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Cassette précédente, nous avions repris contact rapidement avec Dream Letter, qui se poursuivait par un long medley jazz folk aux envolées vocales dans la lignée d’un début d’album écouté en épisode 113. Le deuxième titre était lui plus marquant, avec un mélange étrange d’arpèges vaguement inquiétant et de folk médiéval, un très joli « Troubadour » dont on sentait d’emblée qu’il faisait partie des morceaux emblématiques de Tim Buckley. Mais l’entame de cette cassette allait porter l’album à un niveau supérieur qu’il ne quitterait guère par la suite. Ce magnifique medley « Carnival Song / Hi Lily, Hi lo » d’une grande délicatesse nous plonge dans le rêve annoncé sur le titre du live, me faisant immédiatement penser à Mercury Rev. J’étais d’ailleurs persuadé qu’ils en avaient fait une reprise, mais en fait c’est tout simplement la même mélodie que le « Dark is rising », qu’on retrouve aussi en toute fin de l’album All is Dream (on y revient !) jouée au xylophone. Peut-être que Jonathan Donahue a cité cet emprunt dans une interview, il ne sera certainement pas passé inaperçu chez les fans de Tim Buckley. Après avoir fait marrer tout le monde en faisant n’importe quoi avant d’entamer le bien nommé « Hallucinations », Tim Buckley se lance dans deux nouveaux longs medleys débutant par le très mélancolique « Dream Letter »  enchainé avec un « Happy Time » plus rythmé, et se poursuivant avec le grand classique « Wayfaring Stranger ». Sa version est aussi bonne que personnelle, avec des accords assez agressifs à la guitare associés à un chant plaintif et habité, et une digression sur un « You got me »  à deux accords qui lui permet quelques improvisations vocales à sa manière. Le concert se termine sur un morceau plus concis, très Dylannien, mais avec de savoureuses envolées au chant. Un très bon moment musical qui vaudra certainement un investissement futur.

 

 

 

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Scary Monsters ne fait pas partie de mes David Bowie favoris, et la sélection ici enregistrée le prouve. De là à ne pas retenir des titres comme « Fashion » ou « Ashes to Ashes », quand même ! Surtout pour leur préférer des titres bonus à l’intérêt discutable, mis à part le dernier. Tout ceci accentue le coté hétéroclite de l’album, qu’on pourra juger pertinent (la palette de tout ce que savait faire Bowie en 1980) ou gênant (grands écarts incontrôlés). Je me rends compte surtout que les titres retenus ne sont pas vraiment géniaux, excepté bien sur un « Scary monsters (and super creeps) » bien rock que Robert Fripp assaisonne de savants solos de guitare. La suite est moins brillante, « It’s no Game (part 2) » est de la brit pop tiède, « Teenage Wildlife » lorgne vers « Heroes » mais se révèle poussive, les accents hard rock de « Scream like a baby » ne font guère mieux. Seul le riff de guitare sur le refrain du discoïde « Because you’re Young » m’a un peu fait frétiller l’oreille. Mais pas autant que le dernier titre bonus, « Crystal Japan »,  instrumental aux accents sombres période Trilogie Berlinoise sorti en 45T au Japon (évidemment). Vous allez dire que j’entends des récupérations partout, mais que je sois pendu si cette mélodie n’a pas grandement inspiré Trent Reznor pour « A Warm Place » (the Downward Spiral), l’un de mes titres favoris de Nine Inch Nails. Ces deux-là étaient fait pour s’entendre, et  Bowie s’inspirera à son tour de NIN pour son splendide Outside, sorti en 1995, album qui signera la fin de sa période pauvre, justement entamée sur le successeur de Scary Monsters.

 

 

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Il y a une dizaine d’épisodes, je redécouvrais Garbage au travers de leur deuxième album, et si je n’en avais enregistré qu’une faible partie, j’avais plutôt été agréablement surpris par certains titres. Et bien le multi platiné Garbage, sorti en 1995, m’a fait la même impression. Là encore, il sera difficile d’avoir un véritable avis en n’écoutant qu’une grosse moitié du disque, et à priori la meilleure, mais le groupe de Shirley Manson est assez loin de la pop naïve et commerciale dont j’avais le souvenir radiophonique avant de réécouter ces cassettes. Si on en retrouve cette couleur sur les morceaux « Stupid Girl » (un peu irritant, car sans doute trop entendu) et « Fix me Now », plutôt sympathique au demeurant, on retrouve les différentes ambiances entendues sur Version 2.0, les deux disques étant musicalement très proches malgré les 3 années les séparant. Ainsi le rock alternatif pêchu (« Supervixen »), flirtant parfois avec l’indus 90’s et sa noirceur technoïde (« as heaven is wide ») côtoie donc quelques titres plus légers mais aussi  d’étonnants passages tristes, à l’image de la ballade conclusive « Milk ». Une fois de plus Garbage nous apparait comme indéniablement emblématique d’une époque, et valide un succès amplement mérité que je lui contestais un peu facilement.