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Quand j’ai vu la photo diffusée sur Facebook par l’Effondras, j’ai cru à une blague entre potes. Sous-titrée « Raoul, nouveau guitariste », on y voit Raoul Vignal, tout sourire, adossé au panneau du hameau Bressan qui a donné son nom au groupe. Mais les commentaires me détrompèrent : l’auteur du très beau disque folk the Silver Veil rejoignait bien l’Effondras suite à la défection de l’un des deux guitaristes. Une surprise, tant les deux univers semblaient différent, mais une curiosité supplémentaire pour ce concert au Jack Jack pour lequel j’étais bien motivé, Les Flavescences faisant parti de mes albums favoris de cette année. C’est avec Denis, autre fan du disque, et son amie Constance, que je me dirige vers cette salle à laquelle je ne m’étais pas rendu depuis le concert que nous y avions donné il y a deux ans avec Hello Darkness (un excellent souvenir d’ailleurs). Une belle salle agréable et bien sonorisée, mais relativement peu accessible ce qui explique sans doute en partie la faible affluence de ce soir. 

 

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Nous arrivons juste à temps pour prendre une bière et nous placer devant la scène pour la première partie, L’Ombre du 8, dont Damien m’avait dit grand bien quand il les avait découvert lors de la sortie de leur premier album, en 2014. C’était l’occasion d’écouter enfin ce trio qui, comme L’Effondras, opère avec deux guitares et une batterie, à la différence qu’il y a aussi du chant. Musicalement inspiré, le groupe lyonnais propose un rock au son très précis et équilibré, aux arpèges aériens mutant progressivement en passages puissants mais contrôlés. J’ai plus de mal en revanche avec le chant, et surtout les textes en Français qui ne me touchent pas du tout. Si Denis et Constance battent en retraite assez rapidement, j’insiste un peu, observant la mise en place des compositions dont certaines, comme « Beauté Sauvage »,  m’accrocheront complètement. Mais le groupe, en particulier son leader, est décidément trop poseur pour  avoir une chance d’emporter mon adhésion. 

 

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On ne regrettera donc pas l’absence de micro pour L’Effondras, qui attaque son set par les deux premiers titres des Flavescences que je connais par cœur, avec une nouvelle fois ce redoutable mouvement de « Lux Furiosa » qui me retourne le cerveau. Raoul Vignal s’intègre bien au groupe, en guitariste de luxe il n’a aucun problème d’interprétation dans les moments calmes comme dans les énervements sporadiques et saturés, tenus par une batterie énorme évoquant plus souvent le Metal que le Post Rock. En seul bémol, un son un peu moins harmonieux que lors du concert du Marché Gare avec le guitariste d’origine, la saturation  de Raoul manquant parfois d’ampleur et prenant le pas sur les effets maitrisés de Pierre Lejeune (1). Pour le reste, c’est encore un concert irréprochable qui embarque le public dans de longues plages musicales mystérieuses, entre respirations sauvages et tensions répétitives. Pas de « Serpentaire » à suivre, mais trois anciens titres dont l’éblouissant « L’Ane Rouge » tiré du premier album qui clôture idéalement ce court et dense concert. 

La fin de soirée sera l’occasion de discuter un peu avec le groupe, en particulier avec le batteur Nicolas Bernollin, qui nous en dit plus sur le recrutement de Raoul Vignal. Rien de plus simple : vaguement croisé sur un Festival, il était l’unique personne de la région que le duo restant sentait bien, et il a répondu positivement à leur proposition…. L’Effondras nouvelle formule a travaillé une setlist restreinte pour se remettre rapidement en tournée, afin de reprendre sur la bonne dynamique du début d’année, un peu freinée par le changement de guitariste. La machine relancée, il sera alors temps de se remettre à la composition pour donner un successeur aux Flavescences, que je guette d’ores et déjà avec impatience. 

 

(1)    Notons que ce n’était que le cinquième concert de la nouvelle formation…