

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PS : Les disquaires

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Presque tous les disquaires sont  intéressants à visiter, ne serait-ce que parce que les CDs d’occasion y sont très bon marché. Ils souffrent cependant du mal vinylesque de la décennie : la réédition, qui occupe une bonne partie des bacs de la plupart des magasins. Que ce soit en nouveauté et en réédition, les prix sont semblables ou plus chers qu’en France, donc pas trop d’intérêt. En ce qui concerne les éditions originales, les classiques sont inabordables, pas d’intérêt non plus donc sauf à tomber sur un truc introuvable, l’offre étant quand même plus importante que dans les magasins français (m’enfin, avec internet, je ne sais pas si l’introuvable existe encore). Sur l’occasion intéressante, on privilégiera d’abord le Music & Video Exchange (metro Nothing Hill Gate), puis le Reckless Records (Berwick Street). Le Sister Ray reste intéressant (l’offre est gigantesque), notamment pour les amateurs de bootlegs qui trouveront des vinyles pas très beaux mais à prix modique (moitié moins cher que ce que je déboursais pour mes CDs pirate dans les 90’s …). Les amateurs de Punk et de Metal seront comblés par le All Ages Record (Camden), mais on leur conseillera de regarder à leurs pieds le bon stock de soldes à 50%. Quant aux autres boutiques, un petit coup d’œil aux rayonnages ne coute rien, le classement faisant qu’on optimise vachement sa recherche. Si je n’y ai rien trouvé, c’est peut être avant tout parce que j’ai déjà énormément de choses…

 

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17 octobre 2017

LONDRES - 01 / 06 Octobre 2017 - Part 1

 

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Après deux ans d’abstinence, il était temps de renouer avec la traditionnelle semaine de vacances en amoureux qui m’avait fait notamment découvrir Berlin et Rome avec Mélaine. Après quelques hésitations, nous nous étions décidés pour Londres.  Tracassé les semaines précédentes, j’avais eu les pires difficultés à me motiver pour prendre le temps nécessaire à réserver le principal (trajet et hôtel), et jamais je crois nous n’avions voyagé avec une telle impréparation. Si l’on savait évidemment que nous ferions un tour du côté de Big Ben ou du Tower Bridge,  c’est pendant le voyage en Eurostar que je parcourais le guide emprunté à des amis, et le soir à l’Hôtel que nous programmions notre visite du lendemain, en tenant compte de prévisions météorologiques pas très inspirées. Finalement, cette façon de fonctionner a été assez agréable, en tout cas Londres s’y prêtait bien.

 

Dimanche 01 Octobre

 

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Nous avions donc choisi de voyager par le train pour des raisons pratiques (malgré un prix bien supérieur à l’avion), ce qui nous permit d’avoir comme premier contact avec la capitale anglaise la Gare de St Pancras, soit l’un de ses plus beaux monuments. Tenant à la fois du Hall de Gare et de la cathédrale gothique, ce bâtiment fascinant est bien représentatif de ce que nous allions voir, vaste édifice en briques rouges mélangeant ancienneté et modernité. Nous traversons ensuite la rue qui sépare St Pancras d’une deuxième gare immense, la King’s Cross Station, où nous cherchons le Quai 9 ¾. Imaginé par J K Rowling pour sa série Harry Potter, ce mur situé entre le quai 9 et 10 de la  King’s Cross Station est un passage pour les seuls sorciers qui foncent au travers avec leurs bagages pour accéder au train des Sorciers qui les mènera à l’école Poudlard.  Vu le succès de la saga ce quai a évidemment été créé de toutes pièces pour les touristes, qui peuvent se faire photographier tenant un demi chariot collé au mur. Nous jouons le jeu malgré une bonne file d’attente, une des dynamiques jeunes filles animant « l’attraction » me choipeaute Serpentard, et me voilà donc prenant la pose avec une écharpe verte avant un petit tour à l’impressionnante boutique consacrée à Harry Potter qui est bien sur placée juste à côté. Héloïse est une fan du petit sorcier, c’est l’occasion de lui trouver un souvenir (le choix est difficile, surtout si on veut épargner son porte-monnaie). Il est temps de prendre le Metro jusqu’à Earl’s Court où nous avions réservé notre Chambre. Idéalement placé au croisement des lignes District et Picadilly, Earl’s Court est en plus un quartier très sympa, avec son enfilade de blanches maisons mitoyennes typiquement Londoniennes (avec étage -1 où l’on accède par un petit escalier et qui ne doit pas beaucoup voir la lumière) et ses petits restaurants de tout types. Quartier plutôt riche évidemment (beaucoup d’hôtel), de toutes manières le périmètre de nos visites (limité à l’Ouest par ce quartier, à l’Est par le Tower Bridge, au Nord par Camden et au Sud par la Tamise) est l’un des plus chers du monde, d’où un taux très élevé de voitures de luxe que nous prendrons en photo pour montrer à Malo, grand amateur de Porsche (notamment). La Chambre est très petite, avec une simili cuisine (frigo, micro-onde et matériel pour petit déj) que nous n’utiliserons pas, mais elle est propre, silencieuse et le personnel est très cordial, nous serons donc ravis de notre choix.

