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DIIV - Is the is Are

 

En écoute: DEEZER

Proposé par Damien.

Mon avis:

La grosse difficulté quand j’écris des chroniques, c’est de trouver le terme exact. Je me creuse la cervelle pendant de longues minutes, même mes articles de quelques lignes sont durs à accoucher. Il m’arrive souvent de mettre un autre mot approximatif et d’attendre que le terme exact surgisse, plus tard, pour le remplacer (parfois celui ci n’arrive jamais, et la chronique est publiée telle quelle). Pour ce disque, ca va être plus facile, parce que le Golb vient de se remettre à publier des articles musicaux, et que pour Thom le terme exact semble être une seconde nature. Par exemple : fulgurance. Un joli mot, particulièrement adapté à DIIV, comme à la plupart des Face B de the Pains of Being Pure at Heart - Face B, c’est un autre terme de Thom, pour désigner un « truc du même style mais en moins bien ». Donc des Face B de the Pains of Being Pure at Heart, c'est-à-dire des groupes inspirés par My Bloody Valentine, the Cure ou Jesus & Mary Chains, il y en a eu des tonnes ces derniers temps. Thom n’en cite aucune, sans doute parce qu’il considère que TPOBPAH sont eux même des sortes de Face B, n’ayant  ni la radicalité ni le coté visionnaire des groupes cultes ici mentionnés. Les autres, ceux qui en plus n’auraient pas le talent ou la constance des Pains, seraient alors des Face C (sauf que le terme n’existe pas).

On aurait pu évoquer Yuck, qui le temps d’un album avait été capable de quelques fulgurances  - « the Wall » fut sans doute l’un de mes titres favoris de 2010 - avant de sombrer dans l’indifférence générale. Et voilà DIIV, que je découvre sur ce second disque, un Is the Is Are typique de ce style parodique déjà vieux : basse omniprésente, entrelacs de guitares mélodiques, chant neutre. Un album pas désagréable, mais souvent mollasson, et beaucoup trop long. 17 titres, une heure, c’est interminable, surtout quand l’ensemble parait faire le double tant les chansons peinent à se démarquer de tant de Faces C écoutés et oubliés depuis la fin des 00’s. Reste, vous l’aurez deviné, quelques fulgurances, dont les deux tubes « is the is are » et « Under the Sun » - pour l’instant l’un de mes favoris de 2016. Qui peut croire cependant que DIIV parviendra à s’extraire de la masse dans laquelle il semble noyé ? Quand on regarde le destin de ses petits copains, voire de la Face B en chef (dont le 3eme album, Days of Abandon, était sacrément insipide), tout les espoirs ne sont pas permis….

 

 

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ROB CROW'S GLOOMY PLACE - You're Doomed, Be Nice.

 

En écoute: DEEZER

Proposé par Damien / Julien / Xavier.

Mon avis:

Après avoir annoncé qu’il arrêtait la musique, Rob Crow revient entouré d’un nouveau groupe pour un album qui sonne quasiment plus Pinback que leur décevant dernier disque. On y retrouve cette sorte de grunge groove (pour le chant et pour les rythmes saccadés si typiques), mais avec plus d’allant et de vigueur que sur l’Information Retrieved du magistral duo. Les trois premiers titres de You’re Doomed. Be Nice sont tout à fait excellents et laissent espérer un véritable chef d’œuvre. Une sorte de lassitude s’installe cependant progressivement, malgré des touches originales dans chacun des morceaux - riffs quasi metal côtoyant arpèges acoustiques,  claviers ou violoncelle apportant une couleur différente, chant parfois teinté de mélancolie – voire quelques ruptures stylistiques plus marquées (le pop rock au tempo très relevé « Rest your Soul »). L’utilisation permanente de boucles et la batterie hachée (il y a un batteur dans le groupe, mais j’entends quand même pas mal de boite à rythme…) expliquent sans doute cette impression ressentie également à l’écoute d’un autre groupe que j’aime beaucoup, Modest Mouse. Eux aussi ont l’habitude de produire des disques très denses et longs, et You’re Doomed. Be Nice souffre sans doute de son grand nombre de chansons (13 ou 14 suivant les éditions), d’autant que les dernières semblent plus anecdotiques.

Ce bilan relativement mitigé est dommage, car la plupart des  compositions présentes sur  You’re Doomed. Be Nice sont irréprochables. A défaut probablement de figurer dans mon Top 2016 des albums,  Rob Crow pourrait accrocher une place sur le podium chansons avec « Oh, the Sadmakers »  ou « Business Interuptus ». Une bonne raison de recommander l’écoute de sa dernière production.

 

 

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SOPHIA - As We Make Our Way (Unknown Harbours)

 

En écoute: BANDCAMP

Proposé par Julien et Xavier.

Mon avis:

Sophia n’est pas un groupe dont j’attendais avec impatience la nouvelle sortie. Je n’ai en effet pas eu le temps de faire le tour de son irréprochable discographie, découverte assez récemment, réécoutant régulièrement chacun des 5 albums précédents avec le même émerveillement. En vrai mordu (c’est un des rares groupes dont je suis devenu fan depuis peu), j’ai exploré la discographie plus confidentielle, live, B-sides, y trouvant toujours mon compte. Si les sept ans séparant There Are No Goodbyes de As We Make Our Way (Unknown Harbours) m’ont donc semblé moins longs que pour les connaisseurs de la première heure (je pense surtout ici à l’ami Julien), je n’en ai pas moins été ravi lors de l’annonce de la sortie de ce disque, y plaçant évidemment de fortes attentes.

Autant le dire tout de suite, je n’ai pas été déçu. Robin Proper-Sheppard reste sur ses fondamentaux, des ballades mélodiques superbes sur lesquelles il clame d’une voix intense les désillusions d’histoires sentimentales sans issues (« Don’t Ask »). La beauté de l’ensemble surpasse largement l’absence de surprise que ce soit sur les titres lents ou ceux plus appuyés (« st Tropez / the Hustle »), l’impression de déjà entendu n’étant pénalisante qu’à quelques reprises (notamment « Baby, Hold on », un peu en deca). D’une longueur parfaite, émaillé de morceaux inoubliables (« You say it’s Alright » et ses chœurs poignants), As We Make Our Way (Unknown Harbours) confirme le talent rare de Sophia et s’impose comme l’un des disques majeurs de cette année 2016.

 

 

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FOALS - What Went Down

 

En écoute: DEEZER

Proposé par ???.

Mon avis:

Avec la sortie en 2010 de Total Life Forever, Foals avait fait un joli buzz. Me trouvant aux Eurockéennes cette année là, j’étais allé par curiosité sur la plage où ils se produisaient. Le bilan fut sans appel : démonstratif, ennuyeux, pas pour moi. Je n’aurais donc pas eu l’idée d’écouter What Went Down si je n’avais pas cédé aux encouragements de quelques connaissances et posé une oreille sur « What Went Down », morceau d’ouverture de ce quatrième album. Et là, surprise, un excellent titre bien tendu, gros son en avant et fioritures oubliées…. Me voilà donc espérant une réconciliation, d’autant plus que le groupe jouera très bientôt au TINALS, festival que je ne vais évidemment pas manquer.

Hélas, « What Went Down » restera une promesse non tenue, l’album du même nom ne retrouvant un semblant de puissance qu’à de maigres occasions (« Snake Oil »). Pour le reste, je vous le demande : le monde avait il vraiment besoin d’un deuxième Coldplay ?