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Raoul VIGNAL - the Silver Veil

 

Il y a eu un moment où j’ai écouté énormément de folk. Y avait-il spécialement d’artistes doués dans ce style, ou y étais je plus sensible je ne sais, quoi qu’il en soit cette période s’est achevée aux alentours de 2014, après un dernier flash sur the Tallest Man on Earth. Mes écoutes se sont progressivement porté sur du rock plus violent, le seul album tranquille ayant jusqu’à présent trouvé grâce à mes oreilles cette année étant celui des Marquises. C’est dire la qualité de ce premier album de Raoul Vignal (un autre français, comme son nom l’indique assez bien), qui a réussi à m’accrocher d’emblée malgré une formule très basique en guitare - voix. Mais quand les compositions sont de ce niveau, il n’est pas besoin d’arrangements luxuriants, ce que démontre un album très homogène à peine rehaussé par instants d’un peu de batterie ou de flute traversière. 

Intégralement interprété en arpèges, alternativement très rapides ou un peu moins relevés, les chansons de the Silver Veil séduisent par un sens de la mélodie indéniable, une voix posée et agréable et une technique assez redoutable, tout guitariste amateur sachant la difficulté à interpréter aussi rapidement de semblables pickings sans s’emmêler les pinceaux. On pense au Humbling Tides de  Stranded Horse, autre disque au potentiel dépaysant et onirique inépuisable, à Jose Gonzalez (« Under the Same Sky »), coup de foudre musical d’il y a (déjà !) une quinzaine d’années, voire aux premiers disques de Leonard Cohen lorsque le tempo galope sereinement (« One ») à la manière du classique « the Partisan ». Autant dire de sacrées références pour un jeune artiste (26 ans), mais le Lyonnais a en fait un sérieux bagage de songwritter à l’ancienne, ayant trainé sa guitare notamment à Berlin où il a composé cet album il y a déjà deux ans. Espérons que le retour dans sa ville d’origine soit suffisamment long pour que je puisse le voir en concert autrement que pour des premières parties guères alléchantes.

 

 

 

 

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Kevin MORBY - City Music

 

Kevin Morby avait signé avec Singing Saw, porté par un très bon début d’album et un tube magistral (« I have been to the Mountain »), une des belles surprises de l’année dernière. L’américain revient promener sa nonchalance Velvetienne sur les 11 titres de City Music, qui, à l’exception d’un hommage amusant et réussi aux Ramones (« 1234 »), reste homogène dans un classicisme tranquille, voire langoureux (le bluesy « Dry your Eyes »). Bien que remarquablement maitrisé, City Music souffre de quelques longueurs (notamment sur le titre du même nom) et de l’absence d’un ou deux morceaux vraiment percutants (le plus évident, « Crybaby », n’étant pas vraiment de la trempe des singles imparables). Suivant l’humeur, on pourra donc apprécier cette petite heure de musique paisible ou s’y ennuyer un peu.