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WREKMEISTER HARMONIES - Night of your Ascension

 

En écoute: BANDCAMP

Proposé par Julien.

Mon avis:

Wrekmeister Harmonies, mystérieux collectif de musiciens de Chicago regroupé autour d’un certain J. R. Robinson, est l’auteur de quelques projets depuis 2009. On n’ose appeler albums ces longues pièces (un seul morceau en général, sans titre)  sorties sur des vinyles en édition limitées aux pochettes étranges qu’on a envie de posséder sans même connaitre leur contenu musical.

 

En attendant d’explorer plus attentivement ces différents objets, concentrons nous sur Night of your Ascension, sorti fin d’année dernière, et qui contient deux morceaux. Le premier (« Night of your Ascension ») est une pièce mutante de 32 minutes, dans l’esprit de ce qu’a pu faire Swans ces derniers temps, s’employant à décrire musicalement la déchéance progressive d’une vie humaine. D’une naissance figurée par des voix féminines calmes, on passe à un drone de claviers soutenu par des sons évoquant la harpe, puis des cordes aériennes, laissant place à une surprenante chorale baroque (a capella, donc). Arrivé à mi parcours, le drone se fait plus menaçant, batterie et guitares électriques prenant le dessus, pour un rock tendu évoquant alors les canadiens de GYBE. Cette ambiance va progressivement s’alourdir jusqu’à l’intervention d’un chant grindcore et d’un final hypnotique brutalement interrompu. « Run Priest Run » est plus court mais reste dans cet esprit de lente mutation, entre carillons agités par le vent dans une ambiance grinçante, guitares post rock et cris sur un final bien noisy.

 

Night of your Ascension, disque le plus fascinant que j’ai pu entendre depuis the Seer, est l’invité surprise de ce début 2016, s’inscrivant d’ores et déjà comme une découverte majeure de l’année.

 

 

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PROTOMARTYR - the Agent Intellect

 

En écoute: DEEZER

Proposé par Damien Xavier.

Mon avis:

 

Damien est l’un des meilleurs pourvoyeurs de bonnes trouvailles de ce blog. Je lui dois notamment la découverte de Protomartyr dont le Under Color of Official Rights m’avait enchanté il y a deux ans. Mais il lui arrive de se tromper, comme lorsqu’il m’affirma que son successeur était tout pourri, repoussant une écoute que j’avais prévue dès sa sortie (octobre 2015). Disons-le tout net, the Agent Intellect n’est pas aussi flamboyant que son prédécesseur, mais il reste un très bon album. Reprenant avec succès la formule gagnante du groupe - difficile et réussie synthèse de la classe Post Punk et de la crasse Garage - notamment en début de disque, Protomartyr explore progressivement de nouveaux territoires, voix émouvantes clamant they don’t see us sur « Clandestine Time », différentes parties imbriquées de « Why does it Shake » ou bonne boucle de basse sur les 6 minutes d’ « Ellen ». Si cette prise de risque a pour conséquence quelques titres moins efficaces,  the Agent Intellect, faisant la part belle à la guitare et au chant charismatique, garde un fort pouvoir attractif après de nombreuses écoutes et donne une furieuse envie de voir le groupe de Détroit sur scène.

 

 

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Erwan PINARD - Obsolescence Programmée

 

En écoute: quelques morceaux sur FACEBOOK

Proposé par Xavier.

Mon avis:

Voir l'Article juste en dessous...

 

 

BONUS

 

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PUBLIC SERVICE BROADCASTING - the Race for Space

 

En écoute: DEEZER

Proposé par Denis.

Mon avis:

Avant d’avoir publié sur un excellent blog  son Top 2015 en tête duquel figurait the Race for Space, Denis m’avait parlé chez lui de ce disque et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il avait été convainquant. Rien qu’en me décrivant oralement « the Other Side », des étoiles dans les yeux, il m’avait fait sentir le potentiel  émotionnel de ce titre. En ajoutant le concept du disque, la mise en musique de la guerre entre les USA et l’URSS pour la conquête spatiale en s’appuyant sur des discours politiques ou des dialogues d’astronautes d'époque, et sa pochette double face (l’une pour les USA, l’autre pour l’URSS), genre de trouvailles dont j’ai toujours été très client, je tenais là un album que j’avais très envie d’aimer avant même de l’avoir écouté.

 

Fort heureusement, je ne fus pas du tout déçu, Public Service Broadcasting ayant très bien réussi la toujours dangereuse tentative de faire un concept album. « the Race for Space », avec ses voix cotonneuses reprenant le discours de John Kennedy lançant le programme Apollo, est une introduction parfaite dans l’univers de l’album, mi-rêve mi-flashback. L’astuce est d’avoir gardé sur chaque titre le fil conducteur de ces documents sonores historiques et de cette base electro, tout en variant sensiblement les styles musicaux proposés. Rythmes technoïdes montant en pression, cuivres funky de « Gagarin »  enchainés avec les sombres claviers de « Fire in the Cockpit », morceaux plutôt rock (le très bon « Go ! ») ou plus mélodique (« Valentina »), le voyage est varié est plaisant de bout en bout. Mais le morceau de bravoure de the Race for Space est bien « the Other Side », retranscrivant le moment où Apollo 8 passe derrière la lune (c’est la première fois qu’un homme verra sa « face cachée ») par une pause soudaine dans la musique. L’auditeur ressent alors, comme l’ingénieur NASA de l’époque tentant de rétablir le contact (now we are in our period of the longest wait), la tension s’accumuler au fil de la minute trente que dure cette interruption de communication (Apollo Control Huston, we’ve acquired signal but no voice contact yet we’re standing by). Et lorsqu’enfin l’astronaute se fait entendre (we read you loud and clear. How do you read us ?) et que la musique repart, l’émotion nous envahi et nous connecte à ce moment historique (there’s a cheer in this room !). Les plus curieux iront se renseigner sur les histoires réelles auxquels chacun des titres fait allusion, les autres se contenteront de fermer les yeux et rêver à chaque écoute d’un Race for Space tout simplement brillant. Une vraie belle découverte.