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CALEXICO - the Thread that Keeps us

 

En écoute: DEEZER

Proposé par Xavier.

Mon avis: 

Après une série de  bons albums marqués par un virage assez pop, dont le splendide Edge of the Sun sorti en 2015, Calexico revient avec the Thread that Keeps Us en essayant difficilement de se renouveler. Difficilement parce que pas mal de titres (que ce soit dans un style pop rock classieux dans lequel ils excellent ou festif latino dont ils sont spécialistes depuis leurs débuts) restent dans l’exacte lignée de leurs dernières productions. Mais aussi parce que toutes leurs tentatives ne sont pas couronnées de succès. Je pense notamment au morceau d’ouverture « End of the World with You »,  évoquant un mélange de célèbres tubes de Bowie et U2 parsemé d’improbables solos de guitare, qui se prend un peu les pieds dans le tapis.

Relativisons, un disque de Calexico, même inégal, reste efficace et exempt de vraie faute de gout, titres classiques (« Voices in the Field »), cumbias relevées (« Under the Wheels ») et petits instrumentaux parsemant l’album (« Shortboard ») s’enchainant agréablement, avec quelques surprises réussies. La guitare Pixiesienne et l’inhabituel rythme lourd de « Eyes Wide Awake » ou le funk rock bien rythmé « Another Space » font partie des essais transformés. On regrettera donc simplement l’absence de souffle épique qui parcourait Algiers et Edge of the Sun et qu’on ne retrouvera ici que sur le superbe « Thrown to the Wild », en écho aux « Vanishing Mind » et autres « Follow the River » qui m’avaient bouleversé les années précédentes. Nous verrons si the Thread that Keeps Us est un album de transition (comme avait pu l’être en son temps le mésestimé Garden Ruin), et vers quoi il amènera nos Arizoniens préférés. 

Pour les fans, the Thread that Keeps Us est proposé dans une version complétée par un CD bonus contenant 7 titres de la même facture  que le reste. On pourrait se demander comment le tri a été effectué, ou juste savourer ces prolongations, comptant entre autres jolis extraits un « End of the Night » au parfum Dire Straits appaisant.

 

 

 

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Alela DIANE - Cusp 

 

En écoute: DEEZER 

Proposé par Xavier. 

Mon avis:  

Après un retour inespéré à une relative sobriété sur le réjouissant About Farewell, Alela Diane revient avec un Cusp du même bois, mais agrémenté en plus d’une bonne partie de pistes au piano. Autant dire que mon instrument fétiche accompagnant les envolées de la voix inimitable et exceptionnelle d’Alela ne pouvaient que me ravir, d’autant que la production reste sage, parsemant les chansons de quelques cordes, cuivres ou rythmique feutrés.

Cusp, débarrassé de toute tension, ne vient pas bouleverser la discographie de l’Américaine (et encore moins les standards du folk), mais y ajoute simplement une jolie pierre bien décorée, proposant quelques superbes extraits tels « Albatross », introduisant l’album, ou le single « Ether & Wood ». Avec les arpèges d’« Emigré », Alela Diane vient même rappeler à notre bon souvenir la country girl qu’elle fut, lorsqu’on la découvrait toute jeune il y a une dizaine d’année sur la scène de l’Epicerie Moderne. De quoi charmer les fans, qui ne manqueront donc pas la prochaine tournée passant par Lyon fin Avril.

 

 

 

 

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QUICKSAND - Interiors 

 

En écoute: DEEZER 

Proposé par Damien. 

Mon avis

A l’écoute de Interiors, tous les noms de bons groupes faisant du rock couillu dans les 90’s vous reviendront en mémoire (1). Votre sensibilité ou non au grunge / post hardcore / rock alternatif (bref, passons) de cette décennie déterminera pour vous l’intérêt de ce disque (le morceau « Hyperion », emblématique d’Interiors, devrait vous permettre de vous faire une idée rapidement). De mon côté, c’est évidemment une véritable fontaine de jouvence, et je suis vraiment surpris que le retour de Quicksand, groupe qualifié de culte (possible, après tout le véritable sens de cet adjectif induit qu’il était  très peu connu à l’époque) n’ait pas fait plus de bruit.

Certains diront que cette renaissance n’a pas d’intérêt aujourd’hui, mais quand on voit les lauriers tressés partout à quantité de vieux groupes revenant aux affaires plus ou moins judicieusement ce serait d’une mauvaise foi incroyable. Slowdive partout, Quicksand nulle part. Ou alors je n’ai pas regardé au bon endroit, genre sur le classement Noise Mag où Interiors est en tête des albums 2017. Heureusement que Damien veillait, et c’est donc dans sa voiture, lors du traditionnel trajet hebdomadaire vers la répète, que je découvrais ce terrible disque (et son créateur par la même occasion). Un album sans baisse de régime (juste des respirations identifiées comme telles), cohérent et tranchant de bout en bout, avec pour relancer la formule sur le dernier quart une teinte plus syncopée (« Normal Love » a quelques accent de Pinback). Une découverte aussi inattendue que réjouissante. 

(1)    Prime à Soundgarden et Faith no More de mon côté, mais je serai prudent car je connais assez peu ces deux groupes.

 

 

 

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Le REVEIL DES TROPIQUES - Big Bang 

 

En écoute: DEEZER 

Proposé par Julien. 

Mon avis

Du fond du cosmos nous parvient une musique pulsatoire, alternant frénésie krautrock et ambiant vaporeux sur quatre morceaux d’une dizaine de minutes chacun. On se laisse embarquer pour un voyage hypnotique et distordu, entre courses en boucles appuyées (qui ont ma préférence) et inquiétants espaces résonnant de cris monstrueux étouffés. Un disque aussi fascinant et perturbant que sa pochette le laisse présager.