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Yann Tiersen programmé aux Nuits de Fourvière, voilà qui ne pouvait que m’intéresser, moi qui ai été emballé les quatre fois où je suis allé le voir (les fidèles lecteurs de ce blog le savent bien). J’avais quand même pas mal de doutes, bien qu’ayant beaucoup aimé son dernier disque EUSA, car les images de concert récents que j’avais pu visionner sur le net le montrait seul au piano, loin de la formule en groupe relativement rock des dernières tournées. Mélaine mis fin à mes hésitations en m’annonçant au retour d’un déplacement en Chine qu’elle avait pris des places. Nous voici donc profitant d’un moment en amoureux à l’amphithéâtre romain, où nous nous installons bien en avance en cette  soirée caniculaire.

 

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La première partie est François & the Atlas Mountains, un nom que je croise souvent sans en avoir jamais écouté la moindre note : c’est l’occasion de me faire une idée. Les quatre jeunes gars attaquent sur un titre bien dansant, à l’image d’un concert aux intentions festives évidentes. Les François & the Atlas Mountains, des sirupeuses interventions de leur leader aux chorégraphies en duo savamment répétées, sont gentils à en faire passer Girls in Hawaii pour de dangereux Punks. Quelques belles mélodies se planquent dans un océan de platitude aux vagues accents africains, c’est techniquement très bon mais globalement très chiant. D’ailleurs le public, mis à part quelques têtes dodelinant en rythme et trois femmes à fond au premier rang,  sera extrêmement dissipé pendant la longue heure que durera le set.

 

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Le changement de plateau confirme mes craintes, Tiersen évoluera effectivement en solo ce soir. Le voici qui arrive tout peinard comme à son habitude et qui, après un salut de la main aux gradins, s’installe derrière le piano et attaque « Pern », premier extrait d’EUSA. Il va interpréter son dernier album intégralement, enchainant les titres à l’exception de deux ou trois pauses permettant au public d’applaudir avec enthousiasme. Mon sentiment alternera entre plaisir (pour mes passages favoris, comme « Penn ar Lann » ou « Kadoran ») et lassitude, le format des morceaux engendrant forcément un concert linéaire et semblable à l’album studio, alors qu’une des grandes force des concerts précédents était justement la variété des styles abordés et la réécriture inventive des chansons pour la scène. Autre désagrément, la chaleur accumulée dans la pierre millénaire me servant de siège qui, recrachée au travers de mon maigre coussin, me colle le calcif aux fesses, sensation irritante m’empêchant régulièrement de gouter pleinement à la poésie des jolies mélodies de Tiersen.  Du côté positif, cette même chaleur sur mes pieds nus, les bruitages d’oiseaux idéalement orientés vers le ciel, l’éclairage minimaliste de la scène et, évidemment, la musique proposée, me transporteront souvent dans des paysages maritimes lointains et dépeuplés, comme un avant-gout de vacances. Le public lyonnais, inhabituellement sage, aura aidé à installer cette ambiance onirique (Mélaine s’est endormie trois fois). 

EUSA achevé, Yann Tiersen alternera piano, violon et Toys Pianos pour une dizaine de classiques issus de son répertoire, dont j’apprécierai spécialement « La Longue Route » (de l’album Tabarly) et le rapide « Le Vieux en Veut Encore », tous deux au piano. On ne pourra toutefois pas se départir d’une impression générale de minimum syndical sur cette deuxième partie, le rappel se terminant d’ailleurs avec un « Sur le Fil » expéditif. Un concert en demi-teinte donc, qui n’aura laissé place ni à l’ennui, ni à la grâce… 

 

Setlist: Pern - Porz Goret - Lok Gweltz - Penn ar Roc'h – Kereon – Yuzin - Roc'h ar Vugale - Penn ar Lann - Enez Nein – Kadoran - Mouvement introductif - Prière n°2 – Naval - 7:PM - La Valse des monstres - La Longue Route  //  Le vieux en veut encore -  La Dispute - Sur le fil