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Trois semaines après le concert d’Alela Diane à l’épicerie moderne, je retourne avec Damien (et son batteur Boris) dans cette belle salle pour une soirée au style radicalement opposé, puisque nous allons assister à une démonstration d’Isis, groupe que nous qualifierons de post rock hardcore… Lorsque nous arrivons, les lieux sont fréquentés par quelques tatoué(e)s qui boivent de la bière, mais on peut pas dire qu’il y ait foule. Heureusement, le public, dont une bonne partie sont des Toolistes d’après leur T-shirts, sera relativement nombreux pour le set d’Isis. Mais c’est devant une salle au trois quart vide que la première partie, Jakob, entre en scène. J’ai vraiment apprécié le concert de ce groupe proposant un post rock atmosphérique assez proche d’un Mogwai par exemple, à la grande différence près que nous avons ici affaire à un trio. La basse, très rarement mélodique, est ici pour apporter la charpente distordue du morceau. Sur cette nappe sonore, le batteur, placé au centre et véritable leader du groupe, place des riffs soit très répétitif, soit tout en accélération selon l’orientation qu’il veut donner au morceau. Le guitariste vient placer des sons psychédéliques aux multiples effets sur le tout, en apportant un soutien de distorsion à la basse pour les passages les plus violents. On pouvait juste regretter que les titres utilisent la plupart du temps la même recette (partie répétitive + accélération + pause + reprise de la partie répétitive du début), mais le son était remarquable (le meilleur de la soirée) et j’ai passé un très bon moment. Arrive ensuite la deuxième première partie, un duo nommé the Austerity Program. Le bassiste, malgré une tronche de banquier gay complètement décalée, est assez bon, quand au beugleur guitariste il a l’air d’avoir imbibé de bière les quelques neurones que dame nature a daigné lui accorder, mais c’est pas grave, car le principal instrument du groupe est leur boite à rythme, qui couvre complètement leur show, et qu’ils laisseront tourner toute seule à de nombreuses reprises. Le leader tente de chanter façon métal mais n’a ni la voix ni le son pour, et après le set de Jakob le son pourri et la boite à rythme font vraiment tache. Ils proposent un mélange de métal et de noise (certaines parties voix et guitare), le coté à l’arrache et crétin du set versant finalement plutôt dans le punk basique. Damien trouve des ressemblances avec Big Black, premier groupe de Steve Albini, et avec le début de l’indus. Ouais, c’est ça, les mecs ont 20 ans de retard : bien à voir dans une cave de Berlin en 1980, mais un peu ridicule en première partie de Isis en 2008… Bref je me suis bien fait chier, sauf sur le dernier titre assez long  qui me sortait un peu de mon désarroi (la salle s’était d’ailleurs à moitié vidée, au profit du bar sans doute). Avec tout ça, il est déjà 23h quand Isis monte sur scène, et les oreilles sont déjà bien fatiguées malgré les bouchons (indispensables). Le concert débute par un titre du dernier album (« Wrists of Kings » ou « Dulcinea »), constituées de multiples parties alternant calme et tempête, dont la complexité est assez symptomatique de cet In the Absence of Truth. Le groupe, très carré et au son bien réglé, s’en sort à merveille avec cette nouveauté. Vient ensuite « So Did We », sûrement mon titre favori d’isis, sur le Panopticon, qui est aussi mon album préféré, insistant plus sur le coté mélodique du groupe dans de longs développements passionnants. Isis pioche de manière assez équitable dans ses quatre albums ce qui permet un concert varié et qui ne m’aura jamais lassé, chose qu’on peut toujours craindre avec les groupes de post rock. On a ainsi droit à deux extraits du Celestial, premier album nettement plus violent que les autres, notamment au premier titre joué en rappel qui ressemble plus à du Sepultura qu’à du Mogwai. Ce n’est pas le coté que je préfère chez Isis, mais encore une fois cela permet de varier le concert de manière agréable. Le leader (chanteur guitariste) malgré un physique tout venant dégage un charisme incroyable dès qu’il joue, se démenant avec une vigueur qui démontre toute la sincérité qu’il met dans sa musique. Il a aussi une incroyable voix qui lui permet de passer d’un chant normal (parfois assez haut dans les aigus) aux beuglements du métal sans aucun problème, le tout de manière juste et convaincante. Si on ajoute une belle maîtrise des effets et de la lumière, ce concert fut vraiment une belle réussite et un beau voyage. Quelques petits défauts tout de même : une batterie un peu faiblarde, avec un son parfois plus proche de la percu que de la batterie (Boris analyse que sur le dernier album, le batteur a rajouté pas mal de fioritures dans son jeu, ce qui conduit de manière inévitable et regrettable à une frappe moins importante et à un son moins lourd). Et la durée du set d’Isis fut bien courte (75 mn), même si j’en avais assez à mon goût. Simplement les deux premières parties étaient beaucoup trop longues. Austerity Program en moins et un peu plus d’Isis, cela aurait été parfait !

 

Tentative de setlist: Dulcinea (ou Wrists of Kings) – So did We – Gentle Time – Grinning mouth (ou Dulcinea) – The Other (ou Will Dissolve) – Backlit – the Beginning and the end / Swarm reigns (ou Celestial, the Tower) – 1000 Shards