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Le très bon souvenir que j’avais du concert d’Alice Cooper à la Halle Tony Garnier il y a 6 ans m’a encouragé à retourner voir le spectacle grand guignolesque de mon Hardos favori, d’autant que quelques ami-e-s  étaient motivés pour m’accompagner, ce qui laissait présager d’une soirée fort sympathique. Cerise sur le gâteau, le nouvel album d’Alice Cooper, à l’inverse du précédent (le décevant Welcome 2 My Nightmare), fait partie de ses très bonnes productions. Avec sa collection de titres de pur Hard Rock aux riffs acérés, dont seule la dernière ballade est un peu en deca,  et la présence  du légendaire Bob Ezrin aux manettes, Paranormal voit Alice Cooper retrouver son inspiration (1), allant jusqu’à évoquer son groupe culte des années 70 dont les membres sont d’ailleurs invité sur plusieurs extraits. Le gang ressuscite même sur le disque bonus l’espace de deux morceaux collectifs tout à fait honorables. Certes c’est du bon rock sans la subversion originale, mais croyez moi que les papis jouent encore, il suffit d’écouter « You and all of your Friends » pour s’apercevoir qu’ils n’ont rien perdu de leur redoutable technique. Vraiment, il ne faut pas se fier au titre et à la pochette de Paranormal, cet album pourrait bien être l’un des meilleurs de la carrière solo d’Alice Cooper.

 

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Hélas, la setlist de ce soir ne lui accordera qu’un seul extrait, le single « Paranoiac Personality ». Je me doutais bien que le concert serait largement consacré aux innombrables tubes de la longue carrière du Coop’, mais j’espérai quand même avoir un peu plus de sang frais. Première déception de la soirée, la deuxième étant que par un concours de circonstance, mes potes ne purent venir et que je me retrouvais seul à la Salle 3000, que je découvrais pour l’occasion.  Amphithéâtre moderne et confortable, ce n’est pas le genre de salle que j’affectionne pour voir du rock, d’autant qu’en néophyte je me ferais prendre au piège : me garer au parking souterrain le plus proche, et donc bouchonner 20 minutes avec tout le public après le concert. Il y a néanmoins une fosse debout assez grande, et largement remplie quand j’arrive. J’ai évidemment loupé la première partie qui a dû être chronométrée afin que la tête d’affiche se pointe à 21h précises, ce qui ne manque pas d’arriver : le grand rideau cachant la mise en place tombe, révélant le groupe attaquant le spectacle par « Brutal Planet », un des rares titres modernes (entendez qui a moins de 20 ans) de la soirée. Je ne vais pas trop m’étendre sur le déroulé du show, ce serait une large redite de mon article de 2011 (2). Sur scène, l’impeccable paire rythmique est restée la même,  quant aux guitaristes je ne sais pas trop, mis à part que pépé Hunter a été remplacé. Je serais d’ailleurs persuadé d’avoir affaire à la même blonde branleuse de manche que la dernière fois (Orianthi Panagaris), avant qu’un collègue spécialiste ne me détrompe en observant une video que je lui envoyais : il s’agit aujourd’hui de Nita Strauss, dont le style est soit disant reconnaissable entre mille. Quoi qu’il en soit elle est aussi bonne techniquement et motivée que ses comparses, avec évidemment un supplément de charme sur lequel n’a pas manqué d’investir ce bon vieux Alice, qui donne toujours autant de sa personne, changeant de costume quasiment à chaque titre et assurant le spectacle à grand renfort de mimiques et de grimaces. De ce point de vue-là, et si on ajoute les habituels déguisements et tours antédiluviens (Frankenstein, Guillotine, camisole etc…), le spectateur en a largement pour son argent, l’ensemble de la troupe (en comptant les nombreux comédiens) ne ménageant pas sa peine, gardant leur professionnalisme alors qu’ils jouent sensiblement la même chose depuis des lustres.  

 

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Car entre les nombreuses chansons déjà interprétées à la Halle, et celles que j’ai tant entendu sur des captations live que j’ai cru qu’elles le furent (« Ballad of Dwight Fry », par exemple…), la soirée n’aura laissé la place qu’à très peu de surprises. Dans les « nouveautés » que j’ai le plus apprécié, figurent « Department of Youth » toujours aussi efficace, et « the World Need Guts », mon titre favori de la période hard 80’s (avec « Poison », qui sera l’un des extraits ayant le plus enthousiasmé le public ce soir).  L’autre morceau jamais entendu, « Woman of Mass Distraction » tiré de l’album Dirty Diamonds, sera le plus faible de la soirée. Après une première moitié que j’aurai passé un peu loin de la scène à mon gout, je réussi à gagner les quelques mètres me permettant d’avoir une excellente vue d’ensemble à peu près au moment où le concert va s’engager sur des traces bien connues. Certes le « Halo of Flies » et son solo de batterie sont toujours aussi énormes, mais la seconde fois c’est quand même moins impressionnant….   Mis à part donc « Paranoiac Personality », bon morceau (loin d’être le meilleur cependant) de Paranormal, c’est un enchainement de titres aussi rabachés qu’excellents qui nous mène jusqu’au « I’m Eighteen » final et au maigre rappel, un « School’s Out »/ « Another Brick in the Wall » agrémenté de moultes cotillons dont le dernier retombera, alors que le groupe quitte la scène après une classique présentation de ses membres, à 22h30 pétantes.

 

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Gageons que le public, très hétérogène en termes d’âge, de sexe et de style (rien à voir avec celui de WASP donc), aura apprécié la ribambelle de tubes et l’énergie déployée sur scène (3) par le septuagénaire toujours bon pied bon œil (maquillé) et sa troupe de pros. Quant à moi, je ne me suis pas ennuyé mais n’ai pas passé une soirée aussi fun que prévue. La prochaine fois, j’emmènerais le fiston, il en prendra plein les yeux ! 

 

(1)    Bon, il l’a pas mal retrouvé en écoutant ses anciens disques. Mais comme c’est les meilleures parties, on lui pardonnera…. 

(2)    Je vais pas bosser alors que cette vieille sorcière se la coule douce depuis au moins 7 ans…. 

(3) avec les inévitables passages en "Jean-Michel à vous" et "Jean-Michel tapédanvomains" qui ont très bien fonctionné

 

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Setlist : Brutal Planet - No More Mr. Nice Guy - Under My Wheels - Department of Youth – Pain - Billion Dollar Babies - The World Needs Guts - Woman of Mass Distraction - Guitar Solo (Nita Strauss) – Poison  - Halo of Flies (with drums solo) - Feed My Frankenstein - Cold Ethyl - Only Women Bleed -Paranoiac Personality - Ballad of Dwight Fry – Killer / I Love the Dead - I'm Eighteen // School's Out