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Mercredi 03 Octobre

 

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Abusés par une météo trompeuse nous ayant annoncé une superbe journée, nous avions décidé de faire un tour du coté de Westminster. Hélas, ce fut le jour le plus nuageux (ne nous plaignons pas, nous n’avons pas eu une seule goutte de pluie), ce qui ne rendait pas hommage aux superbes façades ciselées qui eussent certainement, de par leur clarté, été sublimés par un soleil plus généreux. En plus, une partie (dont toute la base de Big Ben) était sous échafaudages, et, scandale ultime, nous n’eûmes pas la joie d’entendre sonner la cloche la plus célèbre d’Europe (on ne le savait pas, mais en fait elle est en maintenance pour deux ans). Cela ne nous empêcha pas de faire le tour complet du Palace of Westminter pour admirer comme il se doit ce beau bâtiment, traversant une première fois la tamise pour la longer face au palais sur une promenade très agréable, avant de regagner Big Ben par le Westminter Bridge. Après avoir admiré de même la Façade de la Westminster Abbaye, nous décidons d’en faire le tour aussi et franchissons donc le porche du bâtiment situé à sa droite pour atterrir dans un superbe parc fermé épargné par les touristes (peut être intimidés par le garde et la barrière à l’entrée du porche). Les façades bordant le parc, très anciennes, sont magnifiques, beaucoup se révélant des écoles qui ne doivent pas être accessible à toutes les bourses. Nous y croisons donc des flopées d’élèves en uniforme, ce qui nous arrivera très régulièrement pendant notre séjour. Nous n’avons pas pu avoir la certitude que tous les écoliers Londoniens portaient l’uniforme ou si c’était réservé aux écoles privées, ni la manière dont la mixité était gérée (la plupart des groupes croisés étaient non mixtes). Après cette surprenante découverte, nous terminons notre tour du quartier par la Great College Street (encore des belles façades en brique rouge et une propreté irréprochable) pour revenir à notre point de départ, devant le Parlement.

 

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Il est temps d’aller dire bonjour à la Reine, nous filons au Palais de Buckingham et nous melons aux nombreux touristes le temps d’une photo devant les grilles ouvragées. Pas vraiment intéressant, nous quittons les lieux en passant devant une imposante fontaine solidement gardée par une grande statue de l’austère reine Victoria, puis traversons un St James Park peuplé comme de coutume par une multitude d’oiseaux et d’écureuils. Au bout de cet espace très arboré nous voilà sur une immense place bordées de grands bâtiments blancs (l’ensemble nous a semblé plus beau que le Buckingham Palace), Horse Guards Parade, qui comme son nom l’indique sert aux défilés des gardes à cheval. Nous en trouvons d’ailleurs deux à l’entrée qui, stoïques, résisterons à l’assaut d’une classe entière de collégiens venant bruyamment tester la patience des canassons. Un petit coup de metro pour nous rendre un peu plus au nord, dans l’excellent quartier de Soho, où nous nous mettons en quête de boutiques repérées au préalable sur internet. La rue de la tentation s’appelle Berwick Street, et elle abrite notamment le mythique Sister Ray, magasin de disque sur deux étages orienté Rock Indé. J’y passe évidemment beaucoup de temps, mais moins que ce qu’on pourrait croire, dans la mesure où les rayonnages des disquaires londoniens sont extrêmement bien classés : chaque groupe un peu connu a son intercalaire, chaque style est classé en sous styles très précis, ce qui permet de zapper facilement une bonne partie des disques. Pas de trouvaille magique en ce lieu (j’ai quand même résisté à quelques raretés bien chères), c’est finalement au magasin en face, Reckless Records, mieux pourvu en vinyles originaux d’occasions, que je dénicherai de bonnes affaires, le fouillant de plus en plus rapidement jusqu’à la fermeture. Pendant ce temps, Mélaine explore dans cette même rue pas mal de magasins de tissus et de vêtements (coup de cœur pour le Cloth House) avant d’aller au grand magasin Liberty, ce tissu coloré assez cher prisé des couturières modernes. Je l’y rejoins avec intérêt, car il parait que le bâtiment vaut le coup d’œil, et c’est effectivement le cas. 