 

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Pour profiter du début de soirée, nous filons à Picadilly Circus assez proche, où nous nous baladons avant de nous arrêter au hasard dans un pub qui nous semble bien typique, c’est-à-dire aussi kitch que chaleureux. Première pinte puis recherche de restaurant dans d’immenses rues luxueuses joliment éclairées avant de tomber, sans transition, dans un Chinatown ultra animé où nous finissons dans un bon restaurant Vietnamien. Et de découvrir l’une des caractéristiques Londoniennes : l’agitation permanente. Décontenancé devant une carte prolixe et mystérieuse ? si vous êtes trop long à choisir, le serveur vous le fera comprendre en vous sélectionnant ses suggestions, et il rodera pendant tout le repas pour voir si les assiettes sont vides, avant de vous les subtiliser la dernière fourchetée encore en bouche. Un peu désagréable pour les Français, mais classique pour les autochtones : il ne sera pas rare de voir deux ou trois tablées se succéder à nos côtés pendant nos diners.

 

Lundi 02 Octobre

 

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C’est décidé, le premier jour sera consacré à Nothing Hill, l’un des lieux les plus sympathiques de Londres selon nos contacts.  On se perd un peu en sortant du métro, l’occasion de se balader dans des quartiers impeccables, belles maisons alignées et belles voitures garées devant, et aussi beaucoup d’arbres et de fleurs (on a trouvé Londres très vert, bien plus que nos grandes villes françaises, mais c’est peut être une déformation touristique). On tombe sur une charmante église au jardin coloré, avec à l’intérieur un hall accueillant (bibliothèque, salon…) et un espace jeu pour les enfants, et un parc avec toboggans à l’extérieur. Les églises Londoniennes semblent conçues pour être des lieux de Vie, beaucoup moins guindées ou austères que nos églises. Nous en aurons une preuve encore plus surprenante arrivés en haut de la colline, puisqu’en visitant St John nous tombons sur une cuisine à l’intérieur même de l’église. Au bout de l’allée centrale, faisant face à la croix surplombant l’autel, un comptoir ouvert où des dames préparent à manger pour qui le veut bien et servent même des bières. Une grande table est disposée pour les hôtes qui se mélangent sans chichis, mais nous préférons profiter du soleil sur la table de pique-nique à l’entrée, juste à côté de l’escalier descendant vers la crèche située sous l’église.  Continuant vers la station de Metro Nothing Hill, je tombe sur mon premier magasin de disque, Music and Video Exchange, qui se révèlera le plus intéressant du séjour. Coup de bol, une librairie au rayon Enfants  très bien fourni lui fait face, Mélaine et moi pourrons donc passer un bon moment à fouiner dans les rayonnages sans ennuyer l’autre. Un mode opératoire que nous renouvellerons quotidiennement, Londres étant à la fois la ville des disquaires, des papeteries, libraires et vendeurs de tissus. Gros risque pour l’équilibre financier familial, mais nous avons été très sages, prenant juste plaisir à explorer longuement les boutiques de nos péchés mignons sans être dérangés par le timing ou les enfants.

