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Kevin MORBY - Oh My God

 

Kevin Morby, avachi sur son lit, le torse nu et l’œil blasé, ça tente quelqu’un ? Oh My God ! Pianotant nonchalamment quelques mélodies faciles sur des percussions minimalistes, Kevin nous invite à une sieste langoureuse (adjectif suffisant à décrire l’ensemble du disque), forçant le trait d’une ambiance déjà un peu trop développée sur son précédent disque City Music. Dans le genre c’est plutôt bien foutu, mais que celui qui réussira à ne pas piquer du nez à l’écoute de ces chansons farcies de chœurs féminins suaves et de saxophone larmoyant (l’instrument maudit par excellence) me jette la première couette. L’emballement relatif de quelques titres (« OMG Rock N Roll », « Hail Mary ») est vite calmé afin de ne pas troubler le sommeil réparateur de l’auditeur. Qui du coup aura la chance d’échapper à la redoutable intro de « Ballad of Faye ». Oh My Bed !

 

 

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KING GIZZARD and the LIZARD WIZARD - Fishing for Fishies

 

Après 5 ans de publications ininterrompues ponctués par une orgie de 5 disques sortis en 2017, King Gizzard and the Lizard Wizard avait pris une année de pause en 2018. Les voici de retour avec Fishing for Fishies, un disque qui n’était pas forcément attendu de mon côté compte tenu de leur discographie déjà imposante. C’était sans compter la qualité du combo Australien qui réussit la prouesse de me convaincre alors même qu’une certaine lassitude du garage rock psyche et autre post punk absorbé à haute dose cette décennie m’a progressivement envahi. C’est que le groupe mené par Stu MacKenzie est beaucoup moins linéaire qu’il n’en parait au premier coup d’oreille, et qu’il s’amuse à explorer différents styles au fil de ses enregistrements. Sur Fishing for Fishies, c’est essentiellement le boogie blues qu’ils honorent, alliant science du riff et maitrise technique ahurissante. Ressuscitant Canned Heat à coup d’harmonica (« This Thing ») et rythmique enlevée, swinguant sur un ultra mélodique « Fishing for Fishies » qui évoque les meilleures heures de… Phish, ou s’autorisant quelques écarts avec de la pop ensoleillée (« Real’s not Real ») ou des sons plus electro (« Cyboogie »), King Gizzard and the Lizard Wizard balance un album qui fout la patate et donne l’irrésistible envie de taper du pied pendant 45 minutes. Rare et salutaire.

 

 

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AMYL and the SNIFFERS - Amyl and the Sniffers

 

Pour son premier véritable album, Amyl & the Sniffers conserve l’inspiration et l’énergie qui nous avait d’emblée séduits sur l’excellent Big Attraction & Giddy up de l’année dernière. 11 titres pour une demi-heure de punk sauvage s’orientant parfois vers un hard rock braillard style Motorhead quand le guitariste se fend de quelques soli expéditifs mais joliment exécutés (« Monsoon Rock »). Rythmique carrée, riffs percutants et bien sûr charisme de la bruyante meneuse assurent une efficacité sans faille à un groupe qui titille une fois de plus notre nostalgie rock n’ roll et le folklore qui va avec, entre bagarres éthyliques et nanas rentre dedans, pour le meilleur et pour le pire. Si Amyl se la joue amoureuse délaissée (« Angel ») ou enthousiaste (le tube « Got You »), on la préfère en punk haineuse sur l’expéditif et explicite « GFY » (pour Go Fuck Yourself). Qui s’y frotte s’y pique, et la frontière semble mince entre le chanceux qui se fera secouer toute la nuit (« Shake Ya ») et la future cible qui aura à en découdre avec la furie blonde à la prochaine beuverie (« Punisha »). En tout cas, personne ne lui fera fermer sa gueule, comme elle le clame sur « Some Mutts (can’t be muzzled) », autre hymne en puissance qui clôture le disque. Et c’est tant mieux.

 

 

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SHOW ME THE BODY - Dog Whistle 

 

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Si ce simple schéma n’est pas suffisamment clair, disons que mis à part une intro trompeuse, un excellent titre quasi pop au regard du reste (« Arcanum ») et quelques passages lents qui se contentent d’être dissonants et désespérés, Dog Whistle est un album pour ceux qui trouvent que Shellac est un trio de joyeux boy scouts et que la prod de Steve Albini est luxuriante. Bref ça usine les oreilles.