 

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C’est un immense magasin sur quatre  étages, aux façades à colombages et à l’intérieur entièrement boisé. Les éclairages et présentations des vêtements, jouets, et autres souvenirs sont soignés, on se croirait dans une vaste demeure bourgeoise, ce que ne manqueront pas de rappeler des prix indécents pour la moindre bricole. Cela dit c’est vraiment un plaisir pour les yeux, et nous un moment flânons dans les rayonnages en déconnant un peu sur le luxe indécent du lieu. Un peu plus loin sur Regent Street, sorte de Champs Elysées Londoniens que nous avions déjà croisés le premier soir, nous nous rendons au Hamleys, un magasin de jouets sur 7 étages. L’endroit est plus moderne et moins intéressant, mais le gigantisme du truc est fascinant, les jouets c’est toujours marrant et il y a des figurines à taille humaine amusantes, notamment des personnages en lego qui valent la photo (batman, star wars, la reine sur son trône ou la famille royale lors du mariage de Kate et William). Il est l’heure de trouver à manger, nous partons au hasard dans les rues aux alentours, dont une Carnaby Street qui nous semble agréable. C’est ainsi que nous atterrissons à Kingly Court, une très sympathique cour fermée accueillant sur trois étages un grand nombre de restaurants, tellement fréquentée par la jeunesse londonienne que nous peineront à trouver une place. Nous nous installerons finalement peinards dans la cours devant un bon hamburger, tout contents de notre bonne fortune. 

 

Jeudi 04 Octobre

 

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Nous allons passer la plus belle journée du séjour dans le dernier quartier que nous voulions voir, Southwark. Nous commençons par marcher autour de la Tower of London, que je n’imaginais pas si grande (j’avais en tête le Donjon, qui n’en est qu’une petite partie). La forteresse est éclatante sous le soleil, les anciennes douves recouvertes d’un gazon anglais impeccable, la balade est agréable. Nous nous amusons surtout du contraste entre ce monument Moyen Ageux et la City toute proche, hérissée de buildings modernes (ce n’est qu’un début, le nombre de grues indiquant des immeubles à venir est assez important) qui surplombent le vieux château sur bon nombre de nos photos. Nous empruntons le Tower Bridge, au tablier suspendu entre deux immenses Tours ouvragées. Malgré sa  célébrité le Pont me fait grand effet, et j’hésite à prendre le temps d’aller voir là-haut sur les passerelles piétonnes dominant la Tamise si j’ai le cœur bien accroché, mais ce sera finalement pour une autre fois. Nous longeons alors le fleuve (encore une très belle promenade), passons l’incongru Bateau Militaire mouillant là pour des raisons certainement touristiques et, arrivés au London Bridge, bifurquons un peu vers le sud pour atteindre notre destination : Borough Market.  Situé sous un croisement de lignes de chemin de fer, le Borough Market est un marché où l’on trouve quantité de denrées alimentaires venant de tous pays, fruits, légumes, champignons, fruits de mer, charcuterie, pâtisseries, thé anglais, plats libanais, et même the French Comté : personne ne peut être dépaysé à Londres avec un tel choix. On se balade dans le quartier et on se pose dans le sympathique jardin d’une Fac de Médecine à proximité avec notre bouffe (j’ai opté pour ce qui est peut être une spécialité anglaise, le sandwich au Salted Beef, une sorte de pot au feu avec du choux rouge et du fromage fondu au chalumeau par-dessus, excellent).

 

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La marche jusqu’au Tate Museum est l’occasion de découvrir un peu plus Southwark, puis nous arrivons à la Galerie d’Art Moderne qui est une ancienne centrale électrique réhabilitée. C’est déjà là une des caractéristiques intéressantes du lieu, puisque la encore la modernisation du bâtiment s’est faite intelligemment, en gardant ses spécificités propres : hall gigantesques, poutres métalliques, pont roulant, béton à peine réparé (et pas du tout au sous-sol), on y sent toute une histoire industrielle, mais celle-ci s’efface dès que l’on entre dans les pièces où les œuvres sont exposées, semblables à n’importe quel Musée. Nous commençons notre visite par le 10 eme étage, dont l’accès est gratuit, et qui nous permet une très belle vue   à 360° sur Londres, en particulier sur la Cathédrale Saint Paul de l’autre côté de la Tamise. Puis nous visitons les 3 étages d’expositions permanentes, gratuites aussi. Difficile de comprendre les œuvres exposées sans explications philosophiques, artistiques ou historiques : on sent bien que certaines sont des actes de résistance vis-à-vis d’oppresseurs politiques ou de normes artistiques de l’époque, mais on ne peut que l’imaginer et se laisser toucher un peu au hasard quand on a peu de temps à consacrer à la visite. J’aurai été surtout fasciné par une pièce aux murs couverts de photos d’identités du même artiste dans la même attitude : il s’agit d’une performance artistique du Taiwannais Tehching Hsieh qui s’est pris en photo toutes les heures pendant un an (1980-1981) en tapant sur une horloge à l’heure pile. Il commence l’expérience le crâne rasé et l’achève les cheveux bien longs. Une caméra projette toutes les photos à la suite (ça donne un film de 6 minutes), et il y a quelques explications sur la performance, notamment le nombre d’heures loupées (seulement 133 sur 8760) et la raison (sommeil, retard ou avance) (1).