 

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Après un passage devant la fameuse librairie ayant inspiré le film Coup de foudre à Nothing Hill (que je n’ai pas vu, il va falloir que je révise mes classiques), nous voilà à Portobello Road, où l’ambiance change complètement. Marché à ciel ouvert où vendeurs proposent souvenirs de pacotille, fringues bon marché ou bouffe à emporter, boutiques plus classes (antiquaires, artistes, fringues de marque) et maison plus petites et colorées, les rues sont pleines dans un joyeux mélange de touristes, de Londoniens d’adoption et de commerçants. Nous nous rendons ensuite au Kensington Gardens (l’Ouest de Hyde Park) par une avenue bordée par une quantité impressionnante d’ambassades, toutes côte à côte, en essayant de les identifier par leur drapeau et en comparant le lustre de chaque pays (à priori ça va, ambassadeur à Londres y a pas à se plaindre). Nous accédons ensuite au parc où nous voyons nos premiers écureuils. En fait il y en a dans tous les jardins de Londres et, habitués aux humains, ils ne sont pas du tout farouches, allant même jusqu’à venir grignoter dans une main tendue pour peu qu’elle contienne un bout de biscuit. Il y a aussi beaucoup d’oiseaux (oies, canards, mouettes, cormorans, corbeaux, passereaux), notamment, ce qui nous a surpris et enchantés, une impressionnante colonie de perruches vertes.  Pour l’heure nous nous mettons en quête d’une statue de Peter Pan conseillée par le guide, et cherchons longuement dans le Diana Memorial Playground, l’un des plus beaux jardins d’enfants que l’on ait vu, sur le thème de Peter Pan : bateau pirate, camp indien, passerelles, on regretterait presque de ne pas avoir nos gamins, même si cela signifierait de finir la journée en ces lieux. Après les avoir explorés minutieusement, pas trace de statue, et pour cause : elle est à l’autre bout du Parc, le long d’une pièce d’eau envahie de palmipèdes. Heureusement, elle valait le déplacement, mais c’est bien fatigué que nous regagnerons notre quartier d’attache, d’ailleurs nous y resterons pour diner dans un petit restau Indien au pied de notre Hôtel.

  

Mardi 03 Octobre

 

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Nous commençons notre journée du Mardi par un autre parc, le Regent’s Park, que nous traversons du Sud au Nord depuis la station de Metro du même nom via the Broad Walk (partie Est). Une promenade très agréable et fleurie pour rejoindre les bords du Canal que nous longeons jusqu’à notre objectif, le quartier de Camden. Cette balade le long du canal où paressent de nombreuses péniches est vraiment à faire, on se croirait presque à la Campagne : à retenter plus longuement (nous n’en avons fait qu’une petite partie), à pied, vélo ou pourquoi pas bateau. Puis nous arrivons à Camden Lock, un étonnant concentré de petites boutiques (beaucoup de bouffe de tous les pays du monde) dans un quartier en briques fourmillant de touristes. J’avoue avoir été un peu déçu de ne pas y trouver l’authenticité Underground attendue, qui doit avoir disparu depuis une vingtaine d’années au profit de ces étalages de souvenirs se répétant inlassablement sur une surface impressionnante. L’ambiance y est quand même savoureuse, entre vêtements gothiques improbables, T Shirt de tous les groupes possibles et imaginables, friperies amusantes (mais très chères), et quelques magasins de disques évidemment. Le quartier est quand même à faire pour l’incroyable  Stables Market, un ancien Hôpital pour chevaux reconverti en immense marché touristique. Les boxes à chevaux ont été conservés tels quels, le décalage entre les marchandises les occupant et les portes superbement décorées ou les statues hippiques en bronze donnant une impression inédite. Après moultes hésitations nous optons pour un casse-croute Malaisien, puis, une fois parcouru rapidement le fameux Cyberdog (magasin aux décos cyber punk uniques proposant une foule de gadgets incroyables pour Nightclubbers), nous sortons de la zone fermée pour rejoindre le vrai quartier Camden, où il y a encore un grand marché assez semblable à celui de Portobello Road. 

 

