Ce mois ci, on dirait que j'ai choisi une thématique pochette beige. Mais non, c'est le hasard!

 

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Album: Mute - 2005

Why: Excellente première partie de Laetitia Shériff

Past: Tauten, nouvel album à écouter.

Present : Une voix, une guitare, une rage. Très simple. En effet, des titres comme « Bliss » ou « Little Flat Fish », n'importe qui peut en gratouiller chez lui. Mais combien vont jusqu'au bout, combien les gravent sur disque et vont les défendre sur scène ? Là est la différence entre ceux qui ont pour passe temps la musique, et ceux qui vivent à travers elle. Authenticité, voilà le maître mot de Mute, et les sentiments qui y sont exprimés sans voile ne peuvent que toucher directement l'auditeur. Même si certains morceaux très intimistes font penser  aux folkeuses tendance Chan Marshall (« Summer Rain »), la colère qu'on sent poindre derrière l'apparente fragilité m'évoque plutôt Courtney Love. Les deuxièmes voix (« D.Day »), les arpèges (« Keep on going »), les silences qui en disent long comme autant de témoins de solitude, avant l'inévitable éclat rageur qui suit (« Fancy Dress », ou l'excellent « Spleen Screen ») sont à rapprocher des titres les plus émouvants que l'américaine a pu produire.  L'électricité parle peu, et toujours à bon escient (« Moraline », ou encore mon titre favori, « Mass for this Mess »), mais l'ambiance majoritairement acoustique de Mute n'enlève rien à sa force, et laisse au contraire deviner la puissance du futur Vale Poher trio, que ce soit sur le disque suivant Tauten ou plus encore sur scène. Si vraiment la musique est plus qu'un passe temps pour vous, il est impératif de suivre Vale Poher, d'autant plus qu'elle est Lyonnaise....

Future : disque à posséder, groupe à aller voir...

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Artiste: Death Cab For Cutie

Album: We Have the Facts and We're Voting Yes ! - 2000

Why: Conseillé par le Golb.

Past: Découverte totale.

Present : Avec leur beau sens de la mélodie (« 405 »), et leur aptitude à parfois varier d'intensité dans leurs compositions (« No Joy in Mudville »), Death Cab For Cutie avait tout pour me plaire.  Ce que Thom m'avait d'ailleurs confirmé, l'article que le Golb avait consacré au groupe m'ayant tapé dans l'œil. Au final, We Have the Facts and We're Voting Yes !, me laisse l'impression d'un album qui s'écoute bien, mais qui manque juste un peu d'aspérités pour être convainquant.  La voix parfois trop modulée (« Lowell, MA »), la pop tranquille égrenée tout au long de l'album, tout cela manque de la pointe de charisme qui aurait pu m'accrocher. Il y a quelques années, j'enregistrai les meilleurs titres de ce genre de groupe (comme ceux de Fountain of Wayne, par exemple), sans jamais trouver d'album suffisamment bon pour l'acheter. Mais attention, j'attaque à peine une discographie assez conséquente, et la belle conclusion « Scientist Studies » me laisse espérer d'autres productions plus enthousiasmantes.

Future : je vais tenter d'autres albums...

 

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Artiste: Gravenhurst

Album: Black Holes in the Sand - 2004

Why: Excellent groupe

Past: Les deux très bons derniers albums

Present : Je poursuis ma découverte de Gravenhurst en remontant dans le temps pour découvrir un nouveau chef d'œuvre, EP d'une demi heure intitulé Black Holes in the Sand. En 2004, Nick Talbot n'est pas encore en groupe, et enregistre son album principalement accompagné de sa guitare acoustique. Certaines compositions restent uniquement dans le registre folk, et démontrent le talent de ce compositeur pas assez reconnu à mon sens. Le seul « Diana » -que j'ai d'abord entendu « Dyin' », ce qui allait bien avec ce titre déchirant -  aurait du déclencher un buzz énorme et multiplier les références élogieuses sur la blogosphère. D'autres titres esquissent les futurs albums et prolongent ces mélodies en arpèges par des développement y mêlant sons électrique et claviers dans une sorte de folk progressif (le très bon morceau introductif, ou encore ce « Still Water » au final sonnant très Gish). Gravenhurst réussit l'exploit de réunir tout en douceur les deux styles si différents qui me plaisent actuellement : le folk mélodique façon José Gonzales et le post rock, et par là gagne un fan supplémentaire...

Future : A acheter les yeux fermés....

 

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 Artiste: Rhesus

Album: Sad Disco - 2005

Why: Album vivement conseillé par JP

Past: L'excellent the Fortune Teller Said

Present : Rares sont les groupes à réussir des morceaux à la fois dynamiques et teintés  de mélancolie. Sur la scène internationale, les plus connus sont sûrement Placebo. En France, Rhesus parvient à ce difficile équilibre dès leur premier album, Sad Disco, un titre fort bien choisi qui illustre  ce propos. La chanson éponyme, sans doute la meilleure de l'album, mêle ainsi d'incroyables arpèges à une grosse caisse bien marquée aboutissant à ce curieux hybride à la fois triste et revigorant (autre très bon titre du style, « the Actress »). Je persiste à voir sur les titres les plus péchus (comme « You and Me ») des accents Molkoiens dans la voix du leader Aurélien Marie, même si mon Placebologue de frère dément formellement... Qui qu'il en soit Sad Disco est un disque pop énergique et mélodique bien au dessus de la moyenne française, et s'il n'évite pas quelques morceaux moins enthousiasmants tendance Coldplay (« Get over it »,  « Afternoon »), il préfigure le fameux the Fortune Teller Said sorti deux ans après. Comme pour nous annoncer ce dernier album en date tout de même meilleur car plus varié, Sad Disco se termine par une belle ballade évoquant Ryan Adams (« Talk Talk Talk »). Une  marche de progression qu'on espère retrouver pour le prochain album des Grenoblois.

Future : Groupe à suivre de près....

 

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Artiste: Sufjan Stevens

Album: Seven Swans - 2004

Why: Encensé partout sur internet

Past: Découverte totale

Present : Comme je le lisais sur un bon blog récemment, il semble que la mode soit passée du groupe d'ados balançant quatre accords saturés avec conviction à l'artiste solitaire tripotant délicatement sa gratte acoustique en chantant tristement ses malheurs. Me voilà donc un peu coincé, puisque j'adore le folk intimiste, mais je déteste suivre la mode. Et Voilà donc pourquoi je n'écoute ce disque qu'aujourd'hui, alors que tout le monde en a parlé depuis belle lurette, et qu'il était quasi certain qu'il allait me plaire. Des gars marchant sur les traces du père Oldham, la guitare acoustique en bandoulière et les états d'âme coincés dans la gorge, il y en a des tas, mais il semble que Sufjan Stevens n'ai pris que le meilleur de son illustre prédécesseur, pour mieux le transcender sur ce Seven Swans. Au ton classique de ses superbes compositions, il sait ajouter la touche d'originalité qui va surprendre, du banjo, une batterie, un peu de piano, de charmantes secondes voix, tout en variant les formats (de 2mn16 à 6mn33). Témoin la magnifique clé de voûte de l'album, « Sister », avec son intro de plus de 4 minutes aux élans électriques prompt  nous faire voyager le cerveau en des contrées enchanteresses. Inutile d'en rajouter sur Seven Swans, tout le monde l'a fait. Et pour une fois, tout le monde avait bien raison....

Future : Album à acheter très vite, et discographie à découvrir....