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Still, compilation bien connue de Joy Division sortie peu de temps après la mort de Ian Curtis, est indispensable. Elle prolonge une discographie dramatiquement courte, et de belle manière : bien construite (une partie d’inédits, une partie du dernier live de Joy Division), elle ne contient que des bons morceaux, ce qui n’est pas si courant pour ce genre d’exercice où l’usage est de racler des fonds de tiroirs pas forcément fréquentables. Pour la suite, on ne peut qu’enfoncer quantité de portes ouvertes : le chant lugubre et obsédant de Curtis. Les mélodies simples mais inoubliables de la guitare de Bernard Sumner (ah, cet enchainement « Transmission » / « Disorder » / « Isolation »…). La solide charpente répétitive de la basse de Peter Hook. La batterie faussement évidente de Stephen Morris (tenir le rythme frénétique de Joy Division sur toute une chanson m’est une gageure, et il ne faut pas aller chercher plus loin la raison de notre version lente de « Disorder » avec mon groupe). Grossièrement deux types de morceaux, les lents bien glauques et les ultra tendus qui on ma préférence. On disait déjà ça des Stooges, mais c’est vrai que c’est une influence revendiquée de Joy Division. Tout comme le Velvet Underground, même si je n’ai pas daigné retenir la reprise de « Sister Ray » qui ouvre la partie live de Still. Un live au son médiocre d’ailleurs, surtout enregistré sur cassette à partir d’un Cd visiblement rayé. Il faudra que je me paye un jour la réédition remasterisée, agrémentée d’un deuxième live dont la setlist de 8 morceaux fait saliver et qui est parait-il un must have absolu. Allez, on passe à un autre groupe culte. Day in, Day out….

 

 

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Autre groupe culte donc, mais y a-t-il plus différent que Joy Division et Led Zepppelin ? Le froid et le chaud ? On pourrait enfoncer les mêmes portes ouvertes sur les qualités techniques de chaque musicien et sur l’importance du groupe dans l’histoire de la musique mais passons, et essayons de discerner l’intérêt de ce BBC Sessions qui avait été il me semble présenté à l’époque de sa sortie (1997) comme un véritable évènement. Le problème est que je suis loin d’être un connaisseur solide de Led Zeppelin, et que j’ai peiné sur la plupart des titres retenus à  détecter les différences avec les versions studio (1).Peut être aussi que ma sélection (une moitié de ce double album) a été timide, mais bon « Dazed and Confused » ça va très bien sur les 6 mn que j’ai enregistré (avec cette partie rapide qui m’a direct fait penser aux Thee Oh Sees actuels), un peu moins sur 18 mn (version du 2eme disque)…. Curieuse setlist qui doublonne à gogo (voire triple « Communication Breakdown ») mais omet des indispensables tels que « the Battle of Evermore » ou « When the Levee Breaks », et qui me fait dire que le vrai fan n’a pas forcément été bouleversé par ces chansons qu’il devait posséder de toutes manières sur des bootlegs depuis bien longtemps (ainsi que d’autres live autrement plus mémorables). On assiste néanmoins à la transmutation du blues en hard rock opérée par nos quatre alchimistes musicaux légendaires, entre un court rock n’roll rappelant que Jimmy Page fut le dernier tenancier des Yarbirds (« Somethin’ Else ») et un fameux medley autour du toujours irrésistible « Whole Lotta Love » sur lequel s’agglutinent brillamment quantité de reprises de standard blues. Pour le reste, cela ne m’a guère passionné et pour tout dire la chanson qui m’a procuré le plus de plaisir est le splendide folk « Going to California »  en guitare / voix épurée (le moins connu « That’s the Way » est pas mal non plus). Si d’aventure je ressens le soudain besoin d’agrémenter ma collection de Led Zeppelin par un live, je m’orienterai donc bien plus vers le How the West Was Won sorti en 2003 que vers ces BBC Sessions… 

 

(1)    Quand je pense qu’il y a un Tribute Band qui s’amuse à rejouer devant une foule de fans certains concerts de Led Zeppelin à la note près ! (des japonais, évidemment…)