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Après une bonne balade dans le coin, nous décidons d’aller à un autre Marché beaucoup plus à l’Ouest de Londres, le Shepherd’s Bush Market, spécialisé dans les tissus dont Mélaine, en couturière experte, espère bien acquérir quelques belles pièces à prix intéressant. Malheureusement, l’après-midi touche à sa fin et le trajet en métro étant un peu long, nous arrivons lorsque les marchands, semblant pour la plupart originaire de la région Indienne, commencent à remballer leurs étals.   Au bout du marché se trouve une grande avenue (Goldhawk Road) où se trouve une concentration incroyable de boutiques de tissus un peu plus haut de gamme. Celles-ci ferment plus tard, Mélaine aura donc un peu de temps pour les explorer, mais pas suffisamment pour discuter, marchander, et surtout se décider face au choix illimité. Nous rentrons nous poser un peu avant de trouver un Restaurant Arménien conseillé par un guide, que nous avons trouvé un peu décevant au niveau qualité/prix (mais j’ai bien aimé le concert de blues qui accompagnait le repas). Il faut aussi avouer que mon fragile estomac commençait à saturer suite à cet enchainement de nourriture asiatique, ce qui m’empêchera jusqu’à la fin du séjour de me laisser tenter par un Fish & Chips, seule spécialité Londonienne que j’avais envisagé de découvrir. 

 

 

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13 octobre 2017

the PASSAGE - Degenerates

"Dans la Série J'ai Acheté Ce Disque Juste Pour La Pochette"

 

Alléché par une promo de 50 % pour dix vinyles achetés, j'ai complété ma dizaine avec cet album d'un groupe dont j'ignorais tout, uniquement parce que le tableau à deux entrées sur la pochette m'a vraiment fait marrer.  the Passage est un groupe de Post Punk de Manchester contemporain de Joy Division, dont il assura quelques premières partie. C'est beaucoup moins rock et penche plus vers la Cold Wave à claviers / boite à rythme dépouillée, ce n'est donc pas un style qui m'attire beaucoup. Mais Degenerates reste un bon album dans son genre, avec quelques compositions vraiment recommandables.

 

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08 octobre 2017

L7 - Everglade

Avant un petit retour sur les quelques jours passés à Londres avec Mélaine pour alimenter une rubrique perso délaissée depuis des lustres, voici une présentation d'un Vinyle sympathique déniché dans une des nombreuses boutiques Londoniennes que j'ai visité: le 12" gravé "Everglade" des fameuses Rrriot Girlz L7.

 

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Recto: Une vignette signée Chris Cooper. Sur l'album Bricks are Heavy, chaque titre était illustré par une image en noir et blanc avec quelques paroles. Celles de "Everglade": "He was Whippin' through the Pit, Knocked Her into the Stage" 

 

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On y remarque aussi le logo de L7 utilisé depuis leurs débuts, deux mains squelettiques qui forment le nom du groupe. 

 

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Voici ce que ca donne gravé sur la Face B du 12" Everglade. Vu de haut on dirait presque une jolie fleur....

 

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Verso du premier album (L7)  / Centre du 12" Smell the Magic / Tatouage d'une fan (motivée...) sur l'artwork de Bricks are Heavy 

 

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Quelques photos live assez significatives sur les pochettes des disques: Recto du premier album L7, verso de l'EP Smell the Magic:

 

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Et pour boucler la boucle, le Verso de Everglade:

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29 septembre 2017

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J’ai du mal à mesurer la popularité de Tanya Donelly. En avez-vous entendu parler, chers lecteurs, avez-vous écouté un de ses albums ? Cette artiste a eu une carrière passionnante (1) mais a souvent été dans l’ombre de ses copines de groupe. L’histoire commence dans une cour d’école primaire, où une de ses amies s’appelle Kristin Hersh. Au bout de quelques années et après leurs divorces respectifs, Papa Donelly et Maman Hersh s’installent ensemble.  Kristin et Tanya forment les Throwing Muses à l’âge de 15 ans : vous avez déjà compris que c’est ce qui m’a fait me pencher sur sa discographie, en plus du fait que son premier album solo, celui qui nous intéresse aujourd’hui, fut signé chez 4AD, un label qui me passionna pendant de longues années - à la suite de la découverte des Pixies puis du choc Anakin - comme vont régulièrement en témoigner les articles de cette rubrique. Après 5 ans et autant d’albums à assister Kristin Hersh au sein des Throwing Muses (en plaçant quelques compos par ci par là), Donelly quitte le groupe  avec la bassiste Josephine Wiggs pour fonder un Girl Band prometteur avec une certaine Kim Deal, fameuse bassiste des Pixies (qui avaient fait des premières parties pour les Throwing Muses). Tanya Donelly, à l’inverse de Wiggs, quitte les Breeders après l’album Pod pour fonder un troisième groupe, mais dont elle serait cette fois la leader : Belly (nous aurons l’occasion d’en reparler dès la cassette suivante). Après deux disques de Belly (et une solide expérience donc), elle se lance en solo avec ce Lovesongs for Underdogs, sorti en 1997. 

