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SAY SUE ME - Where we were Together

 

Where we were Together est un disque de gentil shoegaze ou pop mélancolique dans la lignée des Pains of Being Pure at Heart, autant dire un album mineur comme il en est sorti plein depuis une dizaine d’année, même si celui-ci fait certainement partie des plus sympathiques que j’aie écouté. Sa seule originalité tient au fait que Say Sue Me est un groupe Sud-Coréen, ce qui ne peut vouloir dire qu’une chose : c’est une Lemarchandise (soit donc un album déniché par l’estimable Stéphane Lemarchand au sein d’un groupe facebook dont je vous parlerai quand j’aurai plus de temps). Dans cette succession de chansons aux guitares ultra mélodiques et au chant féminin tout doux, Say Sue Me évite la plupart du temps l’ennui pour venir régulièrement rappeler à notre bon souvenir le Yo La Tengo pop du temps où ils écrivaient encore des chansons. Et c’est bien pour les nostalgiques du groupe d’Hoboken s’étant comme moi endormis en sursaut à chaque  écoute du récent There’s A Riot Going On que j’évoque ce Where we were Together. S’ils ne frémissent aux ballades « Ours » ou « Here », ils savoureront assurément les solos erratiques et saturés du rock n roll « B Lover », et surtout le long morceau final à la rythmique minimaliste nous rappelant le bon vieux temps de Painful, quand Yo La Tengo savait encore être émouvant.

 

 

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MASTERSYSTEM - Dance Music

 

Voici un album qui en une grosse demi-heure embrasse une décennie de rock alternatif, entre Dinosaur Jr (« Proper Home ») et les regrettés Arcade Fire (« Must Try Harder »). Faites l’essai, prenez un groupe de ce style que vous aimiez dans les 90’s, il y a de fortes chances pour que vous en retrouviez un bout dans ce Dance Music (et oui, ça marche avec les Smashing Pumpkins). Revers de la médaille, Mastersystem n’a pas une personnalité folle (comme le prouve son nom, le nom de l’album voire l’artwork d’une neutralité confondante). Mais ce n’est pas une raison pour passer à côté de ce groupe qui, à l’image de Cloud Nothings lors de la sortie de Attack on Memory, apporte du sang neuf à un genre pollué ces derniers temps par le retour pléthorique d’anciennes gloires. Ça fait du bien, et ça s’écoute en boucle : une des meilleures sorties de l’année pour ma part.

 

 

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AMYL & the SNIFFERS - Big Attraction & Giddy Up

 

Scoop ! Johnny Thunders, Jerry Nolan et Arthur Kane se sont réincarnés en australiens arborant d’improbables coupes mulets. Ils ont recruté la plus charismatique de leurs nombreuses groupies au chant, et sont repartis comme en 70, balançant en 20 minutes 10 chansons de rock n’roll bordélique et sauvage, avec cette dose d’agressivité qui préfigurait le punk. Nous voilà transporté à New York au temps des Dolls, avec ces paroles portées par la gouaille irrésistible d’Amyl, la seule liste des titres étant suffisamment éloquente : « I’m not a Loser », « 70’s Street Munchies », « Blowjobs »,  sans oublier « Pleasure Forever », hymne revendicatif auquel on souscrit évidemment de bon cœur. Et en conclusion aussi excellente qu’expéditive, un vol de trottinette qui rend l’Amyl rageuse. C’est juste du Rock N Roll, mais bon sang que j’aime ça !!

 

 

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KORTO - Korto

 

Acheté suite à l’excellent concert donné au Marché Gare en première partie de Protomartyr, le premier album de Korto n’a cessé de tourner chez moi depuis. Mélange bien dosé de rock psyché à la Thee Oh Sees et de Post Rock moderne, l’album est redoutablement bien construit et produit pour un groupe aussi jeune. L’équilibre est omniprésent, surtout entre les instruments avec un trio guitare/basse/batterie où chacun s’exprime sans écraser les autres, mais aussi dans des morceaux adoptant la juste dose de variations et de répétitivité, évitant les classiques écueils de l’ennui et de la surenchère. Les longs développements ne sont ainsi pas un passage obligatoire, certains titres ne nécessitant pas d’excéder les 4 minutes quand d’autres prennent plus leur temps. Korto navigue avec aisance entre format chanson rock énergique (l’ouverture « Hot Rock ») et titres plus tendus et complexes à l’image de « Oi », conclusion résumant les compétences et sonorités déployés sur l’album et évoquant L’Effondras, autre trio français qui nous avait enchanté l’année dernière. Décidément, l’hexagone regorge de pépites à suivre, révélées par des salles de concert à la programmation judicieuse. Une des raisons pour lesquelles on essaye, si possible, de ne jamais rater les premières parties….