 

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Pour finir la journée, nous empruntons la passerelle piétonne traversant la Tamise, avec une belle lumière de soleil déclinant, jusqu’à la gigantesque St Paul’s Cathedral et son imposant dôme. C’est l’heure de la messe, nous n’osons donc pas entrer à l’intérieur et en faisons le tour rapidement avant d’aller se promener dans la City, encore un quartier différent de Londres, assez typique surtout à l’heure où les employés sortent du bureau pour se prendre une bière devant les Pubs entre collègues.  Il reste encore un peu de temps pour explorer une immense papeterie, avec des rayons cartes à n’en plus finir, classées par occasion et destinataire (anniversaire du fils ou félicitations pour la nièce : les anglais adorent les cartes) et un étage entier pour Noel (on est début octobre, et les produits Halloween sont déjà soldés…)  Allez, on profite de la dernière soirée pour parcourir un peu plus le quartier de notre Hôtel, et s’offrir un excellent restau Italien.

 

(1)    Un coup d’œil sur wikipedia pour me rendre compte que cette performance de Tehching Hsieh fait partie d’une belle série dont celle-ci, aussi incroyable cela puisse paraitre, n’est pas la plus dingue….

 

Vendredi 05 Octobre

 

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Le train ne part qu’à 16h, largement le temps de faire une dernière visite ! Direction Baker Street, où une file d’attente assez importante patiente devant le Musée Sherlock Holmes. Nous nous rendons en fait juste à côté, au London Beatles Store, magasin à la gloire des Fab Four où l’on trouve absolument tous les objets imaginables floqués des pochettes d’album ou visages des quatre membres du plus célèbre groupe de rock du monde (par contre la section vinyle est presque vide). L’occasion de prendre des photos marrantes, mais pas de shopping vu les prix, excepté la Hot Wheels Paul McCartney pour Malo. Bonne pause ensoleillée au Regent’s Park tout proche, on observe d’innocent touristes se faire attaquer par des hordes de piafs dès qu’ils sortent un bout de pain, ou un grand groupe de collégiens cravatés faire les cons sous l’œil tolérant de leurs profs. Un bon Sushi et c’est reparti pour un dernier Tube vers la gare. On a du temps, on se dirige vers le Granary Square situé derrière Saint Pancras et dont les fontaines sont soit disant à voir. Rien d’extraordinaire pour qui connait la place des Terreaux, en revanche il y a un endroit hyper agréable en terrasses recouvertes de faux gazons juste au bord du canal, où nous paressons jusqu’aux ultimes minutes. Et c’est sous un soleil inattendu que nous reprenons nos valises à roulettes en direction de la magnifique Saint Pancras pour un point final à ce séjour, vous l’aurez compris, parfaitement réussi. 

 

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PS : Les disquaires

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Presque tous les disquaires sont  intéressants à visiter, ne serait-ce que parce que les CDs d’occasion y sont très bon marché. Ils souffrent cependant du mal vinylesque de la décennie : la réédition, qui occupe une bonne partie des bacs de la plupart des magasins. Que ce soit en nouveauté et en réédition, les prix sont semblables ou plus chers qu’en France, donc pas trop d’intérêt. En ce qui concerne les éditions originales, les classiques sont inabordables, pas d’intérêt non plus donc sauf à tomber sur un truc introuvable, l’offre étant quand même plus importante que dans les magasins français (m’enfin, avec internet, je ne sais pas si l’introuvable existe encore). Sur l’occasion intéressante, on privilégiera d’abord le Music & Video Exchange (metro Nothing Hill Gate), puis le Reckless Records (Berwick Street). Le Sister Ray reste intéressant (l’offre est gigantesque), notamment pour les amateurs de bootlegs qui trouveront des vinyles pas très beaux mais à prix modique (moitié moins cher que ce que je déboursais pour mes CDs pirate dans les 90’s …). Les amateurs de Punk et de Metal seront comblés par le All Ages Record (Camden), mais on leur conseillera de regarder à leurs pieds le bon stock de soldes à 50%. Quant aux autres boutiques, un petit coup d’œil aux rayonnages ne coute rien, le classement faisant qu’on optimise vachement sa recherche. Si je n’y ai rien trouvé, c’est peut être avant tout parce que j’ai déjà énormément de choses…

 

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