Les deux premiers titres sont enthousiasmants, dans un genre de power pop que j’affectionne particulièrement, avec ses couplets mélodiques et les refrains qui explosent. On retrouve dans l’album des accents de Liz Phair, September 67 ou même des Breeders (« Clipped »), soit donc de l’énergie et un ton enjoué. Dans les chansons retenues (les deux tiers du disque), on trouve aussi des jolis morceaux folk comme « Acrobat » évoquant Kristin Hersh en moins torturé, ou le guilleret « Goat Girl ». Les deux derniers extraits sont des slows sympathiques mais qui n’ont pas super bien vieilli, ce qui marque une différence flagrante avec le début du disque. Il est amusant que ces chansons calmes soient justement celles où officient à la batterie David Lovering, le magicien des Pixies (un autre David, le Narcizo des Muses, est en charge de 4 titres. On reste en famille coté futs).  Au final Lovesongs for Underdogs est assez varié et plutôt réussi, Tanya Donelly y montrant une très belle étendue vocale. J’aime beaucoup son chant, et si l’album reste marqué par son époque, étant donné que c’est la mienne, j’y suis assez attaché (je l’ai acheté en CD plus tard). 

 

(1)    On pourrait  à priori parler au présent. Si je fais confiance à Wikipedia, elle est encore une figure importante de la scène indie de Boston.

 

 

 

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 Ah, Billy, Billy, que m’auras tu fais faire….  the Cars, quand même. Tu aurais pu t’abstenir de reprendre « You’re all i’ve got Tonight » (1) avec les Smashing Pumpkins, ça m’aurait évité d’emprunter cet album (bon faut dire que j’étais un peu con  fan d’y aller, vu ladite reprise…). Dans mon esprit, ce premier album du groupe (multi platiné) de Ric Ocasek était une véritable catastrophe. Et, par certains côtés, c’est sûr qu’il ne fait pas rêver, avec une production dans le plus pur style New Wave 80’s (bien qu’il soit sorti en 1978), avec claviers à gogo et son de batterie en plastique (quand ce n’est pas, horreur, des claquements de mains). Cela dit, il faut prendre un peu de recul, chose que je ne faisais pas à l’époque car j’étais très fermé sur les styles que j’écoutais, et commençait à être atteint de cette maladie appelée snobisme, qui culminera bientôt chez moi avant que j’apprenne progressivement à m’en soigner (complètement ?). On trouve sur the Cars de bonnes rythmiques à la Devo (« I’m in touch with your world »), une guitare assez inspirée et un vrai tube rock n roll (« Don’t Cha Stop »). En revanche  « You’re all i’ve got Tonight » est définitivement ringarde. Même « All Mixed up », sacrément connotée Rock Prog, est plus intéressante, avec son solo de guitare et son coté explosif. Ce qui me permettra de la reconnaitre quand, bien longtemps après, j’en entendis la superbe version proposée par Mark Kozelec sur l’indispensable Songs for a Blue Guitar. Une petite pierre à mettre au crédit d’un disque dont même la seule moitié retenue ne m’aura pas convaincu. Et il parait que c’est de loin le meilleur du groupe ! Je ne saurais le confirmer, puisque j’en resterais définitivement là avec les Cars.

 

(1)    Toujours la catastrophique série de reprises en Face B de l’EP « Bullet with Butterfly Wings ».

 

 

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Ah, les Frères Reid, ça faisait longtemps. Je n’attendais pas grand-chose de ce Stoned & Dethroned, mais j’avoue avoir été agréablement surpris par les quatre titres figurant sur cette cassette. La formule est toujours la même, quelques accords et un chant peinard, une ligne de guitare bien troussée de temps en temps : simplicité et efficacité. Un coté acoustique bienvenu aussi, dans la continuité du très bon Darklands (alors que 7 ans et deux albums les séparent). « She », doté d’un tempo plus soutenu et  d’une mélodie fort jolie, m’aura particulièrement séduite, ainsi que « Sometimes Always », agrémentée du chant prenant de Hope Sandoval. Les compositions des Jesus and Mary Chains faisant appel à une voix féminine pour répondre à celle de Jim sont souvent les plus sympathiques. Et c’est toujours valable aujourd’hui.

 

 

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