Je termine la description de mon exploration des disques ayant fait sensation cette année par trois erreurs de casting, ce que j'appelerai mon Flop of the Tops 2009...

 

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Animal Collective – Merriweather Post Pavilion

En 2010, les musicos portent des blouses et ont des actions chez Microsoft. Ils font de la création dans des salles blanches, en ayant eu soin de se débarrasser de la moindre particule de rock qui pourrait contaminer leur travail. Les plus géniaux d’entre eux,  Animal Collective, ont réussi l’exploit de produire une galette à la fois insipide et indigeste ! Quand je pense que certains ont trouvé Snowflake Midnight boursouflé et prétentieux, alors que n’importe quel titre de l’album de Mercury Rev est cent fois plus prenant que la bouillie ripolinée de nos savants informaticiens… Mais enfin, peut être suis-je dépassé, puisque Merriweather Post Pavilion a été couronné album de l’année 2009 par le  très influent site Pitchfork, probablement végétalien des oreilles puisque les années précédentes c’est Fleet Foxes et Panda Bear qui avaient été consacrés. Si c’est ca la musique de la prochaine décennie, je retourne me plonger dans la fange hard de la fin des 80’s, je préfère encore trouver des poils de moustache dans ma musique que mourir d’ennui les esgourdes et les yeux agressés par des thésards en musicologie aseptisée et des photoshoppers d’atroces pochettes psychédéliques. Tient, en parlant de moustache, paraphrasons  Lemmy  en crachant un « si c’est Post quelque chose, c’est que c’est de la merde ». ..  Ca s’appliquera au moins à ce truc…

 

gb

 

Grizzly Bear – Veckatimest

Chaque titre de Grizzky Bear est une œuvre d’art. Les quatre compagnons ont ciselé de belles parties de piano, ont sculpté des chœurs splendides, ont minutieusement assemblé de délicates mélodies de cordes et de guitare. Veckatimest est un musée où l’auditeur est convié à découvrir 12 de ces œuvres. Et comme dans tout musée, il s’attardera sur les premières, en observera longuement la finesse et les détails, puis ira de plus en plus vite jusqu’à regagner la fin de l’exposition sans avoir porté la moindre attention aux derniers tableaux. Certes, nous ne sommes pas dans le vieux Museum d’histoire naturelle tout poussiéreux Yellow House, mais j’avoue que je me suis rapidement fait chier. En fait, j’ai décroché au troisième morceau, me suis arrêté un moment sur l'enthousiasmant « While you wait for the Others » qui a su capter mon attention alors que je me dirigeais rapidement vers la sortie, puis j’ai claqué la porte sur cette collection de merveilles figées.  Encore heureux que je n’aie pas payé l’entrée….

 

 

13 - Fever Ray - Fever Ray

 

Fever Ray – Fever Ray

Derrière cette belle pochette à la Charles Burns se cache une suédoise que certains connaissaient déjà comme faisant partie du groupe the Knife (pas moi…) Je ne sais ce que vaut le groupe en question, mais je m’étonne de l’importance médiatique qu’a pris  l’album Fever Ray dans la masse immense des sorties de 2009. Après avoir fait son marché dans les bacs à soldes sonores des 5 continents, la dame propose une fresque multi ethnique aussi crédible qu’une pub Benetton. Entre les os des xylophones et la peau des tambours, l’ensemble manque singulièrement de chair. Si les voix lui apportent une âme m’empêchant de fuir horrifié, cet electrototem n’est décidément pas assez musclé à mon gout.  Bref, ce disque se laisse écouter, mais aurait pu faire place dans mon emploi du temps chargé à quantité d’autres choses plus recommandables. Au final, ce qui m’énerve le plus, c’est de voir certains critiques fesser de la main droite la « musique d’ascenseur » du dernier Air tout en flattant de la main gauche la musique de supermarché de Fever Ray…